Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

CatégorieOuvrages peu soignés ou mal finis

« L’Engoulevent blanc »

dans « Le Roman classique lao », éd. École française d’Extrême-Orient, coll. Publications de l’École française d’Extrême-Orient, Paris

dans « Le Roman classique lao », éd. École française d’Extrême-Orient, coll. Publications de l’École française d’Extrême-Orient, Paris

Il s’agit du « dāv2 nŏk kaḥpā phœ̄eak » * L’Engoulevent blanc »), un des romans épiques du Laos. Les Laotiens ont une prédilection marquée pour les longs récits en vers, imprégnés de bouddhisme, et relevés par la fantaisie et par l’agencement des aventures. Ils les appellent « bœ̄n2 vănnaḥgaḥtī » ** textes littéraires »). Ils les lisent dans les réunions ; ils les récitent pendant la nuit aux jeunes femmes récemment accouchées, pour les empêcher de succomber au sommeil et de devenir ainsi une proie facile pour les mauvais esprits. Certains de ces romans épiques sont d’une longueur accablante : le « dāv2 kālaḥket » ***, par exemple, compte à peu près dix mille vers et le « cāṃPā sī1 Tŏn2 » **** environ quatorze mille. « Il faut croire que les péripéties qui forment la trame du récit en font tolérer la longueur », dit Louis Finot *****. « Pourtant ni les acteurs ni les incidents du drame ne brillent par la variété : les mêmes figures et les mêmes scènes se représentent sans cesse avec une monotonie qui lasserait le lecteur le plus intrépide, mais qui ne paraît pas déplaire aux âmes simples pour lesquelles des bardes anonymes ont composé ces enfantines rhapsodies. » Lisez la suite›

* En laotien « ທ້າວນົກກະບາເຜືອກ ». Parfois transcrit « Thao Nok Kaba Phueak » ou « Thao Nok Kaba Phüak ».

** En laotien ພື້ນວັນນະຄະດີ.

*** En laotien « ທ້າວກາລະເກດ », inédit en français.

**** En laotien « ຈໍາປາສີ່ຕົ້ນ », inédit en français.

***** « Recherches sur la littérature laotienne », p. 116.

Pangkham, « Sinsay : chef-d’œuvre de la littérature lao »

éd. Liang Ziang Chong Chareon, Bangkok

éd. Liang Ziang Chong Chareon, Bangkok

Il s’agit du « sin jai » *, un des romans épiques du Laos. Les Laotiens ont une prédilection marquée pour les longs récits en vers, imprégnés de bouddhisme, et relevés par la fantaisie et par l’agencement des aventures. Ils les appellent « bœ̄n2 vănnaḥgaḥtī » ** textes littéraires »). Ils les lisent dans les réunions ; ils les récitent pendant la nuit aux jeunes femmes récemment accouchées, pour les empêcher de succomber au sommeil et de devenir ainsi une proie facile pour les mauvais esprits. Certains de ces romans épiques sont d’une longueur accablante : le « dāv2 kālaḥket » ***, par exemple, compte à peu près dix mille vers et le « cāṃPā sī1 Tŏn2 » **** environ quatorze mille. « Il faut croire que les péripéties qui forment la trame du récit en font tolérer la longueur », dit Louis Finot *****. « Pourtant ni les acteurs ni les incidents du drame ne brillent par la variété : les mêmes figures et les mêmes scènes se représentent sans cesse avec une monotonie qui lasserait le lecteur le plus intrépide, mais qui ne paraît pas déplaire aux âmes simples pour lesquelles des bardes anonymes ont composé ces enfantines rhapsodies. » Lisez la suite›

* En laotien « ສິນໄຊ ». Parfois transcrit « Sinsay », « Sinsai », « Sin Xay » ou « Sine Xay ». Outre cette appellation communément employée, le « sin jai » porte encore divers titres, selon les éditions, tels que : « săṅkh silP jăy » (« ສັງຂສິລປຊັຍ ») ou « săṅ sin jai » (« ສັງສິນໄຊ »). Parfois transcrit « Sang Sinxaï ».

