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Mot-clefMathieu-Antoine Bouchaud

tra­duc­teur ou tra­duc­trice

«Commentaire sur la “Loi des douze tables”. Tome II»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Lois des douze tables» («Leges duo­de­cim tabu­la­rum»), un des monu­ments les plus curieux du droit romain (Ve siècle av. J.-C.). Les Romains furent natu­rel­le­ment des légis­la­teurs. Leur génie poli­tique, leur sou­ci de la règle, les par­ti­cu­la­ri­tés de leur his­toire inté­rieure les pous­sèrent à ce rôle qu’ils rem­plirent admi­ra­ble­ment. Les «Lois des douze tables» furent chez eux leurs pre­mières lois. On les connaît aus­si sous le nom de «Lois décem­vi­rales» («Leges decem­vi­rales»), parce que la com­pi­la­tion en avait été faite par les soins et l’autorité de dix magis­trats appe­lés «décem­virs». Voi­ci com­ment cela arri­va. Il se trou­va à Rome un cer­tain Her­mo­dore d’Éphèse*, ami d’Héra­clite. Il per­sua­da les Romains de tra­duire les lois de Solon et de les adap­ter à l’usage de la Répu­blique. Pour cela, le peuple romain créa les «décem­virs»; et un an après être entrés en fonc­tion, ils firent gra­ver les­dites lois sur dix tables, qu’on expo­sa dans le Forum. L’année sui­vante, comme il y man­quait quelque chose pour une juris­pru­dence ache­vée, de nou­veaux «décem­virs» en firent deux autres qui, ajou­tées aux dix pre­mières, for­mèrent la légis­la­tion des «Lois des douze tables». Telle fut l’origine de ce monu­ment pri­mi­tif du droit romain; de ces lois fon­da­men­tales nom­mées, par excel­lence, la «Loi» («Lex»); de cette «leçon indis­pen­sable» («car­men neces­sa­rium»**) qu’on fai­sait apprendre par cœur aux enfants, et dans laquelle plu­sieurs auteurs sérieux — Tite-Live, Cicé­ron, Denys d’Halicarnasse, Dio­dore de Sicile — crurent voir un chef-d’œuvre.

* En grec Ἑρμόδωρος. Haut

** Cicé­ron, «Trai­té des lois» («De legi­bus»), liv. II, sect. 59. Haut

«Commentaire sur la “Loi des douze tables”. Tome I»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Lois des douze tables» («Leges duo­de­cim tabu­la­rum»), un des monu­ments les plus curieux du droit romain (Ve siècle av. J.-C.). Les Romains furent natu­rel­le­ment des légis­la­teurs. Leur génie poli­tique, leur sou­ci de la règle, les par­ti­cu­la­ri­tés de leur his­toire inté­rieure les pous­sèrent à ce rôle qu’ils rem­plirent admi­ra­ble­ment. Les «Lois des douze tables» furent chez eux leurs pre­mières lois. On les connaît aus­si sous le nom de «Lois décem­vi­rales» («Leges decem­vi­rales»), parce que la com­pi­la­tion en avait été faite par les soins et l’autorité de dix magis­trats appe­lés «décem­virs». Voi­ci com­ment cela arri­va. Il se trou­va à Rome un cer­tain Her­mo­dore d’Éphèse*, ami d’Héra­clite. Il per­sua­da les Romains de tra­duire les lois de Solon et de les adap­ter à l’usage de la Répu­blique. Pour cela, le peuple romain créa les «décem­virs»; et un an après être entrés en fonc­tion, ils firent gra­ver les­dites lois sur dix tables, qu’on expo­sa dans le Forum. L’année sui­vante, comme il y man­quait quelque chose pour une juris­pru­dence ache­vée, de nou­veaux «décem­virs» en firent deux autres qui, ajou­tées aux dix pre­mières, for­mèrent la légis­la­tion des «Lois des douze tables». Telle fut l’origine de ce monu­ment pri­mi­tif du droit romain; de ces lois fon­da­men­tales nom­mées, par excel­lence, la «Loi» («Lex»); de cette «leçon indis­pen­sable» («car­men neces­sa­rium»**) qu’on fai­sait apprendre par cœur aux enfants, et dans laquelle plu­sieurs auteurs sérieux — Tite-Live, Cicé­ron, Denys d’Halicarnasse, Dio­dore de Sicile — crurent voir un chef-d’œuvre.

* En grec Ἑρμόδωρος. Haut

** Cicé­ron, «Trai­té des lois» («De legi­bus»), liv. II, sect. 59. Haut