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Roûmî, «Odes mystiques, “Dîvân-e Shams-e Tabrîzî”»

éd. du Seuil-UNESCO, coll. Points-Sagesses, Paris

éd. du Seuil-UNES­CO, coll. Points-Sagesses, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Diwân-e-Shams»* de Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî**, poète mys­tique d’expression per­sane, qui n’est pas seule­ment l’inspirateur d’une confré­rie, celle des «der­viches tour­neurs», mais le direc­teur spi­ri­tuel de tout le XIIIe siècle. «Un si grand poète, aimable, har­mo­nieux, étin­ce­lant, exal­té; un esprit d’où émanent des par­fums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà trans­por­té son lec­teur», dit M. Mau­rice Bar­rès***. Réfu­gié à Konya**** en Ana­to­lie (Roûm), Djé­lâl-ed-dîn trou­va dans cette ville habi­tée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adon­né à la poé­sie, à la musique, aux danses, et il employa cette poé­sie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ain­si dire, des racines si pro­fondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses ensei­gne­ments n’ont rien per­du de leur fraî­cheur ni de leur par­fum; il se sur­vit dans ses dis­ciples et ses suc­ces­seurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tom­beau en l’appelant «notre Maître» (Maw­lâ­nâ*****). La beau­té et l’esprit tolé­rant de ses œuvres ont sur­pris les orien­ta­listes occi­den­taux, et tour­né la tête aux plus sobres par­mi eux. «Tous les cœurs sur les­quels souffle ma brise s’épanouissent comme un jar­din plein de lumière», dit-il avec rai­son

* En per­san «دیوان شمس». Par­fois trans­crit «Divan-i Shams», «Dîvân-ı Şems» ou «Divân-ê Chams». Éga­le­ment connu sous le titre de «Diwân kabir» («دیوان کبیر») et de «Kûl­liyât-e-Shams» («کلیات شمس»). Haut

** En per­san جلال‌الدین رومی. Par­fois trans­crit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jel­la­lud­din Rumi, Jela­lud­din Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jal­la­lud­din Rumi, Dja­lâl-ud-Dîn Rûmî, Dže­la­lud­din Rumi, Dscha­lal ad-din Rumi, Cala­laddīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roû­mî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Dja­lâl-od-dîn Rûmî, Jalâ­lod­dîn Rûmî, Djé­la­lid­din-Rou­mi, Jalel Iddine Rou­mi, Dsche­lâl-ed-dîn Rumi, Cela­le­din Rumi, Cela­led­din-i Rumi, Jela­led­din Rumi, Dje­la­let­tine Rou­mî, Djé­lal­le­din-i-Rou­mi ou Djel­lal-ed-Dine Rou­mi. Haut

*** «Une Enquête aux pays du Levant. Tome II», p. 74. Haut

**** On ren­contre aus­si les gra­phies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Ico­nium. Haut

***** En per­san مولانا. Par­fois trans­crit Mau­la­na, Mow­lâ­nâ, Mev­la­na ou Mew­lâ­nâ. Haut

Roûmî, «Rubâi’yât»

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

éd. A. Michel, coll. Spi­ri­tua­li­tés vivantes-Sou­fisme, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle des «Qua­trains» («Rubayat»*) de Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî**, poète mys­tique d’expression per­sane, qui n’est pas seule­ment l’inspirateur d’une confré­rie, celle des «der­viches tour­neurs», mais le direc­teur spi­ri­tuel de tout le XIIIe siècle. «Un si grand poète, aimable, har­mo­nieux, étin­ce­lant, exal­té; un esprit d’où émanent des par­fums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà trans­por­té son lec­teur», dit M. Mau­rice Bar­rès***. Réfu­gié à Konya**** en Ana­to­lie (Roûm), Djé­lâl-ed-dîn trou­va dans cette ville habi­tée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adon­né à la poé­sie, à la musique, aux danses, et il employa cette poé­sie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ain­si dire, des racines si pro­fondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses ensei­gne­ments n’ont rien per­du de leur fraî­cheur ni de leur par­fum; il se sur­vit dans ses dis­ciples et ses suc­ces­seurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tom­beau en l’appelant «notre Maître» (Maw­lâ­nâ*****). La beau­té et l’esprit tolé­rant de ses œuvres ont sur­pris les orien­ta­listes occi­den­taux, et tour­né la tête aux plus sobres par­mi eux. «Tous les cœurs sur les­quels souffle ma brise s’épanouissent comme un jar­din plein de lumière», dit-il avec rai­son

* En per­san «رباعیات». Par­fois trans­crit «Rubaiat», «Robāïates», «Roubâ’yât», «Robaiyat», «Roba’yat», «Rou­bayyat», «Robái­j­ját», «Rou­baïyat» ou «Rubâi’yât». Haut

