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Hugo, «Les Chants du crépuscule • Les Voix intérieures • Les Rayons et les Ombres»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Rayons et les Ombres» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Hugo, «Les Orientales • Les Feuilles d’automne»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Feuilles d’automne» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Hugo, «Odes et Ballades»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Odes et Bal­lades» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Catulle, «Les Poésies»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de Catulle*, poète latin (Ie siècle av. J.-C.), qui s’est essayé dans tous les genres, devan­çant Vir­gile dans l’épopée, Horace dans l’ode, Ovide, Tibulle, Pro­perce dans l’élégie amou­reuse, Mar­tial dans l’épigramme et ce que nous appe­lons la poé­sie légère. Sous un air de sim­pli­ci­té extrême, et ne for­mant pas cent pages, son petit livre, ce «nou­vel enfant d’une muse badine» comme il l’appelle**, est une annonce com­plète, une sorte de pré­lude à toute la poé­sie du siècle d’Auguste. On se figure géné­ra­le­ment que les Romains de cette époque étaient le peuple le plus poli­cé de l’Antiquité; c’est une erreur grave, que les poé­sies de Catulle suf­fi­raient au besoin pour démen­tir. Enri­chis tout à coup par les dépouilles des peuples qu’ils avaient conquis, les Romains pas­sèrent, sans tran­si­tion, de la dis­ci­pline sévère des camps aux dérè­gle­ments des débauches, des fes­tins, de toutes les dépenses, et aux excès les plus cra­pu­leux. Sal­luste écrit*** : «Dès que les richesses eurent com­men­cé à être hono­rées… la ver­tu per­dit son influence, la pau­vre­té devint un opprobre, et l’antique sim­pli­ci­té fut regar­dée comme une affec­ta­tion mal­veillante. Par les richesses, on a vu se répandre par­mi notre jeu­nesse, avec l’orgueil, la débauche et la cupi­di­té; puis… la pro­di­ga­li­té de son patri­moine, la convoi­tise de la for­tune d’autrui, l’entier mépris de l’honneur, de la pudi­ci­té, des choses divines et humaines… Les hommes se pros­ti­tuaient comme des femmes, et les femmes affi­chaient leur impu­di­ci­té». C’est au milieu de cette socié­té mi-bar­bare, mi-civi­li­sée que vécut notre poète. Ami de tous les plai­sirs et de la bonne chère, joyeux viveur de la grande ville, amant volage de ces beau­tés vénales pour les­quelles se rui­nait la jeu­nesse d’alors, il se vit obli­gé de mettre en gage ses biens pour s’adonner aux charmes dan­ge­reux de la pas­sion amou­reuse. Dans un mor­ceau célèbre, tout à coup il s’interrompt et se reproche le mau­vais usage qu’il fait de ses loi­sirs. Il se dit à lui-même : «Prends-y garde, Catulle, [tes loi­sirs] te seront funestes. Ils ont pris trop d’empire sur ton âme. N’oublie pas qu’ils ont per­du les rois et les Empires»

* En latin Gaius Vale­rius Catul­lus. Haut

** p. 3. Haut

*** «Conju­ra­tion de Cati­li­na», ch. 12. Haut

Hugo, «Notre-Dame de Paris. Tome II»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «Notre-Dame de Paris» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Hugo, «Notre-Dame de Paris. Tome I»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «Notre-Dame de Paris» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Hugo, «Han d’Islande»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «Han d’Islande» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Hugo, «L’Art d’être grand-père»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «L’Art d’être grand-père» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Hugo, «Bug-Jargal • Le Dernier Jour d’un condamné • Claude Gueux»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «Der­nier Jour d’un condam­né» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut

Voltaire, «Contes et Romans. Tome III»

éd. Presses universitaires de France-Sansoni, Paris-Florence

éd. Presses uni­ver­si­taires de France-San­so­ni, Paris-Flo­rence

Il s’agit de «La Prin­cesse de Baby­lone» et autres contes de Vol­taire (XVIIIe siècle). Tout grand écri­vain a un ouvrage par lequel on le résume, à tort ou à rai­son. «C’est dans ses contes qu’il faut cher­cher Vol­taire», «“Can­dide” est tout Vol­taire», dit-on de nos jours. Il est vrai que c’est là que Vol­taire s’est le plus enjoué des misères de la condi­tion humaine, dans un monde aus­si absurde que celui des guerres, du sang, des famines et des pestes effroyables; c’est là aus­si qu’il a réus­si à por­ter un der­nier coup, sec et bru­tal, à cet opti­misme conso­la­teur des chré­tiens qu’il jugeait béat. Lui, qui jusque-là avait rete­nu le rire amer et bilieux de son impié­té, semble faire réson­ner à tra­vers ses contes un éclat de rire de satan. «[Ces contes sont] d’une gaie­té infer­nale», dit la baronne de Staël*, «car ils semblent écrits par un être d’une autre nature que nous, indif­fé­rent à notre sort, content de nos souf­frances, et riant comme un démon, ou comme un singe, des misères de cette espèce humaine avec laquelle il n’a rien de com­mun.» Alors, deman­dons-nous : Vol­taire le conteur, «dont le rire est un ric­tus, la grâce — une polis­son­ne­rie, l’esprit — un dard trem­pé dans le poi­son ou l’ordure»** vaut-il mieux que Vol­taire l’homme de goût, de savoir, de rai­son, dont le «Dic­tion­naire phi­lo­so­phique» avait écar­té l’obscurantisme et la bar­ba­rie des siècles pré­cé­dents; vaut-il mieux que Vol­taire l’homme du monde, dont la «Cor­res­pon­dance», qui embrasse un espace de soixante-sept ans, est une œuvre de pre­mier plan, un modèle de naï­ve­té, d’esprit et de grâce? Non, je ne le crois pas. Il ne faut cher­cher dans ses contes ni poé­sie, ni sagesse sérieuse, ni de ces sen­ti­ments nobles qu’on ren­contre dans quelques-uns de ses chefs-d’œuvre; mais seule­ment une satire amère et cynique et peut-être une souf­france cachée qui, ne trou­vant pas de sens à la vie ici-bas, pré­fère acca­bler de moque­ries les émo­tions les plus géné­reuses, les croyances les plus capables de conso­ler les hommes, les espé­rances les plus propres à leur don­ner le cou­rage néces­saire pour sup­por­ter leur condi­tion. «Vol­taire [le conteur]», dit Cha­teau­briand***, «n’aperçoit que le côté ridi­cule des choses et des temps et [il] montre, sous un jour hideu­se­ment gai, l’homme à l’homme. Il charme et fatigue par sa mobi­li­té; il vous enchante et vous dégoûte.» Son humour, qui veut être édi­fiant, et qui sou­vent n’est que cruel et mor­dant, est celui qui se rap­proche le plus des sati­ristes anglais.

* «Œuvres com­plètes. Tome II», p. 176. Haut

** l’abbé Michel-Ulysse May­nard. Haut

*** «Le Génie du chris­tia­nisme», part. 2, liv. I, ch. 5. Haut

Voltaire, «Contes et Romans. Tome II»

