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Roûmî, « Rubâi’yât »

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Quatrains » (« Rubayat »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « رباعیات ». Parfois transcrit « Rubaiat », « Robāïates », « Roubâ’yât », « Robaiyat », « Roba’yat », « Roubayyat », « Robáijját », « Roubaïyat » ou « Rubâi’yât ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Lettres »

éd. J. Renard, Paris

éd. J. Renard, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Lettres » (« Maktûbât »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « مکتوبات ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Kavafis, « L’art ne ment-il pas toujours ? »

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

Il s’agit des notes inédites de Constantin Kavafis*, poète égyptien d’expression grecque (XIXe-XXe siècle). « La biographie extérieure de Constantin Kavafis tient en quelques lignes ; ses vers nous renseignent davantage sur ce que fut cette existence bornée en apparence aux routines des bureaux et des cafés, de la rue et de la taverne louche, limitée dans l’espace au tracé, mille fois reparcouru, d’une même ville », dit Mme Marguerite Yourcenar. En effet, la poésie de Kavafis se développe dans le vase clos d’une même ville : Alexandrie. La première impression qui s’en dégage est celle d’une existence tellement enfoncée dans son marasme qu’aucune délivrance ne paraît possible. C’est la poésie d’un vieillard et la poésie également d’un être humain marqué d’une ambiguïté fondamentale dans sa sexualité, qui l’empêche de s’accepter entièrement, tel que la création l’a fait. Cet homme lucide ne se fait point d’illusions. Il sait qu’il lui est interdit de joindre en lui-même une humanité profonde et conquérante. Au premier abord, aucune considération, aucune espérance ne viennent atténuer cette vue désabusée de sa destinée. Les figures historiques qui ont manifestement sa prédilection sont des adolescents du monde hellénistique et byzantin, mi-grecs mi-asiates, des êtres charmants, vénaux, efféminés, et qui ressemblent étonnamment aux adolescents décrits dans les poèmes inspirés de sa propre vie. Ce sont des êtres mus par un besoin absolu de beauté et de jouissance. Et comme ils ne peuvent pas satisfaire ce besoin, ils sombrent dans l’échec et le malheur. « Touchants, dignes dans leur échec, parfois même héroïques, ils souffrent de n’être pas des Olympiens. Ils ne sont parvenus que jusqu’aux abords du temple. Mais comme ils y arrivent pleins d’humilité et conscients de leur faiblesse, il leur sera beaucoup pardonné », dit M. Georges Spyridaki

* En grec Κωνσταντίνος Καϐάφης. Parfois transcrit Kavaphes, Kavaphis, Kawafis, Cavafis, Cavafy ou Kavafy. Haut

Kavafis, « Œuvres poétiques »

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

Il s’agit des œuvres poétiques de Constantin Kavafis*, poète égyptien d’expression grecque (XIXe-XXe siècle). « La biographie extérieure de Constantin Kavafis tient en quelques lignes ; ses vers nous renseignent davantage sur ce que fut cette existence bornée en apparence aux routines des bureaux et des cafés, de la rue et de la taverne louche, limitée dans l’espace au tracé, mille fois reparcouru, d’une même ville », dit Mme Marguerite Yourcenar. En effet, la poésie de Kavafis se développe dans le vase clos d’une même ville : Alexandrie. La première impression qui s’en dégage est celle d’une existence tellement enfoncée dans son marasme qu’aucune délivrance ne paraît possible. C’est la poésie d’un vieillard et la poésie également d’un être humain marqué d’une ambiguïté fondamentale dans sa sexualité, qui l’empêche de s’accepter entièrement, tel que la création l’a fait. Cet homme lucide ne se fait point d’illusions. Il sait qu’il lui est interdit de joindre en lui-même une humanité profonde et conquérante. Au premier abord, aucune considération, aucune espérance ne viennent atténuer cette vue désabusée de sa destinée. Les figures historiques qui ont manifestement sa prédilection sont des adolescents du monde hellénistique et byzantin, mi-grecs mi-asiates, des êtres charmants, vénaux, efféminés, et qui ressemblent étonnamment aux adolescents décrits dans les poèmes inspirés de sa propre vie. Ce sont des êtres mus par un besoin absolu de beauté et de jouissance. Et comme ils ne peuvent pas satisfaire ce besoin, ils sombrent dans l’échec et le malheur. « Touchants, dignes dans leur échec, parfois même héroïques, ils souffrent de n’être pas des Olympiens. Ils ne sont parvenus que jusqu’aux abords du temple. Mais comme ils y arrivent pleins d’humilité et conscients de leur faiblesse, il leur sera beaucoup pardonné », dit M. Georges Spyridaki

