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Mot-clef1ᵉʳ siècle av. J.-C.

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Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome IX. Chapitres 111-130»

éd. You Feng, Paris

éd. You Feng, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome VIII. Chapitres 81-110»

éd. You Feng, Paris

éd. You Feng, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome VII. Chapitres 53-80»

éd. You Feng, Paris

éd. You Feng, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome VI. Chapitres 48-52»

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, Paris

éd. Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome V. Chapitres 43-47»

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, Paris

éd. Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome IV. Chapitres 31-42»

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, Paris

éd. Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome III. Chapitres 13-22»

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, Paris

éd. Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome II. Chapitres 5-12»

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, Paris

éd. Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Catulle, «Les Poésies»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de Catulle*, poète latin (Ie siècle av. J.-C.), qui s’est essayé dans tous les genres, devan­çant Vir­gile dans l’épopée, Horace dans l’ode, Ovide, Tibulle, Pro­perce dans l’élégie amou­reuse, Mar­tial dans l’épigramme et ce que nous appe­lons la poé­sie légère. Sous un air de sim­pli­ci­té extrême, et ne for­mant pas cent pages, son petit livre, ce «nou­vel enfant d’une muse badine» comme il l’appelle**, est une annonce com­plète, une sorte de pré­lude à toute la poé­sie du siècle d’Auguste. On se figure géné­ra­le­ment que les Romains de cette époque étaient le peuple le plus poli­cé de l’Antiquité; c’est une erreur grave, que les poé­sies de Catulle suf­fi­raient au besoin pour démen­tir. Enri­chis tout à coup par les dépouilles des peuples qu’ils avaient conquis, les Romains pas­sèrent, sans tran­si­tion, de la dis­ci­pline sévère des camps aux dérè­gle­ments des débauches, des fes­tins, de toutes les dépenses, et aux excès les plus cra­pu­leux. Sal­luste écrit*** : «Dès que les richesses eurent com­men­cé à être hono­rées… la ver­tu per­dit son influence, la pau­vre­té devint un opprobre, et l’antique sim­pli­ci­té fut regar­dée comme une affec­ta­tion mal­veillante. Par les richesses, on a vu se répandre par­mi notre jeu­nesse, avec l’orgueil, la débauche et la cupi­di­té; puis… la pro­di­ga­li­té de son patri­moine, la convoi­tise de la for­tune d’autrui, l’entier mépris de l’honneur, de la pudi­ci­té, des choses divines et humaines… Les hommes se pros­ti­tuaient comme des femmes, et les femmes affi­chaient leur impu­di­ci­té». C’est au milieu de cette socié­té mi-bar­bare, mi-civi­li­sée que vécut notre poète. Ami de tous les plai­sirs et de la bonne chère, joyeux viveur de la grande ville, amant volage de ces beau­tés vénales pour les­quelles se rui­nait la jeu­nesse d’alors, il se vit obli­gé de mettre en gage ses biens pour s’adonner aux charmes dan­ge­reux de la pas­sion amou­reuse. Dans un mor­ceau célèbre, tout à coup il s’interrompt et se reproche le mau­vais usage qu’il fait de ses loi­sirs. Il se dit à lui-même : «Prends-y garde, Catulle, [tes loi­sirs] te seront funestes. Ils ont pris trop d’empire sur ton âme. N’oublie pas qu’ils ont per­du les rois et les Empires»

* En latin Gaius Vale­rius Catul­lus. Haut

** p. 3. Haut

*** «Conju­ra­tion de Cati­li­na», ch. 12. Haut

Sima Qian, «Les Mémoires historiques. Tome I. [Chapitres 1-4]»

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, coll. UNESCO d’œuvres représentatives, Paris

éd. Librai­rie d’Amérique et d’Orient A. Mai­son­neuve, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives, Paris

Il s’agit des «Mémoires his­to­riques» («Shi Ji»*) de Sima Qian**, illustre chro­ni­queur chi­nois (IIe-Ier siècle av. J.-C.) que ses com­pa­triotes placent au-des­sus de tous en disant qu’autant le soleil l’emporte en éclat sur les autres astres, autant Sima Qian l’emporte en mérite sur les autres his­to­riens; et que les mis­sion­naires euro­péens sur­nomment l’«Héro­dote de la Chine». Fils d’un savant et savant lui-même, Sima Qian fut éle­vé par l’Empereur à la digni­té de «grand scribe» («tai shi»***) en 108 av. J.-C. Son père, qui avait été son pré­dé­ces­seur dans cet emploi, sem­blait l’avoir pré­vu; car il avait fait voya­ger son fils dans tout l’Empire et lui avait lais­sé un immense héri­tage en cartes et en manus­crits. De plus, dès que Sima Qian prit pos­ses­sion de sa charge, la Biblio­thèque impé­riale lui fut ouverte; il alla s’y ense­ve­lir. «De même qu’un homme qui porte une cuvette sur la tête ne peut pas lever les yeux vers le ciel, de même je rom­pis toute rela­tion… car jour et nuit je ne pen­sais qu’à employer jusqu’au bout mes indignes capa­ci­tés et j’appliquais tout mon cœur à m’acquitter de ma charge», dit-il****. Mais une dis­grâce qu’il s’attira en pre­nant la défense d’un mal­heu­reux, ou plu­tôt un mot cri­tique sur le goût de l’Empereur pour la magie*****, le fit tom­ber en dis­grâce et le condam­na à la cas­tra­tion. Sima Qian était si pauvre, qu’il ne fut pas en état de don­ner les deux cents onces d’argent pour se rédi­mer du sup­plice infa­mant. Ce mal­heur, qui assom­brit tout le reste de sa vie, ne fut pas sans exer­cer une pro­fonde influence sur sa pen­sée. Non seule­ment Sima Qian n’avait pas pu se rache­ter, mais per­sonne n’avait osé prendre sa défense. Aus­si loue-t-il fort dans ses «Mémoires his­to­riques» tous «ceux qui font peu de cas de leur propre vie pour aller au secours de l’homme de bien qui est en péril»******. Il approuve sou­vent aus­si des hommes qui avaient été calom­niés et mis au ban de la socié­té. Enfin, n’est-ce pas l’amertume de son propre cœur, aigri par la dou­leur, qui s’exprime dans ce cri : «Quand Zhu­fu Yan******* [mar­chait sur] le che­min des hon­neurs, tous les hauts digni­taires l’exaltaient; quand son renom fut abat­tu, et qu’il eut été mis à mort avec toute sa famille, les offi­ciers par­lèrent à l’envi de ses défauts; c’est déplo­rable!»

* En chi­nois «史記». Autre­fois trans­crit «Che Ki», «Se-ki», «Sée-ki», «Ssé-ki», «Schi Ki», «Shi Ki» ou «Shih Chi». Haut

** En chi­nois 司馬遷. Autre­fois trans­crit Sy-ma Ts’ien, Sémat­siene, Ssé­mat­sien, Se-ma Ts’ien, Sze-ma Csien, Sz’ma Ts’ien, Sze-ma Ts’ien, Sseû-ma Ts’ien, Sse-ma-thsien, Ssé ma Tsian ou Ssu-ma Ch’ien. Haut

*** En chi­nois 太史. Autre­fois trans­crit «t’ai che». Haut

**** «Lettre à Ren An» («報任安書»). Haut

***** Sima Qian avait cri­ti­qué tous les impos­teurs qui jouis­saient d’un grand cré­dit à la Cour grâce aux fables qu’ils débi­taient : tels étaient un magi­cien qui pré­ten­dait mon­trer les empreintes lais­sées par les pieds gigan­tesques d’êtres sur­na­tu­rels; un devin qui par­lait au nom de la prin­cesse des esprits, et en qui l’Empereur avait tant de confiance qu’il s’attablait seul avec lui; un char­la­tan qui pro­met­tait l’immortalité; etc. Haut

****** ch. 124. Haut

******* En chi­nois 主父偃. Autre­fois trans­crit Tchou-fou Yen ou Chu-fu Yen. L’Empereur Wu avait nom­mé, auprès de chaque roi, des conseillers qui étaient en réa­li­té des rap­por­teurs. Leur tâche était sou­vent périlleuse : le conseiller Zhu­fu Yan fut mis à mort avec toute sa famille à cause des faits qu’il avait rap­por­tés. Haut

Lucrèce, «Œuvres complètes. De la Nature des choses»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «De rerum Natu­ra» («De la Nature des choses») de Lucrèce*, poète latin qui avait l’ambition de péné­trer dans les secrets de l’univers et de nous y faire péné­trer avec lui; de fouiller dans cet infi­ni pour mon­trer que tout phé­no­mène phy­sique, tout ce qui s’accomplit autour de nous est la consé­quence de lois simples, par­fai­te­ment immuables; d’établir, enfin, d’une puis­sante façon les atomes comme pre­miers prin­cipes de la nature, en fai­sant table rase des fic­tions reli­gieuses et des super­sti­tions (Ier siècle av. J.-C.). Ni le titre ni le sujet du «De rerum Natu­ra» ne sont de Lucrèce; ils appar­tiennent pro­pre­ment à Épi­cure. Lucrèce, tout char­mé par les décou­vertes que ce savant grec avait faites dans son «Peri phy­seôs»**De la Nature»), a joint aux sys­tèmes de ce pen­seur l’agrément et la force des expres­sions; il a enduit, comme il dit, la véri­té amère des connais­sances avec «la jaune liqueur du doux miel» de la poé­sie : «Et certes, je ne me cache pas», ajoute-t-il***, «qu’il est dif­fi­cile de rendre claires, dans des vers latins, les obs­cures décou­vertes des Grecs — sur­tout main­te­nant qu’il va fal­loir créer tant de termes nou­veaux, à cause de l’indigence de notre langue et de la nou­veau­té du sujet. Mais ton mérite et le plai­sir que me pro­met une ami­tié si tendre, me per­suadent d’entreprendre le plus pénible tra­vail et m’engagent à veiller dans le calme des nuits, cher­chant par quelles paroles, par quels vers enfin je pour­rai faire luire à tes yeux une vive lumière qui t’aide à voir sous toutes leurs faces nos mys­té­rieux pro­blèmes».

* En latin Titus Lucre­tius Carus. Haut

** En grec «Περὶ φύσεως». Haut

*** p. 65. Haut