éd. Presses universitaires de France-Sansoni, Paris-Florence

éd. Presses uni­ver­si­taires de France-San­so­ni, Paris-Flo­rence

Il s’agit de «Can­dide» et autres contes de Vol­taire (XVIIIe siècle). Tout grand écri­vain a un ouvrage par lequel on le résume, à tort ou à rai­son. «C’est dans ses contes qu’il faut cher­cher Vol­taire», «“Can­dide” est tout Vol­taire», dit-on de nos jours. Il est vrai que c’est là que Vol­taire s’est le plus enjoué des misères de la condi­tion humaine, dans un monde aus­si absurde que celui des guerres, du sang, des famines et des pestes effroyables; c’est là aus­si qu’il a réus­si à por­ter un der­nier coup, sec et bru­tal, à cet opti­misme conso­la­teur des chré­tiens qu’il jugeait béat. Lui, qui jusque-là avait rete­nu le rire amer et bilieux de son impié­té, semble faire réson­ner à tra­vers ses contes un éclat de rire de satan. «[Ces contes sont] d’une gaie­té infer­nale», dit la baronne de Staël*, «car ils semblent écrits par un être d’une autre nature que nous, indif­fé­rent à notre sort, content de nos souf­frances, et riant comme un démon, ou comme un singe, des misères de cette espèce humaine avec laquelle il n’a rien de com­mun.» Alors, deman­dons-nous : Vol­taire le conteur, «dont le rire est un ric­tus, la grâce — une polis­son­ne­rie, l’esprit — un dard trem­pé dans le poi­son ou l’ordure»** vaut-il mieux que Vol­taire l’homme de goût, de savoir, de rai­son, dont le «Dic­tion­naire phi­lo­so­phique» avait écar­té l’obscurantisme et la bar­ba­rie des siècles pré­cé­dents; vaut-il mieux que Vol­taire l’homme du monde, dont la «Cor­res­pon­dance», qui embrasse un espace de soixante-sept ans, est une œuvre de pre­mier plan, un modèle de naï­ve­té, d’esprit et de grâce? Non, je ne le crois pas. Il ne faut cher­cher dans ses contes ni poé­sie, ni sagesse sérieuse, ni de ces sen­ti­ments nobles qu’on ren­contre dans quelques-uns de ses chefs-d’œuvre; mais seule­ment une satire amère et cynique et peut-être une souf­france cachée qui, ne trou­vant pas de sens à la vie ici-bas, pré­fère acca­bler de moque­ries les émo­tions les plus géné­reuses, les croyances les plus capables de conso­ler les hommes, les espé­rances les plus propres à leur don­ner le cou­rage néces­saire pour sup­por­ter leur condi­tion. «Vol­taire [le conteur]», dit Cha­teau­briand***, «n’aperçoit que le côté ridi­cule des choses et des temps et [il] montre, sous un jour hideu­se­ment gai, l’homme à l’homme. Il charme et fatigue par sa mobi­li­té; il vous enchante et vous dégoûte.» Son humour, qui veut être édi­fiant, et qui sou­vent n’est que cruel et mor­dant, est celui qui se rap­proche le plus des sati­ristes anglais.

* «Œuvres com­plètes. Tome II», p. 176. Haut

** l’abbé Michel-Ulysse May­nard. Haut

*** «Le Génie du chris­tia­nisme», part. 2, liv. I, ch. 5. Haut

Voltaire, «Contes et Romans. Tome I»