* En grec Κωνσταντίνος Καϐάφης. Parfois transcrit Kavaphes, Kavaphis, Kawafis, Cavafis, Cavafy ou Kavafy. Haut

Roûmî, « Le Livre de Chams de Tabriz : cent poèmes »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams »* de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »). Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Soleil du réel : poèmes de l’amour mystique »

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams »* de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »). Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Le Livre du dedans, “Fîhi-mâ-fîhi” »

éd. Actes Sud-Leméac, coll. Babel, Arles-Montréal

éd. Actes Sud-Leméac, coll. Babel, Arles-Montréal

Il s’agit du « Livre du dedans » (« Fîhi-mâ-fîhi »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « فیه مافیه ». Parfois transcrit « Fih-é mâ fih ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Abou-Nowâs, « Le Vin, le Vent, la Vie : choix de poèmes »

éd. Actes Sud-Sindbad, Arles

éd. Actes Sud-Sindbad, Arles

Il s’agit d’Abou-Nowâs* (VIIIe-IXe siècle apr. J.-C.), poète persan d’expression arabe, « ivrogne, pédéraste, libertin, demi-fou de Hâroun al-Rachîd, aussi connu par ses bons mots et ses facéties, que par ses vers »**. Il naquit à Ahvaz, d’un père arabe qui le laissa orphelin, et d’une mère persane qui le vendit à un marchand d’épices de Bassorah. L’enfant, cependant, n’avait aucune espèce d’aptitude pour le commerce ; il ne prenait intérêt qu’aux choses de l’esprit et affectionnait particulièrement les belles lettres. Il n’avait qu’un désir : celui d’approcher le poète Wâliba ibn al-Houbab. Or, il advint qu’un jour ce poète libertin et amateur de garçons s’arrêta devant la boutique d’épices et distingua le jeune Abou-Nowâs pour sa mine. Il lui proposa de l’emmener avec lui à Bagdad : « J’ai remarqué en toi les signes non équivoques d’un grand talent qui ne demande qu’à s’épanouir », lui dit-il***. Plus tard, le bruit de son talent étant parvenu aux oreilles de Hâroun al-Rachîd, ce prince le fit venir à sa Cour, où il le logea et répandit sur lui ses bienfaits. Abou-Nowâs, par ses saillies aussi heureuses que hardies, par son savoir des expressions rares et par le charme de ses poésies, fit les délices de la Cour brillante de ce prince. Al-Jahiz, l’un des hommes les plus érudits de ce temps, disait : « Je ne connais pas à Abou-Nowâs d’égal pour la connaissance de la langue arabe ». Et Abou-Nowâs disait lui-même : « Je n’ai pas dit un vers avant d’avoir étudié soixante poétesses, dont al-Khansâ et Laylâ, et que dire du nombre des poètes ! »**** Jamais il ne renia, pour autant, ses origines persanes : il se moqua sans retenue de la gloire des Arabes « qui ne sont pas les seuls élus de Dieu » ; il attaqua cet esprit de race, cet orgueil tribal si important dans la poésie arabe, et dont s’armait un Férazdak peu de temps auparavant ; enfin, sa nature raffinée et dissolue refusa de se plier aux mœurs austères du Bédouin « mangeur de lézard et buveur d’eau de puits dans les outres » menant une vie précaire sur une « terre aride peuplée d’hyènes et de chacals »

* En arabe أبو نواس. Parfois transcrit Abou-Navas, Abou Nawas, Abou-Naovas, Ebu Nüvas, Abou Nouas, Aboû Nouwâs ou Abū Nuwās. Haut

** André Gide, « Essais critiques » (éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris), p. 105. Haut

*** Dans Wacyf Boutros Ghali, « Le Jardin des fleurs », p. 212. Haut

**** Dans id. p. 213. Haut

Abou-Nowâs, « Poèmes bachiques et libertins »