** En per­san جلال‌الدین رومی. Par­fois trans­crit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jel­la­lud­din Rumi, Jela­lud­din Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jal­la­lud­din Rumi, Dja­lâl-ud-Dîn Rûmî, Dže­la­lud­din Rumi, Dscha­lal ad-din Rumi, Cala­laddīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roû­mî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Dja­lâl-od-dîn Rûmî, Jalâ­lod­dîn Rûmî, Djé­la­lid­din-Rou­mi, Jalel Iddine Rou­mi, Dsche­lâl-ed-dîn Rumi, Cela­le­din Rumi, Cela­led­din-i Rumi, Jela­led­din Rumi, Dje­la­let­tine Rou­mî, Djé­lal­le­din-i-Rou­mi ou Djel­lal-ed-Dine Rou­mi. Haut

*** «Une Enquête aux pays du Levant. Tome II», p. 74. Haut

**** On ren­contre aus­si les gra­phies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Ico­nium. Haut

***** En per­san مولانا. Par­fois trans­crit Mau­la­na, Mow­lâ­nâ, Mev­la­na ou Mew­lâ­nâ. Haut

Roûmî, «Lettres»

éd. J. Renard, Paris

éd. J. Renard, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle des «Lettres» («Mak­tû­bât»*) de Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî**, poète mys­tique d’expression per­sane, qui n’est pas seule­ment l’inspirateur d’une confré­rie, celle des «der­viches tour­neurs», mais le direc­teur spi­ri­tuel de tout le XIIIe siècle. «Un si grand poète, aimable, har­mo­nieux, étin­ce­lant, exal­té; un esprit d’où émanent des par­fums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà trans­por­té son lec­teur», dit M. Mau­rice Bar­rès***. Réfu­gié à Konya**** en Ana­to­lie (Roûm), Djé­lâl-ed-dîn trou­va dans cette ville habi­tée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adon­né à la poé­sie, à la musique, aux danses, et il employa cette poé­sie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ain­si dire, des racines si pro­fondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses ensei­gne­ments n’ont rien per­du de leur fraî­cheur ni de leur par­fum; il se sur­vit dans ses dis­ciples et ses suc­ces­seurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tom­beau en l’appelant «notre Maître» (Maw­lâ­nâ*****). La beau­té et l’esprit tolé­rant de ses œuvres ont sur­pris les orien­ta­listes occi­den­taux, et tour­né la tête aux plus sobres par­mi eux. «Tous les cœurs sur les­quels souffle ma brise s’épanouissent comme un jar­din plein de lumière», dit-il avec rai­son

* En per­san «مکتوبات». Haut

** En per­san جلال‌الدین رومی. Par­fois trans­crit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jel­la­lud­din Rumi, Jela­lud­din Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jal­la­lud­din Rumi, Dja­lâl-ud-Dîn Rûmî, Dže­la­lud­din Rumi, Dscha­lal ad-din Rumi, Cala­laddīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roû­mî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Dja­lâl-od-dîn Rûmî, Jalâ­lod­dîn Rûmî, Djé­la­lid­din-Rou­mi, Jalel Iddine Rou­mi, Dsche­lâl-ed-dîn Rumi, Cela­le­din Rumi, Cela­led­din-i Rumi, Jela­led­din Rumi, Dje­la­let­tine Rou­mî, Djé­lal­le­din-i-Rou­mi ou Djel­lal-ed-Dine Rou­mi. Haut

*** «Une Enquête aux pays du Levant. Tome II», p. 74. Haut

**** On ren­contre aus­si les gra­phies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Ico­nium. Haut

***** En per­san مولانا. Par­fois trans­crit Mau­la­na, Mow­lâ­nâ, Mev­la­na ou Mew­lâ­nâ. Haut

Roûmî, «Le Livre de Chams de Tabriz : cent poèmes»

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Diwân-e-Shams»* de Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî**, poète mys­tique d’expression per­sane, qui n’est pas seule­ment l’inspirateur d’une confré­rie, celle des «der­viches tour­neurs», mais le direc­teur spi­ri­tuel de tout le XIIIe siècle. «Un si grand poète, aimable, har­mo­nieux, étin­ce­lant, exal­té; un esprit d’où émanent des par­fums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà trans­por­té son lec­teur», dit M. Mau­rice Bar­rès***. Réfu­gié à Konya**** en Ana­to­lie (Roûm), Djé­lâl-ed-dîn trou­va dans cette ville habi­tée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adon­né à la poé­sie, à la musique, aux danses, et il employa cette poé­sie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ain­si dire, des racines si pro­fondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses ensei­gne­ments n’ont rien per­du de leur fraî­cheur ni de leur par­fum; il se sur­vit dans ses dis­ciples et ses suc­ces­seurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tom­beau en l’appelant «notre Maître» (Maw­lâ­nâ*****). La beau­té et l’esprit tolé­rant de ses œuvres ont sur­pris les orien­ta­listes occi­den­taux, et tour­né la tête aux plus sobres par­mi eux. «Tous les cœurs sur les­quels souffle ma brise s’épanouissent comme un jar­din plein de lumière», dit-il avec rai­son

