Mot-clefpoésie lyrique

su­jet

« Les Minnesingers. Walther von der Vogelweide (1190-1240) »

dans « Bulletin de la Société littéraire de Strasbourg », vol. 2, p. 29-62

dans « Bul­le­tin de la So­ciété lit­té­raire de Stras­bourg », vol. 2, p. 29-62

Il s’agit de « Sous les tilleuls… » (« Un­der der lin­den… »1), « Hé­las ! Comme toutes mes an­nées se sont éva­po­rées »2 (« Owê ! War sint vers­wun­den al­liu mî­niu jâr ») et autres chants de Wal­ther von der Vo­gel­weide, dit Wal­ther de la Vo­gel­weide, le pre­mier grand poète de langue al­le­mande. « Qu’avez-vous fait », de­manda-t-on une fois à Henri Heine3, « le pre­mier jour de votre ar­ri­vée à Pa­ris ? Quelle fut votre pre­mière course ? » On s’attendait à l’entendre nom­mer la place de la Concorde ou bien le Pan­théon. « Tout de suite après mon ar­ri­vée », dit Heine, « j’étais allé à la Bi­blio­thèque royale (l’actuelle Bi­blio­thèque na­tio­nale de France) et je m’étais fait mon­trer par le conser­va­teur le ma­nus­crit des “Min­ne­sin­gers”… Et c’est vrai : de­puis des an­nées, je dé­si­rais voir de mes yeux les chères feuilles qui nous ont conservé les poé­sies de Wal­ther de la Vo­gel­weide, le plus grand ly­rique al­le­mand. » À la fin du XIIe siècle, Vienne, ville aux confins de l’aire ger­ma­nique, en de­vint la mé­tro­pole ar­tis­tique. Elle s’ennoblit par les chants des trou­ba­dours cé­lèbres — les min­ne­sin­gers (chantres d’amour) — dont l’Alsacien Rein­mar de Ha­gue­nau, qui y trans­porta les formes et l’esprit de la poé­sie cour­toise fran­çaise. C’est sous sa di­rec­tion que Vo­gel­weide fit son ap­pren­tis­sage de poète. L’élève sur­passa bien­tôt ses contem­po­rains et son maître ; et c’est mer­veille de voir à quel point, entre ses mains ha­biles, le vieux haut-al­le­mand s’assouplit et se ra­dou­cit. Ce­pen­dant, mal­gré ses ser­vices et sa no­blesse, Vo­gel­weide était pauvre, et à la mort du duc Fré­dé­ric Ier d’Autriche, il resta sans pro­tec­teur. Il dut se ré­soudre à quit­ter Vienne et à me­ner une exis­tence va­ga­bonde. Cette date marque un tour­nant dans la lit­té­ra­ture al­le­mande. Au contact des éco­lâtres iti­né­rants, go­liards, jon­gleurs, Vo­gel­weide éten­dit la forme du « min­ne­lied » (« chan­son d’amour ») à l’amour de la pa­trie, de la beauté, aux ré­flexions mo­rales, aux sen­ti­ments plus per­son­nels et plus vil­la­geois aussi, les jeunes pay­sannes rem­pla­çant les châ­te­laines : « De l’Elbe jusqu’au Rhin », dit-il4, « et de là jusqu’aux fron­tières de Hon­grie, se ren­contrent bien les meilleures que j’aie vues… Si j’ai bon œil et bon ju­ge­ment pour la beauté, pour la grâce, de par Dieu, je ju­re­rais bien que chez nous les simples femmes valent mieux qu’ailleurs les grandes dames ». Une des com­po­si­tions les plus gra­cieuses et les plus fraîches de Vo­gel­weide est sa pas­tou­relle « Sous les tilleuls… », où une jeune femme dé­crit, avec pu­deur et sim­pli­cité, les joies qu’elle a éprou­vées dans les bras de son amant, à l’ombre des arbres té­moins.