éd. Verticales, Paris

éd. Verticales, Paris

Il s’agit d’Abou-Nowâs* (VIIIe-IXe siècle apr. J.-C.), poète persan d’expression arabe, « ivrogne, pédéraste, libertin, demi-fou de Hâroun al-Rachîd, aussi connu par ses bons mots et ses facéties, que par ses vers »**. Il naquit à Ahvaz, d’un père arabe qui le laissa orphelin, et d’une mère persane qui le vendit à un marchand d’épices de Bassorah. L’enfant, cependant, n’avait aucune espèce d’aptitude pour le commerce ; il ne prenait intérêt qu’aux choses de l’esprit et affectionnait particulièrement les belles lettres. Il n’avait qu’un désir : celui d’approcher le poète Wâliba ibn al-Houbab. Or, il advint qu’un jour ce poète libertin et amateur de garçons s’arrêta devant la boutique d’épices et distingua le jeune Abou-Nowâs pour sa mine. Il lui proposa de l’emmener avec lui à Bagdad : « J’ai remarqué en toi les signes non équivoques d’un grand talent qui ne demande qu’à s’épanouir », lui dit-il***. Plus tard, le bruit de son talent étant parvenu aux oreilles de Hâroun al-Rachîd, ce prince le fit venir à sa Cour, où il le logea et répandit sur lui ses bienfaits. Abou-Nowâs, par ses saillies aussi heureuses que hardies, par son savoir des expressions rares et par le charme de ses poésies, fit les délices de la Cour brillante de ce prince. Al-Jahiz, l’un des hommes les plus érudits de ce temps, disait : « Je ne connais pas à Abou-Nowâs d’égal pour la connaissance de la langue arabe ». Et Abou-Nowâs disait lui-même : « Je n’ai pas dit un vers avant d’avoir étudié soixante poétesses, dont al-Khansâ et Laylâ, et que dire du nombre des poètes ! »**** Jamais il ne renia, pour autant, ses origines persanes : il se moqua sans retenue de la gloire des Arabes « qui ne sont pas les seuls élus de Dieu » ; il attaqua cet esprit de race, cet orgueil tribal si important dans la poésie arabe, et dont s’armait un Férazdak peu de temps auparavant ; enfin, sa nature raffinée et dissolue refusa de se plier aux mœurs austères du Bédouin « mangeur de lézard et buveur d’eau de puits dans les outres » menant une vie précaire sur une « terre aride peuplée d’hyènes et de chacals »

* En arabe أبو نواس. Parfois transcrit Abou-Navas, Abou Nawas, Abou-Naovas, Ebu Nüvas, Abou Nouas, Aboû Nouwâs ou Abū Nuwās. Haut

** André Gide, « Essais critiques » (éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris), p. 105. Haut

*** Dans Wacyf Boutros Ghali, « Le Jardin des fleurs », p. 212. Haut

**** Dans id. p. 213. Haut

Sûr-dâs, « Pastorales »

éd. Gallimard, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Sûr-sâgar »* (« L’Océan de Sûr-dâs »). C’est une espèce de Divan formé d’un grand nombre de chansons ressemblant à nos pastorales, même si les Hindous leur donnent le titre d’« hymnes religieux » (« bhajans »**), parce qu’elles roulent sur les jeux de Kṛṣṇa et de ses épouses. Le sujet est indiqué dans le premier vers de ces chansons et se trouve répété à la fin. Le nom de l’auteur, Sûr-dâs***, apparaît à l’intérieur des vers, selon l’usage des poètes ourdous. Ce Sûr-dâs naquit dans le village de Sihi, près de Delhi, entre l’an 1478 et 1483 apr. J.-C. On dit qu’il était aveugle, mais doué d’une voyance si divine qu’elle lui fit, un jour, deviner le grain de beauté sur la cuisse de la princesse royale de Delhi ! On raconte aussi que lorsqu’il chantait, Kṛṣṇa venait et s’asseyait auprès de lui pour l’écouter. Ce dieu lui proposa de lui rendre la vue, mais Sûr-dâs refusa, disant : « Celui qui T’a vu, ne veut plus voir ce monde »****. Aujourd’hui encore, c’est en chantant ses chansons que les aveugles en Inde font la quête, eux que le peuple surnomme Sûr-dâs. Son œuvre poétique est souvent comparée à celle de ses contemporains, Tulsî-dâs et Keśav-dâs, quoiqu’elle n’égale ni la profondeur du premier, ni la diversité du second. « Le terme de “dévotion” ou de “religion dévotionnelle” ne me paraît pas [adapté] à la poésie de Sûr-dâs », dit Mme Maya Burger*****. « Je ne nie pas qu’il s’agisse d’une forme de religion… mais la notion de “jeu scénique” me paraît plus proche du monde de Sûr-dâs que celui de “dévotion”. Le poète met en scène le divin en parlant de la réalité la plus banale [et] la plus concrète… On peut s’amuser au quotidien avec les divinités du monde dépeint par Sûr-dâs [c’est-à-dire] le monde des bergers et paysans de la région de Mathura. »

