Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Mot-clefIzumi Kyôka : auteur

Kyôka, « La Ronde nocturne de l’agent de police, “Yakô junsa” »

dans « Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines. Tome II » (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, Paris), p. 89-106

dans « Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines. Tome II » (éd. Gallimard, coll. Du monde entier, Paris), p. 89-106

Il s’agit de « La Ronde nocturne de l’agent de police » (« Yakô junsa » *) et autres œuvres d’Izumi Kyôka **, écrivain japonais, qui récréa dans une multitude de romans et nouvelles les thèmes de l’époque prémoderne (XIXe-XXe siècle). Fantasque, bizarre, obscur, il vivait entouré de ses angoisses et ses superstitions ; il craignait les chiens et les éclairs, et enlevait les lunettes quand il passait devant un temple pour que rien ne brouillât son contact avec le divin. Il idéalisa le monde des geishas, au point d’en prendre une pour femme, en ajournant son mariage jusqu’à la mort de son maître Ozaki Kôyô ***, qui désapprouvait cette union. De l’Occident, il révérait les desseins étranges et décadents d’Aubrey Beardsley ; du Japon, les vieilles estampes avec leurs fantômes inquiétants, leurs guerriers oisifs et leurs femmes sensuelles. Hélas ! les œuvres les plus fortes et les plus vraies de Kyôka restent pour le moment inédites en français. Tel est le cas de « Nihonbashi » ****, l’histoire d’un jeune homme à la recherche de sa sœur qui lui avait payé ses études en devenant geisha ; ou « L’Ermite du mont Kôya » (« Kôya hijiri » *****), les confessions d’un moine soumis à la tentation par une magicienne voluptueuse, une sorte de Circé, qui avait le pouvoir de métamorphoser les hommes en bêtes. Même au Japon, malgré la popularité de ses œuvres, adaptées très tôt au théâtre et au cinéma, Kyôka s’éteignit dans une relative indifférence, laissé de côté par ses contemporains. Sa prédilection pour le fantastique, ses étranges types féminins qui rappelaient souvent, par leur beauté ténébreuse et troublante, les « belles dames sans merci » du romantisme occidental, ne correspondaient plus aux goûts du temps : « Quand je songe à Izumi Kyôka », dit un critique ******, « ce qui ne cesse de me surprendre, c’est cet enthousiasme et cette inflexible [obstination] à vouloir préserver un tel univers fantastique et plein de poésie, dans un Japon où, depuis [l’ère] Meiji, le courant principal était le réalisme… Ozaki Kôyô, ce maître pour qui Kyôka avait tant de respect, reste, me semble-t-il, en dernier lieu, un auteur réaliste. En France par exemple, même au XIXe siècle où le réalisme était le courant littéraire principal, [il] existait un certain nombre de romanciers fantastiques — Nerval, parmi d’autres… Dans la littérature japonaise contemporaine, Kyôka fait figure de cas unique et isolé ». Lisez la suite›

* En japonais « 夜行巡査 ».

** En japonais 泉鏡花.

*** En japonais 尾崎紅葉.

**** En japonais « 日本橋 ».

***** En japonais « 高野聖 ». Parfois traduit « Le Saint du mont Kôya ».

****** Ikushima Ryûichi dans François Lachaud, « “L’Ermite du mont Kôya”, une lecture d’Izumi Kyôka », p. 71-72.

Kyôka, « Les Noix glacées, “Kurumi” »

dans « [Nouvelles japonaises]. Tome I. Les Noix, la Mouche, le Citron (1910-1926) » (éd. Ph. Picquier, Arles), p. 15-22

dans « [Nouvelles japonaises]. Tome I. Les Noix, la Mouche, le Citron (1910-1926) » (éd. Ph. Picquier, Arles), p. 15-22

