Mot-cleflittérature grecque

sujet

Isée, « Discours »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit des « Discours » d’Isée de Chalcis*, orateur grec, habile dialecticien (IVe siècle av. J.-C.). On ne sait de la vie d’Isée que ce qu’en rapporte Denys d’Halicarnasse, qui lui-même n’en savait pas grand-chose. Chez les Anciens, comme chez les Modernes, l’attention s’est rarement tournée vers cet orateur. Le seul titre sous lequel il est connu, c’est qu’il fut le maître de Démosthène. Denys commence de cette façon le chapitre qu’il lui consacre : « Isée fut le maître de Démosthène et doit à ce titre la plus grande partie de sa célébrité »**. Il semble, d’après Denys, que le mérite qu’a eu Isée de former Démosthène et d’être « la véritable source où ce dernier a puisé sa véhémence »*** — que ce mérite, dis-je, lui a été funeste. Le prodigieux disciple a fait oublier le maître, et la supériorité de l’un a éclipsé la gloire de l’autre. Il convient d’ajouter une deuxième raison à un oubli aussi total. Isée, qui a peut-être été l’homme qui a le mieux saisi l’esprit des lois d’Athènes, aurait été écarté de la tribune par ces mêmes lois à cause de sa condition de métèque. Son père, qui portait un nom peu athénien, était, suivant quelques historiens, un habitant de Chalcis (dans l’île d’Eubée). Cette circonstance expliquerait pourquoi Isée ne s’est jamais essayé dans le discours politique. En effet, parmi les trois genres qu’admettait l’école rhétorique, il n’en a cultivé qu’un — le genre judiciaire. Comme on peut le voir par les cinquante titres de « Discours » qui nous ont été conservés, Isée s’est borné à écrire des plaidoyers pour les autres, portant sur des questions d’affaires privées ; nous en possédons onze en entier, tous ayant trait à des successions et à des cassations de testament. Ce sont des plaidoyers vifs, sérieux, austères, toujours syllogistiques, où en s’appuyant sur la loi et sur la raison, Isée argumente toujours d’après l’une et l’autre, sans mettre un seul mot pour réjouir l’oreille ou pour plaire à l’imagination ; ce qui a fait dire à un critique**** qu’Isée est « un de ces écrivains qu’on loue volontiers pour être dispensé de les lire… On a beau vanter sa dialectique vive et serrée, l’art avec lequel il dispose ses preuves : si on trouve chez lui quelques fleurs, elles sont étouffées sous les épines du sujet ».

* En grec Ἰσαῖος Χαλκιδεύς. À ne pas confondre avec un autre Isée, Assyrien d’origine, dont il est parlé dans une lettre de Pline le Jeune et dans une satire de Juvénal. Haut

** En grec « Ἰσαῖος δὲ ὁ Δημοσθένους καθηγησάμενος καὶ διὰ τοῦτο μάλιστα γενόμενος περιφανής ». Haut

*** En grec « πηγή τις ὄντως ἐστὶ τῆς Δημοσθένους δυνάμεως ». Haut

**** Giovanni Ferri, dit Jean Ferri. Haut

Pseudo-Callisthène, « Le Roman d’Alexandre : vie d’Alexandre de Macédoine »

