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«La Fin humaine selon Ibn Bâğğa (Avempace)»

dans « Bulletin de philosophie médiévale », vol. 23, p. 59-64

dans «Bul­le­tin de phi­lo­so­phie médié­vale», vol. 23, p. 59-64

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle de «De la fin humaine»*Fî al-ġâya al-insâ­niyya»**) d’Ibn Bâğğa***. Cet Arabe d’Espagne, dont le nom sera cor­rom­pu en celui d’Aben Bache, Avem­pache ou Avem­pace****, fut le pre­mier homme d’Andalousie à avoir culti­vé avec suc­cès les sciences et les spé­cu­la­tions phi­lo­so­phiques, qui seules, selon lui, pou­vaient ame­ner l’être humain à se connaître lui-même. Ses écrits lui valurent d’être accu­sé d’hérésie et jeté en pri­son, mais il fut fina­le­ment libé­ré grâce à l’intervention du cadi Abû l-Walîd ibn Rushd, grand-père d’Aver­roès. Il mou­rut empoi­son­né en 1138 apr. J.-C. Son suc­ces­seur, Ibn Tho­faïl, lui ren­dra ce grand hom­mage d’avoir sur­pas­sé tous «les hommes d’un esprit supé­rieur qui ont vécu en Anda­lou­sie»; mais, en même temps, il regret­te­ra que les affaires de ce monde et une mort pré­ma­tu­rée n’aient pas per­mis à Ibn Bâğğa de par­ta­ger les tré­sors de son savoir; car, dira-t-il*****, «la plu­part des ouvrages qu’on trouve de lui manquent de fini et sont tron­qués à la fin… Quant à ses écrits ache­vés, ce sont des abré­gés et de petits trai­tés rédi­gés à la hâte. Il en fait lui-même l’aveu : il déclare que la thèse dont il s’est pro­po­sé la démons­tra­tion dans le trai­té de la “Conjonc­tion de l’intellect avec l’homme”, ce trai­té n’en peut don­ner une idée claire qu’au prix de beau­coup de peine et de fatigue…; et que, s’il en pou­vait trou­ver le temps, il les rema­nie­rait volon­tiers». Ses ouvrages phi­lo­so­phiques portent sur la fin extrême de l’existence humaine, qui est d’entrer dans une union (une «conjonc­tion») de plus en plus étroite avec l’intellect et de se mettre ain­si en rap­port avec Dieu. En effet, selon Ibn Bâğğa, l’intellect est l’essence et la nature de l’homme, comme le tran­chant est l’essence et la nature du cou­teau; et si c’est par les actes cor­po­rels que l’homme existe, c’est uni­que­ment par les actes intel­lec­tuels qu’il est divin : «L’intellect est donc l’existant le plus cher à Dieu Très-Haut, et lorsque l’homme atteint cet intel­lect lui-même… cet homme a atteint la chose créée la plus chère à Dieu»******. Cette théo­rie est emprun­tée à l’«Éthique à Nico­maque»; mais ce qui importe ici, c’est qu’en impri­mant au culte de Dieu un mou­ve­ment vers la phi­lo­so­phie et la libre pen­sée, elle trace la voie sur laquelle mar­che­ront les illustres Aver­roès et Maï­mo­nide — et par-delà les Judéo-Arabes, Albert le Grand, saint Tho­mas et Jean de Jan­dun.

* Par­fois tra­duit «De la fin de l’homme». Haut

** En arabe «في الغاية الإنسانية». Par­fois trans­crit «Fī ’l-ghāyat ’l-insā­niyyat» ou «Fī l-ghāya l-insā­niyya». Haut

*** En arabe ابن باجة. Autre­fois trans­crit Ebn Bagiah, Ebn Bageh, Aben­be­ja, Ibn Bâd­jeh, Ebn-Bajah, Ibn Baj­jah, Ibn Bâj­ja, Ibn Bâdd­ja, Ibn Bâd­ja ou Ibn Bād­jd­ja. Éga­le­ment connu sous le sur­nom d’Ibn al-Ṣā’iġ (ابن الصائغ), c’est-à-dire «Fils de l’Orfèvre». Autre­fois trans­crit Ebn al-Saïegh, Ebn Alsaïeg, Ibn-al-Sayegh, Ibn-al-Çayeg, Ibn eç-Çâ’igh ou Ibn al-Sa’igh. Haut