  1. On ren­contre aussi la gra­phie « Un­ter den lin­den… ». Haut
  2. Par­fois tra­duit « Hé­las ! Où sont al­lées toutes mes an­nées », « Hé­las ! Que sont de­ve­nues toutes mes an­nées », « Ô tris­tesse ! Par où s’est-elle dis­per­sée, la gerbe de mes an­nées », « Hé­las ! Où sont-ils, mes ans éva­nouis », « Com­ment ont passé mes an­nées », « Mal­heur à moi ! Com­ment se sont éva­nouies, où se sont en­fuies les an­nées de ma vie », « Las, où sont-elles en al­lées, toutes mes an­nées ? », « Hé­las ! Où sont en­glou­ties toutes mes an­nées ? » ou « Hé­las ! Où donc ont-elles dis­paru, toutes mes an­nées ? ». Haut
  1. « Sa­tires et Por­traits », p. 121. Haut
  2. « Les Min­ne­sin­gers. Wal­ther von der Vo­gel­weide », p. 47. Haut

Hugo, « Les Chants du crépuscule • Les Voix intérieures • Les Rayons et les Ombres »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des « Rayons et les Ombres » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Hugo, « Les Orientales • Les Feuilles d’automne »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des « Feuilles d’automne » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Hugo, « Odes et Ballades »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des « Odes et Bal­lades » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Rimbaud, « Œuvres : des Ardennes au désert »

éd. Pocket, coll. Pocket classiques, Paris

éd. Po­cket, coll. Po­cket clas­siques, Pa­ris

Il s’agit d’Arthur Rim­baud, poète fran­çais (XIXe siècle). Les bê­tises se sont ac­cu­mu­lées sur le compte de Rim­baud, mais peut-être qu’il est cou­pable de les avoir per­mises, et de ne pas avoir rendu im­pos­sibles cer­taines in­ter­pré­ta­tions ex­tra­va­gantes, en se plai­sant, dans la se­conde par­tie de son œuvre, à faire des phrases sans suite, des phrases d’un es­prit fou, dé­tra­qué, dé­ré­glé, des phrases dont il se ré­ser­vait la tra­duc­tion, et dont il di­sait : « Ça dit ce que ça dit, lit­té­ra­le­ment et dans tous les sens »1 ; « Je no­tais l’inexprimable, je fixais des ver­tiges »2 ; « J’ai seul la clef de cette pa­rade sau­vage »3 ; etc. Mais nous n’avons pas en­vie de nous dé­cou­ra­ger d’avance. Nous avons en­vie, au contraire, de sa­voir, très dé­ci­dé­ment, à quoi nous en te­nir sur cette se­conde par­tie si contro­ver­sée. La bonne mé­thode est d’aller pas à pas, com­men­çant par le viol de Rim­baud. Et d’abord, qu’est-ce qui per­met de par­ler de viol ? Un de ses poèmes le per­met, qui porte le titre du « Cœur v[i]olé », et qui re­pro­duit, avec des mots qui ne s’inventent pas, les scènes abo­mi­nables aux­quelles Rim­baud a été obligé de se sou­mettre sous la vio­lence des ignobles in­di­vi­dus au mi­lieu des­quels il s’est trouvé en pleine Com­mune de Pa­ris (mai 1871), lui si jeune :

« Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur cou­vert de ca­po­ral :
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe :
Sous les quo­li­bets de la troupe
Qui pousse un rire gé­né­ral,
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur cou­vert de ca­po­ral !
Ithy­phal­liques et piou­piesques,
Leurs quo­li­bets l’ont dé­pravé !
 », etc.

