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Mot-clefPaul Kolodkine

tra­duc­teur ou tra­duc­trice

Ostrovski, «Et l’acier fut trempé : roman»

éd. Les Éditeurs français réunis, Paris

éd. Les Édi­teurs fran­çais réunis, Paris

Il s’agit d’«Et l’acier fut trem­pé»*Kak zaka­lia­las stal»**), roman d’idéalisation sovié­tique, écrit pour la jeu­nesse par Nico­laï Alexeïe­vitch Ostrovs­ki***. La richesse et la diver­si­té de l’art russe ne purent sur­vivre à l’avènement du régime com­mu­niste. L’éventail des points de vue et des tech­niques artis­tiques se rétré­cit rapi­de­ment sous la pres­sion des groupes pro­lé­ta­riens, deve­nus de plus en plus inflexibles à mesure que l’appareil d’État lui-même deve­nait plus rigide et plus intran­si­geant. En avril 1932, par décret du Comi­té cen­tral du Par­ti com­mu­niste, tous les cercles lit­té­raires de l’U.R.S.S. furent dis­sous, et l’ensemble des écri­vains invi­tés à rejoindre l’Union des écri­vains sovié­tiques (Soïouz pis­sa­té­leï S.S.S.R.****). Sorte de Polit­bu­ro lit­té­raire œuvrant pour l’«uni­té fon­da­men­tale de la lit­té­ra­ture sovié­tique», cette Union était diri­gée par de hauts cadres qui rece­vaient leurs ordres du Par­ti et de Sta­line lui-même. On vit alors appa­raître une concep­tion dic­ta­to­riale des arts, connue sous le nom de «soc-réa­lisme» («sots­rea­lizm»*****) ou «réa­lisme socia­liste», et des­ti­née à impo­ser des titres pré­pa­rés à l’avance et des sujets conve­nus : la reli­gion du tra­vail et de l’effort; la nais­sance d’un ouvrier ou d’une usine; l’avènement de l’homme nou­veau dans une socié­té nou­velle; le rôle du Par­ti dans ce grand bou­le­ver­se­ment. Écrits dans un but de glo­ri­fi­ca­tion et pro­pa­gande, les romans du «soc-réa­lisme» étaient impri­més à des cen­taines de mil­liers d’exemplaires et pro­po­sés comme réfé­rence aux jeunes géné­ra­tions. Au reste, c’étaient des romans très fai­ble­ment et très défec­tueu­se­ment construits, dépour­vus de tout génie, for­te­ment influen­cés par la prose médiocre de Gor­ki. Quel­que­fois, il est vrai, des lueurs de sin­cé­ri­té révo­lu­tion­naire et de pure­té de convic­tion per­çaient mal­gré la mono­to­nie du sujet et l’insuffisance du talent : c’était le cas de l’œuvre d’Ostrovski qui, quoique limi­tée à deux romans — «Et l’acier fut trem­pé» et «Enfan­tés par la tem­pête» (inache­vé du fait de la mort de l’auteur) — n’en a pas moins lais­sé un vif sou­ve­nir chez ses lec­teurs.

* Par­fois tra­duit «Com­ment l’acier fut trem­pé». Haut

** En russe «Как закалялась сталь». Haut

*** En russe Николай Алексеевич Островский. Par­fois trans­crit Niko­lai Ostrows­ki, Niko­laj Ostrovs­kij, Nico­las Ostrovs­ki ou Niko­lay Ostrovs­ky. À ne pas confondre avec Alexandre Niko­laïe­vitch Ostrovs­ki, auteur dra­ma­tique, qui vécut un siècle plus tôt. Haut

**** En russe Союз писателей С.С.С.Р. Haut

***** En russe «соцреализм». Haut