** En laotien ພື້ນວັນນະຄະດີ.

*** En laotien « ທ້າວກາລະເກດ », inédit en français.

**** En laotien « ຈໍາປາສີ່ຕົ້ນ », inédit en français.

***** « Recherches sur la littérature laotienne », p. 116.

« Mohammad Iqbal »

éd. Seghers, coll. Poètes d’aujourd’hui, Paris

éd. Seghers, coll. Poètes d’aujourd’hui, Paris

Il s’agit de Mohammad Iqbal *, chef spirituel de l’Inde musulmane, penseur et protagoniste d’un islam rénové. Son génie très divers s’exerça aussi bien dans la poésie que dans la philosophie, et s’exprima avec une égale maîtrise en prose et en vers, en ourdou et en persan. On peut juger de l’étendue de son influence d’après le grand nombre d’études consacrées à son sujet. Cette influence, qui se concentre principalement au Pakistan, dont il favorisa la création et où il jouit d’un extraordinaire prestige, déborde cependant sur tout le monde islamique. Rabindranath Tagore connut fort bien ce compatriote indien, porte-parole de la modernité, sur qui, au lendemain de sa mort, il publia le message suivant : « La mort de M. Mohammad Iqbal creuse dans la littérature un vide qui, comme une blessure profonde, mettra longtemps à guérir. L’Inde, dont la place dans le monde est trop étroite, peut difficilement se passer d’un poète dont la poésie a une valeur aussi universelle ». Lisez la suite›

* En ourdou محمد اقبال. Parfois transcrit Mohammed Eqbâl, Mohamad Eghbal, Mouhammad Iqbâl ou Muhammad Ikbal.

« Le Dit des Heiké : le cycle épique des Taïra et des Minamoto »

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

Il s’agit du « Dit des Heiké » (« Heike monogatari » *) qui constitue avec le « Dit de Hôgen » et le « Dit de Heiji » une chronique des guerres intestines dont le Japon fut le théâtre au XIIe siècle ap. J.-C. Écrite par des guerriers retirés du monde, cette chronique fut ensuite chantée sur les places des marchés, aux abords des ponts et aux croisements des chemins par des « biwa-hôshi » ** — des aveugles qui portaient la robe des moines (« hôshi ») et qui jouaient d’un luth à quatre cordes (« biwa » ***). Ces aveugles portaient la robe des moines parce qu’ils étaient sans doute sous la protection des temples. Du reste, la chronique qu’ils récitaient avait pour but, non de conserver le souvenir des héros, comme l’épopée européenne, mais d’exprimer la vanité des splendeurs terrestres et le néant de la gloire ; et au lieu de chanter « les armes et l’homme », elle rappelait dès la première ligne « l’impermanence de toutes choses ». « [Cette chronique a] pu jouer une fonction rituelle, celle d’apaiser les âmes [de ceux] ayant péri dans les combats. Mais il s’agit aussi de chercher un sens aux événements chaotiques qui ont mis fin à l’ordre ancien », disent des orientalistes Lisez la suite›

* En japonais « 平家物語 ».

** En japonais 琵琶法師.

*** « Né dans le royaume de Perse et ses régions limitrophes, le “biwa” s’est diffusé en Asie orientale le long de la Route de la soie. Perfectionné en Chine, il est parvenu dans l’archipel japonais vers le VIIIe siècle ap. J.-C. », dit M. Hyôdô Hiromi (dans « De l’épopée au Japon », p. 55-56).

« Le Dit de Hôgen • Le Dit de Heiji : le cycle épique des Taïra et des Minamoto »

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

Il s’agit du « Dit de Hôgen » (« Hôgen monogatari » *) et du « Dit de Heiji » (« Heiji monogatari » **) qui constituent avec le « Dit des Heiké » une chronique des guerres intestines dont le Japon fut le théâtre au XIIe siècle ap. J.-C. Écrite par des guerriers retirés du monde, cette chronique fut ensuite chantée sur les places des marchés, aux abords des ponts et aux croisements des chemins par des « biwa-hôshi » *** — des aveugles qui portaient la robe des moines (« hôshi ») et qui jouaient d’un luth à quatre cordes (« biwa » ****). Ces aveugles portaient la robe des moines parce qu’ils étaient sans doute sous la protection des temples. Du reste, la chronique qu’ils récitaient avait pour but, non de conserver le souvenir des héros, comme l’épopée européenne, mais d’exprimer la vanité des splendeurs terrestres et le néant de la gloire ; et au lieu de chanter « les armes et l’homme », elle rappelait dès la première ligne « l’impermanence de toutes choses ». « [Cette chronique a] pu jouer une fonction rituelle, celle d’apaiser les âmes [de ceux] ayant péri dans les combats. Mais il s’agit aussi de chercher un sens aux événements chaotiques qui ont mis fin à l’ordre ancien », disent des orientalistes Lisez la suite›

* En japonais « 保元物語 ». Autrefois transcrit « Hôghenn monogatari ».

** En japonais « 平治物語 ». Autrefois transcrit « Heïdji monogatari ».

*** En japonais 琵琶法師.

**** « Né dans le royaume de Perse et ses régions limitrophes, le “biwa” s’est diffusé en Asie orientale le long de la Route de la soie. Perfectionné en Chine, il est parvenu dans l’archipel japonais vers le VIIIe siècle ap. J.-C. », dit M. Hyôdô Hiromi (dans « De l’épopée au Japon », p. 55-56).