  1. À sa mère, à pro­pos d’« Une Sai­son en en­fer ». Haut
  2. « Al­chi­mie du Verbe ». Haut
  1. « Pa­rade ». Haut

Catulle, « Les Poésies »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de Ca­tulle1, poète la­tin (Ie siècle av. J.-C.), qui s’est es­sayé dans tous les genres, de­van­çant Vir­gile dans l’épopée, Ho­race dans l’ode, Ovide, Ti­bulle, Pro­perce dans l’élégie amou­reuse, Mar­tial dans l’épigramme et ce que nous ap­pe­lons la poé­sie lé­gère. Sous un air de sim­pli­cité ex­trême, et ne for­mant pas cent pages, son pe­tit livre, ce « nou­vel en­fant d’une muse ba­dine » comme il l’appelle2, est une an­nonce com­plète, une sorte de pré­lude à toute la poé­sie du siècle d’Auguste. On se fi­gure gé­né­ra­le­ment que les Ro­mains de cette époque étaient le peuple le plus po­licé de l’Antiquité ; c’est une er­reur grave, que les poé­sies de Ca­tulle suf­fi­raient au be­soin pour dé­men­tir. En­ri­chis tout à coup par les dé­pouilles des peuples qu’ils avaient conquis, les Ro­mains pas­sèrent, sans tran­si­tion, de la dis­ci­pline sé­vère des camps aux dé­rè­gle­ments des dé­bauches, des fes­tins, de toutes les dé­penses, et aux ex­cès les plus cra­pu­leux. Sal­luste écrit3 : « Dès que les ri­chesses eurent com­mencé à être ho­no­rées… la vertu per­dit son in­fluence, la pau­vreté de­vint un op­probre, et l’antique sim­pli­cité fut re­gar­dée comme une af­fec­ta­tion mal­veillante. Par les ri­chesses, on a vu se ré­pandre parmi notre jeu­nesse, avec l’orgueil, la dé­bauche et la cu­pi­dité ; puis… la pro­di­ga­lité de son pa­tri­moine, la convoi­tise de la for­tune d’autrui, l’entier mé­pris de l’honneur, de la pu­di­cité, des choses di­vines et hu­maines… Les hommes se pros­ti­tuaient comme des femmes, et les femmes af­fi­chaient leur im­pu­di­cité ». C’est au mi­lieu de cette so­ciété mi-bar­bare, mi-ci­vi­li­sée que vé­cut notre poète. Ami de tous les plai­sirs et de la bonne chère, joyeux vi­veur de la grande ville, amant vo­lage de ces beau­tés vé­nales pour les­quelles se rui­nait la jeu­nesse d’alors, il se vit obligé de mettre en gage ses biens pour s’adonner aux charmes dan­ge­reux de la pas­sion amou­reuse. Dans un mor­ceau cé­lèbre, tout à coup il s’interrompt et se re­proche le mau­vais usage qu’il fait de ses loi­sirs. Il se dit à lui-même : « Prends-y garde, Ca­tulle, [tes loi­sirs] te se­ront fu­nestes. Ils ont pris trop d’empire sur ton âme. N’oublie pas qu’ils ont perdu les rois et les Em­pires »

  1. En la­tin Gaius Va­le­rius Ca­tul­lus. Haut
  2. p. 3. Haut
  1. « Conju­ra­tion de Ca­ti­lina », ch. 12. Haut

Hugo, « Notre-Dame de Paris. Tome II »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « Notre-Dame de Pa­ris » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Hugo, « Notre-Dame de Paris. Tome I »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « Notre-Dame de Pa­ris » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Hugo, « Han d’Islande »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « Han d’Islande » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Hugo, « L’Art d’être grand-père »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « L’Art d’être grand-père » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Hugo, « Bug-Jargal • Le Dernier Jour d’un condamné • Claude Gueux »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Der­nier Jour d’un condamné » et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut re­con­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, de­puis que cette langue a été fixée ; mais le seul qui ait un droit vrai­ment ab­solu à ce titre d’écrivain dans sa pleine ac­cep­tion. Toutes les ca­té­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui dé­jouées. La cri­tique qui vou­drait dé­mê­ler cette fi­gure ti­ta­nique, stu­pé­fiante, te­nant quelque chose de la di­vi­nité, est en pré­sence du pro­blème le plus in­so­luble. Fut-il poète, ro­man­cier ou pen­seur ? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste ? Il fut tout cela et plus en­core. Cet homme laissa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art ; de sorte qu’aucune des fa­milles qui se par­tagent l’espèce hu­maine au phy­sique et au mo­ral ne peut se l’attribuer en­tiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cy­clo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va ; un conti­nent de gra­nit qui se dé­tache avec fra­cas. « Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au ha­sard, car on ne sau­rait choi­sir », écrit Jules Re­nard1, « il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, ex­cepté quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes. » « Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo” ? », de­mande Édouard Dru­mont2. « Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la fo­rêt, ce gé­nie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues in­ces­sam­ment re­nou­ve­lées ; ce qu’on aime dans la fo­rêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit. »