* En per­san «دیوان شمس». Par­fois trans­crit «Divan-i Shams», «Dîvân-ı Şems» ou «Divân-ê Chams». Éga­le­ment connu sous le titre de «Diwân kabir» («دیوان کبیر») et de «Kûl­liyât-e-Shams» («کلیات شمس»). Haut

** En per­san جلال‌الدین رومی. Par­fois trans­crit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jel­la­lud­din Rumi, Jela­lud­din Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jal­la­lud­din Rumi, Dja­lâl-ud-Dîn Rûmî, Dže­la­lud­din Rumi, Dscha­lal ad-din Rumi, Cala­laddīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roû­mî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Dja­lâl-od-dîn Rûmî, Jalâ­lod­dîn Rûmî, Djé­la­lid­din-Rou­mi, Jalel Iddine Rou­mi, Dsche­lâl-ed-dîn Rumi, Cela­le­din Rumi, Cela­led­din-i Rumi, Jela­led­din Rumi, Dje­la­let­tine Rou­mî, Djé­lal­le­din-i-Rou­mi ou Djel­lal-ed-Dine Rou­mi. Haut

*** «Une Enquête aux pays du Levant. Tome II», p. 74. Haut

**** On ren­contre aus­si les gra­phies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Ico­nium. Haut

***** En per­san مولانا. Par­fois trans­crit Mau­la­na, Mow­lâ­nâ, Mev­la­na ou Mew­lâ­nâ. Haut

Roûmî, «Soleil du réel : poèmes de l’amour mystique»

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

éd. Impri­me­rie natio­nale, coll. La Sala­mandre, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Diwân-e-Shams»* de Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî**, poète mys­tique d’expression per­sane, qui n’est pas seule­ment l’inspirateur d’une confré­rie, celle des «der­viches tour­neurs», mais le direc­teur spi­ri­tuel de tout le XIIIe siècle. «Un si grand poète, aimable, har­mo­nieux, étin­ce­lant, exal­té; un esprit d’où émanent des par­fums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà trans­por­té son lec­teur», dit M. Mau­rice Bar­rès***. Réfu­gié à Konya**** en Ana­to­lie (Roûm), Djé­lâl-ed-dîn trou­va dans cette ville habi­tée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adon­né à la poé­sie, à la musique, aux danses, et il employa cette poé­sie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ain­si dire, des racines si pro­fondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses ensei­gne­ments n’ont rien per­du de leur fraî­cheur ni de leur par­fum; il se sur­vit dans ses dis­ciples et ses suc­ces­seurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tom­beau en l’appelant «notre Maître» (Maw­lâ­nâ*****). La beau­té et l’esprit tolé­rant de ses œuvres ont sur­pris les orien­ta­listes occi­den­taux, et tour­né la tête aux plus sobres par­mi eux. «Tous les cœurs sur les­quels souffle ma brise s’épanouissent comme un jar­din plein de lumière», dit-il avec rai­son

* En per­san «دیوان شمس». Par­fois trans­crit «Divan-i Shams», «Dîvân-ı Şems» ou «Divân-ê Chams». Éga­le­ment connu sous le titre de «Diwân kabir» («دیوان کبیر») et de «Kûl­liyât-e-Shams» («کلیات شمس»). Haut

** En per­san جلال‌الدین رومی. Par­fois trans­crit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jel­la­lud­din Rumi, Jela­lud­din Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jal­la­lud­din Rumi, Dja­lâl-ud-Dîn Rûmî, Dže­la­lud­din Rumi, Dscha­lal ad-din Rumi, Cala­laddīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roû­mî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Dja­lâl-od-dîn Rûmî, Jalâ­lod­dîn Rûmî, Djé­la­lid­din-Rou­mi, Jalel Iddine Rou­mi, Dsche­lâl-ed-dîn Rumi, Cela­le­din Rumi, Cela­led­din-i Rumi, Jela­led­din Rumi, Dje­la­let­tine Rou­mî, Djé­lal­le­din-i-Rou­mi ou Djel­lal-ed-Dine Rou­mi. Haut

*** «Une Enquête aux pays du Levant. Tome II», p. 74. Haut

**** On ren­contre aus­si les gra­phies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Ico­nium. Haut

***** En per­san مولانا. Par­fois trans­crit Mau­la­na, Mow­lâ­nâ, Mev­la­na ou Mew­lâ­nâ. Haut

Roûmî, «Le Livre du dedans, “Fîhi-mâ-fîhi”»

éd. Actes Sud-Leméac, coll. Babel, Arles-Montréal

éd. Actes Sud-Leméac, coll. Babel, Arles-Mont­réal

Il s’agit du «Livre du dedans» («Fîhi-mâ-fîhi»*) de Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî**, poète mys­tique d’expression per­sane, qui n’est pas seule­ment l’inspirateur d’une confré­rie, celle des «der­viches tour­neurs», mais le direc­teur spi­ri­tuel de tout le XIIIe siècle. «Un si grand poète, aimable, har­mo­nieux, étin­ce­lant, exal­té; un esprit d’où émanent des par­fums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà trans­por­té son lec­teur», dit M. Mau­rice Bar­rès***. Réfu­gié à Konya**** en Ana­to­lie (Roûm), Djé­lâl-ed-dîn trou­va dans cette ville habi­tée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adon­né à la poé­sie, à la musique, aux danses, et il employa cette poé­sie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ain­si dire, des racines si pro­fondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses ensei­gne­ments n’ont rien per­du de leur fraî­cheur ni de leur par­fum; il se sur­vit dans ses dis­ciples et ses suc­ces­seurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tom­beau en l’appelant «notre Maître» (Maw­lâ­nâ*****). La beau­té et l’esprit tolé­rant de ses œuvres ont sur­pris les orien­ta­listes occi­den­taux, et tour­né la tête aux plus sobres par­mi eux. «Tous les cœurs sur les­quels souffle ma brise s’épanouissent comme un jar­din plein de lumière», dit-il avec rai­son

* En per­san «فیه مافیه». Par­fois trans­crit «Fih-é mâ fih». Haut

** En per­san جلال‌الدین رومی. Par­fois trans­crit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jel­la­lud­din Rumi, Jela­lud­din Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jal­la­lud­din Rumi, Dja­lâl-ud-Dîn Rûmî, Dže­la­lud­din Rumi, Dscha­lal ad-din Rumi, Cala­laddīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roû­mî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Dja­lâl-od-dîn Rûmî, Jalâ­lod­dîn Rûmî, Djé­la­lid­din-Rou­mi, Jalel Iddine Rou­mi, Dsche­lâl-ed-dîn Rumi, Cela­le­din Rumi, Cela­led­din-i Rumi, Jela­led­din Rumi, Dje­la­let­tine Rou­mî, Djé­lal­le­din-i-Rou­mi ou Djel­lal-ed-Dine Rou­mi. Haut

*** «Une Enquête aux pays du Levant. Tome II», p. 74. Haut

**** On ren­contre aus­si les gra­phies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Ico­nium. Haut

***** En per­san مولانا. Par­fois trans­crit Mau­la­na, Mow­lâ­nâ, Mev­la­na ou Mew­lâ­nâ. Haut

«Anthologie de la poésie persane (XIe-XXe siècle)»

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard-UNES­CO, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une antho­lo­gie per­sane (XIe-XXe siècle). La poé­sie est le talent propre et par­ti­cu­lier des Per­sans, et la par­tie de leur lit­té­ra­ture où ils excellent : la viva­ci­té de leur ima­gi­na­tion, la poli­tesse de leurs mœurs, la dou­ceur de leur langue, telles sont peut-être les causes de leur fécon­di­té poé­tique. Un homme qui ne sait pas un mot de per­san ne lais­se­ra pas, en enten­dant réci­ter des vers per­sans, d’être épris du son et de la cadence qui y est très sen­sible. Allez en Iran, par­lez aux gens dans la rue, aux bou­chers, aux mar­chands; ils feront entrer dans leur réponse des tour­nures qui suf­fi­ront à vous plon­ger dans une rêve­rie pro­fonde. Comme dit Hâfez :

«Le secret de Dieu que le gnos­tique pèle­rin ne dit à per­sonne,
Je suis stu­pé­fait, ne sachant d’où le mar­chand de vin l’a enten­du
»*.

