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«Un Haïku satirique : le “senryû”»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Bibliothèque japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Biblio­thèque japo­naise, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Ton­neau de saule» («Yana­gi­da­ru»*), de la «Fleur du bout» («Suet­su­mu­ha­na»**) et d’autres recueils de «sen­ryû»*** (XVIIIe-XIXe siècle). Le «sen­ryû» est un poème sati­rique ou éro­tique, de forme simi­laire au haï­ku. Mais si le haï­ku est la com­po­si­tion d’un gen­til­homme sérieux, sou­cieux du qu’en-dira-t-on, le «sen­ryû» est celle d’un bour­geois rieur et éhon­té, livré à ses seuls plai­sirs, pas­sant des heures, à visage décou­vert, sous les lam­pions et les lan­ternes des quar­tiers de dis­trac­tion. Ces quar­tiers, dis­pa­rus seule­ment au XXe siècle, étaient de vraies curio­si­tés à visi­ter, aus­si inté­res­santes que les sanc­tuaires les plus fameux de l’Empire du Soleil levant. C’étaient des sortes d’îlots dans les villes mêmes, des coins soi­gneu­se­ment cir­cons­crits «à la fois fée­riques et lamen­tables… char­mants, lumi­neux… et naïfs en leur immo­ra­li­té»****, où s’offraient aux yeux des pas­sants, assises dans des cages dorées et sur des nattes éblouis­santes, des femmes somp­tueu­se­ment parées. Chaque ville pos­sé­dait un quar­tier affec­té à ces éta­lages. Celui d’Edo (Tôkyô), nom­mé le Yoshi­wa­ra*****, était le plus beau de l’Empire japo­nais : noblesse oblige. On ne s’y ren­dait pas sur l’impulsion du moment. Seul un pro­vin­cial éga­ré dans la ville, ou un sol­dat de gar­ni­son, pou­vait s’imaginer trou­ver satis­fac­tion de la sorte. Le bour­geois éclai­ré et rom­pu aux plai­sirs déli­cats savait qu’il fal­lait com­men­cer par l’achat et la lec­ture appro­fon­die du «Cata­logue», où figu­raient, avec un sys­tème de des­crip­tion éla­bo­ré, les noms et les rangs des cour­ti­sanes dis­po­nibles. «Rien des “Entre­tiens de Confu­cius” [il] ne com­prend, mais [il] sait tout lire dans le “Cata­logue”», dit un «sen­ryû». Le Yoshi­wa­ra étant loin du centre-ville, on s’y ren­dait le plus sou­vent en chaise à por­teurs : le voyage ne coû­tait pas cher, et on évi­tait la fatigue du che­min à pied. Mais on pre­nait la pré­cau­tion de mon­ter et de des­cendre à quelque dis­tance de chez soi, pour ne pas se faire sur­prendre par son épouse soup­çon­neuse : «En plein [che­min], nez à nez avec l’épouse; ah, cala­mi­té!», dit un «sen­ryû». On pou­vait alors ten­ter de se jus­ti­fier : «Ce jour, je vais en prière sur la tombe d’un parent», mais l’épouse n’était pas dupe. D’où ce «sen­ryû» : «Au milieu [du che­min] “lettre de sépa­ra­tion tu m’écris de suite!”» Quant au fils pro­digue, pris en fla­grant délit par ses parents : «Bou­clé dans sa chambre, en rêve encore il par­court le quar­tier des filles», dit un «sen­ryû», en paro­diant ce célèbre haï­ku com­po­sé par Bashô avant sa mort : «En rêve encore je par­cours les landes déso­lées».

* En japo­nais «柳多留». Haut

** En japo­nais «末摘花». Haut

*** En japo­nais 川柳. Haut

**** Mati­gnon, «La Pros­ti­tu­tion au Japon : le quar­tier du “Yoshi­wa­ra” de Tokio». Haut

***** En japo­nais 吉原. Haut

«Haïku érotiques : extraits de la “Fleur du bout” et du “Tonneau de saule”»

