Mot-clefFrançoise Lecœur

tra­duc­teur ou tra­duc­trice

Miyazawa, « Le Train de la Voie lactée »

éd. Critérion, Paris

éd. Cri­té­rion, Pa­ris

Il s’agit d’« Op­bel et l’Éléphant » (« Ot­su­beru to zô »1) et autres contes de Kenji Miya­zawa2, écri­vain ja­po­nais, très cé­lèbre dans son pays, où il re­nou­vela les œuvres pour la jeu­nesse, en mê­lant le monde des hommes à ce­lui des ani­maux ou des es­prits ; en pro­po­sant une autre fa­çon de per­ce­voir la vie, avec un élan spon­tané vers les choses et avec une grande sym­pa­thie pour la na­ture, émo­tions qui fai­saient dé­faut dans les pro­duc­tions mo­dernes du Ja­pon. « Ce que je ra­conte », dit Miya­zawa, « je l’ai reçu des fo­rêts, des champs et des lignes de che­min de fer, ou bien en­core de l’arc-en-ciel et de la lu­mière de la lune. Vrai­ment, quand, seul, on tra­verse le cré­pus­cule bleuté des fo­rêts de hêtres et qu’en oc­tobre, on se tient, trem­blant, dans le vent de mon­tagne, quoi qu’on fasse, on ne peut qu’avoir ces sen­sa­tions. Vrai­ment, quoi qu’on fasse, il semble bien qu’on ne puisse que res­sen­tir ces choses… Il y a cer­tai­ne­ment des pas­sages qui vous sem­ble­ront in­com­pré­hen­sibles, mais ces pas­sages, moi non plus, je ne les com­prends pas. Ce que je sou­haite pro­fon­dé­ment, c’est que ces courts ré­cits, en fin de compte, soient pour vous une nour­ri­ture pure et vé­ri­table. »3 Miya­zawa était le fils aîné d’une fa­mille de cinq en­fants. La tra­di­tion au­rait voulu qu’il suc­cé­dât à son père, qui te­nait à Ha­na­maki un com­merce de vê­te­ments d’occasion, et qui fai­sait aussi fonc­tion d’usurier ; mais le dé­goût de Miya­zawa pour ce genre de mé­tier et son pen­chant pour l’étude le dé­tour­nèrent tout à fait de cette voie. L’opposition par­fois vio­lente qu’il ma­ni­festa contre son père, fut ag­gra­vée en­core lorsqu’à dix-huit ans il dé­cou­vrit « Le Lo­tus de la bonne loi », texte boud­dhique qu’il ne ces­sera, dans la suite de sa vie, de co­pier, de ré­ci­ter, d’appliquer avec fer­veur : « Lorsque j’oublie mon exis­tence dans le vent et la lu­mière, lorsque le monde s’est mé­ta­mor­phosé dans mon jar­din, ou lorsque je suis trans­porté à l’idée que la ga­laxie tout en­tière est moi-même, quel bon­heur ! » Au­cun de ses proches ne par­ta­gera son zèle, à l’exception de sa sœur To­shiko. À la mort pré­coce de celle-ci, en 1922, Miya­zawa en­tre­pren­dra un long voyage jusqu’à l’île de Sa­kha­line, dans l’espoir de com­mu­ni­quer, en quelque sorte, avec cette dé­funte dont il gar­dera tou­jours les cendres au­près de lui

  1. En ja­po­nais « オツベルと象 ». Haut
  2. En ja­po­nais 宮沢賢治 ou 宮澤賢治. Haut
  1. « Le Res­tau­rant aux nom­breuses com­mandes » (« 注文の多い料理店 »), avant-pro­pos. Haut

Miyazawa, « Le Coquillage de feu et Autres Contes »

éd. L’Harmattan, coll. Lettres asiatiques, Paris

éd. L’Harmattan, coll. Lettres asia­tiques, Pa­ris

Il s’agit du « Feu du co­quillage » (« Kai no hi »1) et autres contes de Kenji Miya­zawa2, écri­vain ja­po­nais, très cé­lèbre dans son pays, où il re­nou­vela les œuvres pour la jeu­nesse, en mê­lant le monde des hommes à ce­lui des ani­maux ou des es­prits ; en pro­po­sant une autre fa­çon de per­ce­voir la vie, avec un élan spon­tané vers les choses et avec une grande sym­pa­thie pour la na­ture, émo­tions qui fai­saient dé­faut dans les pro­duc­tions mo­dernes du Ja­pon. « Ce que je ra­conte », dit Miya­zawa, « je l’ai reçu des fo­rêts, des champs et des lignes de che­min de fer, ou bien en­core de l’arc-en-ciel et de la lu­mière de la lune. Vrai­ment, quand, seul, on tra­verse le cré­pus­cule bleuté des fo­rêts de hêtres et qu’en oc­tobre, on se tient, trem­blant, dans le vent de mon­tagne, quoi qu’on fasse, on ne peut qu’avoir ces sen­sa­tions. Vrai­ment, quoi qu’on fasse, il semble bien qu’on ne puisse que res­sen­tir ces choses… Il y a cer­tai­ne­ment des pas­sages qui vous sem­ble­ront in­com­pré­hen­sibles, mais ces pas­sages, moi non plus, je ne les com­prends pas. Ce que je sou­haite pro­fon­dé­ment, c’est que ces courts ré­cits, en fin de compte, soient pour vous une nour­ri­ture pure et vé­ri­table. »3 Miya­zawa était le fils aîné d’une fa­mille de cinq en­fants. La tra­di­tion au­rait voulu qu’il suc­cé­dât à son père, qui te­nait à Ha­na­maki un com­merce de vê­te­ments d’occasion, et qui fai­sait aussi fonc­tion d’usurier ; mais le dé­goût de Miya­zawa pour ce genre de mé­tier et son pen­chant pour l’étude le dé­tour­nèrent tout à fait de cette voie. L’opposition par­fois vio­lente qu’il ma­ni­festa contre son père, fut ag­gra­vée en­core lorsqu’à dix-huit ans il dé­cou­vrit « Le Lo­tus de la bonne loi », texte boud­dhique qu’il ne ces­sera, dans la suite de sa vie, de co­pier, de ré­ci­ter, d’appliquer avec fer­veur : « Lorsque j’oublie mon exis­tence dans le vent et la lu­mière, lorsque le monde s’est mé­ta­mor­phosé dans mon jar­din, ou lorsque je suis trans­porté à l’idée que la ga­laxie tout en­tière est moi-même, quel bon­heur ! » Au­cun de ses proches ne par­ta­gera son zèle, à l’exception de sa sœur To­shiko. À la mort pré­coce de celle-ci, en 1922, Miya­zawa en­tre­pren­dra un long voyage jusqu’à l’île de Sa­kha­line, dans l’espoir de com­mu­ni­quer, en quelque sorte, avec cette dé­funte dont il gar­dera tou­jours les cendres au­près de lui

  1. En ja­po­nais « 貝の火 ». Haut
  2. En ja­po­nais 宮沢賢治 ou 宮澤賢治. Haut
  1. « Le Res­tau­rant aux nom­breuses com­mandes » (« 注文の多い料理店 »), avant-pro­pos. Haut