Il s’agit de Lu You*, poète chinois (XIIᵉ siècle). Ses œuvres, très soignées, manifestent cependant les défauts littéraires de leur époque, dans leur application extrême à se conformer absolument aux règles, dans leur froideur de composition, dans l’effort minutieux de reproduire la manière classique — effort, qui même lorsqu’il réussit, a le tort de rester visible. Lu You l’avoua lui-même :
« Étudiant malhabile en mes premiers vers,
Combien souvent le génie d’autrui me fut une aide !
Trop conscient de ma faiblesse et d’un souffle débile,
Je n’osais aspirer à une renommée creuse…
Certes les talents ne manquent pas en ce monde :
Quelque chose d’imperceptible les sépare du génie »**.
Malgré cette difficulté qu’il eut à lutter contre les tendances décadentes de son époque, Lu You fut un poète fécond et d’une inspiration extrêmement diverse : il sut exprimer dans ses œuvres tantôt le patriotisme, tantôt la beauté d’un paysage, tantôt — surtout vers la fin de sa vie — le détachement d’un sage. Lisez la suite →
* En chinois 陸游. Autrefois transcrit Lou Yeou ou Lu Yu. À ne pas confondre avec Lu Yu (陸羽), l’auteur du « Classique du thé », qui vécut quatre siècles plus tôt. ↑
** Dans « Anthologie de la poésie chinoise classique », p. 46. ↑






