Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Avant-propos

L’an 2010, vers la fin de l’hiver, alors que je me promenais sur le Mont-Royal, j’ai eu l’idée de composer ces notes sur la littérature ancienne et moderne ; c’est pourquoi je les remets au public avec le titre « Notes du Mont-Royal ». Je sais qu’il existe déjà une multitude d’encyclopédies ou de recueils bibliographiques, dont je contesterai d’autant moins la valeur, que plusieurs ne m’ont pas été inutiles ; mais tous traitent d’objets particuliers, ou ne sont, dans les choses générales, que des nomenclatures. « Ce qui est vraiment instructif », dit Jean-François de La Harpe*, « c’est l’examen raisonné de chaque auteur, c’est l’exact résumé des beautés et des défauts, c’est cet emploi continuel du jugement et de la sensibilité ; et ne craignons pas de revenir sur des auteurs trop connus. Que de choses à connaître encore dans ce que nous croyons savoir le mieux ! »

Tableau par Frédéric Back

Je croirai avoir atteint mon but, si à travers mes notes, chaque auteur apparaît devant vous, non plus comme dans nos écoles, entouré de mots abstraits, non plus comme dans nos conversations, réduit à une allusion fugitive, mais avec la grandeur et la simplicité qui lui sont propres. Peut-être aussi n’aurai-je pas été tout à fait inutile, si le peu de moments que vous passerez ici vous porte à en consacrer quelques autres à la lecture des grands auteurs, mal compris dans notre enfance, faits pour un âge plus mûr, mais trop souvent négligés dans les distractions de notre vie dissipée. Et, pour finir par un autre précepte de La Harpe** : « Évoquons sans crainte ces hommes illustres… rassemblons, s’il est possible, tous les rayons de leur gloire pour en former le jour de la vérité, et faisons de tant de clartés réunies un foyer de lumière qui repousse les ténèbres dont la barbarie menace de nous envelopper… C’est auprès de nous que viendra se réfugier leur gloire outragée, et que reposeront entiers, au milieu de nos hommages, leurs monuments, que l’on voudrait mutiler ».

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* « Cours de littérature ancienne et moderne ; suivi du Tableau de la littérature au XIXᵉ siècle par Chénier et du Tableau de la littérature au XVIᵉ siècle par MM. Saint-Marc Girardin et Ph. Chasles. Tome I », p. 14. 

** id. p. 14-15.