éd. Flammarion, coll. GF, Paris

éd. Flammarion, coll. GF, Paris

Il s’agit de la recension α de « La Naissance et la Vie d’Alexandre de Macédoine » (« Hê gennêsis kai hê zôê tou Alexandrou Makedonias »*), récit égyptien d’expression grecque, plus connu sous le titre du « Roman d’Alexandre ». Il n’est pas un homme célèbre dans l’Antiquité qui ait sollicité l’imagination des peuples avec plus d’énergie qu’Alexandre le Grand. Il y a plusieurs raisons à cela. C’était un conquérant et « le plus excusable des conquérants »** ; sa conquête avait un caractère grandiose ; il avait, soit par politique, soit par vanité, encouragé certaines fictions sur sa naissance et sur les liens qui l’unissaient à la divinité ; enfin, l’esprit humain parcourait avec complaisance les trois continents qu’il avait réunis, les villes prospères qu’il avait fondées et l’audace opiniâtre qu’il avait déployée. Les histoires fabuleuses sur ce héros grec, qu’elles appartiennent à l’Orient ou à l’Occident, ont été extrêmement nombreuses et variées, mais toutes remontent, par une série plus ou moins longue d’intermédiaires, à quelqu’une des cinq recensions (cinq rédactions indépendantes) du « Roman d’Alexandre » : α, β, γ, ε, λ. Le « Roman » original n’est assurément pas plus de Callisthène, que de Ptolémée, d’Aristote ou d’Ésope, auxquels il a été également attribué. On estime qu’il s’est répandu d’abord comme une tradition populaire orale et qu’autour du IIIe siècle apr. J.-C. il a été rédigé en ouvrage par un Grec d’Alexandrie. Il a pour but évident de rattacher Alexandre à l’Égypte et d’en faire un héros proprement égyptien, en lui donnant pour père Nectanébo II, dernier pharaon de ce pays. La prédilection toute particulière avec laquelle la fondation d’Alexandrie y est célébrée ; les détails parfois inédits sur cette ville ; le recours à des unités de temps et de lieu locales ; et bien d’autres indices achèvent de confirmer cette origine. Je ne peux faire mention ici qu’en passant des immenses succès du « Roman », qui en ont fait une œuvre universelle. Après une imitation arménienne (Ve siècle), il a connu une adaptation syriaque (VIe siècle), qui a été à l’origine de beaucoup de traditions sur Alexandre en Perse, en Éthiopie, en Arabie, et par la suite, en Turquie et jusqu’en Asie centrale. Quant à l’Europe, elle a donné du « Roman » au moins autant de versions qu’elle a compté de langues ; celles en français ont été si célèbres au XIIe, XIIIe, XIVe siècle, que le vers de douze syllabes qui y apparaît pour la première fois a reçu, comme on sait, le nom d’« alexandrin ».

* En grec « Ἡ γέννησις καὶ ἡ ζωὴ τοῦ Ἀλεξάνδρου Μακεδονίας ». Haut

** Voltaire, « Dictionnaire philosophique », art. « Juifs ». Haut

Pseudo-Callisthène, « Le Roman d’Alexandre : la vie et les hauts faits d’Alexandre de Macédoine »

éd. Les Belles Lettres, coll. La Roue à livres, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. La Roue à livres, Paris

Il s’agit de la recension β de « La Naissance et la Vie d’Alexandre de Macédoine » (« Hê gennêsis kai hê zôê tou Alexandrou Makedonias »*), récit égyptien d’expression grecque, plus connu sous le titre du « Roman d’Alexandre ». Il n’est pas un homme célèbre dans l’Antiquité qui ait sollicité l’imagination des peuples avec plus d’énergie qu’Alexandre le Grand. Il y a plusieurs raisons à cela. C’était un conquérant et « le plus excusable des conquérants »** ; sa conquête avait un caractère grandiose ; il avait, soit par politique, soit par vanité, encouragé certaines fictions sur sa naissance et sur les liens qui l’unissaient à la divinité ; enfin, l’esprit humain parcourait avec complaisance les trois continents qu’il avait réunis, les villes prospères qu’il avait fondées et l’audace opiniâtre qu’il avait déployée. Les histoires fabuleuses sur ce héros grec, qu’elles appartiennent à l’Orient ou à l’Occident, ont été extrêmement nombreuses et variées, mais toutes remontent, par une série plus ou moins longue d’intermédiaires, à quelqu’une des cinq recensions (cinq rédactions indépendantes) du « Roman d’Alexandre » : α, β, γ, ε, λ. Le « Roman » original n’est assurément pas plus de Callisthène, que de Ptolémée, d’Aristote ou d’Ésope, auxquels il a été également attribué. On estime qu’il s’est répandu d’abord comme une tradition populaire orale et qu’autour du IIIe siècle apr. J.-C. il a été rédigé en ouvrage par un Grec d’Alexandrie. Il a pour but évident de rattacher Alexandre à l’Égypte et d’en faire un héros proprement égyptien, en lui donnant pour père Nectanébo II, dernier pharaon de ce pays. La prédilection toute particulière avec laquelle la fondation d’Alexandrie y est célébrée ; les détails parfois inédits sur cette ville ; le recours à des unités de temps et de lieu locales ; et bien d’autres indices achèvent de confirmer cette origine. Je ne peux faire mention ici qu’en passant des immenses succès du « Roman », qui en ont fait une œuvre universelle. Après une imitation arménienne (Ve siècle), il a connu une adaptation syriaque (VIe siècle), qui a été à l’origine de beaucoup de traditions sur Alexandre en Perse, en Éthiopie, en Arabie, et par la suite, en Turquie et jusqu’en Asie centrale. Quant à l’Europe, elle a donné du « Roman » au moins autant de versions qu’elle a compté de langues ; celles en français ont été si célèbres au XIIe, XIIIe, XIVe siècle, que le vers de douze syllabes qui y apparaît pour la première fois a reçu, comme on sait, le nom d’« alexandrin ».