**** Par­fois trans­crit Aven­pace ou Avem­peche. Haut

***** «Hayy ben Yaqd­hân; tra­duc­tion par Léon Gau­thier», p. 11. Haut

****** «La Conduite de l’isolé et Deux Autres Épîtres», p. 163. Haut

Ibn Rushd (Averroès), «Abrégé du “Mustaṣfā”»

éd. De Gruyter, coll. Corpus philosophorum medii ævi-Scientia græco-arabica, Berlin

éd. De Gruy­ter, coll. Cor­pus phi­lo­so­pho­rum medii ævi-Scien­tia græ­co-ara­bi­ca, Ber­lin

Il s’agit du «Muḫ­taṣar al-Mus­taṣ­fâ»* d’Ibn Rushd** (XIIe siècle apr. J.-C.), abré­gé du livre de juris­pru­dence de Ghazâ­li inti­tu­lé «Mus­taṣ­fâ». De tous les phi­lo­sophes que l’islam don­na à l’Espagne, celui qui lais­sa le plus de traces dans la mémoire des peuples, grâce à ses savants com­men­taires des écrits d’Aris­tote, ce fut Ibn Rushd, éga­le­ment connu sous les noms cor­rom­pus d’Averois, Aven-Roez ou Aver­roès***. Son Anda­lou­sie natale était un coin pri­vi­lé­gié du monde, où le goût des sciences et des belles choses avait éta­bli, à par­tir du Xe siècle, une tolé­rance dont l’époque moderne peut à peine offrir un exemple. «Chré­tiens, juifs, musul­mans par­laient la même langue, chan­taient les mêmes poé­sies, par­ti­ci­paient aux mêmes études lit­té­raires et scien­ti­fiques. Toutes les bar­rières qui séparent les hommes étaient tom­bées; tous tra­vaillaient d’un même accord à l’œuvre de la civi­li­sa­tion com­mune», dit Renan. Abû Ya‘ḳûb Yûsuf****, calife de l’Andalousie et contem­po­rain d’Ibn Rushd, fut le prince le plus let­tré de son temps. L’illustre phi­lo­sophe Ibn Tho­faïl obtint à sa Cour une grande influence et en pro­fi­ta pour y atti­rer les savants de tous les pays. Ce fut d’après le vœu expri­mé par Yûsuf et sur les ins­tances d’Ibn Tho­faïl qu’Ibn Rushd entre­prit de com­men­ter Aris­tote. Jamais ce der­nier n’avait reçu de soins aus­si éten­dus et aus­si dévoués que ceux que lui pro­di­gue­ra Ibn Rushd. L’aristotélisme ne sera plus grec, il sera arabe. «Mais la cause fatale qui a étouf­fé chez les musul­mans les plus beaux germes de déve­lop­pe­ment intel­lec­tuel, le fana­tisme reli­gieux, pré­pa­rait déjà la ruine [de la phi­lo­so­phie]», dit Renan. Vers la fin du XIIe siècle, l’antipathie des imams et du peuple contre les études ration­nelles se déchaîne sur toute la sur­face du monde musul­man. Bien­tôt il suf­fi­ra de dire d’un homme : «Un tel tra­vaille à la phi­lo­so­phie ou donne des leçons d’astronomie», pour que les gens du peuple lui appliquent immé­dia­te­ment le nom d’«impie», de «mécréant», etc.; et que, si par mal­heur il per­sé­vère, ils le frappent dans la rue ou lui brûlent sa mai­son.

* En arabe «مختصر المستصفى». Éga­le­ment connu sous le titre d’«Iḫtiṣâr al-Mus­taṣ­fâ» («اختصار المستصفى»). Haut

** En arabe ابن رشد. Par­fois trans­crit Ebn Roschd, Ibn-Roshd, Ibn Rochd ou Ibn Rušd. Haut

*** Par sub­sti­tu­tion d’Aven (Aben) à Ibn. Haut

**** En arabe أبو يعقوب يوسف. Par­fois trans­crit Abu Yaqub Yusuf, Abou Ya‘qoûb Yoû­çof ou Abou-Ya’coub You­souf. Haut

Maïmonide, «Le Livre des commandements, “Séfèr hamitsvoth”»

