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Heredia, «Correspondance. Tome II. Les Années parnassiennes (1866-1876)»

éd. H. Champion, coll. Bibliothèque des correspondances, Paris

éd. H. Cham­pion, coll. Biblio­thèque des cor­res­pon­dances, Paris

Il s’agit de la «Cor­res­pon­dance» de José-Maria de Here­dia*, poète de l’école du Par­nasse (XIXe siècle). On nomme par­nas­siens le groupe d’écrivains fran­çais qui se consti­tua autour de la revue «Le Par­nasse contem­po­rain», et qui se pro­po­sa comme but l’admiration de l’antique : «Que j’entende par­ler de l’Égypte ou de l’Inde, aus­si­tôt mon esprit s’agite pour fran­chir l’horizon qui m’emprisonne; que le nom de la Grèce soit pro­non­cé, et voi­là mon ima­gi­na­tion par­tie : je vogue sur la mer Ionienne, je débarque au Pirée, et je revois l’un après l’autre ces sen­tiers si sou­vent par­cou­rus sur le char des poètes en com­pa­gnie des héros ou des dieux»**. L’impression que fit l’Antiquité sur ces écri­vains fut très pro­fonde. Mécon­tents du monde indus­triel où les poètes deve­naient d’heure en heure plus inutiles, et où l’art res­tait pré­sent par cha­ri­té et comme un décor insi­gni­fiant, les par­nas­siens cou­rurent en troupe vers les temples rui­nés de l’Antiquité. Ils s’attachèrent à elle; ils se firent ses ser­vi­teurs; ils se mon­trèrent injustes pour tout ce qui ne la tou­chait pas : «Allons res­pec­tueu­se­ment deman­der des leçons à la Muse ionienne! C’est… une richesse si grande que d’avoir, à l’abri des… émo­tions fié­vreuses de l’art mélan­co­lique et tour­men­té de nos époques modernes, un refuge dans le monde jeune et serein de la poé­sie antique. Plai­gnons ceux dont la pen­sée ne pénètre jamais dans cette région à la fois héroïque et pai­sible où se meuvent les poètes, les guer­riers et les sages!»*** Here­dia et Leconte de Lisle furent les der­niers repré­sen­tants de cette école; ils en furent aus­si les plus fidèles, car ils en appli­quèrent la doc­trine avec le plus de fer­me­té et d’imperturbable confiance, sans défaillance. C’est que pour ces deux créoles — natifs l’un de Cuba, l’autre de la Réunion — l’Antiquité se mêle et se confond avec l’île natale, immen­sé­ment agran­die par leur ima­gi­na­tion, aug­men­tée de tout pays où la nature, belle et robuste, a déployé des éner­gies pri­mi­tives, que ce soit au pied de l’Himalaya ou dans les val­lons de la Grèce, dans les champs sici­liens ou sous le soleil égyp­tien. «Il n’est pas besoin d’être un grand psy­cho­logue pour com­prendre que [l’exotisme] sou­vent affi­ché par [Here­dia et Leconte de Lisle] n’est en réa­li­té qu’une espèce d’exorcisme, d’incantation, pour échap­per [au sou­ve­nir] du départ, de l’exil, de la rup­ture avec la terre natale», dit avec rai­son M. Edgard Pich

* À ne pas confondre avec José María Here­dia y Here­dia, cou­sin ger­main de Here­dia et auteur de l’ode au «Nia­ga­ra». Haut

** Vic­tor de Laprade, «Ques­tions d’art et de morale». Haut

*** id. Haut

Heredia, «Correspondance. Tome I. Les Années de formation (1846-1865)»