éd. Ph. Picquier, coll. Picquier poche, Arles

éd. Ph. Pic­quier, coll. Pic­quier poche, Arles

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Ton­neau de saule» («Yana­gi­da­ru»*), de la «Fleur du bout» («Suet­su­mu­ha­na»**) et d’autres recueils de «sen­ryû»*** (XVIIIe-XIXe siècle). Le «sen­ryû» est un poème sati­rique ou éro­tique, de forme simi­laire au haï­ku. Mais si le haï­ku est la com­po­si­tion d’un gen­til­homme sérieux, sou­cieux du qu’en-dira-t-on, le «sen­ryû» est celle d’un bour­geois rieur et éhon­té, livré à ses seuls plai­sirs, pas­sant des heures, à visage décou­vert, sous les lam­pions et les lan­ternes des quar­tiers de dis­trac­tion. Ces quar­tiers, dis­pa­rus seule­ment au XXe siècle, étaient de vraies curio­si­tés à visi­ter, aus­si inté­res­santes que les sanc­tuaires les plus fameux de l’Empire du Soleil levant. C’étaient des sortes d’îlots dans les villes mêmes, des coins soi­gneu­se­ment cir­cons­crits «à la fois fée­riques et lamen­tables… char­mants, lumi­neux… et naïfs en leur immo­ra­li­té»****, où s’offraient aux yeux des pas­sants, assises dans des cages dorées et sur des nattes éblouis­santes, des femmes somp­tueu­se­ment parées. Chaque ville pos­sé­dait un quar­tier affec­té à ces éta­lages. Celui d’Edo (Tôkyô), nom­mé le Yoshi­wa­ra*****, était le plus beau de l’Empire japo­nais : noblesse oblige. On ne s’y ren­dait pas sur l’impulsion du moment. Seul un pro­vin­cial éga­ré dans la ville, ou un sol­dat de gar­ni­son, pou­vait s’imaginer trou­ver satis­fac­tion de la sorte. Le bour­geois éclai­ré et rom­pu aux plai­sirs déli­cats savait qu’il fal­lait com­men­cer par l’achat et la lec­ture appro­fon­die du «Cata­logue», où figu­raient, avec un sys­tème de des­crip­tion éla­bo­ré, les noms et les rangs des cour­ti­sanes dis­po­nibles. «Rien des “Entre­tiens de Confu­cius” [il] ne com­prend, mais [il] sait tout lire dans le “Cata­logue”», dit un «sen­ryû». Le Yoshi­wa­ra étant loin du centre-ville, on s’y ren­dait le plus sou­vent en chaise à por­teurs : le voyage ne coû­tait pas cher, et on évi­tait la fatigue du che­min à pied. Mais on pre­nait la pré­cau­tion de mon­ter et de des­cendre à quelque dis­tance de chez soi, pour ne pas se faire sur­prendre par son épouse soup­çon­neuse : «En plein [che­min], nez à nez avec l’épouse; ah, cala­mi­té!», dit un «sen­ryû». On pou­vait alors ten­ter de se jus­ti­fier : «Ce jour, je vais en prière sur la tombe d’un parent», mais l’épouse n’était pas dupe. D’où ce «sen­ryû» : «Au milieu [du che­min] “lettre de sépa­ra­tion tu m’écris de suite!”» Quant au fils pro­digue, pris en fla­grant délit par ses parents : «Bou­clé dans sa chambre, en rêve encore il par­court le quar­tier des filles», dit un «sen­ryû», en paro­diant ce célèbre haï­ku com­po­sé par Bashô avant sa mort : «En rêve encore je par­cours les landes déso­lées».

* En japo­nais «柳多留». Haut

** En japo­nais «末摘花». Haut

*** En japo­nais 川柳. Haut

**** Mati­gnon, «La Pros­ti­tu­tion au Japon : le quar­tier du “Yoshi­wa­ra” de Tokio». Haut

***** En japo­nais 吉原. Haut

«Courtisanes du Japon»

éd. Ph. Picquier, coll. Le Pavillon des corps curieux, Arles

éd. Ph. Pic­quier, coll. Le Pavillon des corps curieux, Arles

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Ton­neau de saule» («Yana­gi­da­ru»*), de la «Fleur du bout» («Suet­su­mu­ha­na»**) et d’autres recueils de «sen­ryû»*** (XVIIIe-XIXe siècle). Le «sen­ryû» est un poème sati­rique ou éro­tique, de forme simi­laire au haï­ku. Mais si le haï­ku est la com­po­si­tion d’un gen­til­homme sérieux, sou­cieux du qu’en-dira-t-on, le «sen­ryû» est celle d’un bour­geois rieur et éhon­té, livré à ses seuls plai­sirs, pas­sant des heures, à visage décou­vert, sous les lam­pions et les lan­ternes des quar­tiers de dis­trac­tion. Ces quar­tiers, dis­pa­rus seule­ment au XXe siècle, étaient de vraies curio­si­tés à visi­ter, aus­si inté­res­santes que les sanc­tuaires les plus fameux de l’Empire du Soleil levant. C’étaient des sortes d’îlots dans les villes mêmes, des coins soi­gneu­se­ment cir­cons­crits «à la fois fée­riques et lamen­tables… char­mants, lumi­neux… et naïfs en leur immo­ra­li­té»****, où s’offraient aux yeux des pas­sants, assises dans des cages dorées et sur des nattes éblouis­santes, des femmes somp­tueu­se­ment parées. Chaque ville pos­sé­dait un quar­tier affec­té à ces éta­lages. Celui d’Edo (Tôkyô), nom­mé le Yoshi­wa­ra*****, était le plus beau de l’Empire japo­nais : noblesse oblige. On ne s’y ren­dait pas sur l’impulsion du moment. Seul un pro­vin­cial éga­ré dans la ville, ou un sol­dat de gar­ni­son, pou­vait s’imaginer trou­ver satis­fac­tion de la sorte. Le bour­geois éclai­ré et rom­pu aux plai­sirs déli­cats savait qu’il fal­lait com­men­cer par l’achat et la lec­ture appro­fon­die du «Cata­logue», où figu­raient, avec un sys­tème de des­crip­tion éla­bo­ré, les noms et les rangs des cour­ti­sanes dis­po­nibles. «Rien des “Entre­tiens de Confu­cius” [il] ne com­prend, mais [il] sait tout lire dans le “Cata­logue”», dit un «sen­ryû». Le Yoshi­wa­ra étant loin du centre-ville, on s’y ren­dait le plus sou­vent en chaise à por­teurs : le voyage ne coû­tait pas cher, et on évi­tait la fatigue du che­min à pied. Mais on pre­nait la pré­cau­tion de mon­ter et de des­cendre à quelque dis­tance de chez soi, pour ne pas se faire sur­prendre par son épouse soup­çon­neuse : «En plein [che­min], nez à nez avec l’épouse; ah, cala­mi­té!», dit un «sen­ryû». On pou­vait alors ten­ter de se jus­ti­fier : «Ce jour, je vais en prière sur la tombe d’un parent», mais l’épouse n’était pas dupe. D’où ce «sen­ryû» : «Au milieu [du che­min] “lettre de sépa­ra­tion tu m’écris de suite!”» Quant au fils pro­digue, pris en fla­grant délit par ses parents : «Bou­clé dans sa chambre, en rêve encore il par­court le quar­tier des filles», dit un «sen­ryû», en paro­diant ce célèbre haï­ku com­po­sé par Bashô avant sa mort : «En rêve encore je par­cours les landes déso­lées».