Si les belles-lettres de l’islam comptent par­mi les plus remar­quables du monde, c’est avant tout grâce au génie ira­nien. Les pre­miers maîtres dans l’art de la gram­maire étaient d’origine per­sane, même s’ils avaient pas­sé leur jeu­nesse dans la pra­tique de la langue arabe. Tous les savants musul­mans qui ont trai­té des prin­cipes fon­da­men­taux de la science, tous ceux qui se sont dis­tin­gués dans la juris­pru­dence, et la plu­part de ceux qui ont culti­vé l’exégèse cora­nique, appar­te­naient à la race per­sane ou s’étaient assi­mi­lés aux Per­sans par les manières et par l’éducation. Cela suf­fit pour démon­trer la véri­té de la parole attri­buée au pro­phète Maho­met : «Si la science était sus­pen­due au haut du ciel, il y aurait des gens par­mi les Per­sans pour s’en empa­rer»**. Comme dit Jan Ryp­ka : «Les Ira­niens sont les Fran­çais de l’Orient. Chez les uns comme chez les autres, la pro­duc­tion lit­té­raire et artis­tique pré­sente une éten­due et une valeur inap­pré­ciables…

** Dans Ibn Khal­doun, «Pro­lé­go­mènes». Haut

«Les Premiers Poètes persans (IXe-Xe siècle) : fragments»

éd. Département d’iranologie de l’Institut franco-iranien-Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, Téhéran-Paris

éd. Dépar­te­ment d’iranologie de l’Institut fran­co-ira­nien-Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, Téhé­ran-Paris

Il s’agit d’une antho­lo­gie per­sane (IXe-Xe siècle). La poé­sie est le talent propre et par­ti­cu­lier des Per­sans, et la par­tie de leur lit­té­ra­ture où ils excellent : la viva­ci­té de leur ima­gi­na­tion, la poli­tesse de leurs mœurs, la dou­ceur de leur langue, telles sont peut-être les causes de leur fécon­di­té poé­tique. Un homme qui ne sait pas un mot de per­san ne lais­se­ra pas, en enten­dant réci­ter des vers per­sans, d’être épris du son et de la cadence qui y est très sen­sible. Allez en Iran, par­lez aux gens dans la rue, aux bou­chers, aux mar­chands; ils feront entrer dans leur réponse des tour­nures qui suf­fi­ront à vous plon­ger dans une rêve­rie pro­fonde. Comme dit Hâfez :

«Le secret de Dieu que le gnos­tique pèle­rin ne dit à per­sonne,
Je suis stu­pé­fait, ne sachant d’où le mar­chand de vin l’a enten­du
»*.

Si les belles-lettres de l’islam comptent par­mi les plus remar­quables du monde, c’est avant tout grâce au génie ira­nien. Les pre­miers maîtres dans l’art de la gram­maire étaient d’origine per­sane, même s’ils avaient pas­sé leur jeu­nesse dans la pra­tique de la langue arabe. Tous les savants musul­mans qui ont trai­té des prin­cipes fon­da­men­taux de la science, tous ceux qui se sont dis­tin­gués dans la juris­pru­dence, et la plu­part de ceux qui ont culti­vé l’exégèse cora­nique, appar­te­naient à la race per­sane ou s’étaient assi­mi­lés aux Per­sans par les manières et par l’éducation. Cela suf­fit pour démon­trer la véri­té de la parole attri­buée au pro­phète Maho­met : «Si la science était sus­pen­due au haut du ciel, il y aurait des gens par­mi les Per­sans pour s’en empa­rer»**. Comme dit Jan Ryp­ka : «Les Ira­niens sont les Fran­çais de l’Orient. Chez les uns comme chez les autres, la pro­duc­tion lit­té­raire et artis­tique pré­sente une éten­due et une valeur inap­pré­ciables…

** Dans Ibn Khal­doun, «Pro­lé­go­mènes». Haut

«Notice sur le poète persan Enveri, suivie d’un extrait de ses “Odes”»