Il s’agit des « Noix glacées » (« Kurumi » *) et autres œuvres d’Izumi Kyôka **, écrivain japonais, qui récréa dans une multitude de romans et nouvelles les thèmes de l’époque prémoderne (XIXe-XXe siècle). Fantasque, bizarre, obscur, il vivait entouré de ses angoisses et ses superstitions ; il craignait les chiens et les éclairs, et enlevait les lunettes quand il passait devant un temple pour que rien ne brouillât son contact avec le divin. Il idéalisa le monde des geishas, au point d’en prendre une pour femme, en ajournant son mariage jusqu’à la mort de son maître Ozaki Kôyô ***, qui désapprouvait cette union. De l’Occident, il révérait les desseins étranges et décadents d’Aubrey Beardsley ; du Japon, les vieilles estampes avec leurs fantômes inquiétants, leurs guerriers oisifs et leurs femmes sensuelles. Hélas ! les œuvres les plus fortes et les plus vraies de Kyôka restent pour le moment inédites en français. Tel est le cas de « Nihonbashi » ****, l’histoire d’un jeune homme à la recherche de sa sœur qui lui avait payé ses études en devenant geisha ; ou « L’Ermite du mont Kôya » (« Kôya hijiri » *****), les confessions d’un moine soumis à la tentation par une magicienne voluptueuse, une sorte de Circé, qui avait le pouvoir de métamorphoser les hommes en bêtes. Même au Japon, malgré la popularité de ses œuvres, adaptées très tôt au théâtre et au cinéma, Kyôka s’éteignit dans une relative indifférence, laissé de côté par ses contemporains. Sa prédilection pour le fantastique, ses étranges types féminins qui rappelaient souvent, par leur beauté ténébreuse et troublante, les « belles dames sans merci » du romantisme occidental, ne correspondaient plus aux goûts du temps : « Quand je songe à Izumi Kyôka », dit un critique ******, « ce qui ne cesse de me surprendre, c’est cet enthousiasme et cette inflexible [obstination] à vouloir préserver un tel univers fantastique et plein de poésie, dans un Japon où, depuis [l’ère] Meiji, le courant principal était le réalisme… Ozaki Kôyô, ce maître pour qui Kyôka avait tant de respect, reste, me semble-t-il, en dernier lieu, un auteur réaliste. En France par exemple, même au XIXe siècle où le réalisme était le courant littéraire principal, [il] existait un certain nombre de romanciers fantastiques — Nerval, parmi d’autres… Dans la littérature japonaise contemporaine, Kyôka fait figure de cas unique et isolé ». Lisez la suite›

* En japonais « 胡桃 ».

** En japonais 泉鏡花.

*** En japonais 尾崎紅葉.

**** En japonais « 日本橋 ».

***** En japonais « 高野聖 ». Parfois traduit « Le Saint du mont Kôya ».

****** Ikushima Ryûichi dans François Lachaud, « “L’Ermite du mont Kôya”, une lecture d’Izumi Kyôka », p. 71-72.

Kyôka, « Une Femme fidèle : récits »

éd. Ph. Picquier, Arles

éd. Ph. Picquier, Arles

Il s’agit d’« Une Femme fidèle » (« Bake ichô » *) et autres œuvres d’Izumi Kyôka **, écrivain japonais, qui récréa dans une multitude de romans et nouvelles les thèmes de l’époque prémoderne (XIXe-XXe siècle). Fantasque, bizarre, obscur, il vivait entouré de ses angoisses et ses superstitions ; il craignait les chiens et les éclairs, et enlevait les lunettes quand il passait devant un temple pour que rien ne brouillât son contact avec le divin. Il idéalisa le monde des geishas, au point d’en prendre une pour femme, en ajournant son mariage jusqu’à la mort de son maître Ozaki Kôyô ***, qui désapprouvait cette union. De l’Occident, il révérait les desseins étranges et décadents d’Aubrey Beardsley ; du Japon, les vieilles estampes avec leurs fantômes inquiétants, leurs guerriers oisifs et leurs femmes sensuelles. Hélas ! les œuvres les plus fortes et les plus vraies de Kyôka restent pour le moment inédites en français. Tel est le cas de « Nihonbashi » ****, l’histoire d’un jeune homme à la recherche de sa sœur qui lui avait payé ses études en devenant geisha ; ou « L’Ermite du mont Kôya » (« Kôya hijiri » *****), les confessions d’un moine soumis à la tentation par une magicienne voluptueuse, une sorte de Circé, qui avait le pouvoir de métamorphoser les hommes en bêtes. Même au Japon, malgré la popularité de ses œuvres, adaptées très tôt au théâtre et au cinéma, Kyôka s’éteignit dans une relative indifférence, laissé de côté par ses contemporains. Sa prédilection pour le fantastique, ses étranges types féminins qui rappelaient souvent, par leur beauté ténébreuse et troublante, les « belles dames sans merci » du romantisme occidental, ne correspondaient plus aux goûts du temps : « Quand je songe à Izumi Kyôka », dit un critique ******, « ce qui ne cesse de me surprendre, c’est cet enthousiasme et cette inflexible [obstination] à vouloir préserver un tel univers fantastique et plein de poésie, dans un Japon où, depuis [l’ère] Meiji, le courant principal était le réalisme… Ozaki Kôyô, ce maître pour qui Kyôka avait tant de respect, reste, me semble-t-il, en dernier lieu, un auteur réaliste. En France par exemple, même au XIXe siècle où le réalisme était le courant littéraire principal, [il] existait un certain nombre de romanciers fantastiques — Nerval, parmi d’autres… Dans la littérature japonaise contemporaine, Kyôka fait figure de cas unique et isolé ». Lisez la suite›