* En japo­nais «柳多留». Haut

** En japo­nais «末摘花». Haut

*** En japo­nais 川柳. Haut

**** Mati­gnon, «La Pros­ti­tu­tion au Japon : le quar­tier du “Yoshi­wa­ra” de Tokio». Haut

***** En japo­nais 吉原. Haut

Yamamoto, «Barberousse : roman»

éd. du Rocher, coll. Série japonaise, Monaco

éd. du Rocher, coll. Série japo­naise, Mona­co

Il s’agit de «L’Étrange His­toire du dis­pen­saire de Bar­be­rousse» («Aka­hige shin­ryô­tan»*) de M. Sato­mu Shi­mi­zu**, roman­cier japo­nais, plus connu sous le sur­nom de Shû­go­rô Yama­mo­to***. M. Shi­mi­zu naquit en 1903. Faute de moyens finan­ciers, il aban­don­na ses études secon­daires et entra en tant que com­mis dans une librai­rie de Tôkyô, dont le patron le prit en affec­tion et lui per­mit d’étudier chaque soir. Mais le grand trem­ble­ment de terre de 1923 contrai­gnit la librai­rie à fer­mer ses portes. Après un séjour à Ôsa­ka, où il fit ses débuts dans un jour­nal local, M. Shi­mi­zu rega­gna Tôkyô et déci­da de se consa­crer à l’écriture. Une nou­velle ins­pi­rée de son séjour et inti­tu­lée «Au bord du temple de Suma» («Suma­de­ra fukin»****) mar­qua son entrée dans le monde lit­té­raire. Une faute de l’éditeur attri­bua pour­tant cette nou­velle à Shû­go­rô Yama­mo­to, le défunt patron de la librai­rie, que M. Shi­mi­zu consi­dé­rait comme son père spi­ri­tuel. L’écrivain gar­de­ra désor­mais ce sur­nom. À la manière d’Émile Zola, M. Shi­mi­zu savait remuer lon­gue­ment et tris­te­ment tous les des­sous de la socié­té humaine; ramas­ser des têtes éparses en une masse for­mi­dable; mettre la foule en mou­ve­ment : «Il s’attarde aux bas-fonds de la bête humaine, au jeu des forces du sang et des nerfs en ce qu’elles ont de plus insul­tant pour l’orgueil humain. Il fouille et étale les lai­deurs secrètes de la chair et ses mal­fai­sances… Il y a dans presque tous ses romans, autour des pro­ta­go­nistes, une quan­ti­té de per­son­nages secon­daires, un “ser­vum pecus”***** qui sou­vent marche en bande, qui fait le fond de la scène et qui s’en détache et prend la parole par inter­valles, à la façon du chœur antique»******. Ce sont, dans «L’Étrange His­toire du dis­pen­saire de Bar­be­rousse», le chœur des malades et celui des lais­sés pour compte; dans «Le Quar­tier sans sai­sons» («Kiset­su no nai machi»*******), le chœur des misé­rables et celui des sans-le-sou; dans «Le Sapin, seul, est res­té» («Momi no ki wa nokot­ta»********), le chœur des chefs pro­vin­ciaux inti­mi­dés par le shô­gun; dans le «Conte du bateau de pêche bleu» («Aobe­ka mono­ga­ta­ri»*********), le chœur des pêcheurs. Par eux, les figures du pre­mier plan se trouvent mêlées à une large por­tion d’humanité; et comme cette huma­ni­té est mêlée elle-même à la vie des choses, il se dégage de ces vastes ensembles une impres­sion de four­mi­lière immense, pro­fonde, grouillant dans l’ombre ou, au contraire, pétillant au soleil, dérou­lant des vies qui se suivent sans fin.