dans « Journal asiatique », sér. 9, vol. 5, p. 235-268

dans «Jour­nal asia­tique», sér. 9, vol. 5, p. 235-268

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle des «Odes» d’Anvari*, poète de langue per­sane, éga­le­ment connu sous le nom d’Anvari Abi­var­di**, car il naquit près d’Abivard, dans l’actuel Turk­mé­nis­tan (XIIe siècle apr. J.-C.). Ce fut le poète le plus brillant de la Cour du sul­tan Ahmad San­jar. Le style de ses com­po­si­tions est assez dif­fi­cile, et cer­taines de ses «Odes» ont besoin d’un com­men­taire pour être com­prises. L’ode, cepen­dant, est le genre où Anva­ri est regar­dé comme supé­rieur à tous les autres poètes per­sans, comme en témoigne ce dis­tique : «Par­mi les poètes, trois sont pro­phètes, en dépit de la parole de Maho­met : “Plus de pro­phète après moi!”; dans l’épopée Fir­dou­si, dans le gha­zel Saa­di, dans l’ode Anva­ri»***. On sait peu de chose sur sa vie, sauf les cir­cons­tances dans les­quelles il devint le poète offi­ciel du sul­tan. Les voi­ci, d’ailleurs. Moez­zi, qui le pré­cé­da dans ce poste, jouis­sait d’une telle mémoire qu’il lui suf­fi­sait d’entendre une ode une fois pour la rete­nir par cœur. Aus­si, chaque fois qu’un poète réci­tait une ode devant le sul­tan Ahmad San­jar, lorsque la pièce arri­vait à sa fin, plai­sait-elle à ce monarque, Moez­zi ne man­quait pas de s’écrier : «Il y a beau temps que j’ai com­po­sé cette poé­sie; d’ailleurs, elle est encore dans ma mémoire»****, et il la réci­tait du pre­mier au der­nier vers. Les poètes pré­ten­dants étaient plon­gés dans la stu­pé­fac­tion, ne sachant par quel moyen pré­sen­ter au sul­tan Ahmad San­jar des vers dont ce monarque fût per­sua­dé que Moez­zi n’était pas l’auteur. Anva­ri trou­va le stra­ta­gème sui­vant : il revê­tit des habits tout râpés et orna sa tête d’une aigrette extra­or­di­naire, puis se ren­dit avec un air de folie chez Moez­zi. «Je suis poète», lui dit-il, «et j’ai com­po­sé quelques vers en l’honneur du sul­tan; j’attends de vous que vous les lui décla­miez et que vous rece­viez pour mon compte un cadeau sérieux. — Récite-les-moi», répon­dit Moez­zi. Anva­ri com­men­ça en ces termes : «Vive le roi, vive le roi, vive le roi! Vive l’émir, vive l’émir, vive l’émir!», et il conti­nua à débi­ter d’autres bali­vernes de la même force. Moez­zi se figu­ra avoir affaire à un bouf­fon et lui dit : «Demain matin, trouve-toi à la Cour du sul­tan : je lui expo­se­rai ta situa­tion, et j’obtiendrai qu’il t’attache à son ser­vice». Le len­de­main, Anva­ri s’habilla avec conve­nance, se coif­fa d’un tur­ban élé­gant et entra dans le palais. Pris de court, Moez­zi ne put que dire : «Déclame-nous l’ode que tu as com­po­sée en l’honneur du sul­tan». Aus­si­tôt, Anva­ri réci­ta le début d’une ode pleine de com­pa­rai­sons auda­cieuses et de louanges superbes

* En per­san انوری. Autre­fois trans­crit Enwe­ri, Enve­ry, Enve­ri, Enver­ri, Anve­ri, Anve­ry, Anwe­ri, Anwe­ry, Anoua­ry, Anwa­ry ou Anwarī. Haut

** En per­san انوری ابیوردی. Haut

*** Dans Albert de Biber­stein Kazi­mirs­ki, «Anve­ri». Haut

**** «Notice sur le poète per­san Enve­ri», p. 242. Haut

Ayyûqî, «Le Roman de “Varqe et Golšâh”»

dans « Arts asiatiques », vol. 22, p. 1-264

dans «Arts asia­tiques», vol. 22, p. 1-264

Il s’agit du «Var­qe et Golšâh» («Var­qe va Golšâh»*), le pre­mier roman d’amour per­san (XIe siècle apr. J.-C.). Jusqu’à récem­ment, les orien­ta­listes se deman­daient si le «Var­qe et Golšâh» avait jamais été mis par écrit, ou s’il avait uni­que­ment exis­té à l’état de tra­di­tion orale; de l’auteur, ils igno­raient même le nom. Mais la décou­verte récente d’un manus­crit de l’ouvrage au Palais de Top­kapı, à Istan­bul, mit fin aux incer­ti­tudes et aux doutes. Il s’ouvre par le pané­gy­rique d’un cer­tain sul­tan Mah­mûd, auquel il est dédié :

«Ô Ayyû­qî, si tu as quelque intel­li­gence et quelque enten­de­ment
Mets-les au ser­vice de l’art du pané­gy­rique
Recherche de tout cœur la bien­veillance [du] sul­tan [conqué­rant]
Chante de toute ton âme la louange de sul­tan Mah­mûd
»**.