* En japonais « 化銀杏 ».

** En japonais 泉鏡花.

*** En japonais 尾崎紅葉.

**** En japonais « 日本橋 ».

***** En japonais « 高野聖 ». Parfois traduit « Le Saint du mont Kôya ».

****** Ikushima Ryûichi dans François Lachaud, « “L’Ermite du mont Kôya”, une lecture d’Izumi Kyôka », p. 71-72.

Kyôka, « La Femme ailée : récits »

éd. Ph. Picquier, coll. Picquier poche, Arles

éd. Ph. Picquier, coll. Picquier poche, Arles

Il s’agit de « La Femme ailée » (« Kechô » *) et autres œuvres d’Izumi Kyôka **, écrivain japonais, qui récréa dans une multitude de romans et nouvelles les thèmes de l’époque prémoderne (XIXe-XXe siècle). Fantasque, bizarre, obscur, il vivait entouré de ses angoisses et ses superstitions ; il craignait les chiens et les éclairs, et enlevait les lunettes quand il passait devant un temple pour que rien ne brouillât son contact avec le divin. Il idéalisa le monde des geishas, au point d’en prendre une pour femme, en ajournant son mariage jusqu’à la mort de son maître Ozaki Kôyô ***, qui désapprouvait cette union. De l’Occident, il révérait les desseins étranges et décadents d’Aubrey Beardsley ; du Japon, les vieilles estampes avec leurs fantômes inquiétants, leurs guerriers oisifs et leurs femmes sensuelles. Hélas ! les œuvres les plus fortes et les plus vraies de Kyôka restent pour le moment inédites en français. Tel est le cas de « Nihonbashi » ****, l’histoire d’un jeune homme à la recherche de sa sœur qui lui avait payé ses études en devenant geisha ; ou « L’Ermite du mont Kôya » (« Kôya hijiri » *****), les confessions d’un moine soumis à la tentation par une magicienne voluptueuse, une sorte de Circé, qui avait le pouvoir de métamorphoser les hommes en bêtes. Même au Japon, malgré la popularité de ses œuvres, adaptées très tôt au théâtre et au cinéma, Kyôka s’éteignit dans une relative indifférence, laissé de côté par ses contemporains. Sa prédilection pour le fantastique, ses étranges types féminins qui rappelaient souvent, par leur beauté ténébreuse et troublante, les « belles dames sans merci » du romantisme occidental, ne correspondaient plus aux goûts du temps : « Quand je songe à Izumi Kyôka », dit un critique ******, « ce qui ne cesse de me surprendre, c’est cet enthousiasme et cette inflexible [obstination] à vouloir préserver un tel univers fantastique et plein de poésie, dans un Japon où, depuis [l’ère] Meiji, le courant principal était le réalisme… Ozaki Kôyô, ce maître pour qui Kyôka avait tant de respect, reste, me semble-t-il, en dernier lieu, un auteur réaliste. En France par exemple, même au XIXe siècle où le réalisme était le courant littéraire principal, [il] existait un certain nombre de romanciers fantastiques — Nerval, parmi d’autres… Dans la littérature japonaise contemporaine, Kyôka fait figure de cas unique et isolé ». Lisez la suite›

* En japonais « 化鳥 ».

** En japonais 泉鏡花.

*** En japonais 尾崎紅葉.

**** En japonais « 日本橋 ».

***** En japonais « 高野聖 ». Parfois traduit « Le Saint du mont Kôya ».

****** Ikushima Ryûichi dans François Lachaud, « “L’Ermite du mont Kôya”, une lecture d’Izumi Kyôka », p. 71-72.