* En japo­nais «赤ひげ診療譚». Haut

** En japo­nais 清水三十六. Haut

*** En japo­nais 山本周五郎. Haut

**** En japo­nais «須磨寺附近», inédit en fran­çais. Haut

***** Un «trou­peau ser­vile». Haut

****** Jules Lemaître, «Les Contem­po­rains. Tome I». Haut

******* En japo­nais «季節のない街», inédit en fran­çais. Haut

******** En japo­nais «樅ノ木は残った», inédit en fran­çais. Haut

********* En japo­nais «青べか物語», inédit en fran­çais. Haut

mère de Fujiwara no Michitsuna, «Mémoires d’une éphémère (954-974)»

éd. Collège de France-Institut des hautes études japonaises, coll. Bibliothèque de l’Institut des hautes études japonaises, Paris

éd. Col­lège de France-Ins­ti­tut des hautes études japo­naises, coll. Biblio­thèque de l’Institut des hautes études japo­naises, Paris

Il s’agit du «Jour­nal d’une éphé­mère». Ce genre d’écrits intimes qui tient tant de place dans la lit­té­ra­ture fémi­nine du Japon, je veux dire le «nik­ki» («jour­nal»), fut inau­gu­ré (chose étrange!) par un homme, Ki no Tsu­rayu­ki*, poète et cri­tique, qui venait d’exercer, pen­dant cinq ans, les fonc­tions de pré­fet de la pro­vince de Tosa. Dans son «Tosa nik­ki»**Jour­nal de Tosa»), rédi­gé en 935 apr. J.-C., il racon­tait dans une prose exquise, entre­mê­lée de poé­sies, son voyage de retour à la capi­tale. Mais le prin­ci­pal inté­rêt de son jour­nal était ailleurs : tout le secret en était, en effet, dans la pre­mière phrase, où l’auteur fai­sait le choix de l’écriture japo­naise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «onnade»***main de femme»), par oppo­si­tion à l’écriture chi­noise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «oto­kode»****main d’homme»). C’est non seule­ment en «onnade» qu’il écri­vit son jour­nal, mais aus­si dans la langue même que pra­ti­quaient les femmes, démon­trant de la sorte que cette langue par­ve­nait à expri­mer par­fai­te­ment, sinon les concepts abs­traits de l’écriture chi­noise, du moins les mou­ve­ments déli­cats du cœur, com­muns à toute l’humanité : «[D’un pays à l’autre], le lan­gage certes dif­fère», dit le «Jour­nal de Tosa»*****, «mais puisque pareil à coup sûr est le clair de lune, pour­quoi n’en serait-il de même du cœur humain?» Les dames de la Cour japo­naise ne tar­dèrent pas à entendre cette leçon, et cloî­trées comme elles étaient dans leurs chambres, où elles avaient assez de loi­sir pour lire et pour son­ger à leurs mal­heurs, elles se mirent à noter leurs tristes pen­sées sous forme de jour­nal. La vio­lence des émo­tions dont elles étaient suf­fo­quées, et qu’elles ne pou­vaient pas dire à haute voix, écla­ta bien­tôt en un feu d’artifice comme on n’en vit jamais de sem­blable dans la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Se sui­virent à quelques années d’intervalle : le «Kage­rô (no) nik­ki»******Jour­nal d’une éphé­mère»); le «Mura­sa­ki-shi­ki­bu nik­ki»*******Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu»); l’«Izu­mi-shi­ki­bu nik­ki»********Jour­nal d’Izumi-shikibu»); le «Sara­shi­na nik­ki»*********Jour­nal de Sara­shi­na»); le «Jôjin-aja­ri (no) haha no shû»**********Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin»); enfin le «Sanu­ki no suke (no) nik­ki»***********Jour­nal de la dame d’honneur Sanu­ki»).

* En japo­nais 紀貫之. Autre­fois trans­crit Tsou­rayou­ki. Haut

** En japo­nais «土佐日記». Autre­fois trans­crit «Toça nik­ki» ou «Tos­sa nik­ki». Haut

*** En japo­nais 女手. Par­fois trans­crit «won­nade». Haut

**** En japo­nais 男手. Par­fois trans­crit «woto­kode» ou «woto­ko no te». Haut

***** p. 36-37. Haut

****** En japo­nais «蜻蛉日記». Autre­fois trans­crit «Kaghe­rô nik­ki». Haut

******* En japo­nais «紫式部日記». Autre­fois trans­crit «Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou niki» ou «Mou­ra­sa­ki Shi­ki­bou nik­ki». Haut

******** En japo­nais «和泉式部日記». Autre­fois trans­crit «Izou­mi-shi­ki­bou nik­ki». Haut

********* En japo­nais «更級日記». Haut

********** En japo­nais «成尋阿闍梨母集». Haut

*********** En japo­nais «讃岐典侍日記», inédit en fran­çais. Autre­fois trans­crit «Sanou­ki no sou­ké no nik­ki». Haut

mère du révérend Jôjin, «Un Malheur absolu»