Le poète, dont le nom ou le sur­nom est Ayyû­qî***, ain­si que le montre cet extrait, a mis en vers un récit pour le pré­sen­ter au sou­ve­rain. C’est celui de deux jeunes gens nés le même jour et éle­vés ensemble, qui s’éprennent l’un de l’autre, puis qui sont sépa­rés par des dif­fé­rences de rang et de situa­tion, et réunis après de ter­ribles épreuves. Le poète dit lui-même que «cette his­toire éton­nante [est] prise des his­toires en langue arabe et des livres arabes»; et en effet, une his­toire ana­logue, mais beau­coup moins déve­lop­pée, est rap­por­tée dans le «Livre des chants» d’Abû al-Faraj. Le style du roman per­san est cou­lant, mar­qué par les répé­ti­tions, émaillé d’expressions d’allure popu­laire; c’est pro­ba­ble­ment la rai­son de son suc­cès dans les pays tur­co­phones, auquel il doit sa sur­vie. «Une ana­lyse rapide montre qu’Ayyûqî l’a… tis­sé de thèmes que l’on retrouve ailleurs, par exemple dans le… roman cour­tois le plus ancien, “Wîs et Râmîn”, com­po­sé par Gor­gâ­ni vers le milieu du XIe siècle. Les deux romans relatent l’aventure d’adolescents qui s’éprennent d’amour pour avoir été éle­vés ensemble. Chaque fois, la jeune fille est don­née en mariage à un prince qu’elle n’aime point, pour des rai­sons de conve­nance, et se sous­trait à l’acte nup­tial. On retrouve l’anecdote du sou­ve­rain à qui on l’a refu­sée, et qui l’enlève. Celle du jeune amant qui part en quête de l’aimée et par­vient au châ­teau où elle est rete­nue», dit M. Assa­dul­lah Sou­ren Meli­kian-Chir­va­ni

* En per­san «ورقه و گلشاه». Par­fois trans­crit «Var­qa o Golšāh», «Var­qa-u Gülşāh», «Var­qé va Gol­chah», «Var­qe va Gol­shah», «War­qa wa Gul­shah», «War­qā wa Kulšah» ou «War­qā wa Gülšāh». Haut

** p. 101. Haut

*** En per­san عیوقی. Par­fois trans­crit Ayyu­ki ou ‘Aiyū­qī. Haut

Asadî de Ṭoûs, «Le Livre de Gerchâsp : poème persan. Tome II»

éd. P. Geuthner, coll. Publications de l’École nationale des langues orientales vivantes, Paris

éd. P. Geuth­ner, coll. Publi­ca­tions de l’École natio­nale des langues orien­tales vivantes, Paris

Il s’agit du «Livre de Ger­châsp» («Ger­châsp-nâmè»*), épo­pée ira­nienne (XIe siècle apr. J.-C.). Fir­dou­si n’avait pas épui­sé toute la masse de sou­ve­nirs qui s’étaient conser­vés sur la chro­no­lo­gie des rois de l’Iran, sur leurs généa­lo­gies, sur leurs expé­di­tions et sur leurs bio­gra­phies; son «Livre des rois», parce qu’il tou­chait vive­ment et direc­te­ment un sen­ti­ment natio­nal, trou­va une foule d’imitateurs. Presque tous les héros dont Fir­dou­si avait par­lé, ain­si que quelques autres qu’il avait négli­gés, devinrent les sujets d’épopées secon­daires, écrites par on ne sait trop qui et on ne sait trop quand. «La lon­gueur exces­sive de quelques-uns de ces ouvrages prouve non seule­ment l’abondance des maté­riaux qui exis­taient encore, mais aus­si l’intérêt que le peuple y met­tait : car ces inter­mi­nables aven­tures, racon­tées sans art et sans grâce, n’auraient trou­vé ni lec­teurs ni audi­teurs, si l’intérêt du fond n’eût pas fait sup­por­ter la médio­cri­té de la forme», dit Jules Mohl**. «Le Livre de Ger­châsp» d’Asadî de Ṭoûs*** fut la seule épo­pée de ce cycle secon­daire à se rendre illustre et à faire conser­ver le nom de son auteur. La supé­rio­ri­té de son art est du côté de la des­crip­tion du tumulte des guerres, de la dévas­ta­tion, du car­nage, des feux de l’incendie. Asa­dî de Ṭoûs four­nit quelques détails sur les motifs qui lui firent entre­prendre son poème. Il raconte qu’il cher­chait un moyen pour que son nom fût connu, lorsque deux per­son­nages vinrent l’exhorter en lui disant : «Fir­dou­si de Ṭoûs, ce cer­veau pur, a ren­du jus­tice aux dis­cours élé­gants. Il a orné le monde en écri­vant le “Livre des Rois”; il a cher­ché la gloire en com­po­sant ce poème. Tu es son com­pa­triote, et de même pro­fes­sion : tu as, dans ton dis­cours, des pen­sées alertes. Au moyen de ce vieux livre qui est notre com­pa­gnon, mets en vers une his­toire…! Par la science, tu crée­ras ain­si un gai jar­din qui ne sera jamais vide de fruits. Le monde ne dure éter­nel­le­ment pour per­sonne; la meilleure chose à en conser­ver, c’est la bonne renom­mée, et c’est assez»****. Il conçut dès lors l’ambition d’égaler ou de sur­pas­ser Fir­dou­si.

