Mot-clef1667-1669 (siège de Candie)

su­jet

Evliyâ Tchélébi, « La Guerre des Turcs : récits de batailles extraits du “Livre de voyages” »

éd. Actes Sud-Sindbad, coll. La Bibliothèque turque, Arles

éd. Actes Sud-Sind­bad, coll. La Bi­blio­thèque turque, Arles

Il s’agit d’une re­la­tion turque de la guerre de Can­die (XVIIe siècle). Du­rant ses vingt-deux ans de siège, le des­tin de la prin­ci­pale cité de Crète, Can­die — at­ta­quée, d’un côté, avec une fu­reur ex­trême par les Ot­to­mans et dé­fen­due, de l’autre, avec une constance égale par la Ré­pu­blique de Ve­nise — fixa l’attention de l’Europe et du monde en­tier, comme en té­moignent les abon­dantes pro­duc­tions im­pri­mées re­la­tives à l’événement. « À l’instar du siège de Vienne… cette guerre sut ré­veiller quelque vieux rêve de chré­tienté, au cœur même d’États pour­tant at­te­lés prin­ci­pa­le­ment à la dé­fense de leurs in­té­rêts. »1 Une aven­ture sin­gu­lière, et qui tient presque du ro­man, at­tira les armes sur Can­die. En 1644, six ga­lères de Malte s’étaient em­pa­rées d’un grand vais­seau turc et étaient ve­nues, avec leur prise, mouiller dans un pe­tit port cré­tois où les au­to­ri­tés vé­ni­tiennes eurent l’imprudence de les re­ce­voir. Ce vais­seau turc em­me­nait, à des­ti­na­tion de la Mecque, des pè­le­rins, des né­go­ciants, des sol­dats, des hommes d’équipage et trente femmes, dont une vieille nour­rice du sul­tan. Ce der­nier, ap­pre­nant la nou­velle, ne vou­lut rien moins que faire je­ter dans la mer le ro­cher de Malte. Ses vi­zirs, plus sages, lui rap­pe­lèrent que ce ro­cher in­ac­ces­sible avait été l’écueil où s’étaient bri­sées les am­bi­tions de ses pré­dé­ces­seurs. Alors, le sul­tan fit tom­ber sa co­lère sur les Vé­ni­tiens ; il leur re­pro­cha d’avoir, mal­gré les trai­tés de paix, reçu dans leur port la prise faite par les Mal­tais. Il fit faire à sa flotte des pré­pa­ra­tifs im­menses ; et au mois de mai 1645, 416 na­vires por­tant une ar­mée de 50 000 hommes abor­dèrent en Crète. « De m’imaginer qu’un Em­pire qui est com­posé de plu­sieurs Em­pires et de plu­sieurs royaumes… n’[ait] pour prin­ci­pal ob­jet que [de] re­cou­vrer une vieille nour­rice qui, même dans sa jeu­nesse, ne fut ja­mais belle (car j’ai vu un homme qui l’a vue de­puis huit jours), c’est ce que je trouve… gro­tesque », s’exclame Ma­de­leine de Scu­déry en rap­por­tant cette his­toire

  1. Öz­kan Bar­dakçı et Fran­çois Pu­gnière, « La Der­nière Croi­sade ». Haut

le marquis de Ville, « Les Mémoires du voyage au Levant, ou l’Histoire curieuse du siège de Candie. Tome II »

