Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Mot-clefpolonais : pays, gentilé ou langue

Szymborska, « Je ne sais quelles gens • Discours prononcé devant l’Académie Nobel »

éd. Fayard, coll. Poésie, Paris

éd. Fayard, coll. Poésie, Paris

Il s’agit de « Je ne sais quelles gens » (« Jacyś ludzie ») et autres poèmes de Mme Wisława Szymborska. La bien-pensance, le « politiquement correct » veut que cette poétesse polonaise ait débuté sa carrière deux fois : la première avec ses poèmes communistes : « Réjouissons-nous de la construction d’une ville socialiste » (« Na powitanie budowy socjalistycznego miasta »), « Notre ouvrier parle des impérialistes » (« Robotnik nasz mówi o imperialistach »), « Lénine » (« Lenin »), etc ; et la seconde fois avec ses poèmes de la maturité artistique, taciturnes sur les grands sujets de société et à l’écart du débat politique. Il est convenu de dire que la première Szymborska n’est pas la Szymborska réelle ; que son entrée communiste est une entrée ratée, un « faux départ » sans rapport avec « l’image que l’on se fait de la lauréate du prix Nobel » * ; un « fruit d’étourdissements idéologiques » ** auxquels n’a pu résister la personnalité « jeune et extraordinairement impressionnable » *** de notre poétesse. Cette façon de scinder une œuvre en deux ensembles, dont l’un doit s’effacer devant l’autre, mérite d’être remise en cause, confrontée aux faits, voire abandonnée. Un poème tel que « Le Bouclier » (« Tarcza »), qui appartient au premier ensemble, subit pour cette raison une censure tout à fait inappropriée, et n’est plus publié en Pologne ni à l’étranger. Pourtant, il n’a rien d’une propagande en vers. Il fut écrit par Mme Szymborska en l’honneur d’une jeune communiste française, presque une enfant, qui s’était couchée sur les rails pour bloquer un train transportant des armes et des chars destinés à la guerre d’Indochine. Ainsi, « le corps » de l’héroïne devint « un solide bouclier pour les jeunes filles du Viêt-nam », dit le poème ****. Lisez la suite›

* Dans Wojciech Tomasik, « Pour la défense de “Tarcza” », p. 8.

** « De la mort sans exagérer », p. 7.

*** Dans Wojciech Tomasik, « Pour la défense de “Tarcza” », p. 8.

**** En polonais
« Ciało młodej francuskiej dziewczyny —
Silna tarcza dla dziewcząt Vietnamu ».

Szymborska, « De la mort sans exagérer »

éd. Fayard, coll. Poésie, Paris

éd. Fayard, coll. Poésie, Paris

Il s’agit de « De la mort sans exagérer » (« O śmierci bez przesady ») et autres poèmes de Mme Wisława Szymborska. La bien-pensance, le « politiquement correct » veut que cette poétesse polonaise ait débuté sa carrière deux fois : la première avec ses poèmes communistes : « Réjouissons-nous de la construction d’une ville socialiste » (« Na powitanie budowy socjalistycznego miasta »), « Notre ouvrier parle des impérialistes » (« Robotnik nasz mówi o imperialistach »), « Lénine » (« Lenin »), etc ; et la seconde fois avec ses poèmes de la maturité artistique, taciturnes sur les grands sujets de société et à l’écart du débat politique. Il est convenu de dire que la première Szymborska n’est pas la Szymborska réelle ; que son entrée communiste est une entrée ratée, un « faux départ » sans rapport avec « l’image que l’on se fait de la lauréate du prix Nobel » * ; un « fruit d’étourdissements idéologiques » ** auxquels n’a pu résister la personnalité « jeune et extraordinairement impressionnable » *** de notre poétesse. Cette façon de scinder une œuvre en deux ensembles, dont l’un doit s’effacer devant l’autre, mérite d’être remise en cause, confrontée aux faits, voire abandonnée. Un poème tel que « Le Bouclier » (« Tarcza »), qui appartient au premier ensemble, subit pour cette raison une censure tout à fait inappropriée, et n’est plus publié en Pologne ni à l’étranger. Pourtant, il n’a rien d’une propagande en vers. Il fut écrit par Mme Szymborska en l’honneur d’une jeune communiste française, presque une enfant, qui s’était couchée sur les rails pour bloquer un train transportant des armes et des chars destinés à la guerre d’Indochine. Ainsi, « le corps » de l’héroïne devint « un solide bouclier pour les jeunes filles du Viêt-nam », dit le poème ****. Lisez la suite›

* Dans Wojciech Tomasik, « Pour la défense de “Tarcza” », p. 8.

** « De la mort sans exagérer », p. 7.

*** Dans Wojciech Tomasik, « Pour la défense de “Tarcza” », p. 8.

**** En polonais
« Ciało młodej francuskiej dziewczyny —
Silna tarcza dla dziewcząt Vietnamu ».