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su­jet

Lucrèce, « Œuvres complètes. De la Nature des choses »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « De re­rum Na­tura » (« De la Na­ture des choses ») de Lu­crèce1, poète la­tin qui avait l’ambition de pé­né­trer dans les se­crets de l’univers et de nous y faire pé­né­trer avec lui ; de fouiller dans cet in­fini pour mon­trer que tout phé­no­mène phy­sique, tout ce qui s’accomplit au­tour de nous est la consé­quence de lois simples, par­fai­te­ment im­muables ; d’établir, en­fin, d’une puis­sante fa­çon les atomes comme pre­miers prin­cipes de la na­ture, en fai­sant table rase des fic­tions re­li­gieuses et des su­per­sti­tions (Ier siècle av. J.-C.). Ni le titre ni le su­jet du « De re­rum Na­tura » ne sont de Lu­crèce ; ils ap­par­tiennent pro­pre­ment à Épi­cure. Lu­crèce, tout charmé par les dé­cou­vertes que ce sa­vant grec avait faites dans son « Peri phy­seôs »2 (« De la Na­ture »), a joint aux sys­tèmes de ce pen­seur l’agrément et la force des ex­pres­sions ; il a en­duit, comme il dit, la vé­rité amère des connais­sances avec « la jaune li­queur du doux miel » de la poé­sie : « Et certes, je ne me cache pas », ajoute-t-il3, « qu’il est dif­fi­cile de rendre claires, dans des vers la­tins, les obs­cures dé­cou­vertes des Grecs — sur­tout main­te­nant qu’il va fal­loir créer tant de termes nou­veaux, à cause de l’indigence de notre langue et de la nou­veauté du su­jet. Mais ton mé­rite et le plai­sir que me pro­met une ami­tié si tendre, me per­suadent d’entreprendre le plus pé­nible tra­vail et m’engagent à veiller dans le calme des nuits, cher­chant par quelles pa­roles, par quels vers en­fin je pour­rai faire luire à tes yeux une vive lu­mière qui t’aide à voir sous toutes leurs faces nos mys­té­rieux pro­blèmes ».

  1. En la­tin Ti­tus Lu­cre­tius Ca­rus. Haut
  2. En grec « Περὶ φύσεως ». Haut
  1. p. 65. Haut