* En grec « Ἡ γέννησις καὶ ἡ ζωὴ τοῦ Ἀλεξάνδρου Μακεδονίας ». Haut

** Voltaire, « Dictionnaire philosophique », art. « Juifs ». Haut

Pseudo-Apollodore, « La Bibliothèque : un manuel antique de mythologie »

éd. de l’Aire, coll. Le Chant du monde, Vevey

éd. de l’Aire, coll. Le Chant du monde, Vevey

Il s’agit de la « Bibliothèque »*, le plus ancien abrégé qui nous soit parvenu sur la mythologie de la Grèce, ses dieux et ses héros (Ie ou IIe siècle apr. J.-C.). C’est un ouvrage relativement court, même en tenant compte de la perte d’une partie du troisième et dernier livre, qu’on ne connaît que par des « épitomés » (des « abrégés de l’abrégé »). Longtemps attribué au grammairien Apollodore d’Athènes, qui s’était occupé de mythologie, on est aujourd’hui certain qu’il n’est pas de lui. Il débute par l’origine des dieux et du monde, et va jusqu’aux pérégrinations des héros revenant de Troie. Il se termine donc par les événements qui forment la limite entre la fable et l’histoire. Bien qu’il soit d’un grand secours pour l’intelligence de certains auteurs anciens, cet ouvrage de vulgarisation ne reproduit pas le vrai esprit des mythes et est même considéré par les critiques comme médiocre, sans réel enthousiasme, sans génie. Pleines de vie, de sens, de vérité pour les poètes et les artistes qui les avaient animées de leur souffle, les fables mythologiques ne sont plus, dans la « Bibliothèque », que des lettres mortes, des objets de curiosité scolaire et non de foi. Il est évident que les Grecs cessèrent, dès cette époque, de croire en leurs dieux, et que les vénérables légendes nées de l’imagination primitive perdirent toute leur signification. Il faut considérer la « Bibliothèque » comme un catalogue de légendes desséchées et conservées en herbier, un inventaire fossilisé. Je ne veux pas nier ici l’utilité de ce genre d’ouvrage ; mais quel sacrilège, au point de vue religieux, de dépouiller de tous leurs ornements et de tout leur éclat les fables qui avaient inspiré les productions immortelles de la poésie et de l’art, et de les réduire à de viles listes de faits, lieux, alliances et filiations, « qui ressemblent aux mythes primitifs comme de vieilles fleurs en papier, jaunies et enfumées, ressemblent aux fleurs des champs »**.

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** Ernest Renan, « Les Religions de l’Antiquité ». Haut

Josèphe, « Antiquités judaïques. Tome III. Livres XI à XV »

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

Il s’agit des « Antiquités judaïques » (« Ioudaïkê archaiologia »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Antiquités judaïques. Tome II. Livres VI à X »

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

Il s’agit des « Antiquités judaïques » (« Ioudaïkê archaiologia »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Antiquités judaïques. Tome I. Livres I à V »