XVIIᵉ siècle

XVIIe siècle

Il s’agit d’une re­la­tion ita­lienne de la guerre de Can­die (XVIIe siècle). Du­rant ses vingt-deux ans de siège, le des­tin de la prin­ci­pale cité de Crète, Can­die — at­ta­quée, d’un côté, avec une fu­reur ex­trême par les Ot­to­mans et dé­fen­due, de l’autre, avec une constance égale par la Ré­pu­blique de Ve­nise — fixa l’attention de l’Europe et du monde en­tier, comme en té­moignent les abon­dantes pro­duc­tions im­pri­mées re­la­tives à l’événement. « À l’instar du siège de Vienne… cette guerre sut ré­veiller quelque vieux rêve de chré­tienté, au cœur même d’États pour­tant at­te­lés prin­ci­pa­le­ment à la dé­fense de leurs in­té­rêts. »1 Une aven­ture sin­gu­lière, et qui tient presque du ro­man, at­tira les armes sur Can­die. En 1644, six ga­lères de Malte s’étaient em­pa­rées d’un grand vais­seau turc et étaient ve­nues, avec leur prise, mouiller dans un pe­tit port cré­tois où les au­to­ri­tés vé­ni­tiennes eurent l’imprudence de les re­ce­voir. Ce vais­seau turc em­me­nait, à des­ti­na­tion de la Mecque, des pè­le­rins, des né­go­ciants, des sol­dats, des hommes d’équipage et trente femmes, dont une vieille nour­rice du sul­tan. Ce der­nier, ap­pre­nant la nou­velle, ne vou­lut rien moins que faire je­ter dans la mer le ro­cher de Malte. Ses vi­zirs, plus sages, lui rap­pe­lèrent que ce ro­cher in­ac­ces­sible avait été l’écueil où s’étaient bri­sées les am­bi­tions de ses pré­dé­ces­seurs. Alors, le sul­tan fit tom­ber sa co­lère sur les Vé­ni­tiens ; il leur re­pro­cha d’avoir, mal­gré les trai­tés de paix, reçu dans leur port la prise faite par les Mal­tais. Il fit faire à sa flotte des pré­pa­ra­tifs im­menses ; et au mois de mai 1645, 416 na­vires por­tant une ar­mée de 50 000 hommes abor­dèrent en Crète. « De m’imaginer qu’un Em­pire qui est com­posé de plu­sieurs Em­pires et de plu­sieurs royaumes… n’[ait] pour prin­ci­pal ob­jet que [de] re­cou­vrer une vieille nour­rice qui, même dans sa jeu­nesse, ne fut ja­mais belle (car j’ai vu un homme qui l’a vue de­puis huit jours), c’est ce que je trouve… gro­tesque », s’exclame Ma­de­leine de Scu­déry en rap­por­tant cette his­toire

  1. Öz­kan Bar­dakçı et Fran­çois Pu­gnière, « La Der­nière Croi­sade ». Haut

le marquis de Ville, « Les Mémoires du voyage au Levant, ou l’Histoire curieuse du siège de Candie. [Tome I] »

XVIIᵉ siècle

XVIIe siècle

Il s’agit d’une re­la­tion ita­lienne de la guerre de Can­die (XVIIe siècle). Du­rant ses vingt-deux ans de siège, le des­tin de la prin­ci­pale cité de Crète, Can­die — at­ta­quée, d’un côté, avec une fu­reur ex­trême par les Ot­to­mans et dé­fen­due, de l’autre, avec une constance égale par la Ré­pu­blique de Ve­nise — fixa l’attention de l’Europe et du monde en­tier, comme en té­moignent les abon­dantes pro­duc­tions im­pri­mées re­la­tives à l’événement. « À l’instar du siège de Vienne… cette guerre sut ré­veiller quelque vieux rêve de chré­tienté, au cœur même d’États pour­tant at­te­lés prin­ci­pa­le­ment à la dé­fense de leurs in­té­rêts. »1 Une aven­ture sin­gu­lière, et qui tient presque du ro­man, at­tira les armes sur Can­die. En 1644, six ga­lères de Malte s’étaient em­pa­rées d’un grand vais­seau turc et étaient ve­nues, avec leur prise, mouiller dans un pe­tit port cré­tois où les au­to­ri­tés vé­ni­tiennes eurent l’imprudence de les re­ce­voir. Ce vais­seau turc em­me­nait, à des­ti­na­tion de la Mecque, des pè­le­rins, des né­go­ciants, des sol­dats, des hommes d’équipage et trente femmes, dont une vieille nour­rice du sul­tan. Ce der­nier, ap­pre­nant la nou­velle, ne vou­lut rien moins que faire je­ter dans la mer le ro­cher de Malte. Ses vi­zirs, plus sages, lui rap­pe­lèrent que ce ro­cher in­ac­ces­sible avait été l’écueil où s’étaient bri­sées les am­bi­tions de ses pré­dé­ces­seurs. Alors, le sul­tan fit tom­ber sa co­lère sur les Vé­ni­tiens ; il leur re­pro­cha d’avoir, mal­gré les trai­tés de paix, reçu dans leur port la prise faite par les Mal­tais. Il fit faire à sa flotte des pré­pa­ra­tifs im­menses ; et au mois de mai 1645, 416 na­vires por­tant une ar­mée de 50 000 hommes abor­dèrent en Crète. « De m’imaginer qu’un Em­pire qui est com­posé de plu­sieurs Em­pires et de plu­sieurs royaumes… n’[ait] pour prin­ci­pal ob­jet que [de] re­cou­vrer une vieille nour­rice qui, même dans sa jeu­nesse, ne fut ja­mais belle (car j’ai vu un homme qui l’a vue de­puis huit jours), c’est ce que je trouve… gro­tesque », s’exclame Ma­de­leine de Scu­déry en rap­por­tant cette his­toire

  1. Öz­kan Bar­dakçı et Fran­çois Pu­gnière, « La Der­nière Croi­sade ». Haut