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Mot-clefsociologie religieuse

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«Le Veda : premier livre sacré de l’Inde. Tome II»

éd. Gérard et Cie, coll. Marabout université-Trésors spirituels de l’humanité, Verviers

éd. Gérard et Cie, coll. Mara­bout uni­ver­si­té-Tré­sors spi­ri­tuels de l’humanité, Ver­viers

Il s’agit du «Ṛgve­da»*, de l’«Athar­va­ve­da»** et autres hymnes hin­dous por­tant le nom de Védas («sciences sacrées») — nom déri­vé de la même racine «vid» qui se trouve dans nos mots «idée», «idole». Il est cer­tain que ces hymnes sont le plus ancien monu­ment de la lit­té­ra­ture de l’Inde (IIe mil­lé­naire av. J.-C.). On peut s’en convaincre déjà par leur langue désuète qui arrête à chaque pas inter­prètes et tra­duc­teurs; mais ce qui le prouve encore mieux, c’est qu’on n’y trouve aucune trace du culte aujourd’hui omni­pré­sent de Râma et de Kṛṣṇa. Je ne vou­drais pas, pour autant, qu’on se fasse une opi­nion trop exa­gé­rée de leur mérite. On a affaire à des bribes de magie décou­sues, à des for­mules de rituel décon­cer­tantes, sortes de bal­bu­tie­ments du verbe, dont l’originalité finit par aga­cer. «Les savants, depuis [Abel] Ber­gaigne sur­tout, ont ces­sé d’admirer dans les Védas les pre­miers hymnes de l’humanité ou de la “race aryenne” en pré­sence [de] la nature… À par­ler franc, les trois quarts et demi du “Ṛgve­da” sont du gali­ma­tias. Les india­nistes le savent et en conviennent volon­tiers entre eux», dit Salo­mon Rei­nach***. La rhé­to­rique védique est, en effet, une rhé­to­rique bizarre, qui effa­rouche les meilleurs savants par la dis­pa­ri­té des images et le che­vau­che­ment des sens. Elle se com­pose de méta­phores sacer­do­tales, com­pli­quées et obs­cures à des­sein, parce que les prêtres védiques, qui vivaient de l’autel, enten­daient s’en réser­ver le mono­pole. Sou­vent, ces méta­phores font, comme nous dirions, d’une pierre deux coups. Deux idées, asso­ciées quelque part à une troi­sième, sont ensuite asso­ciées l’une à l’autre, alors qu’elles hurlent de dégoût de se voir ensemble. Voi­ci un exemple dont l’étrangeté a, du moins, une saveur mytho­lo­gique : Le «soma» («liqueur céleste») sort de la nuée. La nuée est une vache. Le «soma» est donc un lait, ou plu­tôt, c’est un beurre qui a des «pieds», qui a des «sabots», et qu’Indra trouve dans la vache. Le «soma» est donc un veau qui sort d’un «pis», et ce qui est plus fort, du pis d’un mâle, par suite de la sub­sti­tu­tion du mot «nuée» avec le mot «nuage». De là, cet hymne :

«Voi­là le nom secret du beurre :
“Langue des dieux”, “nom­bril de l’immortel”.
Pro­cla­mons le nom du beurre,
Sou­te­nons-le de nos hom­mages en ce sacri­fice!…
Le buffle aux quatre cornes l’a excré­té.
Il a quatre cornes, trois pieds…
Elles jaillissent de l’océan spi­ri­tuel,
Ces cou­lées de beurre cent fois encloses,
Invi­sibles à l’ennemi. Je les consi­dère :
La verge d’or est en leur milieu
», etc.

* En sans­crit «ऋग्वेद». Par­fois trans­crit «Rk Veda», «Rak-véda», «Rag­ve­da», «Rěg­ve­da», «Rik-veda», «Rick Veda» ou «Rig-ved». Haut

** En sans­crit «अथर्ववेद». Haut

*** «Orpheus : his­toire géné­rale des reli­gions», p. 77-78. On peut joindre à cette opi­nion celle de Vol­taire : «Les Védas sont le plus ennuyeux fatras que j’aie jamais lu. Figu­rez-vous la “Légende dorée”, les “Confor­mi­tés de saint Fran­çois d’Assise”, les “Exer­cices spi­ri­tuels” de saint Ignace et les “Ser­mons” de Menot joints ensemble, vous n’aurez encore qu’une idée très impar­faite des imper­ti­nences des Védas» («Lettres chi­noises, indiennes et tar­tares», lettre IX). Haut

Josèphe, «Antiquités judaïques. Tome III. Livres XI à XV»

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publi­ca­tions de la Socié­té des études juives, Paris

Il s’agit des «Anti­qui­tés judaïques» («Iou­daï­kê archaio­lo­gia»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Antiquités judaïques. Tome II. Livres VI à X»

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publi­ca­tions de la Socié­té des études juives, Paris

Il s’agit des «Anti­qui­tés judaïques» («Iou­daï­kê archaio­lo­gia»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Antiquités judaïques. Tome I. Livres I à V»

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publi­ca­tions de la Socié­té des études juives, Paris