* En hindi « सूरसागर ». Parfois transcrit « Sour-sâgar », « Sursagara », « Sūrasāgar » ou « Sūrasāgara ». Haut

** En hindi भजन. Haut

*** En hindi सूरदास. Parfois transcrit Soûr-dâs, Sūradās ou Sūradāsa. Haut

**** Dans Chandra Swami, « En quête de Dieu : aides et obstacles sur la voie spirituelle ». Haut

***** « Gérer la religion des autres en traduisant », p. 493 & 489. Haut

Kumar, « Épouse »

dans « Les Bienheureuses : nouvelles » (éd. L’Harmattan, coll. Lettres asiatiques-Inde, Paris), p. 101-112

dans « Les Bienheureuses : nouvelles » (éd. L’Harmattan, coll. Lettres asiatiques-Inde, Paris), p. 101-112

Il s’agit de « Patnî »* (« Épouse ») de M. Anandi Lal**, plus connu sous le surnom de Jainendra Kumar*** (XXe siècle). Pour cet écrivain et pessimiste indien, disciple de Gandhi, l’homme est un être qui va accumulant en lui-même la souffrance — de douleur en douleur — jusqu’à en être rempli. C’est cette souffrance accumulée qui donne à l’âme une force et une puissante couleur dont l’éclat resplendit sur la noirceur du destin humain. « Hormis ce douloureux éclat, ce ne sont que ténèbres… La souffrance de l’âme est le joyau qui fait vivre, c’est le sel de la terre », dit M. Kumar****. La vérité est donc du côté des humbles et des résignés ; elle est dans l’acceptation intégrale de cette souffrance en dehors de laquelle toute connaissance est mensonge, toute prétention est vain orgueil. Par son œuvre, M. Kumar veut saluer ceux qui ont accepté librement le poids du destin humain, qui l’ont porté sans se plaindre, qui ont souffert sans un mot, puis qui, le moment venu, au terme de leurs tribulations, s’en sont allés de la même façon : en silence. « Leur fin, qu’en penser ? Je ne désire rien en penser. Mais je peux quand même avoir cette pensée, cette unique pensée, que leur [sacrifice] ne peut pas, ne pourra jamais s’oublier, et que peut-être leur pureté est en elle-même assez parfaite pour forcer les portes du paradis à s’ouvrir devant eux », dit-il*****. « Dans un style incisif, percutant… ses romans excellent à dépeindre l’exacerbation des affres de la vie domestique d’une couche de la population indienne — la classe moyenne urbaine — dont il est issu, en accusant un tour volontiers provocant ; ainsi dans “Sunîtâ”******, œuvre de 1935 qui fit scandale, où se trouve poussé jusqu’à l’extrême le principe gandhien de résistance passive », expliquent MM. Robert Laffont et Valentino Bompiani.