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

Il s’agit des « Antiquités judaïques » (« Ioudaïkê archaiologia »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Contre Apion »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit du « Contre Apion » (« Kata Apiônos »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Κατὰ Ἀπίωνος ». « Le “Contre Apion”, tel est le titre inexact, mais commode, sous lequel, s’inspirant de deux passages de saint Jérôme, on a pris l’habitude de désigner le dernier opuscule de Flavius Josèphe, dont le titre véritable paraît avoir été “De l’antiquité du peuple juif” (“Περὶ τῆς τῶν Ἰουδαίων ἀρχαιότητος”) », explique Théodore Reinach. Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Guerre des Juifs. Tome III »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de la « Guerre des Juifs » (« Peri tou Ioudaïkou polemou »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Guerre des Juifs. Tome II »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de la « Guerre des Juifs » (« Peri tou Ioudaïkou polemou »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Guerre des Juifs. Tome I »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de la « Guerre des Juifs » (« Peri tou Ioudaïkou polemou »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, « Autobiographie »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de l’« Autobiographie » (« Bios »*) de Josèphe ben Matthias, historien juif, plus connu sous le surnom de Flavius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour devenir grand rabbin ou roi ; les circonstances en firent un historien. Et telle fut la destinée singulière de sa vie qu’il se transforma en admirateur et en flatteur d’une dynastie d’Empereurs romains dont l’exploit fondamental fut l’anéantissement de Jérusalem, et sur les monnaies desquels figurait une femme assise, pleurant sous un palmier, avec la légende « Judæa capta, Judæa devicta » (« la Judée captive, la Judée vaincue »). « Au lieu de la renommée qu’il ambitionnait… et que semblaient lui promettre de précoces succès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plupart des siens, tandis que les Romains, d’abord ses ennemis, le comblèrent finalement de biens et d’honneurs », dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce descendant de famille illustre, ce prodige des écoles de Jérusalem, ce chef « des deux Galilées… et de Gamala »****, racheta sa vie en pactisant avec l’ennemi ; abandonna ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote ; et finit ses jours dans la douceur d’une retraite dorée, après être devenu citoyen de Rome et client de Vespasien. Il feignit de voir dans ce général étranger, destructeur de la Ville sainte et tueur d’un million de Juifs, le libérateur promis à ses aïeux ; il lui prédit, en se prosternant devant lui : « Tu seras maître, César, non seulement de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain »***** ; et cette basse flatterie, cette honteuse duplicité, est une tache indélébile sur la vie d’un homme par ailleurs estimable. Ayant pris le surnom de Flavius pour mieux montrer sa soumission, il consacra l’abondance de ses loisirs, la souplesse de son talent et l’étendue de son érudition à relever les succès des soldats qui détruisirent sa patrie et la rayèrent de la carte. « Il a décrit [cette destruction] tout entière ; il en a recueilli les moindres détails, et son exactitude scrupuleuse étonne encore le lecteur… L’israélite, ébloui de ces merveilles, ne se souvient pas que ce sont les dépouilles de ses concitoyens ; qu’il s’agit de la Judée anéantie ; que ce Dieu outragé est son Dieu, et qu’il assiste aux funérailles de son pays », dit Philarète Chasles

* En grec « Βίος ». Haut

** En latin Flavius Josephus. Autrefois transcrit Flave Josèphe ou Flavien Joseph. Haut

*** « Chronologie des œuvres de Josèphe », p. 366. Haut

**** En grec « τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα ». « Guerre des Juifs », liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec « Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους ». « Guerre des Juifs », liv. III, sect. 402. Haut

Pseudo-Longin, « Du sublime »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit du traité « Du sublime » (« Peri hypsous »*). Ce petit traité mystérieux constitue le sommet de la critique littéraire gréco-romaine. Nous ne savons pas s’il a eu beaucoup de succès à l’époque de sa rédaction ; mais il en a eu énormément depuis sa traduction par Boileau, et il le méritait. Non seulement les philosophes des Lumières ont été charmés par les beaux fragments littéraires qui y sont cités ; mais ils ont été surpris par la hauteur, par la force, par la véhémence des jugements qui y sont portés sur tous les grands écrivains de l’Antiquité. L’auteur inconnu de ce traité, quel qu’il soit**, ne s’amusait pas, comme les rhéteurs de son temps (Ier siècle apr. J.-C.), à faire des divisions minutieuses des parties du discours ; et il ne se contentait pas, comme Aristote ou comme Hermogène, à nous énumérer des préceptes tout secs et dépouillés d’ornements. Au contraire : en traitant des beautés littéraires, il employait toutes les finesses littéraires : « Souvent il fait la figure qu’il enseigne, et en parlant du sublime, il est lui-même très sublime », comme dit Boileau***. Chez ce Grec, point de préjugés nationaux. Il lisait les écrivains latins, et il savait se passionner pour eux : il comparait Cicéron à Démosthène, et il sentait fort bien les qualités de l’un et de l’autre. Chose plus surprenante : il n’était pas étranger aux premiers versets de la Bible. Enfin, admirons en lui l’honnête homme. Nul Ancien n’a mieux que lui compris et exprimé à quel point la grandeur littéraire est liée à celle du cœur et de l’esprit. Et c’est un honneur pour ce critique ingénieux de s’être rencontré en cela avec Platon, et d’avoir défendu la noblesse et la pureté de l’art d’écrire, en commençant par donner aux écrivains la conscience de leur devoir humain et le respect de ce même devoir.

* En grec « Περὶ ὕψους ». Haut

** Les plus anciens manuscrits du traité « Du sublime » n’en indiquent pas l’auteur avec certitude : ils nous laissent le choix entre « Denys ou Longin » (Διονυσίου ἢ Λογγίνου). Mais les premiers éditeurs, n’ayant pas eu sous les yeux ces anciens manuscrits, ont suivi aveuglément les manuscrits où la particule « ou » avait disparu par la négligence des copistes, et pendant trois cents ans, ce traité a été édité, traduit, commenté comme l’œuvre de « Denys Longin ». Haut

*** « Préface au “Traité du sublime, ou Du merveilleux dans le discours” ». Haut