Mot-clefethnomusicologie

su­jet

« Les Aïnous des îles Kouriles »

dans « Journal of the College of Science, Imperial University of Tokyo », vol. 42, p. 1-337

dans « Jour­nal of the Col­lege of Science, Im­pe­rial Uni­ver­sity of To­kyo », vol. 42, p. 1-337

Il s’agit de contes tra­di­tion­nels des Aï­nous1. À l’instar des Amé­rin­diens, ce qui reste aujourd’hui du peuple aï­nou, au­tre­fois si re­mar­quable et si épris de li­berté, est ex­clu­si­ve­ment et mi­sé­ra­ble­ment can­tonné dans les ré­serves de l’île de Hok­kaidô ; il est en voie d’extinction, aban­donné à un sort peu en­viable, qu’il ne mé­rite pas. Avant l’établissement des Ja­po­nais, le ter­ri­toire aï­nou s’étendait de l’île de Hok­kaidô, ap­pe­lée Ezo, jusqu’aux deux pro­lon­ge­ments de cette île, égre­nés comme des cha­pe­lets, se dé­ployant l’un vers le Nord-Ouest, l’autre vers le Nord-Est : l’île de Sa­kha­line, ap­pe­lée Kita-Ezo2 (« Ezo du Nord ») ; et l’archipel des Kou­riles, ap­pelé Oku-Ezo3 (« Ezo des confins »). Ce n’est qu’au dé­but du XVIIe siècle que l’État ja­po­nais in­ves­tit un daï­mio à Mat­su­mae, mais ce­lui-ci se conten­tait en quelque sorte de mon­ter la garde contre les Aï­nous. Il n’avait au­cune idée sé­rieuse du ter­ri­toire de ces « hommes poi­lus » (« ke­bito »4) dont il igno­rait tout ou à peu près tout, et il in­ter­di­sait à ses su­jets de s’y aven­tu­rer loin ou d’y en­tre­prendre quoi que ce soit, rap­porte le père de An­ge­lis. Terres par­fai­te­ment né­gli­geables et né­gli­gées, ces îles furent la seule par­tie du globe qui échappa à l’activité in­fa­ti­gable du ca­pi­taine Cook. Et à ce titre, elles pro­vo­quèrent la cu­rio­sité de La Pé­rouse, qui, de­puis son dé­part de France, brû­lait d’impatience d’être le pre­mier à y avoir abordé. En 1787, les fré­gates sous son com­man­de­ment mouillèrent de­vant Sa­kha­line, et les Fran­çais, des­cen­dus à terre, en­trèrent en contact avec « une race d’hommes dif­fé­rente de celle des Ja­po­nais, des Chi­nois, des Kamt­cha­dales et des Tar­tares dont ils ne sont sé­pa­rés que par un ca­nal »5. C’étaient les Aï­nous. Quoique n’ayant ja­mais abordé aux Kou­riles, La Pé­rouse éta­blit avec cer­ti­tude, d’après la re­la­tion de Kra­ché­nin­ni­kov et l’identité du vo­ca­bu­laire com­posé par ce Russe avec ce­lui qu’il re­cueillit sur place, que les ha­bi­tants des Kou­riles, ceux de Sa­kha­line et de Hok­kaidô avaient « une ori­gine com­mune ». Leurs ma­nières douces et graves et leur in­tel­li­gence éten­due firent im­pres­sion sur La Pé­rouse, qui les com­para à celles des Eu­ro­péens ins­truits : « Nous par­vînmes à leur faire com­prendre que nous dé­si­rions qu’ils fi­gu­rassent la forme de leur pays et de ce­lui des Mand­chous. Alors, un des vieillards se leva, et avec le bout de sa pique, il fi­gura la côte de Tar­ta­rie à l’Ouest, cou­rant à peu près [du] Nord [au] Sud. À l’Est, vis-à-vis et dans la même di­rec­tion, il fi­gura… son propre pays ; il avait laissé entre la Tar­ta­rie et son île un dé­troit, et se tour­nant vers nos vais­seaux qu’on aper­ce­vait du ri­vage, il mar­qua, par un trait, qu’on pou­vait y pas­ser… Sa sa­ga­cité pour de­vi­ner toutes nos ques­tions était ex­trême, mais moindre en­core que celle d’un se­cond in­su­laire, âgé à peu près de trente ans, qui, voyant que les fi­gures tra­cées sur le sable s’effaçaient, prit un de nos crayons avec du pa­pier. Il y fi­gura son île [et traça] par des traits le nombre de jour­nées de pi­rogue né­ces­saire pour se rendre du lieu où nous étions [jusqu’à] l’embouchure du Sé­ga­lien6 »

  1. On ren­contre aussi les gra­phies Aï­nos et Ainu. Ce terme si­gni­fie « être hu­main » dans la langue du même nom. Haut
  2. En ja­po­nais 北蝦夷. Haut
  3. En ja­po­nais 奥蝦夷. Par­fois trans­crit Oku-Yezo, Oko-Ieso ou Okou-Yesso. Haut
  1. En ja­po­nais 毛人. Haut
  2. « Le Voyage de La­pé­rouse (1785-1788). Tome II », p. 387. Haut
  3. L’actuel fleuve Amour. Haut

« Tombent, tombent les gouttes d’argent : chants du peuple aïnou »

éd. Gallimard, coll. L’Aube des peuples, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. L’Aube des peuples, Pa­ris

Il s’agit de chants tra­di­tion­nels des Aï­nous1. À l’instar des Amé­rin­diens, ce qui reste aujourd’hui du peuple aï­nou, au­tre­fois si re­mar­quable et si épris de li­berté, est ex­clu­si­ve­ment et mi­sé­ra­ble­ment can­tonné dans les ré­serves de l’île de Hok­kaidô ; il est en voie d’extinction, aban­donné à un sort peu en­viable, qu’il ne mé­rite pas. Avant l’établissement des Ja­po­nais, le ter­ri­toire aï­nou s’étendait de l’île de Hok­kaidô, ap­pe­lée Ezo, jusqu’aux deux pro­lon­ge­ments de cette île, égre­nés comme des cha­pe­lets, se dé­ployant l’un vers le Nord-Ouest, l’autre vers le Nord-Est : l’île de Sa­kha­line, ap­pe­lée Kita-Ezo2 (« Ezo du Nord ») ; et l’archipel des Kou­riles, ap­pelé Oku-Ezo3 (« Ezo des confins »). Ce n’est qu’au dé­but du XVIIe siècle que l’État ja­po­nais in­ves­tit un daï­mio à Mat­su­mae, mais ce­lui-ci se conten­tait en quelque sorte de mon­ter la garde contre les Aï­nous. Il n’avait au­cune idée sé­rieuse du ter­ri­toire de ces « hommes poi­lus » (« ke­bito »4) dont il igno­rait tout ou à peu près tout, et il in­ter­di­sait à ses su­jets de s’y aven­tu­rer loin ou d’y en­tre­prendre quoi que ce soit, rap­porte le père de An­ge­lis. Terres par­fai­te­ment né­gli­geables et né­gli­gées, ces îles furent la seule par­tie du globe qui échappa à l’activité in­fa­ti­gable du ca­pi­taine Cook. Et à ce titre, elles pro­vo­quèrent la cu­rio­sité de La Pé­rouse, qui, de­puis son dé­part de France, brû­lait d’impatience d’être le pre­mier à y avoir abordé. En 1787, les fré­gates sous son com­man­de­ment mouillèrent de­vant Sa­kha­line, et les Fran­çais, des­cen­dus à terre, en­trèrent en contact avec « une race d’hommes dif­fé­rente de celle des Ja­po­nais, des Chi­nois, des Kamt­cha­dales et des Tar­tares dont ils ne sont sé­pa­rés que par un ca­nal »5. C’étaient les Aï­nous. Quoique n’ayant ja­mais abordé aux Kou­riles, La Pé­rouse éta­blit avec cer­ti­tude, d’après la re­la­tion de Kra­ché­nin­ni­kov et l’identité du vo­ca­bu­laire com­posé par ce Russe avec ce­lui qu’il re­cueillit sur place, que les ha­bi­tants des Kou­riles, ceux de Sa­kha­line et de Hok­kaidô avaient « une ori­gine com­mune ». Leurs ma­nières douces et graves et leur in­tel­li­gence éten­due firent im­pres­sion sur La Pé­rouse, qui les com­para à celles des Eu­ro­péens ins­truits : « Nous par­vînmes à leur faire com­prendre que nous dé­si­rions qu’ils fi­gu­rassent la forme de leur pays et de ce­lui des Mand­chous. Alors, un des vieillards se leva, et avec le bout de sa pique, il fi­gura la côte de Tar­ta­rie à l’Ouest, cou­rant à peu près [du] Nord [au] Sud. À l’Est, vis-à-vis et dans la même di­rec­tion, il fi­gura… son propre pays ; il avait laissé entre la Tar­ta­rie et son île un dé­troit, et se tour­nant vers nos vais­seaux qu’on aper­ce­vait du ri­vage, il mar­qua, par un trait, qu’on pou­vait y pas­ser… Sa sa­ga­cité pour de­vi­ner toutes nos ques­tions était ex­trême, mais moindre en­core que celle d’un se­cond in­su­laire, âgé à peu près de trente ans, qui, voyant que les fi­gures tra­cées sur le sable s’effaçaient, prit un de nos crayons avec du pa­pier. Il y fi­gura son île [et traça] par des traits le nombre de jour­nées de pi­rogue né­ces­saire pour se rendre du lieu où nous étions [jusqu’à] l’embouchure du Sé­ga­lien6 »

  1. On ren­contre aussi les gra­phies Aï­nos et Ainu. Ce terme si­gni­fie « être hu­main » dans la langue du même nom. Haut
  2. En ja­po­nais 北蝦夷. Haut
  3. En ja­po­nais 奥蝦夷. Par­fois trans­crit Oku-Yezo, Oko-Ieso ou Okou-Yesso. Haut
  1. En ja­po­nais 毛人. Haut
  2. « Le Voyage de La­pé­rouse (1785-1788). Tome II », p. 387. Haut
  3. L’actuel fleuve Amour. Haut

Bhattacharya, « Eaux troubles : du Gange à l’Aveyron »

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

éd. Fata Mor­gana, Saint-Clé­ment-de-Ri­vière

Il s’agit d’« Eaux troubles : du Gange à l’Aveyron » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « Nu de la fin du jour »

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

éd. Fata Mor­gana, Saint-Clé­ment-de-Ri­vière

Il s’agit de « Nu de la fin du jour » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « La Descente du Gange, “Gangavataran” »

éd. Langues & Mondes-L’Asiathèque, Paris

éd. Langues & Mondes-L’Asiathèque, Pa­ris

Il s’agit de « La Des­cente du Gange » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « Poussières et Royaume »

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

Il s’agit de « Pous­sières et Royaume » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « Le Danseur de Cour • Les Marches du vide : poésie »

éd. Gallimard, coll. Du monde entier, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Du monde en­tier, Pa­ris

Il s’agit du « Dan­seur de Cour » et autres œuvres de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « Danse de minuit »

éd. du Rocher, coll. Nouvelle, Monaco

éd. du Ro­cher, coll. Nou­velle, Mo­naco

Il s’agit de « Danse de mi­nuit » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « Où vont les fleuves »

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

Il s’agit d’« Où vont les fleuves » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
  2. id. Haut

Bhattacharya, « Pages sur la chambre »

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

éd. Fata Mor­gana, Saint-Clé­ment-de-Ri­vière

Il s’agit de « Pages sur la chambre » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
  1. id. Haut
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Bhattacharya, « Le Festin des mendiants »