éd. Le Promeneur-Gallimard, coll. Le Cabinet des lettrés, Paris

éd. Le Pro­me­neur-Gal­li­mard, coll. Le Cabi­net des let­trés, Paris

Il s’agit du «Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin». Ce genre d’écrits intimes qui tient tant de place dans la lit­té­ra­ture fémi­nine du Japon, je veux dire le «nik­ki» («jour­nal»), fut inau­gu­ré (chose étrange!) par un homme, Ki no Tsu­rayu­ki*, poète et cri­tique, qui venait d’exercer, pen­dant cinq ans, les fonc­tions de pré­fet de la pro­vince de Tosa. Dans son «Tosa nik­ki»**Jour­nal de Tosa»), rédi­gé en 935 apr. J.-C., il racon­tait dans une prose exquise, entre­mê­lée de poé­sies, son voyage de retour à la capi­tale. Mais le prin­ci­pal inté­rêt de son jour­nal était ailleurs : tout le secret en était, en effet, dans la pre­mière phrase, où l’auteur fai­sait le choix de l’écriture japo­naise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «onnade»***main de femme»), par oppo­si­tion à l’écriture chi­noise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «oto­kode»****main d’homme»). C’est non seule­ment en «onnade» qu’il écri­vit son jour­nal, mais aus­si dans la langue même que pra­ti­quaient les femmes, démon­trant de la sorte que cette langue par­ve­nait à expri­mer par­fai­te­ment, sinon les concepts abs­traits de l’écriture chi­noise, du moins les mou­ve­ments déli­cats du cœur, com­muns à toute l’humanité : «[D’un pays à l’autre], le lan­gage certes dif­fère», dit le «Jour­nal de Tosa»*****, «mais puisque pareil à coup sûr est le clair de lune, pour­quoi n’en serait-il de même du cœur humain?» Les dames de la Cour japo­naise ne tar­dèrent pas à entendre cette leçon, et cloî­trées comme elles étaient dans leurs chambres, où elles avaient assez de loi­sir pour lire et pour son­ger à leurs mal­heurs, elles se mirent à noter leurs tristes pen­sées sous forme de jour­nal. La vio­lence des émo­tions dont elles étaient suf­fo­quées, et qu’elles ne pou­vaient pas dire à haute voix, écla­ta bien­tôt en un feu d’artifice comme on n’en vit jamais de sem­blable dans la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Se sui­virent à quelques années d’intervalle : le «Kage­rô (no) nik­ki»******Jour­nal d’une éphé­mère»); le «Mura­sa­ki-shi­ki­bu nik­ki»*******Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu»); l’«Izu­mi-shi­ki­bu nik­ki»********Jour­nal d’Izumi-shikibu»); le «Sara­shi­na nik­ki»*********Jour­nal de Sara­shi­na»); le «Jôjin-aja­ri (no) haha no shû»**********Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin»); enfin le «Sanu­ki no suke (no) nik­ki»***********Jour­nal de la dame d’honneur Sanu­ki»).

* En japo­nais 紀貫之. Autre­fois trans­crit Tsou­rayou­ki. Haut

** En japo­nais «土佐日記». Autre­fois trans­crit «Toça nik­ki» ou «Tos­sa nik­ki». Haut

*** En japo­nais 女手. Par­fois trans­crit «won­nade». Haut

**** En japo­nais 男手. Par­fois trans­crit «woto­kode» ou «woto­ko no te». Haut

***** p. 36-37. Haut

****** En japo­nais «蜻蛉日記». Autre­fois trans­crit «Kaghe­rô nik­ki». Haut

******* En japo­nais «紫式部日記». Autre­fois trans­crit «Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou niki» ou «Mou­ra­sa­ki Shi­ki­bou nik­ki». Haut

******** En japo­nais «和泉式部日記». Autre­fois trans­crit «Izou­mi-shi­ki­bou nik­ki». Haut

********* En japo­nais «更級日記». Haut

********** En japo­nais «成尋阿闍梨母集». Haut

*********** En japo­nais «讃岐典侍日記», inédit en fran­çais. Autre­fois trans­crit «Sanou­ki no sou­ké no nik­ki». Haut

Murasaki-shikibu, «Journal»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Journaux poétiques de l’époque de Héian, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Les Jour­naux poé­tiques de l’époque de Héian, Paris