éd. L’Âge d’homme, Lausanne

éd. L’Âge d’homme, Lau­sanne

Il s’agit d’une tra­duc­tion indi­recte du «Livre des com­man­de­ments»*Kitab al-faraid») de Rab­bi Moïse ben Maï­mon**, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»***). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam**** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon*****, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois tra­duit «Le Livre des pré­ceptes». Haut

** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

*** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

**** En hébreu רמב״ם. Haut

***** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

****** «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Épître sur la persécution • Épître au Yémen • Épître sur la résurrection • Introduction au chapitre “Helèq”»

éd. Verdier, coll. Les Dix Paroles, Lagrasse

éd. Ver­dier, coll. Les Dix Paroles, Lagrasse

Il s’agit d’une tra­duc­tion indi­recte de l’«Épître au Yémen» («Al-risa­la al-Yama­niyya»*) et autres œuvres de Rab­bi Moïse ben Maï­mon**, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»***). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam**** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon*****, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois trans­crit «Al-risā­la al-Yamanīya» ou «Al-risā­lah al-Yamanīyah». Haut

** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

*** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

**** En hébreu רמב״ם. Haut

***** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

****** «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Traité d’éthique, [ou] Huit Chapitres»

éd. D. de Brouwer, coll. Midrash-Références, Paris

éd. D. de Brou­wer, coll. Midrash-Réfé­rences, Paris

Il s’agit des «Huit Cha­pitres», extraits du «Livre du lumi­naire»*Kitab al-siraj»**), de Rab­bi Moïse ben Maï­mon***, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»****). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam***** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon******, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il*******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois tra­duit «Livre de la lumière». Haut

** Par­fois trans­crit «Kitāb al-sarāj» ou «Kitab es-sirâdj». Haut

*** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

**** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

***** En hébreu רמב״ם. Haut

****** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

******* «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Traité des poisons»

éd. Lipschutz, Paris

éd. Lip­schutz, Paris

Il s’agit du «Trai­té des poi­sons» («Al-sumum wal-muta­har­riz min al-adwiyah al-kita­lah»*, lit­té­ra­le­ment «Des poi­sons et des anti­dotes contre les drogues mor­telles»**) de Rab­bi Moïse ben Maï­mon***, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»****). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam***** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon******, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il*******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois trans­crit «Al-sumûm wa-al-mutaḥar­riz min al-adwiya al-qitâ­la», «Al-sumūm wal-mutaḥar­riz min al-adwiya al-qitā­lah», «As-somum u al-mota­har­riz mim al-aduiya al-qat­ta­la», «As-sumûm wa’l-mutaḥarriz min al-adwiya al-qat­tâ­la», «As-sumum wa’l-mutaharriz min al-adwiya al-qut­ta­la» ou «As-somoûm w’al-motaharriz min al-adwiya al-qat­tâ­la». Haut

** Par­fois tra­duit «Des poi­sons et des pré­ser­va­tifs contre les remèdes mor­tels». Haut

*** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

**** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

***** En hébreu רמב״ם. Haut

****** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

******* «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Traité de logique»

éd. D. de Brouwer, coll. Midrash-Références, Paris

éd. D. de Brou­wer, coll. Midrash-Réfé­rences, Paris

Il s’agit du «Trai­té de logique» («Maka­lah fi-sinaat al-man­tik»*) de Rab­bi Moïse ben Maï­mon**, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»***). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam**** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon*****, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois trans­crit «Maka­la fî sana‘at ’al-man­tik», «Maqā­la fī ṣinā‘at al-manṭiq», «Mâkâ­lah fi-siné at al man­tik», «Maqā­lah fi ṣinā‘at al-man­tiq» ou «Maqâ­la fî çinâ’at al-man­tiq». Haut

** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

*** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

**** En hébreu רמב״ם. Haut

***** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

****** «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Lettres de Fostat • La Guérison par l’esprit»

éd. Bibliophane-D. Radford, coll. L’Entre nous, Paris

éd. Biblio­phane-D. Rad­ford, coll. L’Entre nous, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion indi­recte de «La Gué­ri­son par l’esprit» («Fi tad­bir as-sih­ha»*, lit­té­ra­le­ment «Sur le régime de la san­té») et autres œuvres de Rab­bi Moïse ben Maï­mon**, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»***). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam**** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon*****, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois trans­crit «Fī tadbīr aṣ-ṣiḥḥat», «Fi tad­bir al-sih­hah», «Fî tad­bîr al-siha» ou «Fi tad­bir-s-sih­ha». Haut

** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

*** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

**** En hébreu רמב״ם. Haut

***** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

****** «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Le Guide des égarés : traité de théologie et de philosophie. Tome III»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «Guide des éga­rés»*Dala­lat al-hayi­rin»**) de Rab­bi Moïse ben Maï­mon***, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»****). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam***** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon******, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il*******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois tra­duit «Guide pour ceux qui sont dans la per­plexi­té», «Guide des per­plexes», «Guide des che­mins tor­tueux», «Doc­teur de ceux qui chan­cellent», «Guide des indé­cis» ou «Guide des dévoyés». Haut

** Par­fois trans­crit «Dela­lat elhaï­rin», «Dalā­lat al-ḥā’irīn», «Dala­lat al-harin», «Delâletü’l-hairîn» ou «Dala­la­tul hai­rin». Haut

*** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

**** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

***** En hébreu רמב״ם. Haut

****** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

******* «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Le Guide des égarés : traité de théologie et de philosophie. Tome II»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «Guide des éga­rés»*Dala­lat al-hayi­rin»**) de Rab­bi Moïse ben Maï­mon***, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»****). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam***** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon******, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il*******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois tra­duit «Guide pour ceux qui sont dans la per­plexi­té», «Guide des per­plexes», «Guide des che­mins tor­tueux», «Doc­teur de ceux qui chan­cellent», «Guide des indé­cis» ou «Guide des dévoyés». Haut

** Par­fois trans­crit «Dela­lat elhaï­rin», «Dalā­lat al-ḥā’irīn», «Dala­lat al-harin», «Delâletü’l-hairîn» ou «Dala­la­tul hai­rin». Haut

*** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

**** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

***** En hébreu רמב״ם. Haut

****** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

******* «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, «Le Guide des égarés : traité de théologie et de philosophie. Tome I»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «Guide des éga­rés»*Dala­lat al-hayi­rin»**) de Rab­bi Moïse ben Maï­mon***, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus célèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour expri­mer leur admi­ra­tion envers lui : «Depuis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse» («Mi Moshé ad Moshé, lo kam ké Moshé»****). Dans les livres hébraïques, il est sou­vent dési­gné par le nom de Ram­bam***** com­po­sé, selon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom entier. Dans les livres latins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il naquit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chas­sé par les per­sé­cu­tions reli­gieuses des Almo­hades, il dut se réfu­gier en Égypte, où il devint pre­mier méde­cin du Sul­tan. On aurait pu ajou­ter à ces noms celui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence don­na asile à la plus grande par­tie des Juifs expul­sés du midi de l’Espagne; et que c’est à Lunel, et non au Caire, que «Le Guide des éga­rés» fut tra­duit de l’arabe en hébreu par Samuel ben Yéhu­da ibn Tibon******, lequel enta­ma sa tra­duc­tion du vivant même de Maï­mo­nide. Dans l’«Épître à Rab­bi Samuel ibn Tibon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés”» et l’«Épître à la com­mu­nau­té de Lunel», Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nau­té pro­ven­çale son héri­tière spi­ri­tuelle : «Je suis», dit-il*******, «[un] auteur en langue arabe, cette langue dont le soleil décline… [Mais] vous, maîtres et proches, affer­mis­sez-vous! For­ti­fiez vos cœurs; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour appro­fon­dir les paroles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des cités de vos régions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment absor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes; vous, dépo­si­taires de l’intellect et du savoir! Sachez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Syrie, un seul endroit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui méditent la Tora… Pour ce qui est des cités du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons appris quel décret a été pro­non­cé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de salut nulle part, si ce n’est auprès de vous, frères, figures de notre rédemp­tion.»