  1. « Jour­nal », le 13 juillet 1893. Haut
  1. Dans « Vic­tor Hugo de­vant l’opinion ». Haut

Tyrtée, « Les Chants »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de Tyr­tée1, poète grec (VIIe siècle av. J.-C.) qui chanta le bon­heur de com­battre et de mou­rir pour la pa­trie, la mi­sère et l’éternel op­probre qui s’attachent au lâche, l’immortalité qui ré­com­pense le hé­ros en le fai­sant vivre dans une éter­nelle jeu­nesse ; bref, la vertu guer­rière éle­vée au-des­sus de tout. Nous n’avons plus de Tyr­tée que trois chants. Ils suf­fisent à jus­ti­fier les éloges don­nés par Pla­ton qui, dans son pre­mier livre des « Lois », dit : « Ô Tyr­tée, chantre di­vin, tu es à mes yeux un homme sage et ver­tueux »2 ; et par Ho­race qui, dans son « Art poé­tique », dit : « Aux ac­cents d’Ho­mère et de Tyr­tée, l’âme des hé­ros, aux com­bats ex­ci­tée, tres­saillait »3. Mais le plus bel éloge de tous est ce­lui que lui donna le fa­meux chef des trois cents Spar­tiates, Léo­ni­das, lorsqu’il ré­pon­dit à quelqu’un qui vou­lait sa­voir en quel de­gré d’estime il te­nait Tyr­tée : « Je le crois propre », dit-il4, « à ins­pi­rer de l’ardeur aux jeunes gens. Ses poé­sies les pé­nètrent d’un sen­ti­ment si vif d’enthousiasme, que dans les com­bats ils af­frontent sans mé­na­ge­ment les plus grands dan­gers ». Bien que peu va­riés, ses vers sont tou­jours hé­roïques et su­blimes. On y en­tend le cli­que­tis des armes, les cris de mort et de vic­toire ; on y sent, avec un autre poète5, que « l’acier, le fer, le marbre ne sont rien ; il n’est qu’un seul rem­part : le bras du ci­toyen ». Ce n’est pas éton­nant qu’avec tant de cha­leur pa­trio­tique, Tyr­tée ait en­flammé les cœurs des jeunes Spar­tiates, si in­flam­mables par ailleurs. Il est bien dom­mage que le peu qui nous reste de lui ne soit pas plus étendu ou mieux connu. « Les vers de Tyr­tée sont un des plus éner­giques en­cou­ra­ge­ments au pa­trio­tisme que pré­sente la lit­té­ra­ture, et aussi l’un des plus simples, l’un de ceux qui, par la clarté de la forme et la vi­va­cité de l’image, sont le plus as­su­rés de trou­ver tou­jours et par­tout le che­min du cœur », dit Al­fred Croi­set

  1. En grec Τυρταῖος. Haut
  2. En grec « Ὦ Τύρταιε, ποιητὰ θειότατε, δοκεῖς… σοφὸς ἡμῖν εἶναι καὶ ἀγαθός ». Haut
  3. En la­tin « Ho­me­rus Tyrtæusque mares ani­mos in Mar­tia bella ver­si­bus exa­cuit ». Haut
  1. Dans Plu­tarque, « Les Vies des hommes illustres », vies d’Agis et de Cléo­mène. Haut
  2. Al­cée. Haut

Sappho, « La Poésie »