* En hindi « पत्नी ». Haut

** En hindi आनंदीलाल. Haut

*** En hindi जैनेंद्रकुमार. Haut

**** « Un Amour sans mesure », p. 94. Haut

***** id. p. 95. Haut

****** En hindi « सुनीता », inédit en français. Parfois transcrit « Suneeta ». Haut

Kumar, « Un Amour sans mesure »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit de « Tyâgpatra »* (« Un Amour sans mesure », ou littéralement « La Lettre de démission ») de M. Anandi Lal**, plus connu sous le surnom de Jainendra Kumar*** (XXe siècle). Pour cet écrivain et pessimiste indien, disciple de Gandhi, l’homme est un être qui va accumulant en lui-même la souffrance — de douleur en douleur — jusqu’à en être rempli. C’est cette souffrance accumulée qui donne à l’âme une force et une puissante couleur dont l’éclat resplendit sur la noirceur du destin humain. « Hormis ce douloureux éclat, ce ne sont que ténèbres… La souffrance de l’âme est le joyau qui fait vivre, c’est le sel de la terre », dit M. Kumar****. La vérité est donc du côté des humbles et des résignés ; elle est dans l’acceptation intégrale de cette souffrance en dehors de laquelle toute connaissance est mensonge, toute prétention est vain orgueil. Par son œuvre, M. Kumar veut saluer ceux qui ont accepté librement le poids du destin humain, qui l’ont porté sans se plaindre, qui ont souffert sans un mot, puis qui, le moment venu, au terme de leurs tribulations, s’en sont allés de la même façon : en silence. « Leur fin, qu’en penser ? Je ne désire rien en penser. Mais je peux quand même avoir cette pensée, cette unique pensée, que leur [sacrifice] ne peut pas, ne pourra jamais s’oublier, et que peut-être leur pureté est en elle-même assez parfaite pour forcer les portes du paradis à s’ouvrir devant eux », dit-il*****. « Dans un style incisif, percutant… ses romans excellent à dépeindre l’exacerbation des affres de la vie domestique d’une couche de la population indienne — la classe moyenne urbaine — dont il est issu, en accusant un tour volontiers provocant ; ainsi dans “Sunîtâ”******, œuvre de 1935 qui fit scandale, où se trouve poussé jusqu’à l’extrême le principe gandhien de résistance passive », expliquent MM. Robert Laffont et Valentino Bompiani.

* En hindi « त्यागपत्र ». Parfois transcrit « Tyāg patr » ou « Tyāgapatra ». Haut

** En hindi आनंदीलाल. Haut

*** En hindi जैनेंद्रकुमार. Haut

**** « Un Amour sans mesure », p. 94. Haut

***** id. p. 95. Haut

****** En hindi « सुनीता », inédit en français. Parfois transcrit « Suneeta ». Haut

Ibn al Fâridh, « Extraits du “Diwan” »

dans « Anthologie arabe, ou Choix de poésies arabes inédites », XIXe siècle

Il s’agit du Divan (Recueil de poésies) de ‘Omar ibn al Fâridh*, poète et mystique arabe. Le soufisme, auquel on applique par abus le nom de « mysticisme arabe », a eu peu de racines dans la péninsule arabique et en Afrique. Son apparition a été même décrite comme une réaction du génie asiatique contre le génie arabe. Il arrive que ce mysticisme s’exprime en arabe : voilà tout. Il est persan de tendance et d’esprit. Parmi les rares exceptions à cette règle, il faut compter le poète Ibn al Fâridh, né au Caire l’an 1181 et mort dans la même ville l’an 1235 apr. J.-C. Dans une préface placée à la tête de ses poésies, ‘Ali, petit-fils de ce poète, rapporte sur lui des choses étonnantes, auxquelles on est peu disposé à croire. Il dit qu’Ibn al Fâridh tombait quelquefois en de si violentes convulsions, que la sueur sortait abondamment de tout son corps en coulant jusqu’à ses pieds, et qu’ensuite, frappé de stupeur, le regard fixe, il n’entendait ni ne voyait ceux qui lui parlaient : l’usage de ses sens était complètement suspendu. Il gisait renversé sur le dos, enveloppé comme un mort dans son drap. Il restait plusieurs jours dans cette position, et pendant ce temps, il ne prenait aucune nourriture, ne proférait aucune parole et ne faisait aucun mouvement. Lorsque, sorti de cet étrange état, il pouvait de nouveau converser avec ses amis, il leur expliquait que, tandis qu’ils le voyaient hors de lui-même et comme privé de la raison, il s’entretenait avec Dieu et en recevait les plus grandes inspirations poétiques.

* En arabe عمر بن الفارض. Parfois transcrit Omar ben al Faredh, ‘Umar ibnu’l-Fáriḍ, Omar iben Phered, Omar-ebn-el-Farid ou Omer ibn-el-Fáridh. Haut