Mot-clefIchien Mujû

au­teur

Mujû, « Collection de sable et de pierres, “Shasekishû” »

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres re­pré­sen­ta­tives-Connais­sance de l’Orient, Pa­ris

Il s’agit de la « Col­lec­tion de sable et de pierres »1 (« Sha­seki-shû » ou « Sa­seki-shû »2), re­cueil de contes amu­sants ou édi­fiants, de lé­gendes re­li­gieuses ap­par­te­nant à un genre que le Ja­pon a cultivé avec bon­heur — ce­lui des « set­suwa »3 (« anec­dotes boud­dhiques pour pro­fanes »). Fruit de toute une vie pas­sée à prê­cher de­vant le com­mun du peuple, la « Col­lec­tion de sable et de pierres » est l’œuvre d’un moine, Ichien Mujû4 (XIIIe siècle apr. J.-C.), qui ne s’est ja­mais vrai­ment éloi­gné de ce peuple. Son nom Mujû, qui veut dire « sans de­meure », prend un sens bien lit­té­ral si l’on consi­dère l’existence er­rante de cet or­phe­lin élevé à la cam­pagne, sans grande édu­ca­tion, et qui, dans le souci d’échapper aux en­nuis de ce monde, s’était fait moine. Dans la pré­face à sa « Col­lec­tion de sable et de pierres », il se dé­crit lui-même comme un vieillard qui de­vrait, à l’approche de la mort, ac­cu­mu­ler des pro­vi­sions pour le che­min vers les rives de l’autre monde ; mais qui, au lieu de cela, ras­semble des anec­dotes in­si­gni­fiantes, qui ins­truisent en fai­sant rire, sou­vent d’ailleurs aux dé­pens de membres du clergé comme lui : « Me ré­veillant de mon som­meil de vieillard », dit-il, « j’ai donc, d’une main lé­gère, ras­sem­blé et noté ce que j’ai vu et ce que j’ai en­tendu, en sui­vant le cours de mes sou­ve­nirs, comme on cueille des herbes ma­rines ici et là, sans sé­pa­rer le bon du mau­vais ». De même que l’or s’obtient en amas­sant du sable, et que les joyaux se trouvent dans des pierres brutes qu’il faut po­lir ; de même, dit-il, il y a des prin­cipes pro­fonds de la vé­rité boud­dhique en­fouis au mi­lieu des tri­via­li­tés et des ba­var­dages où le conte prend sa source. C’est pour­quoi il choi­sit de don­ner à son re­cueil le titre de « Col­lec­tion de sable et de pierres ».

  1. Au­tre­fois tra­duit « Re­cueil de ro­chers et de sable » ou « Col­lec­tion de sable et de ga­lets ». Haut
  2. En ja­po­nais « 沙石集 ». Haut
  1. En ja­po­nais 説話. Haut
  2. En ja­po­nais 無住一円. Éga­le­ment connu sous le nom de Dô­gyô Mujû (無住道暁). Haut