éd. de l’Aire, coll. Le Chant du monde, Vevey

éd. de l’Aire, coll. Le Chant du monde, Ve­vey

Il s’agit de « La Poé­sie » (« Melê »1) de Sap­pho de Les­bos2 (VIIe siècle av. J.-C.), la poé­tesse la plus re­nom­mée de toute la Grèce par ses vers et par ses amours, et l’une des seules femmes de l’Antiquité dont la voix ait tra­versé les siècles. Stra­bon la consi­dère comme « un mer­veilleux pro­dige » et pré­cise : « Je ne sache pas que, dans tout le cours des temps dont l’histoire a gardé le sou­ve­nir, au­cune femme ait pu, même de loin, sous le rap­port du gé­nie ly­rique, ri­va­li­ser avec elle »3. J’ajouterais aussi les mots que l’auteur du « Voyage du jeune Ana­char­sis en Grèce » met dans la bouche d’un ci­toyen de My­ti­lène et qui contiennent un ré­sumé élo­quent des hom­mages ren­dus par les Grecs au ta­lent de Sap­pho : « Elle a peint tout ce que la na­ture offre de plus riant. Elle l’a peint avec les cou­leurs les mieux as­sor­ties, et ces cou­leurs elle sait au be­soin tel­le­ment les nuan­cer, qu’il en ré­sulte tou­jours un heu­reux mé­lange d’ombres et de lu­mières… Mais avec quelle force de gé­nie nous en­traîne-t-elle lorsqu’elle dé­crit les charmes, les trans­ports et l’ivresse de l’amour ! Quels ta­bleaux ! Quelle cha­leur ! Do­mi­née, comme la Py­thie, par le dieu qui l’agite, elle jette sur le pa­pier des ex­pres­sions en­flam­mées ; ses sen­ti­ments y tombent comme une grêle de traits, comme une pluie de feu qui va tout consu­mer ». Toutes ces qua­li­tés la firent sur­nom­mer la dixième des Muses : « Les Muses, dit-on, sont au nombre de neuf. Quelle er­reur ! Voici en­core Sap­pho de Les­bos qui fait dix »4. On ra­conte que Sap­pho épousa, fort jeune, le plus riche ha­bi­tant d’une île voi­sine, mais qu’elle en de­vint veuve aus­si­tôt. Le culte de la poé­sie fut dès ce mo­ment sa plus chère oc­cu­pa­tion. Elle réunit au­tour d’elle plu­sieurs filles, dont elle fit ses élèves ou ses amantes ; car il faut sa­voir que son ar­deur amou­reuse, dont Ovide pré­tend qu’elle était « non moindre que le feu de l’Etna » (« Ætnæo non mi­nor igne »), s’étendait sur les per­sonnes de son sexe. Il ne nous reste, du grand nombre de ses odes, épi­grammes, élé­gies et épi­tha­lames, que quelques pe­tits frag­ments qui se trouvent dis­sé­mi­nés dans les an­ciens scho­liastes, et sur­tout une ode en­tière que Sap­pho fit à la louange d’une de ses maî­tresses.

  1. En grec « Μέλη ». Haut
  2. En grec Σαπφὼ ἡ Λεσϐία. « Mais son nom au­then­tique était Ψάπφω (Psap­phô), au té­moi­gnage de la poé­tesse elle-même et de mon­naies my­ti­lé­niennes. Des mon­naies d’Érésos ont la forme sim­pli­fiée Σαπφώ (Sap­phô) qui est de­ve­nue en grec la forme la plus com­mune et a abouti fi­na­le­ment à Σαφώ (Sa­phô) », dit Aimé Puech. Haut
  1. En grec « ἡ Σαπφώ, θαυμαστόν τι χρῆμα· οὐ γὰρ ἴσμεν ἐν τῷ τοσούτῳ χρόνῳ τῷ μνημονευομένῳ φανεῖσάν τινα γυναῖκα ἐνάμιλλον οὐδὲ κατὰ μικρὸν ἐκείνῃ ποιήσεως χάριν ». Haut
  2. Pla­ton dans « An­tho­lo­gie grecque, d’après le ma­nus­crit pa­la­tin ». Haut