Il s’agit de l’anthologie érotique que les Hindous appellent « La Centurie » ou « La Centaine de strophes » (« Śatakam »*). On attribue au roi Amaru** (VIIᵉ siècle ap. J.-C.) ces cent petites étincelles poétiques qui semblent jaillir du flambeau même de l’Amour, et dont chacune, selon le jugement d’Ānandavardhana***, contient tant de choses qu’elle équivaut à un grand poème :
« Voyez comme ce collier de perles descend avec grâce, et se joue sur le sein de la beauté !
Si tel est le partage d’un simple joyau, quel sera donc le nôtre, à nous esclaves dévoués à l’Amour ? »****
Dans ces petits tableaux exquis où il concentre, comme dans un flacon, l’essence de ses expériences amoureuses, Amaru unit à la grâce d’Anacréon la passion de Properce et la licence de Catulle pour être capable d’écrire les mystères de l’Amour avec des nuances toujours nouvelles ; il manifeste une connaissance si fine de la psychologie féminine qu’une légende rapporte à son sujet que son âme s’était logée successivement dans le corps de cent femmes. Lisez la suite →