* Par­fois tra­duit «Guide pour ceux qui sont dans la per­plexi­té», «Guide des per­plexes», «Guide des che­mins tor­tueux», «Doc­teur de ceux qui chan­cellent», «Guide des indé­cis» ou «Guide des dévoyés». Haut

** Par­fois trans­crit «Dela­lat elhaï­rin», «Dalā­lat al-ḥā’irīn», «Dala­lat al-harin», «Delâletü’l-hairîn» ou «Dala­la­tul hai­rin». Haut

*** En hébreu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Môsheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Maj­mon ou Moché ben Maï­mon. Haut

**** En hébreu «ממשה עד משה לא קם כמשה». Par­fois trans­crit «Mi-Mosheh ‘ad Mosheh, lo qam ke-Mosheh», «Mimo­sché ad Mosché, lo kam ca Mosché», «Memoshe ad Moshe, lo kam k’Moshe», «Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe» ou «Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé». Haut

***** En hébreu רמב״ם. Haut

****** En hébreu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Samuel ben Judah ibn Tib­bon, Samuel ben Yehou­da ibn Tib­bon ou Samuel ben Jehu­da ibn Tib­bon. Haut

******* «Lettres de Fostat • La Gué­ri­son par l’esprit», p. 45 & 47-48. Haut

«Étude sur les arguments de Zénon d’Élée contre le mouvement»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de Zénon d’Élée*, célèbre auteur de para­doxes (Ve siècle av. J.-C.). Il ne paraît pas avoir été mathé­ma­ti­cien, ni phy­si­cien; mais ses fameux «Argu­ments contraires» («Anti­lo­giai»**) ont fait autant pour les prin­cipes des mathé­ma­tiques et de la phy­sique que pour ceux de la phi­lo­so­phie. C’était un homme bien fait, d’une figure agréable, un dis­ciple dévoué de Par­mé­nide, et quelques écri­vains pré­tendent «qu’il devint le mignon de son maître»***. Il ne quit­tait que très rare­ment son Élée natale, «cité modeste, tout juste bonne à pro­duire des hommes de valeur»****. Plus tard, cette cité étant tom­bée, on ne sait com­ment, sous le joug d’un tyran appe­lé Néarque, Zénon entre­prit de la déli­vrer à l’aide de com­plices. La conspi­ra­tion ayant été décou­verte, il fut empri­son­né et périt dans d’horribles sup­plices, où il mon­tra un carac­tère héroïque. Cette affaire est rap­por­tée avec mille variantes par les écri­vains. Je n’en don­ne­rai qu’une : Tor­tu­ré et inter­ro­gé sur ses com­plices, Zénon nom­ma les amis du tyran pour pri­ver celui-ci de tous ses appuis. Néarque, après les avoir fait mou­rir, l’interrogea sur les armes qu’il avait trans­por­tées dans une île voi­sine. Zénon lui dit qu’il lui répon­drait à l’oreille; le tyran s’étant appro­ché, Zénon lui mor­dit l’oreille et ne relâ­cha pas sa prise avant d’être per­cé de coups et tué. Aujourd’hui, il ne reste des ouvrages de Zénon que les «Argu­ments contraires» concer­nant le mou­ve­ment, trans­mis jusqu’à nous grâce à la réfu­ta­tion d’Aris­tote et aux cita­tions de Sim­pli­cius. Ces «Argu­ments» inté­ressent au plus haut point l’histoire des sciences, en ceci qu’ils fixent pour la pre­mière fois l’attention sur le pro­blème de l’infinitésimal et sur les dif­fi­cul­tés logiques aux­quelles se heurtent les cal­culs qui jonglent avec l’infini. Le poète Paul Valé­ry résu­me­ra les deux «Argu­ments» les plus connus, «Achille et la Tor­tue» et «La Flèche qui vole», par ces vers : «Zénon, cruel Zénon!… M’as-tu per­cé de cette flèche ailée qui vibre, vole et qui ne vole pas!… Achille immo­bile à grands pas!»