Il s’agit du «Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu». Ce genre d’écrits intimes qui tient tant de place dans la lit­té­ra­ture fémi­nine du Japon, je veux dire le «nik­ki» («jour­nal»), fut inau­gu­ré (chose étrange!) par un homme, Ki no Tsu­rayu­ki*, poète et cri­tique, qui venait d’exercer, pen­dant cinq ans, les fonc­tions de pré­fet de la pro­vince de Tosa. Dans son «Tosa nik­ki»**Jour­nal de Tosa»), rédi­gé en 935 apr. J.-C., il racon­tait dans une prose exquise, entre­mê­lée de poé­sies, son voyage de retour à la capi­tale. Mais le prin­ci­pal inté­rêt de son jour­nal était ailleurs : tout le secret en était, en effet, dans la pre­mière phrase, où l’auteur fai­sait le choix de l’écriture japo­naise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «onnade»***main de femme»), par oppo­si­tion à l’écriture chi­noise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «oto­kode»****main d’homme»). C’est non seule­ment en «onnade» qu’il écri­vit son jour­nal, mais aus­si dans la langue même que pra­ti­quaient les femmes, démon­trant de la sorte que cette langue par­ve­nait à expri­mer par­fai­te­ment, sinon les concepts abs­traits de l’écriture chi­noise, du moins les mou­ve­ments déli­cats du cœur, com­muns à toute l’humanité : «[D’un pays à l’autre], le lan­gage certes dif­fère», dit le «Jour­nal de Tosa»*****, «mais puisque pareil à coup sûr est le clair de lune, pour­quoi n’en serait-il de même du cœur humain?» Les dames de la Cour japo­naise ne tar­dèrent pas à entendre cette leçon, et cloî­trées comme elles étaient dans leurs chambres, où elles avaient assez de loi­sir pour lire et pour son­ger à leurs mal­heurs, elles se mirent à noter leurs tristes pen­sées sous forme de jour­nal. La vio­lence des émo­tions dont elles étaient suf­fo­quées, et qu’elles ne pou­vaient pas dire à haute voix, écla­ta bien­tôt en un feu d’artifice comme on n’en vit jamais de sem­blable dans la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Se sui­virent à quelques années d’intervalle : le «Kage­rô (no) nik­ki»******Jour­nal d’une éphé­mère»); le «Mura­sa­ki-shi­ki­bu nik­ki»*******Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu»); l’«Izu­mi-shi­ki­bu nik­ki»********Jour­nal d’Izumi-shikibu»); le «Sara­shi­na nik­ki»*********Jour­nal de Sara­shi­na»); le «Jôjin-aja­ri (no) haha no shû»**********Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin»); enfin le «Sanu­ki no suke (no) nik­ki»***********Jour­nal de la dame d’honneur Sanu­ki»).

* En japo­nais 紀貫之. Autre­fois trans­crit Tsou­rayou­ki. Haut

** En japo­nais «土佐日記». Autre­fois trans­crit «Toça nik­ki» ou «Tos­sa nik­ki». Haut

*** En japo­nais 女手. Par­fois trans­crit «won­nade». Haut

**** En japo­nais 男手. Par­fois trans­crit «woto­kode» ou «woto­ko no te». Haut

***** p. 36-37. Haut

****** En japo­nais «蜻蛉日記». Autre­fois trans­crit «Kaghe­rô nik­ki». Haut

******* En japo­nais «紫式部日記». Autre­fois trans­crit «Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou niki» ou «Mou­ra­sa­ki Shi­ki­bou nik­ki». Haut

******** En japo­nais «和泉式部日記». Autre­fois trans­crit «Izou­mi-shi­ki­bou nik­ki». Haut

********* En japo­nais «更級日記». Haut

********** En japo­nais «成尋阿闍梨母集». Haut

*********** En japo­nais «讃岐典侍日記», inédit en fran­çais. Autre­fois trans­crit «Sanou­ki no sou­ké no nik­ki». Haut

fille de Sugawara no Takasue, «Le Journal de Sarashina»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Journaux poétiques de l’époque de Héian-Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Les Jour­naux poé­tiques de l’époque de Héian-Les Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit du «Jour­nal de Sara­shi­na». Ce genre d’écrits intimes qui tient tant de place dans la lit­té­ra­ture fémi­nine du Japon, je veux dire le «nik­ki» («jour­nal»), fut inau­gu­ré (chose étrange!) par un homme, Ki no Tsu­rayu­ki*, poète et cri­tique, qui venait d’exercer, pen­dant cinq ans, les fonc­tions de pré­fet de la pro­vince de Tosa. Dans son «Tosa nik­ki»**Jour­nal de Tosa»), rédi­gé en 935 apr. J.-C., il racon­tait dans une prose exquise, entre­mê­lée de poé­sies, son voyage de retour à la capi­tale. Mais le prin­ci­pal inté­rêt de son jour­nal était ailleurs : tout le secret en était, en effet, dans la pre­mière phrase, où l’auteur fai­sait le choix de l’écriture japo­naise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «onnade»***main de femme»), par oppo­si­tion à l’écriture chi­noise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «oto­kode»****main d’homme»). C’est non seule­ment en «onnade» qu’il écri­vit son jour­nal, mais aus­si dans la langue même que pra­ti­quaient les femmes, démon­trant de la sorte que cette langue par­ve­nait à expri­mer par­fai­te­ment, sinon les concepts abs­traits de l’écriture chi­noise, du moins les mou­ve­ments déli­cats du cœur, com­muns à toute l’humanité : «[D’un pays à l’autre], le lan­gage certes dif­fère», dit le «Jour­nal de Tosa»*****, «mais puisque pareil à coup sûr est le clair de lune, pour­quoi n’en serait-il de même du cœur humain?» Les dames de la Cour japo­naise ne tar­dèrent pas à entendre cette leçon, et cloî­trées comme elles étaient dans leurs chambres, où elles avaient assez de loi­sir pour lire et pour son­ger à leurs mal­heurs, elles se mirent à noter leurs tristes pen­sées sous forme de jour­nal. La vio­lence des émo­tions dont elles étaient suf­fo­quées, et qu’elles ne pou­vaient pas dire à haute voix, écla­ta bien­tôt en un feu d’artifice comme on n’en vit jamais de sem­blable dans la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Se sui­virent à quelques années d’intervalle : le «Kage­rô (no) nik­ki»******Jour­nal d’une éphé­mère»); le «Mura­sa­ki-shi­ki­bu nik­ki»*******Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu»); l’«Izu­mi-shi­ki­bu nik­ki»********Jour­nal d’Izumi-shikibu»); le «Sara­shi­na nik­ki»*********Jour­nal de Sara­shi­na»); le «Jôjin-aja­ri (no) haha no shû»**********Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin»); enfin le «Sanu­ki no suke (no) nik­ki»***********Jour­nal de la dame d’honneur Sanu­ki»).

