Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

« La forêt se mit à pleurer : chansons populaires bulgares »

éd. électronique

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Il s’agit d’une anthologie des chansons traditionnelles de la Bulgarie, chansons qui restent aujourd’hui encore une réalité artistique vivante dans ce pays — une expression des souffrances et des douleurs nationales, une confession des désirs, des aspirations, des rêves populaires, une part sacrée de la vie quotidienne du peuple. En effet, dans l’histoire littéraire de la Bulgarie, les chansons traditionnelles occupent la page la plus précieuse et la plus intéressante. Elles témoignent d’un travail artistique ininterrompu chez les masses populaires et poursuivi à travers de longs siècles ; de dons poétiques manifestes même aux heures les plus noires de l’oppression turque ; d’un génie collectif toujours fécond et étonnamment puissant. « Ces chansons sont l’œuvre d’un peuple qui jusqu’à il y a un siècle n’avait pas une littérature propre, dont il pût faire étalage sur le comptoir de la vanité mondiale », dit un critique bulgare *. « Dans toute notre littérature d’avant le siècle dernier, il n’y a rien de bulgare, hormis l’alphabet. Psautiers, livres de prières, recueils d’homélies — recueils d’homélies, livres de prières, psautiers, les uns après les autres, comme une file de grues chassées par le vent du sud, passent de la Grèce vers nos montagnes, qui les accueillent pour ainsi dire avec indifférence… Tous ces livres [médiévaux] sont des traductions, des imitations ou des compilations, faites par des fonctionnaires de l’Église, et étrangères au peuple lui-même — aussi étrangères que les intérêts politiques et ecclésiastiques que ces fonctionnaires servaient… Il est bien évident que le peuple vivait à l’écart d’eux, plongé qu’il était dans sa misère quotidienne, et que [seul le cahier] renfermant ses chansons — confidentes de sa peine et de sa joie — mérite véritablement le nom de livre bulgare. »

Voici un passage qui donnera une idée du style des chansons traditionnelles de la Bulgarie :
« La Montagne s’amoncela,
Et elle ensevelit deux bergers,
Deux bergers, deux compagnons.
Le premier berger la supplie :
“J’ai une amante qui aura regret pour moi.”
Le deuxième berger la supplie :
“J’ai une mère qui aura regret pour moi.”
La Montagne se met à parler :
“Ô vous, deux bergers,
Le regret d’une amante dure une demi-journée,
Le regret d’une mère dure jusqu’au tombeau !”
La Montagne s’amoncela,
Et elle ensevelit deux bergers
 ».

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* Pentcho Slaveykov.