* En grec Ζήνων ὁ Ἐλεάτης. Éga­le­ment connu sous le nom de Zénon le Par­mé­ni­dien. En grec Ζήνων ὁ Παρμενίδειος. À ne pas confondre avec Zénon de Cition, le fon­da­teur du stoï­cisme. Haut

** En grec «Ἀντιλογίαι». Haut

*** «λέγεσθαι αὐτὸν παιδικὰ τοῦ Παρμενίδου γεγονέναι» (Pla­ton). «γέγονεν αὐτοῦ παιδικά» (Dio­gène Laërce). Haut

**** Dio­gène Laërce. Haut

Euclide, «Les Éléments. Tome II»

éd. Presses universitaires de France, coll. Bibliothèque d’histoire des sciences, Paris

éd. Presses uni­ver­si­taires de France, coll. Biblio­thèque d’histoire des sciences, Paris

Il s’agit des «Élé­ments» («Ta Stoi­cheia»*) ou «Ensei­gne­ment élé­men­taire» («Hê Stoi­cheiô­sis»**) d’Euclide d’Alexandrie***, célèbre savant grec, dont le nom est pour la géo­mé­trie ce qu’est le nom d’Einstein pour la phy­sique. La science grecque est essen­tiel­le­ment déduc­tive. C’est avec elle que l’esprit humain conçoit, pour la pre­mière fois, la pos­si­bi­li­té de poser un petit nombre de prin­cipes et d’en déduire un ensemble de véri­tés qui en soient la consé­quence néces­saire. Les «Élé­ments» d’Euclide passent pour le modèle du genre. Ils débutent par une liste d’«axiomes» (c’est-à-dire de prin­cipes que l’on demande au lec­teur d’admettre sans démons­tra­tion), énon­cés de telle sorte qu’ils peuvent être accep­tés par cha­cun; tout en étant aus­si peu nom­breux que pos­sible (envi­ron une dizaine), ils suf­fisent à assu­rer la construc­tion de tout l’édifice mathé­ma­tique. Dans une pre­mière lec­ture, l’on serait ten­té de croire qu’Euclide est l’inventeur de ce genre de construc­tion. Il ne cite aucun nom de pré­dé­ces­seur; des pro­po­si­tions que nous dési­gnons sous les noms de «théo­rème de Pytha­gore» ou «de Tha­lès» prennent place dans ses «Élé­ments» sans que soient rap­pe­lés ceux qui les ont énon­cées en pre­mier. Cepen­dant, Euclide a beau ne pas citer ses sources, son œuvre décèle une diver­si­té d’inspirations qui ne trompe pas; elle n’est pas et ne sau­rait être l’œuvre d’une seule intel­li­gence. Des géo­mètres plus anciens — Hip­po­crate de Chios****, Her­mo­time de Colo­phon*****, Eudoxe de Cnide******, Théé­tète d’Athènes*******, Theu­dios de Magné­sie******** — avaient écrit des «Élé­ments». Le mérite d’Euclide est d’avoir réuni leurs démons­tra­tions et sur­tout d’avoir com­po­sé un tout qui, par un enchaî­ne­ment plus exact, fit oublier les ouvrages écrits avant le sien, qui devint le plus impor­tant sur cette matière. Voi­ci ce qu’en dit Pro­clus dans ses «Com­men­taires aux “Élé­ments”» : «En ras­sem­blant des “Élé­ments”, Euclide en a coor­don­né beau­coup d’Eudoxe, per­fec­tion­né beau­coup de Théé­tète et évo­qué dans d’irréfutables démons­tra­tions ceux que ses pré­dé­ces­seurs avaient mon­trés d’une manière relâ­chée»

* En grec «Τὰ Στοιχεῖα». Haut

** En grec «Ἡ Στοιχείωσις». Haut

*** En grec Εὐκλείδης. Autre­fois trans­crit Euclides. On l’a long­temps confon­du avec Euclide de Mégare, phi­lo­sophe, «bien qu’ils n’aient pas été contem­po­rains et qu’ils aient dif­fé­ré l’un de l’autre autant par leur genre d’esprit… que par la nature de leurs tra­vaux» (Louis Figuier). Haut

**** En grec Ἱπποκράτης ὁ Χῖος. Par­fois trans­crit Hip­po­crate de Chio. À ne pas confondre avec Hip­po­crate de Cos, le célèbre méde­cin, qui vécut à la même époque. Haut

***** En grec Ἑρμότιμος ὁ Κολοφώνιος. Haut

****** En grec Εὔδοξος ὁ Κνίδιος. Haut

******* En grec Θεαίτητος ὁ Ἀθηναῖος. Haut

******** En grec Θεύδιος ὁ Μάγνης. Haut