Il s’agit des «Anti­qui­tés judaïques» («Iou­daï­kê archaio­lo­gia»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Contre Apion»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit du «Contre Apion» («Kata Apiô­nos»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Κατὰ Ἀπίωνος». «Le “Contre Apion”, tel est le titre inexact, mais com­mode, sous lequel, s’inspirant de deux pas­sages de saint Jérôme, on a pris l’habitude de dési­gner le der­nier opus­cule de Fla­vius Josèphe, dont le titre véri­table paraît avoir été “De l’antiquité du peuple juif” (“Περὶ τῆς τῶν Ἰουδαίων ἀρχαιότητος”)», explique Théo­dore Rei­nach. Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Guerre des Juifs. Tome III»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Guerre des Juifs» («Peri tou Iou­daï­kou pole­mou»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Guerre des Juifs. Tome II»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Guerre des Juifs» («Peri tou Iou­daï­kou pole­mou»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Guerre des Juifs. Tome I»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Guerre des Juifs» («Peri tou Iou­daï­kou pole­mou»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Autobiographie»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de l’«Auto­bio­gra­phie» («Bios»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Βίος». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

«Le Veda : premier livre sacré de l’Inde. Tome I»

éd. Gérard et Cie, coll. Marabout université-Trésors spirituels de l’humanité, Verviers

éd. Gérard et Cie, coll. Mara­bout uni­ver­si­té-Tré­sors spi­ri­tuels de l’humanité, Ver­viers

Il s’agit du «Ṛgve­da»*, de l’«Athar­va­ve­da»** et autres hymnes hin­dous por­tant le nom de Védas («sciences sacrées») — nom déri­vé de la même racine «vid» qui se trouve dans nos mots «idée», «idole». Il est cer­tain que ces hymnes sont le plus ancien monu­ment de la lit­té­ra­ture de l’Inde (IIe mil­lé­naire av. J.-C.). On peut s’en convaincre déjà par leur langue désuète qui arrête à chaque pas inter­prètes et tra­duc­teurs; mais ce qui le prouve encore mieux, c’est qu’on n’y trouve aucune trace du culte aujourd’hui omni­pré­sent de Râma et de Kṛṣṇa. Je ne vou­drais pas, pour autant, qu’on se fasse une opi­nion trop exa­gé­rée de leur mérite. On a affaire à des bribes de magie décou­sues, à des for­mules de rituel décon­cer­tantes, sortes de bal­bu­tie­ments du verbe, dont l’originalité finit par aga­cer. «Les savants, depuis [Abel] Ber­gaigne sur­tout, ont ces­sé d’admirer dans les Védas les pre­miers hymnes de l’humanité ou de la “race aryenne” en pré­sence [de] la nature… À par­ler franc, les trois quarts et demi du “Ṛgve­da” sont du gali­ma­tias. Les india­nistes le savent et en conviennent volon­tiers entre eux», dit Salo­mon Rei­nach***. La rhé­to­rique védique est, en effet, une rhé­to­rique bizarre, qui effa­rouche les meilleurs savants par la dis­pa­ri­té des images et le che­vau­che­ment des sens. Elle se com­pose de méta­phores sacer­do­tales, com­pli­quées et obs­cures à des­sein, parce que les prêtres védiques, qui vivaient de l’autel, enten­daient s’en réser­ver le mono­pole. Sou­vent, ces méta­phores font, comme nous dirions, d’une pierre deux coups. Deux idées, asso­ciées quelque part à une troi­sième, sont ensuite asso­ciées l’une à l’autre, alors qu’elles hurlent de dégoût de se voir ensemble. Voi­ci un exemple dont l’étrangeté a, du moins, une saveur mytho­lo­gique : Le «soma» («liqueur céleste») sort de la nuée. La nuée est une vache. Le «soma» est donc un lait, ou plu­tôt, c’est un beurre qui a des «pieds», qui a des «sabots», et qu’Indra trouve dans la vache. Le «soma» est donc un veau qui sort d’un «pis», et ce qui est plus fort, du pis d’un mâle, par suite de la sub­sti­tu­tion du mot «nuée» avec le mot «nuage». De là, cet hymne :

«Voi­là le nom secret du beurre :
“Langue des dieux”, “nom­bril de l’immortel”.
Pro­cla­mons le nom du beurre,
Sou­te­nons-le de nos hom­mages en ce sacri­fice!…
Le buffle aux quatre cornes l’a excré­té.
Il a quatre cornes, trois pieds…
Elles jaillissent de l’océan spi­ri­tuel,
Ces cou­lées de beurre cent fois encloses,
Invi­sibles à l’ennemi. Je les consi­dère :
La verge d’or est en leur milieu
», etc.

* En sans­crit «ऋग्वेद». Par­fois trans­crit «Rk Veda», «Rak-véda», «Rag­ve­da», «Rěg­ve­da», «Rik-veda», «Rick Veda» ou «Rig-ved». Haut

** En sans­crit «अथर्ववेद». Haut

*** «Orpheus : his­toire géné­rale des reli­gions», p. 77-78. On peut joindre à cette opi­nion celle de Vol­taire : «Les Védas sont le plus ennuyeux fatras que j’aie jamais lu. Figu­rez-vous la “Légende dorée”, les “Confor­mi­tés de saint Fran­çois d’Assise”, les “Exer­cices spi­ri­tuels” de saint Ignace et les “Ser­mons” de Menot joints ensemble, vous n’aurez encore qu’une idée très impar­faite des imper­ti­nences des Védas» («Lettres chi­noises, indiennes et tar­tares», lettre IX). Haut