éd. Presses universitaires de France-Sansoni, Paris-Florence

éd. Presses uni­ver­si­taires de France-San­so­ni, Paris-Flo­rence

Il s’agit de «Micro­mé­gas» et autres contes de Vol­taire (XVIIIe siècle). Tout grand écri­vain a un ouvrage par lequel on le résume, à tort ou à rai­son. «C’est dans ses contes qu’il faut cher­cher Vol­taire», «“Can­dide” est tout Vol­taire», dit-on de nos jours. Il est vrai que c’est là que Vol­taire s’est le plus enjoué des misères de la condi­tion humaine, dans un monde aus­si absurde que celui des guerres, du sang, des famines et des pestes effroyables; c’est là aus­si qu’il a réus­si à por­ter un der­nier coup, sec et bru­tal, à cet opti­misme conso­la­teur des chré­tiens qu’il jugeait béat. Lui, qui jusque-là avait rete­nu le rire amer et bilieux de son impié­té, semble faire réson­ner à tra­vers ses contes un éclat de rire de satan. «[Ces contes sont] d’une gaie­té infer­nale», dit la baronne de Staël*, «car ils semblent écrits par un être d’une autre nature que nous, indif­fé­rent à notre sort, content de nos souf­frances, et riant comme un démon, ou comme un singe, des misères de cette espèce humaine avec laquelle il n’a rien de com­mun.» Alors, deman­dons-nous : Vol­taire le conteur, «dont le rire est un ric­tus, la grâce — une polis­son­ne­rie, l’esprit — un dard trem­pé dans le poi­son ou l’ordure»** vaut-il mieux que Vol­taire l’homme de goût, de savoir, de rai­son, dont le «Dic­tion­naire phi­lo­so­phique» avait écar­té l’obscurantisme et la bar­ba­rie des siècles pré­cé­dents; vaut-il mieux que Vol­taire l’homme du monde, dont la «Cor­res­pon­dance», qui embrasse un espace de soixante-sept ans, est une œuvre de pre­mier plan, un modèle de naï­ve­té, d’esprit et de grâce? Non, je ne le crois pas. Il ne faut cher­cher dans ses contes ni poé­sie, ni sagesse sérieuse, ni de ces sen­ti­ments nobles qu’on ren­contre dans quelques-uns de ses chefs-d’œuvre; mais seule­ment une satire amère et cynique et peut-être une souf­france cachée qui, ne trou­vant pas de sens à la vie ici-bas, pré­fère acca­bler de moque­ries les émo­tions les plus géné­reuses, les croyances les plus capables de conso­ler les hommes, les espé­rances les plus propres à leur don­ner le cou­rage néces­saire pour sup­por­ter leur condi­tion. «Vol­taire [le conteur]», dit Cha­teau­briand***, «n’aperçoit que le côté ridi­cule des choses et des temps et [il] montre, sous un jour hideu­se­ment gai, l’homme à l’homme. Il charme et fatigue par sa mobi­li­té; il vous enchante et vous dégoûte.» Son humour, qui veut être édi­fiant, et qui sou­vent n’est que cruel et mor­dant, est celui qui se rap­proche le plus des sati­ristes anglais.

* «Œuvres com­plètes. Tome II», p. 176. Haut

** l’abbé Michel-Ulysse May­nard. Haut

*** «Le Génie du chris­tia­nisme», part. 2, liv. I, ch. 5. Haut

Hugo, «Les Misérables. Tome V»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Misé­rables» et autres œuvres de Vic­tor Hugo (XIXe siècle). Il faut recon­naître que Hugo est non seule­ment le pre­mier en rang des écri­vains de langue fran­çaise, depuis que cette langue a été fixée; mais le seul qui ait un droit vrai­ment abso­lu à ce titre d’écrivain dans sa pleine accep­tion. Toutes les caté­go­ries de l’histoire lit­té­raire se trouvent en lui déjouées. La cri­tique qui vou­drait démê­ler cette figure tita­nique, stu­pé­fiante, tenant quelque chose de la divi­ni­té, est en pré­sence du pro­blème le plus inso­luble. Fut-il poète, roman­cier ou pen­seur? Fut-il spi­ri­tua­liste ou réa­liste? Il fut tout cela et plus encore. Cet homme lais­sa l’empreinte de ses pas sur tous les che­mins de l’esprit, ser­vit de com­man­dant dans toutes les luttes de l’art; de sorte qu’aucune des familles qui se par­tagent l’espèce humaine au phy­sique et au moral ne peut se l’attribuer entiè­re­ment. Avec sa mort, c’est tout un monde cyclo­péen d’idées, d’impressions qui s’en va; un conti­nent de gra­nit qui se détache avec fra­cas. «Si j’ouvre un livre de Vic­tor Hugo au hasard, car on ne sau­rait choi­sir», écrit Jules Renard*, «il est… une mon­tagne, une mer, ce qu’on vou­dra, excep­té quelque chose à quoi puissent se com­pa­rer les autres hommes.» «Qui pour­rait dire : “J’aime ceci ou cela dans Hugo”?», demande Édouard Dru­mont**. «Comme l’océan, comme la mon­tagne, comme la forêt, ce génie éveille l’idée de l’infini. Ce qu’on aime dans l’océan, ce n’est point une vague, ce sont des vagues inces­sam­ment renou­ve­lées; ce qu’on aime dans la forêt, ce n’est point un arbre ou une feuille, ce sont ces mil­liers d’arbres et ces mil­liers de feuilles qui confondent leur ver­dure et leur bruit.»

* «Jour­nal», le 13 juillet 1893. Haut

** Dans «Vic­tor Hugo devant l’opinion». Haut