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Mot-clefMartine Hasse

tra­duc­teur ou tra­duc­trice

Tseng-tseu, «La Grande Étude»

éd. du Cerf, coll. Patrimoines-Confucianisme, Paris

éd. du Cerf, coll. Patri­moines-Confu­cia­nisme, Paris

Il s’agit de «La Grande Étude» («Ta-hio»*), qui consti­tue avec «Le Livre de la pié­té filiale», «la porte par où l’on accède au rayon­ne­ment»** de la morale chi­noise. Un des dis­ciples de Confu­cius, pos­si­ble­ment Tseng-tseu***, a com­po­sé ces deux ouvrages. Il y traite de la per­sé­vé­rance dans le sou­ve­rain bien, qui n’est autre chose que la confor­mi­té de nos actes avec les lois du ciel. En par­tant de notre amé­lio­ra­tion per­son­nelle et du bon ordre à éta­blir dans notre famille, il en arrive pro­gres­si­ve­ment aux moyens de paci­fier et bien gou­ver­ner l’Empire. En effet, autre­fois, les anciens princes qui dési­raient déve­lop­per et faire briller les lois du ciel, s’attachaient aupa­ra­vant à bien gou­ver­ner leur royaume; ceux qui dési­raient bien gou­ver­ner leur royaume, s’attachaient aupa­ra­vant à mettre le bon ordre dans leur famille; ceux qui dési­raient mettre le bon ordre dans leur famille, s’attachaient aupa­ra­vant à se cor­ri­ger eux-mêmes; ceux qui dési­raient se cor­ri­ger eux-mêmes, s’attachaient aupa­ra­vant à don­ner de la droi­ture à leur âme; ceux enfin qui dési­raient don­ner de la droi­ture à leur âme, s’attachaient aupa­ra­vant à per­fec­tion­ner leurs connais­sances morales. Telle est la fin que se pro­posent «La Grande Étude» et «Le Livre de la pié­té filiale». Soit pré­ju­gé ou rai­son, soit obs­ti­na­tion ou jus­tice, la Chine, pen­dant des mil­lé­naires, n’a jamais ces­sé de lire et d’admirer ces deux ouvrages : les révo­lu­tions du goût, les chan­ge­ments de régime, les domi­na­tions étran­gères même n’ont pas enta­mé leur uni­ver­sa­li­té ori­gi­nelle ni la soli­di­té de leurs prin­cipes. «C’est dans la belle morale qu’ils enseignent, dans les ver­tus qu’ils com­mandent, et dans les sages règles de poli­tique qu’ils tracent et qu’ils ont eu la gloire de per­sua­der, que les phi­lo­sophes d’au-delà des mers auraient dû cher­cher la solu­tion [au] grand [mys­tère] de la durée de l’Empire chi­nois», dit le père Pierre-Mar­tial Cibot.

* En chi­nois «大學». Par­fois trans­crit «Taï-hio», «Tá ‘Hiŏh», «Thaï-yo», «Ta Hiue», «Ta-hsue», «Ta Hsüeh» ou «Daxue». Haut

** p. 49. Haut

*** En chi­nois 曾子. Par­fois trans­crit Tseng-tsée, Thsêng-tseu, Tseng-tzu ou Zeng Zi. De son vrai nom Tseng Chen (曾參). Par­fois trans­crit Tseng Ts’an, Zeng Can ou Zeng Shen. Haut