éd. H. Champion, coll. Bibliothèque des correspondances, Paris

éd. H. Cham­pion, coll. Biblio­thèque des cor­res­pon­dances, Paris

Il s’agit de la «Cor­res­pon­dance» de José-Maria de Here­dia*, poète de l’école du Par­nasse (XIXe siècle). On nomme par­nas­siens le groupe d’écrivains fran­çais qui se consti­tua autour de la revue «Le Par­nasse contem­po­rain», et qui se pro­po­sa comme but l’admiration de l’antique : «Que j’entende par­ler de l’Égypte ou de l’Inde, aus­si­tôt mon esprit s’agite pour fran­chir l’horizon qui m’emprisonne; que le nom de la Grèce soit pro­non­cé, et voi­là mon ima­gi­na­tion par­tie : je vogue sur la mer Ionienne, je débarque au Pirée, et je revois l’un après l’autre ces sen­tiers si sou­vent par­cou­rus sur le char des poètes en com­pa­gnie des héros ou des dieux»**. L’impression que fit l’Antiquité sur ces écri­vains fut très pro­fonde. Mécon­tents du monde indus­triel où les poètes deve­naient d’heure en heure plus inutiles, et où l’art res­tait pré­sent par cha­ri­té et comme un décor insi­gni­fiant, les par­nas­siens cou­rurent en troupe vers les temples rui­nés de l’Antiquité. Ils s’attachèrent à elle; ils se firent ses ser­vi­teurs; ils se mon­trèrent injustes pour tout ce qui ne la tou­chait pas : «Allons res­pec­tueu­se­ment deman­der des leçons à la Muse ionienne! C’est… une richesse si grande que d’avoir, à l’abri des… émo­tions fié­vreuses de l’art mélan­co­lique et tour­men­té de nos époques modernes, un refuge dans le monde jeune et serein de la poé­sie antique. Plai­gnons ceux dont la pen­sée ne pénètre jamais dans cette région à la fois héroïque et pai­sible où se meuvent les poètes, les guer­riers et les sages!»*** Here­dia et Leconte de Lisle furent les der­niers repré­sen­tants de cette école; ils en furent aus­si les plus fidèles, car ils en appli­quèrent la doc­trine avec le plus de fer­me­té et d’imperturbable confiance, sans défaillance. C’est que pour ces deux créoles — natifs l’un de Cuba, l’autre de la Réunion — l’Antiquité se mêle et se confond avec l’île natale, immen­sé­ment agran­die par leur ima­gi­na­tion, aug­men­tée de tout pays où la nature, belle et robuste, a déployé des éner­gies pri­mi­tives, que ce soit au pied de l’Himalaya ou dans les val­lons de la Grèce, dans les champs sici­liens ou sous le soleil égyp­tien. «Il n’est pas besoin d’être un grand psy­cho­logue pour com­prendre que [l’exotisme] sou­vent affi­ché par [Here­dia et Leconte de Lisle] n’est en réa­li­té qu’une espèce d’exorcisme, d’incantation, pour échap­per [au sou­ve­nir] du départ, de l’exil, de la rup­ture avec la terre natale», dit avec rai­son M. Edgard Pich

* À ne pas confondre avec José María Here­dia y Here­dia, cou­sin ger­main de Here­dia et auteur de l’ode au «Nia­ga­ra». Haut

** Vic­tor de Laprade, «Ques­tions d’art et de morale». Haut

*** id. Haut

Heredia, «Œuvres poétiques complètes. Tome II. Autres Sonnets • Poésies diverses»

éd. Les Belles Lettres, coll. Les Textes français, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Les Textes fran­çais, Paris

Il s’agit des «Frag­ments poé­tiques» de José-Maria de Here­dia*, poète de l’école du Par­nasse (XIXe siècle). On nomme par­nas­siens le groupe d’écrivains fran­çais qui se consti­tua autour de la revue «Le Par­nasse contem­po­rain», et qui se pro­po­sa comme but l’admiration de l’antique : «Que j’entende par­ler de l’Égypte ou de l’Inde, aus­si­tôt mon esprit s’agite pour fran­chir l’horizon qui m’emprisonne; que le nom de la Grèce soit pro­non­cé, et voi­là mon ima­gi­na­tion par­tie : je vogue sur la mer Ionienne, je débarque au Pirée, et je revois l’un après l’autre ces sen­tiers si sou­vent par­cou­rus sur le char des poètes en com­pa­gnie des héros ou des dieux»**. L’impression que fit l’Antiquité sur ces écri­vains fut très pro­fonde. Mécon­tents du monde indus­triel où les poètes deve­naient d’heure en heure plus inutiles, et où l’art res­tait pré­sent par cha­ri­té et comme un décor insi­gni­fiant, les par­nas­siens cou­rurent en troupe vers les temples rui­nés de l’Antiquité. Ils s’attachèrent à elle; ils se firent ses ser­vi­teurs; ils se mon­trèrent injustes pour tout ce qui ne la tou­chait pas : «Allons res­pec­tueu­se­ment deman­der des leçons à la Muse ionienne! C’est… une richesse si grande que d’avoir, à l’abri des… émo­tions fié­vreuses de l’art mélan­co­lique et tour­men­té de nos époques modernes, un refuge dans le monde jeune et serein de la poé­sie antique. Plai­gnons ceux dont la pen­sée ne pénètre jamais dans cette région à la fois héroïque et pai­sible où se meuvent les poètes, les guer­riers et les sages!»*** Here­dia et Leconte de Lisle furent les der­niers repré­sen­tants de cette école; ils en furent aus­si les plus fidèles, car ils en appli­quèrent la doc­trine avec le plus de fer­me­té et d’imperturbable confiance, sans défaillance. C’est que pour ces deux créoles — natifs l’un de Cuba, l’autre de la Réunion — l’Antiquité se mêle et se confond avec l’île natale, immen­sé­ment agran­die par leur ima­gi­na­tion, aug­men­tée de tout pays où la nature, belle et robuste, a déployé des éner­gies pri­mi­tives, que ce soit au pied de l’Himalaya ou dans les val­lons de la Grèce, dans les champs sici­liens ou sous le soleil égyp­tien. «Il n’est pas besoin d’être un grand psy­cho­logue pour com­prendre que [l’exotisme] sou­vent affi­ché par [Here­dia et Leconte de Lisle] n’est en réa­li­té qu’une espèce d’exorcisme, d’incantation, pour échap­per [au sou­ve­nir] du départ, de l’exil, de la rup­ture avec la terre natale», dit avec rai­son M. Edgard Pich

