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Lucien, «Œuvres. Tome VI»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des «Dia­logues des cour­ti­sanes» («Hetai­ri­koi Dia­lo­goi»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Ἑταιρικοὶ Διάλογοι». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome V»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de l’«Apo­lo­gie des por­traits» («Hyper tôn eiko­nôn»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Ὑπὲρ τῶν εἰκόνων». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome IV»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit d’«Alexandre, ou le Faux Pro­phète» («Alexan­dros, ê Pseu­do­man­tis»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Ἀλέξανδρος, ἢ Ψευδόμαντις». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome III»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de «Pro­mé­thée, ou le Cau­case» («Pro­mê­theus, ê Kau­ka­sos»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Προμηθεύς, ἢ Καύκασος». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome II»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des «Phi­lo­sophes à l’encan» («Biôn Pra­sis»*, lit­té­ra­le­ment «La Vente des vies») et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Βίων Πρᾶσις». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome I»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit du «Pas­sage de la barque, ou le Tyran» («Kata­plous, ê Tyran­nos»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Κατάπλους, ἢ Τύραννος». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Homère, «Odyssée»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «L’Odyssée»* d’Homère**. «Le chantre des exploits héroïques, l’interprète des dieux, le second soleil dont s’éclairait la Grèce, la lumière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde entier, Homère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce rivage», dit une épi­gramme funé­raire***. On sait qu’Alexandre de Macé­doine por­tait tou­jours avec lui une copie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, enri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée par­mi les effets du roi Darius. Alexandre mou­rut; l’immense Empire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tom­ba en ruines; mais par­tout où avaient volé les semences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Médi­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part davan­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. «C’est là que se fai­saient les pré­cieuses copies des chants, là que s’écrivaient ces savants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fameuse biblio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le calife Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers», dit Frie­drich Spiel­ha­gen****. Les Romains recueillirent, autant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du génie grec. Et c’était Homère qu’on met­tait entre les mains du jeune Romain comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Eschyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que «les reliefs des grands fes­tins d’Homère»*****, on peut le dire avec encore plus de rai­son des Romains, qui s’invitent chez Homère et reviennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

* En grec «Ὀδύσσεια». Haut

** En grec Ὅμηρος. Haut

*** En grec «Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις». Anti­pa­ter de Sidon dans «Antho­lo­gie grecque, d’après le manus­crit pala­tin». Haut

**** «Homère», p. 513. Haut

***** En grec «τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων». Athé­née, «Ban­quet des savants». Haut

Homère, «Iliade»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «L’Iliade»* d’Homère**. «Le chantre des exploits héroïques, l’interprète des dieux, le second soleil dont s’éclairait la Grèce, la lumière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde entier, Homère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce rivage», dit une épi­gramme funé­raire***. On sait qu’Alexandre de Macé­doine por­tait tou­jours avec lui une copie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, enri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée par­mi les effets du roi Darius. Alexandre mou­rut; l’immense Empire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tom­ba en ruines; mais par­tout où avaient volé les semences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Médi­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part davan­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. «C’est là que se fai­saient les pré­cieuses copies des chants, là que s’écrivaient ces savants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fameuse biblio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le calife Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers», dit Frie­drich Spiel­ha­gen****. Les Romains recueillirent, autant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du génie grec. Et c’était Homère qu’on met­tait entre les mains du jeune Romain comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Eschyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que «les reliefs des grands fes­tins d’Homère»*****, on peut le dire avec encore plus de rai­son des Romains, qui s’invitent chez Homère et reviennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

* En grec «Ἰλιάς». Haut

** En grec Ὅμηρος. Haut

*** En grec «Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις». Anti­pa­ter de Sidon dans «Antho­lo­gie grecque, d’après le manus­crit pala­tin». Haut

**** «Homère», p. 513. Haut

***** En grec «τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων». Athé­née, «Ban­quet des savants». Haut