* En japo­nais 紀貫之. Autre­fois trans­crit Tsou­rayou­ki. Haut

** En japo­nais «土佐日記». Autre­fois trans­crit «Toça nik­ki» ou «Tos­sa nik­ki». Haut

*** En japo­nais 女手. Par­fois trans­crit «won­nade». Haut

**** En japo­nais 男手. Par­fois trans­crit «woto­kode» ou «woto­ko no te». Haut

***** p. 36-37. Haut

****** En japo­nais «蜻蛉日記». Autre­fois trans­crit «Kaghe­rô nik­ki». Haut

******* En japo­nais «紫式部日記». Autre­fois trans­crit «Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou niki» ou «Mou­ra­sa­ki Shi­ki­bou nik­ki». Haut

******** En japo­nais «和泉式部日記». Autre­fois trans­crit «Izou­mi-shi­ki­bou nik­ki». Haut

********* En japo­nais «更級日記». Haut

********** En japo­nais «成尋阿闍梨母集». Haut

*********** En japo­nais «讃岐典侍日記», inédit en fran­çais. Autre­fois trans­crit «Sanou­ki no sou­ké no nik­ki». Haut

Izumi-shikibu, «Journal»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Poètes du Japon-Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Poètes du Japon-Les Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit du «Jour­nal d’Izumi-shikibu». Ce genre d’écrits intimes qui tient tant de place dans la lit­té­ra­ture fémi­nine du Japon, je veux dire le «nik­ki» («jour­nal»), fut inau­gu­ré (chose étrange!) par un homme, Ki no Tsu­rayu­ki*, poète et cri­tique, qui venait d’exercer, pen­dant cinq ans, les fonc­tions de pré­fet de la pro­vince de Tosa. Dans son «Tosa nik­ki»**Jour­nal de Tosa»), rédi­gé en 935 apr. J.-C., il racon­tait dans une prose exquise, entre­mê­lée de poé­sies, son voyage de retour à la capi­tale. Mais le prin­ci­pal inté­rêt de son jour­nal était ailleurs : tout le secret en était, en effet, dans la pre­mière phrase, où l’auteur fai­sait le choix de l’écriture japo­naise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «onnade»***main de femme»), par oppo­si­tion à l’écriture chi­noise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «oto­kode»****main d’homme»). C’est non seule­ment en «onnade» qu’il écri­vit son jour­nal, mais aus­si dans la langue même que pra­ti­quaient les femmes, démon­trant de la sorte que cette langue par­ve­nait à expri­mer par­fai­te­ment, sinon les concepts abs­traits de l’écriture chi­noise, du moins les mou­ve­ments déli­cats du cœur, com­muns à toute l’humanité : «[D’un pays à l’autre], le lan­gage certes dif­fère», dit le «Jour­nal de Tosa»*****, «mais puisque pareil à coup sûr est le clair de lune, pour­quoi n’en serait-il de même du cœur humain?» Les dames de la Cour japo­naise ne tar­dèrent pas à entendre cette leçon, et cloî­trées comme elles étaient dans leurs chambres, où elles avaient assez de loi­sir pour lire et pour son­ger à leurs mal­heurs, elles se mirent à noter leurs tristes pen­sées sous forme de jour­nal. La vio­lence des émo­tions dont elles étaient suf­fo­quées, et qu’elles ne pou­vaient pas dire à haute voix, écla­ta bien­tôt en un feu d’artifice comme on n’en vit jamais de sem­blable dans la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Se sui­virent à quelques années d’intervalle : le «Kage­rô (no) nik­ki»******Jour­nal d’une éphé­mère»); le «Mura­sa­ki-shi­ki­bu nik­ki»*******Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu»); l’«Izu­mi-shi­ki­bu nik­ki»********Jour­nal d’Izumi-shikibu»); le «Sara­shi­na nik­ki»*********Jour­nal de Sara­shi­na»); le «Jôjin-aja­ri (no) haha no shû»**********Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin»); enfin le «Sanu­ki no suke (no) nik­ki»***********Jour­nal de la dame d’honneur Sanu­ki»).