* En per­san «گرشاسپ‌نامه». Par­fois trans­crit «Guer­schasp-nameh», «Karšāsp-nāmah», «Garšāsb-nāma» ou «Gar­shasp­na­ma». Haut

** «Pré­face au “Livre des rois. Tome I”», p. LXII. Haut

*** En per­san اسدی طوسی. Par­fois trans­crit Asse­di de Thous, Assa­di Tusi, Asadī Ṭūsī ou Asa­di Tou­si. Haut

**** «Le Livre de Ger­châsp. Tome I», p. 23 & 25. Haut

Asadî de Ṭoûs, «Le Livre de Gerchâsp : poème persan. Tome I»

éd. P. Geuthner, coll. Publications de l’École nationale des langues orientales vivantes, Paris

éd. P. Geuth­ner, coll. Publi­ca­tions de l’École natio­nale des langues orien­tales vivantes, Paris

Il s’agit du «Livre de Ger­châsp» («Ger­châsp-nâmè»*), épo­pée ira­nienne (XIe siècle apr. J.-C.). Fir­dou­si n’avait pas épui­sé toute la masse de sou­ve­nirs qui s’étaient conser­vés sur la chro­no­lo­gie des rois de l’Iran, sur leurs généa­lo­gies, sur leurs expé­di­tions et sur leurs bio­gra­phies; son «Livre des rois», parce qu’il tou­chait vive­ment et direc­te­ment un sen­ti­ment natio­nal, trou­va une foule d’imitateurs. Presque tous les héros dont Fir­dou­si avait par­lé, ain­si que quelques autres qu’il avait négli­gés, devinrent les sujets d’épopées secon­daires, écrites par on ne sait trop qui et on ne sait trop quand. «La lon­gueur exces­sive de quelques-uns de ces ouvrages prouve non seule­ment l’abondance des maté­riaux qui exis­taient encore, mais aus­si l’intérêt que le peuple y met­tait : car ces inter­mi­nables aven­tures, racon­tées sans art et sans grâce, n’auraient trou­vé ni lec­teurs ni audi­teurs, si l’intérêt du fond n’eût pas fait sup­por­ter la médio­cri­té de la forme», dit Jules Mohl**. «Le Livre de Ger­châsp» d’Asadî de Ṭoûs*** fut la seule épo­pée de ce cycle secon­daire à se rendre illustre et à faire conser­ver le nom de son auteur. La supé­rio­ri­té de son art est du côté de la des­crip­tion du tumulte des guerres, de la dévas­ta­tion, du car­nage, des feux de l’incendie. Asa­dî de Ṭoûs four­nit quelques détails sur les motifs qui lui firent entre­prendre son poème. Il raconte qu’il cher­chait un moyen pour que son nom fût connu, lorsque deux per­son­nages vinrent l’exhorter en lui disant : «Fir­dou­si de Ṭoûs, ce cer­veau pur, a ren­du jus­tice aux dis­cours élé­gants. Il a orné le monde en écri­vant le “Livre des Rois”; il a cher­ché la gloire en com­po­sant ce poème. Tu es son com­pa­triote, et de même pro­fes­sion : tu as, dans ton dis­cours, des pen­sées alertes. Au moyen de ce vieux livre qui est notre com­pa­gnon, mets en vers une his­toire…! Par la science, tu crée­ras ain­si un gai jar­din qui ne sera jamais vide de fruits. Le monde ne dure éter­nel­le­ment pour per­sonne; la meilleure chose à en conser­ver, c’est la bonne renom­mée, et c’est assez»****. Il conçut dès lors l’ambition d’égaler ou de sur­pas­ser Fir­dou­si.

* En per­san «گرشاسپ‌نامه». Par­fois trans­crit «Guer­schasp-nameh», «Karšāsp-nāmah», «Garšāsb-nāma» ou «Gar­shasp­na­ma». Haut

** «Pré­face au “Livre des rois. Tome I”», p. LXII. Haut

*** En per­san اسدی طوسی. Par­fois trans­crit Asse­di de Thous, Assa­di Tusi, Asadī Ṭūsī ou Asa­di Tou­si. Haut

**** p. 23 & 25. Haut

Attar, «Le Livre de l’épreuve, “Musībatnāma”»

éd. Fayard, coll. L’Espace intérieur, Paris

éd. Fayard, coll. L’Espace inté­rieur, Paris

Il s’agit du «Livre de l’épreuve» («Mosi­bet namèh»*) de Férid-eddin Attar** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»***; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle*****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san «مصیبت‌نامه». Par­fois trans­crit «Mos­si­bat-nāmeh», «Moṣi­bat-nāme» ou «Muṣī­bat-nāma». Haut

** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

*** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

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**** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

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***** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut