Mot-clefMichael Barry

tra­duc­teur ou tra­duc­trice

Nezâmî, « Le Pavillon des sept princesses »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Pa­ris

Il s’agit du « Pa­villon des sept prin­cesses »1 (« Haft Pey­kar »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « Les Sept Beau­tés », « Les Sept Bel­vé­dères », « Les Sept Fi­gures » ou « Les Sept Por­traits ». Haut
  2. En per­san « هفت پیکر ». Par­fois trans­crit « Haft Peï­gher », « Heft Peï­guer », « Haft Pai­ker », « Haft Pay­kar », « Haft Paï­kar » ou « Heft Peï­ker ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut