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tra­duc­teur ou tra­duc­trice

« Sainte Golindouch »

dans « Échos d’Orient », vol. 4, nº 1, p. 18-20

dans « Échos d’Orient », vol. 4, no 1, p. 18-20

Il s’agit de sainte Go­lin­douch1, sur­nom­mée la « mar­tyre vi­vante » (« mar­tys zôsa »2), une Per­sane qui se conver­tit au chris­tia­nisme et qui fit des mi­racles et des pro­diges après avoir subi de grands tour­ments de la part des siens (VIe siècle apr. J.-C.). La lé­gende de sa pas­sion a été ex­ploi­tée par le clergé chré­tien, qui rê­vait de la conquête re­li­gieuse de la Perse, mais le fond de son his­toire n’en est pas moins vrai. Go­lin­douch ap­par­te­nait à une noble fa­mille per­sane et des­cen­dait même de sang royal. Éle­vée dans la re­li­gion an­ces­trale, elle pra­ti­qua d’abord le culte du feu et les su­per­sti­tions des mages. On la ma­ria à l’un des membres du sé­nat, dont elle eut deux fils. Au bout de trois an­nées de ma­riage, cette jeune femme tomba dans une ex­tase (cer­tains di­raient une at­taque d’hystérie). Quand elle en fut sor­tie, elle ra­conta que son âme avait été té­moin des sup­plices ter­ri­fiants ré­ser­vés aux cou­pables et des béa­ti­tudes qui at­tendent ceux qui adorent le Dieu des chré­tiens. Son mari traita d’abord cette vi­sion de fable ri­di­cule, et il ne s’en pré­oc­cupa pas au­tre­ment ; mais quand il la vit fer­me­ment ré­so­lue à se faire chré­tienne, il em­ploya tous les moyens pour la faire re­non­cer à cette apos­ta­sie. Ce fut en vain. Elle eut une autre vi­sion. Un ange lui ap­pa­rut, vêtu de lu­mière, qui lui mon­tra le spec­tacle qu’elle avait vu la pre­mière fois, et lui pré­dit la mort pro­chaine de son mari. La pré­dic­tion ne tarda pas à s’accomplir. Aus­si­tôt, Go­lin­douch se ren­dit à Ni­sibe et em­brassa le chris­tia­nisme. Les mages, fu­rieux, lui or­don­nèrent de re­ve­nir au culte na­tio­nal, et sur son re­fus, ils la sou­mirent aux cruau­tés et aux tor­tures dont est cou­tu­mière, entre toutes, la per­sé­cu­tion asia­tique : « D’abord la fla­gel­la­tion : un des seins de la pa­tiente [est] am­puté à demi par le fouet… Puis le sup­plice de la cendre brû­lante : on en rem­plit un sac dans le­quel on lui main­tient la tête en­fer­mée pour l’étouffer. C’est en­suite un sé­jour de trois mois, sans nour­ri­ture, dans une basse-fosse, avec un énorme ser­pent… [En­fin] les souillures du lu­pa­nar »3. Elle se­rait morte si l’ange qui avait cou­tume de lui ap­pa­raître ne ve­nait pas à chaque fois pour la sau­ver. Tant de ré­sis­tance fit croire à ses bour­reaux que Go­lin­douch se ser­vait de sor­ti­lèges. On fi­nit par la condam­ner à l’exil. Conduite par son ange, elle se di­ri­gea vers Jé­ru­sa­lem. Là, elle fit voir à tous les fi­dèles ses stig­mates.

  1. En grec Γολινδούχ. Par­fois trans­crit Go­lin­duh, Go­lin­duch, Go­lin­douche ou Go­lin­douque. On ren­contre aussi les gra­phies Γολανδούχ (Go­lan­douch) et Γολιανδούχ (Go­lian­douch). Au­tre­fois trans­crit Go­lan­douche. « Le der­nier élé­ment de ce mot doit être le per­san “do­kht” (دخت), “fille”, qui entre dans la com­po­si­tion des noms de prin­cesses sas­sa­nides Azer­mi­do­kht, Pou­ran­do­kht. Le pre­mier est plus dif­fi­cile à ex­pli­quer », dit Er­nest Blo­chet. Haut
  2. En grec « μάρτυς ζῶσα ». Haut
  1. … Bar­dou. Haut