Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Mot-clefJean Voinescu : traducteur ou traductrice

« Les Doinas : poésies moldaves »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des doinas * recueillies par Vasile Alecsandri ** (XIXe siècle), vrais monuments de la littérature populaire de la Roumanie. Qu’est-ce que des doinas ? Ce sont de petites pièces de vers, qui ne portent pas de noms d’auteurs, parce qu’elles sont l’œuvre de tous, l’expression la plus directe et la plus sincère du génie du peuple roumain. Elles renferment des trésors inestimables de sentiments tendres, de croyances superstitieuses, de coutumes ancestrales et, surtout, de beautés poétiques pleines d’originalité. Elles gardent profondément marquée l’empreinte du caractère local : « elles exhalent », dit un critique ***, « ce parfum des montagnes et des vallées natales, qui ne se peut ni contrefaire, ni emprunter ». Elles abondent, enfin, en comparaisons pittoresques, en images gracieuses et terribles ; c’est ainsi qu’elles appellent l’argent « l’œil du diable » (« ochĭul draculuĭ ») ; la mort « la fiancée du monde » (« mirésa lumeĭ »), parce que tout le monde lui est promis en entrant dans la vie ; elles comparent la bonté à la maternité : « bon comme le sein d’une mère » (« bun ca sinul mameĭ ») ; elles disent d’un homme supérieur qu’« il porte une étoile au front » (« cu stea în frunte ») ; d’une belle femme qu’elle est « un fragment de soleil » (« ruptă din sóre ») ; etc. Lisez la suite›

* En roumain « doină » (singulier) et « doine » (pluriel). Parfois transcrit « doïne ».

** Autrefois transcrit Basile Alecsandri, Vasilie Alecsandri, Vasili Alexandri ou Vassili Alexandri.

*** Alphonse Grün.