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Mot-clefMichel Patillon

tra­duc­teur ou tra­duc­trice

Longin, «Fragments • Art rhétorique»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit du trai­té «Art rhé­to­rique» («Tech­nê rhê­to­ri­kê»*) et autres frag­ments de Cas­sius Lon­gin**, éru­dit d’expression grecque, mêlé à presque toutes les dis­cus­sions lit­té­raires et phi­lo­lo­giques du IIIe siècle apr. J.-C. et deve­nu dans sa vieillesse le ministre d’une reine. L’année de sa nais­sance n’est pas plus connue que sa patrie; sa mère, en tout cas, était Syrienne. Après avoir pas­sé sa vie à ensei­gner les belles-lettres à Athènes, il fut appe­lé en Orient, à la Cour de Pal­myre***. La reine Zéno­bie, qui le prit auprès d’elle pour s’instruire dans la langue grecque, en fit son prin­ci­pal ministre et s’abandonna à ses conseils. C’est lui qui encou­ra­gea cette reine à défendre son titre de reine contre les armées d’Aurélien. On dit même qu’il lui dic­ta la réponse noble et fière qu’elle écri­vit à cet Empe­reur romain qui la pres­sait de se rendre : «Jadis, Cléo­pâtre a pré­fé­ré la mort au pom­peux escla­vage que vous m’offrez. La Perse m’envoie des auxi­liaires; les Arabes et les Armé­niens mour­ront pour ma cause… Que sera-ce quand les troupes alliées que j’attends seront venues?» Cette réponse hau­taine coû­ta la vie à Lon­gin; car deve­nu, à la fin d’un long siège, le maître de Pal­myre et de Zéno­bie, Auré­lien réser­va cette reine pour son triomphe et envoya Lon­gin au sup­plice (273 apr. J.-C.). Selon un his­to­rien, Lon­gin mon­tra dans sa mort le même cou­rage qu’il sut ins­pi­rer au cours de sa vie; il souf­frit les plus cruels tour­ments «avec une telle fer­me­té qu’il récon­for­ta même ceux qui s’affligeaient de son mal­heur»

* En grec «Τέχνη ῥητορική». Haut

** En grec Κάσσιος Λογγῖνος, en latin Cas­sius Lon­gi­nus. Haut

*** Aujourd’hui Tad­mor (تدمر), en Syrie. Haut