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

éd. Fata Mor­gana, Saint-Clé­ment-de-Ri­vière

Il s’agit du « Fes­tin des men­diants » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
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Bhattacharya, « La Couleur de ma mort »

éd. Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière

éd. Fata Mor­gana, Saint-Clé­ment-de-Ri­vière

Il s’agit de « La Cou­leur de ma mort » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
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Bhattacharya, « Le Spectateur enchanté : poèmes »

éd. La Part des anges, coll. La Belle Entente, Pessac

éd. La Part des anges, coll. La Belle En­tente, Pes­sac

Il s’agit du « Spec­ta­teur en­chanté » de M. Lo­ke­nath Bhat­ta­cha­rya, au­teur hin­dou d’expression ben­gali et fran­çaise. Il na­quit à Bhat­para1, ville aux bords du Gange. Chaque soir, as­sis sur les marches bai­gnées par les eaux dia­phanes, il contem­plait les som­mets des temples qui s’alignaient sur la rive d’en face, et le temps s’écoulait pour lui aussi pai­si­ble­ment que les ondes du fleuve. La fa­mille de M. Bhat­ta­cha­rya au sens le plus large de­meu­rait sous un même toit : ses grands-pa­rents pa­ter­nels, ses pa­rents et ses deux frères ca­dets, cha­cun avec son épouse et ses en­fants. Tous fai­saient par­tie d’un même en­semble, comme les feuilles d’un même arbre. Tous exer­çaient, d’ailleurs, le même mé­tier : c’étaient des pro­fes­seurs de sans­crit, pieux et tra­di­tion­nels. Lui, il avait hor­reur de leur aus­té­rité qui ne lais­sait au­cune place aux épan­che­ments : « Dans ma fa­mille res­pec­tée [mais] or­tho­doxe, ré­ac­tion­naire, la mu­sique était un ta­bou. Je de­vais al­ler chan­ter dans les toi­lettes ! J’ai dû étu­dier le sans­crit avant le ben­gali »2. Suite à une que­relle fa­mi­liale, ses pa­rents quit­tèrent Bhat­para et s’installèrent à Cal­cutta : « une ville in­sup­por­table… une ogresse », dit-il3. Il vé­cut l’éloignement du fleuve bien-aimé comme une bles­sure, une ab­sence qui ne sera ja­mais com­blée. À par­tir de 1950, il ap­prit le fran­çais à l’Alliance fran­çaise de Cal­cutta et il put même par­tir en France, bour­sier de l’Université de Pa­ris, grâce à un des élèves de son père. Puis, il dé­cou­vrit la lit­té­ra­ture fran­çaise : « Rim­baud, un choc in­croyable »4. Il se lança bien­tôt dans une tra­duc­tion ben­gali d’« Une Sai­son en en­fer ». Ce fut même le pre­mier livre au­quel il ap­posa son nom, avant de s’attaquer, par une sorte de bi­zarre grand écart, à des tra­duc­tions de Des­cartes (« Dis­cours de la mé­thode »), de Ro­main Rol­land (« Gandhi » et « Inde : jour­nal »), de Mo­lière (« Tar­tuffe »), de Sartre (« Les Mots ») et en­fin d’Henri Mi­chaux. Mi­chaux, de son côté, fut le vé­ri­table in­tro­duc­teur en France des textes per­son­nels de M. Bhat­ta­cha­rya, qu’il dé­fen­dit au­près de di­vers édi­teurs. Ces textes, écrits ori­gi­nel­le­ment en ben­gali, furent des oc­ca­sions pour l’auteur de se re­lire, de sorte qu’il existe deux œuvres de M. Bhat­ta­cha­rya : une fran­çaise et une ben­gali, la pre­mière ré­in­ven­tée à par­tir de la se­conde.

  1. En ben­gali ভাটপাড়া. Haut
  2. Na­dia Che­va­le­rias et Marc Blan­chet, « Bhat­ta­cha­rya entr’ouvre la chambre ». Haut
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