* En japo­nais 紀貫之. Autre­fois trans­crit Tsou­rayou­ki. Haut

** En japo­nais «土佐日記». Autre­fois trans­crit «Toça nik­ki» ou «Tos­sa nik­ki». Haut

*** En japo­nais 女手. Par­fois trans­crit «won­nade». Haut

**** En japo­nais 男手. Par­fois trans­crit «woto­kode» ou «woto­ko no te». Haut

***** p. 36-37. Haut

****** En japo­nais «蜻蛉日記». Autre­fois trans­crit «Kaghe­rô nik­ki». Haut

******* En japo­nais «紫式部日記». Autre­fois trans­crit «Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou niki» ou «Mou­ra­sa­ki Shi­ki­bou nik­ki». Haut

******** En japo­nais «和泉式部日記». Autre­fois trans­crit «Izou­mi-shi­ki­bou nik­ki». Haut

********* En japo­nais «更級日記». Haut

********** En japo­nais «成尋阿闍梨母集». Haut

*********** En japo­nais «讃岐典侍日記», inédit en fran­çais. Autre­fois trans­crit «Sanou­ki no sou­ké no nik­ki». Haut

Tsurayuki, «Le Journal de Tosa»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Tama, Cergy

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Tama, Cer­gy

Il s’agit du «Jour­nal de Tosa». Ce genre d’écrits intimes qui tient tant de place dans la lit­té­ra­ture fémi­nine du Japon, je veux dire le «nik­ki» («jour­nal»), fut inau­gu­ré (chose étrange!) par un homme, Ki no Tsu­rayu­ki*, poète et cri­tique, qui venait d’exercer, pen­dant cinq ans, les fonc­tions de pré­fet de la pro­vince de Tosa. Dans son «Tosa nik­ki»**Jour­nal de Tosa»), rédi­gé en 935 apr. J.-C., il racon­tait dans une prose exquise, entre­mê­lée de poé­sies, son voyage de retour à la capi­tale. Mais le prin­ci­pal inté­rêt de son jour­nal était ailleurs : tout le secret en était, en effet, dans la pre­mière phrase, où l’auteur fai­sait le choix de l’écriture japo­naise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «onnade»***main de femme»), par oppo­si­tion à l’écriture chi­noise, qu’on appe­lait com­mu­né­ment «oto­kode»****main d’homme»). C’est non seule­ment en «onnade» qu’il écri­vit son jour­nal, mais aus­si dans la langue même que pra­ti­quaient les femmes, démon­trant de la sorte que cette langue par­ve­nait à expri­mer par­fai­te­ment, sinon les concepts abs­traits de l’écriture chi­noise, du moins les mou­ve­ments déli­cats du cœur, com­muns à toute l’humanité : «[D’un pays à l’autre], le lan­gage certes dif­fère», dit le «Jour­nal de Tosa»*****, «mais puisque pareil à coup sûr est le clair de lune, pour­quoi n’en serait-il de même du cœur humain?» Les dames de la Cour japo­naise ne tar­dèrent pas à entendre cette leçon, et cloî­trées comme elles étaient dans leurs chambres, où elles avaient assez de loi­sir pour lire et pour son­ger à leurs mal­heurs, elles se mirent à noter leurs tristes pen­sées sous forme de jour­nal. La vio­lence des émo­tions dont elles étaient suf­fo­quées, et qu’elles ne pou­vaient pas dire à haute voix, écla­ta bien­tôt en un feu d’artifice comme on n’en vit jamais de sem­blable dans la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. Se sui­virent à quelques années d’intervalle : le «Kage­rô (no) nik­ki»******Jour­nal d’une éphé­mère»); le «Mura­sa­ki-shi­ki­bu nik­ki»*******Jour­nal de Mura­sa­ki-shi­ki­bu»); l’«Izu­mi-shi­ki­bu nik­ki»********Jour­nal d’Izumi-shikibu»); le «Sara­shi­na nik­ki»*********Jour­nal de Sara­shi­na»); le «Jôjin-aja­ri (no) haha no shû»**********Jour­nal de la mère du révé­rend Jôjin»); enfin le «Sanu­ki no suke (no) nik­ki»***********Jour­nal de la dame d’honneur Sanu­ki»).

* En japo­nais 紀貫之. Autre­fois trans­crit Tsou­rayou­ki. Haut

** En japo­nais «土佐日記». Autre­fois trans­crit «Toça nik­ki» ou «Tos­sa nik­ki». Haut

*** En japo­nais 女手. Par­fois trans­crit «won­nade». Haut

**** En japo­nais 男手. Par­fois trans­crit «woto­kode» ou «woto­ko no te». Haut

***** p. 36-37. Haut

****** En japo­nais «蜻蛉日記». Autre­fois trans­crit «Kaghe­rô nik­ki». Haut

******* En japo­nais «紫式部日記». Autre­fois trans­crit «Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou niki» ou «Mou­ra­sa­ki Shi­ki­bou nik­ki». Haut

******** En japo­nais «和泉式部日記». Autre­fois trans­crit «Izou­mi-shi­ki­bou nik­ki». Haut

********* En japo­nais «更級日記». Haut

********** En japo­nais «成尋阿闍梨母集». Haut

*********** En japo­nais «讃岐典侍日記», inédit en fran­çais. Autre­fois trans­crit «Sanou­ki no sou­ké no nik­ki». Haut