* À ne pas confondre avec José María Here­dia y Here­dia, cou­sin ger­main de Here­dia et auteur de l’ode au «Nia­ga­ra». Haut

** Vic­tor de Laprade, «Ques­tions d’art et de morale». Haut

*** id. Haut

Heredia, «Œuvres poétiques complètes. Tome I. Les Trophées»

éd. Les Belles Lettres, coll. Les Textes français, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Les Textes fran­çais, Paris

Il s’agit des «Tro­phées» de José-Maria de Here­dia*, poète de l’école du Par­nasse (XIXe siècle). On nomme par­nas­siens le groupe d’écrivains fran­çais qui se consti­tua autour de la revue «Le Par­nasse contem­po­rain», et qui se pro­po­sa comme but l’admiration de l’antique : «Que j’entende par­ler de l’Égypte ou de l’Inde, aus­si­tôt mon esprit s’agite pour fran­chir l’horizon qui m’emprisonne; que le nom de la Grèce soit pro­non­cé, et voi­là mon ima­gi­na­tion par­tie : je vogue sur la mer Ionienne, je débarque au Pirée, et je revois l’un après l’autre ces sen­tiers si sou­vent par­cou­rus sur le char des poètes en com­pa­gnie des héros ou des dieux»**. L’impression que fit l’Antiquité sur ces écri­vains fut très pro­fonde. Mécon­tents du monde indus­triel où les poètes deve­naient d’heure en heure plus inutiles, et où l’art res­tait pré­sent par cha­ri­té et comme un décor insi­gni­fiant, les par­nas­siens cou­rurent en troupe vers les temples rui­nés de l’Antiquité. Ils s’attachèrent à elle; ils se firent ses ser­vi­teurs; ils se mon­trèrent injustes pour tout ce qui ne la tou­chait pas : «Allons res­pec­tueu­se­ment deman­der des leçons à la Muse ionienne! C’est… une richesse si grande que d’avoir, à l’abri des… émo­tions fié­vreuses de l’art mélan­co­lique et tour­men­té de nos époques modernes, un refuge dans le monde jeune et serein de la poé­sie antique. Plai­gnons ceux dont la pen­sée ne pénètre jamais dans cette région à la fois héroïque et pai­sible où se meuvent les poètes, les guer­riers et les sages!»*** Here­dia et Leconte de Lisle furent les der­niers repré­sen­tants de cette école; ils en furent aus­si les plus fidèles, car ils en appli­quèrent la doc­trine avec le plus de fer­me­té et d’imperturbable confiance, sans défaillance. C’est que pour ces deux créoles — natifs l’un de Cuba, l’autre de la Réunion — l’Antiquité se mêle et se confond avec l’île natale, immen­sé­ment agran­die par leur ima­gi­na­tion, aug­men­tée de tout pays où la nature, belle et robuste, a déployé des éner­gies pri­mi­tives, que ce soit au pied de l’Himalaya ou dans les val­lons de la Grèce, dans les champs sici­liens ou sous le soleil égyp­tien. «Il n’est pas besoin d’être un grand psy­cho­logue pour com­prendre que [l’exotisme] sou­vent affi­ché par [Here­dia et Leconte de Lisle] n’est en réa­li­té qu’une espèce d’exorcisme, d’incantation, pour échap­per [au sou­ve­nir] du départ, de l’exil, de la rup­ture avec la terre natale», dit avec rai­son M. Edgard Pich

* À ne pas confondre avec José María Here­dia y Here­dia, cou­sin ger­main de Here­dia et auteur de l’ode au «Nia­ga­ra». Haut

** Vic­tor de Laprade, «Ques­tions d’art et de morale». Haut

*** id. Haut