Il s’agit de l’« Anthologie grecque ». Le mot d’anthologie, composé d’« anthos »* (« fleur ») et de « legô »** (« cueillir »), signifie en général un choix agréable de pièces de vers ou de prose dans une langue quelconque ; mais, plus particulièrement et par excellence, ce mot désigne l’« Anthologie grecque ». Méléagre*** (IIᵉ-Iᵉ siècle av. J.-C.) fut le premier collecteur de ces quatre mille petits poèmes qu’on appelle « Anthologie », et qu’il nomma lui-même « Guirlande » (« Stephanos »****), parce qu’il regarda son recueil comme une guirlande de fleurs, et qu’il symbolisa chacun des poètes grecs par une fleur assortie : telle poétesse par un lis, telle autre par un iris, Sappho par une rose, l’élégiaque Callimaque par le myrte, Archiloque le satirique par la feuille d’acanthe « aux piquants redoutables », et ainsi de suite. Philippe de Thessalonique***** (IIᵉ siècle ap. J.-C.) et Agathias****** (VIᵉ siècle ap. J.-C.) publièrent des anthologies d’après le même procédé. Au Xᵉ siècle ap. J.-C. Constantin Céphalas******* s’empara de toutes ces anthologies pour en coordonner une nouvelle, conservée dans ce qu’il est convenu d’appeler le « manuscrit palatin »********. Enfin, quatre cents ans après, Maxime Planude*********, un moine de Constantinople, plus prude que délicat, remania sous prétexte de décence le travail de Céphalas. Lisez la suite →
* En grec ἄνθος. ↑
** En grec λέγω. ↑
*** En grec Μελέαγρος. Parfois transcrit Méléagros. « Méléagros est un bien étrange poète qui naquit en Judée, près du lac de Génésareth. Juif ? ou Syrien ? ou Grec ? On ne sait. Mais amoureux des femmes hébraïques et des poètes de l’Hellas », dit Pierre Louÿs (« Lettre à Paul Valéry du 31.X.1891 » dans Suzanne Larnaudie, « Paul Valéry et la Grèce », éd. Droz, Genève, p. 38). ↑
**** En grec « Στέφανος ». ↑
***** En grec Φίλιππος ὁ Θεσσαλονικεύς. ↑






