Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Mot-clefChems-ed-dîn Aḥmed Aflâkî : auteur

Aflâkî, « Les Saints des derviches tourneurs : récits. Tome II »

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

Il s’agit du « Ménâqib-el-‘ârifîn » * Les Saints des derviches tourneurs », ou littéralement « Les Vertus des mystiques ») de Chems-ed-dîn Aḥmed Aflâkî **. C’est une hagiographie persane, une sorte de légende dorée qu’Aflâkî a composée d’après des témoignages de première main sur les « derviches tourneurs », c’est-à-dire sur l’inspirateur de cette confrérie de derviches, Djélâl-ed-dîn Roûmî, ainsi que sur les mystiques, les sages, les grands cheikhs, les ermites qui l’ont côtoyé à Konya (XIIIe-XIVe siècle ap. J.-C.). Cette hagiographie s’ouvre avec la conquête de la Perse par les Mongols, et se lie à tous les événements de cette époque tragique dans l’histoire de la civilisation. Balkh, la première ville que les hordes de Gengis Khan trouvèrent sur leur route, était, en même temps que la patrie de Roûmî, l’un des plus hauts lieux culturels d’Asie : elle était pleine de monuments, d’ouvrages exquis, et de tout ce qui pouvait servir d’ornement à une grande ville, parce qu’elle avait été le séjour de plusieurs gens illustres en toutes sortes d’arts. Gengis Khan avait une grande haine pour cette ville, parce qu’elle avait offert refuge au Sultan du Khârezm, son ennemi. Il donna l’ordre de mettre à mort les jeunes, les vieux, de fendre le ventre des femmes enceintes, et de sacrifier en entier les animaux qui se trouveraient dans la ville ; ensuite, de raser entièrement celle-ci. On rapporte qu’on mit le feu à douze mille mosquées de quartier, et qu’au milieu de cet incendie, quatorze mille textes complets du Coran furent brûlés ; qu’on mit à mort près de cinquante mille savants, étudiants et « hafiz » (« hommes ou femmes sachant de mémoire le Coran »), sans compter le commun du peuple. On rapporte que Béhâ-ed-dîn Wéled, le père de Roûmî, partit avec sa famille par la route de Konya vers l’Anatolie (Roûm), comme firent un grand nombre d’autres savants qui quittèrent la Perse : « Au milieu des contemporains, il ne resta plus trace de plaisir… Les [écoles] et les [collèges] devinrent des hôtelleries, la bénédiction disparut du monde, et les ténèbres de la tyrannie s’appesantirent sur l’univers, qui fut bouleversé », dit le « Ménâqib-el-‘ârifîn » ***. Lisez la suite›

* En persan « مناقب‌العارفین ». Parfois transcrit « Manâqeb ol-ârefin », « Menâkıb-ül-ârifîn », « Menāqibu ’l ‘ārifīn », « Manâqib ul-‘ârifîn », « Manāqeb al-‘ārefīn » ou « Manāḳib al-‘ārifīn ».

** En persan شمس‌الدین احمد افلاکی. Parfois transcrit Şemseddîn Ahmed Eflâkî, Shems-ud-din Ahmed Eflaki, Shemsu-’d-Dīn Ahmed Eflākī, Chams uddin Ahmad Aflaki, Šams-al-dīn Aḥmad Aflākī ou Shams al-Dīn Aḥmad Aflākī.

*** « Tome II », p. 99.

Aflâkî, « Les Saints des derviches tourneurs : récits. Tome I »

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

Il s’agit du « Ménâqib-el-‘ârifîn » * Les Saints des derviches tourneurs », ou littéralement « Les Vertus des mystiques ») de Chems-ed-dîn Aḥmed Aflâkî **. C’est une hagiographie persane, une sorte de légende dorée qu’Aflâkî a composée d’après des témoignages de première main sur les « derviches tourneurs », c’est-à-dire sur l’inspirateur de cette confrérie de derviches, Djélâl-ed-dîn Roûmî, ainsi que sur les mystiques, les sages, les grands cheikhs, les ermites qui l’ont côtoyé à Konya (XIIIe-XIVe siècle ap. J.-C.). Cette hagiographie s’ouvre avec la conquête de la Perse par les Mongols, et se lie à tous les événements de cette époque tragique dans l’histoire de la civilisation. Balkh, la première ville que les hordes de Gengis Khan trouvèrent sur leur route, était, en même temps que la patrie de Roûmî, l’un des plus hauts lieux culturels d’Asie : elle était pleine de monuments, d’ouvrages exquis, et de tout ce qui pouvait servir d’ornement à une grande ville, parce qu’elle avait été le séjour de plusieurs gens illustres en toutes sortes d’arts. Gengis Khan avait une grande haine pour cette ville, parce qu’elle avait offert refuge au Sultan du Khârezm, son ennemi. Il donna l’ordre de mettre à mort les jeunes, les vieux, de fendre le ventre des femmes enceintes, et de sacrifier en entier les animaux qui se trouveraient dans la ville ; ensuite, de raser entièrement celle-ci. On rapporte qu’on mit le feu à douze mille mosquées de quartier, et qu’au milieu de cet incendie, quatorze mille textes complets du Coran furent brûlés ; qu’on mit à mort près de cinquante mille savants, étudiants et « hafiz » (« hommes ou femmes sachant de mémoire le Coran »), sans compter le commun du peuple. On rapporte que Béhâ-ed-dîn Wéled, le père de Roûmî, partit avec sa famille par la route de Konya vers l’Anatolie (Roûm), comme firent un grand nombre d’autres savants qui quittèrent la Perse : « Au milieu des contemporains, il ne resta plus trace de plaisir… Les [écoles] et les [collèges] devinrent des hôtelleries, la bénédiction disparut du monde, et les ténèbres de la tyrannie s’appesantirent sur l’univers, qui fut bouleversé », dit le « Ménâqib-el-‘ârifîn » ***. Lisez la suite›

* En persan « مناقب‌العارفین ». Parfois transcrit « Manâqeb ol-ârefin », « Menâkıb-ül-ârifîn », « Menāqibu ’l ‘ārifīn », « Manâqib ul-‘ârifîn », « Manāqeb al-‘ārefīn » ou « Manāḳib al-‘ārifīn ».

** En persan شمس‌الدین احمد افلاکی. Parfois transcrit Şemseddîn Ahmed Eflâkî, Shems-ud-din Ahmed Eflaki, Shemsu-’d-Dīn Ahmed Eflākī, Chams uddin Ahmad Aflaki, Šams-al-dīn Aḥmad Aflākī ou Shams al-Dīn Aḥmad Aflākī.

*** « Tome II », p. 99.