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«Une Journée de nô»

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard-UNES­CO, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit de «Sane­mo­ri»* et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «実盛». Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Choix de pièces du théâtre lyrique japonais»

dans « Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient », vol. 26, p. 257-358 ; vol. 27, p. 1-147 ; vol. 29, p. 107-259 ; vol. 31, p. 449-483 ; vol. 32, p. 23-69

dans «Bul­le­tin de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient», vol. 26, p. 257-358; vol. 27, p. 1-147; vol. 29, p. 107-259; vol. 31, p. 449-483; vol. 32, p. 23-69

Il s’agit de «Yo-uchi Soga»*Les Soga au com­bat de nuit»**) et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»*** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»****. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «夜討曽我». Haut

** Les deux frères Soga sont les héros d’une célèbre ven­det­ta. On sait que Gorô («cin­quième fils») et Jûrô («dixième fils»), de leurs vrais noms Toki­mune et Suke­na­ri, aidés par la maî­tresse de ce der­nier, péné­trèrent dans la tente de Kudô Suket­sune, leur parent et l’assassin de leur père, et qu’ils le tuèrent. On sait moins la suite de l’histoire; dans le tumulte qui s’ensuivit, Suke­na­ri fut mas­sa­cré, et Toki­mune fut fait pri­son­nier. Haut

*** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

**** «Le “Koji­ki”», p. 83-84. Haut

«Nô et Kyôgen. Tome II. Automne • hiver»

éd. Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit de «Haku Raku­ten»*Bai Juyi») et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «白楽天». Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Nô et Kyôgen. Tome I. Printemps • été»

éd. Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit de «Sen­ju»* et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «千手» ou «千寿». Éga­le­ment connu sous le titre de «Sen­ju Shi­ge­hi­ra» («千手重衡»). Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«La Lande des mortifications : vingt-cinq pièces de nô»

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit de «Mat­su­kaze»* et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «松風». Éga­le­ment connu sous le titre de «Mat­su­kaze Mura­same» («松風村雨»). Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Le Livre des nô : drames légendaires du vieux Japon»

éd. H. Piazza, Paris

éd. H. Piaz­za, Paris

Il s’agit de «Hago­ro­mo»*La Robe de plumes») et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «羽衣». Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Études sur le drame lyrique japonais “nô”»

dans « Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient », vol. 9, nº 2, p. 251-284 ; vol. 9, nº 4, p. 707-738 ; vol. 11, nº 1-2, p. 111-151 ; vol. 12, nº 5, p. 1-63 ; vol. 13, nº 4, p. 1-113 ; vol. 20, nº 1, p. 1-110

dans «Bul­le­tin de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient», vol. 9, no 2, p. 251-284; vol. 9, no 4, p. 707-738; vol. 11, no 1-2, p. 111-151; vol. 12, no 5, p. 1-63; vol. 13, no 4, p. 1-113; vol. 20, no 1, p. 1-110

Il s’agit de «Soto­ba Koma­chi»*Koma­chi et le stû­pa»**) et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»*** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»****. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «卒都婆小町». Haut

** Par­fois tra­duit «Koma­chi au stû­pa». Haut

*** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

**** «Le “Koji­ki”», p. 83-84. Haut

«“Zeshi rokujû igo sarugaku dangi” : entretiens sur le [nô] avec [Zéami], après sa soixantième année»

dans Sakaé Murakami Giroux, « Zéami et ses “Entretiens sur le nô” » (éd. Publications orientalistes de France, coll. Bibliothèque japonaise, Cergy-Pontoise), p. 153-248

dans Sakaé Mura­ka­mi Giroux, «Zéa­mi et ses “Entre­tiens sur le nô”» (éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Biblio­thèque japo­naise, Cer­gy-Pon­toise), p. 153-248

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «“Recueil des seize trai­tés” de Zéa­mi»*Zéa­mi jûro­ku-bu-shû»**) sur la «fleur» du nô, éga­le­ment connu sous le titre de «La Tra­di­tion secrète» («Hiden»***). Une tra­di­tion bien éta­blie affir­mait que Zéa­mi**** — le plus fameux homme de théâtre et dra­ma­turge japo­nais (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — avait com­po­sé un cer­tain nombre d’écrits théo­riques confi­den­tiels, des­ti­nés à être trans­mis à un seul homme par géné­ra­tion, et consi­gnant les secrets de l’art du nô. Mais ce n’est qu’en 1909 que la plu­part de ces écrits furent retrou­vés, à la grande sur­prise des savants japo­nais qui les croyaient défi­ni­ti­ve­ment per­dus. Le «Recueil» de Zéa­mi ren­ferme seize opus­cules qu’il lui a été don­né de mettre par écrit et de déve­lop­per, pen­dant plus de trente ans, sur les moyens de faire s’épanouir dans le cœur du spec­ta­teur une sorte de paroxysme de l’émotion, nom­mé la «fleur» («hana»*****); ils sont l’expression d’un esprit extra­or­di­nai­re­ment raf­fi­né, ser­vi par la sûre­té d’un juge­ment déli­cat. Le maître y appuie sa pen­sée par une quan­ti­té d’allusions aux œuvres qui peuvent la mettre en lumière, depuis les poèmes de l’Antiquité jusqu’aux pièces de théâtre de son propre père. Mais ce fils conscien­cieux, enne­mi de tout pédan­tisme, ne veut pas lais­ser voir les tré­sors d’érudition qu’il a dépen­sés. Aus­si, ces théo­ries qu’il a si lon­gue­ment médi­tées les cache-t-il sous le voile léger d’un style tou­jours dis­cret. Son «Recueil» est un poème en prose, où chaque idée se fait image, où chaque mot éveille un monde de sou­ve­nirs et d’impressions. Ain­si donc, au risque de cho­quer quelques-uns, je crois pou­voir dire que Zéa­mi, théo­ri­cien du nô, est plus inté­res­sant et plus impor­tant que Zéa­mi, dra­ma­turge du nô; son «Recueil» consti­tuant «l’une des réflexions les plus ori­gi­nales et les plus pro­fondes qui se soient jamais atta­chées aux arts du spec­tacle»

* Par­fois tra­duit «Recueil de seize opus­cules». Haut

** En japo­nais «世阿弥十六部集». Haut

*** En japo­nais «秘伝». Haut

**** En japo­nais 世阿弥. Autre­fois trans­crit Sea­mi. Éga­le­ment connu sous le titre de Zeshi (世子), c’est-à-dire «maître Zé». Haut

***** En japo­nais . Haut

Zéami, «L’Île d’or»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Tama, Cergy

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Tama, Cer­gy

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «“Recueil des seize trai­tés” de Zéa­mi»*Zéa­mi jûro­ku-bu-shû»**) sur la «fleur» du nô, éga­le­ment connu sous le titre de «La Tra­di­tion secrète» («Hiden»***). Une tra­di­tion bien éta­blie affir­mait que Zéa­mi**** — le plus fameux homme de théâtre et dra­ma­turge japo­nais (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — avait com­po­sé un cer­tain nombre d’écrits théo­riques confi­den­tiels, des­ti­nés à être trans­mis à un seul homme par géné­ra­tion, et consi­gnant les secrets de l’art du nô. Mais ce n’est qu’en 1909 que la plu­part de ces écrits furent retrou­vés, à la grande sur­prise des savants japo­nais qui les croyaient défi­ni­ti­ve­ment per­dus. Le «Recueil» de Zéa­mi ren­ferme seize opus­cules qu’il lui a été don­né de mettre par écrit et de déve­lop­per, pen­dant plus de trente ans, sur les moyens de faire s’épanouir dans le cœur du spec­ta­teur une sorte de paroxysme de l’émotion, nom­mé la «fleur» («hana»*****); ils sont l’expression d’un esprit extra­or­di­nai­re­ment raf­fi­né, ser­vi par la sûre­té d’un juge­ment déli­cat. Le maître y appuie sa pen­sée par une quan­ti­té d’allusions aux œuvres qui peuvent la mettre en lumière, depuis les poèmes de l’Antiquité jusqu’aux pièces de théâtre de son propre père. Mais ce fils conscien­cieux, enne­mi de tout pédan­tisme, ne veut pas lais­ser voir les tré­sors d’érudition qu’il a dépen­sés. Aus­si, ces théo­ries qu’il a si lon­gue­ment médi­tées les cache-t-il sous le voile léger d’un style tou­jours dis­cret. Son «Recueil» est un poème en prose, où chaque idée se fait image, où chaque mot éveille un monde de sou­ve­nirs et d’impressions. Ain­si donc, au risque de cho­quer quelques-uns, je crois pou­voir dire que Zéa­mi, théo­ri­cien du nô, est plus inté­res­sant et plus impor­tant que Zéa­mi, dra­ma­turge du nô; son «Recueil» consti­tuant «l’une des réflexions les plus ori­gi­nales et les plus pro­fondes qui se soient jamais atta­chées aux arts du spec­tacle»

* Par­fois tra­duit «Recueil de seize opus­cules». Haut

** En japo­nais «世阿弥十六部集». Haut

*** En japo­nais «秘伝». Haut

**** En japo­nais 世阿弥. Autre­fois trans­crit Sea­mi. Éga­le­ment connu sous le titre de Zeshi (世子), c’est-à-dire «maître Zé». Haut

***** En japo­nais . Haut

Zéami, «La Tradition secrète du nô»

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard-UNES­CO, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «“Recueil des seize trai­tés” de Zéa­mi»*Zéa­mi jûro­ku-bu-shû»**) sur la «fleur» du nô, éga­le­ment connu sous le titre de «La Tra­di­tion secrète» («Hiden»***). Une tra­di­tion bien éta­blie affir­mait que Zéa­mi**** — le plus fameux homme de théâtre et dra­ma­turge japo­nais (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — avait com­po­sé un cer­tain nombre d’écrits théo­riques confi­den­tiels, des­ti­nés à être trans­mis à un seul homme par géné­ra­tion, et consi­gnant les secrets de l’art du nô. Mais ce n’est qu’en 1909 que la plu­part de ces écrits furent retrou­vés, à la grande sur­prise des savants japo­nais qui les croyaient défi­ni­ti­ve­ment per­dus. Le «Recueil» de Zéa­mi ren­ferme seize opus­cules qu’il lui a été don­né de mettre par écrit et de déve­lop­per, pen­dant plus de trente ans, sur les moyens de faire s’épanouir dans le cœur du spec­ta­teur une sorte de paroxysme de l’émotion, nom­mé la «fleur» («hana»*****); ils sont l’expression d’un esprit extra­or­di­nai­re­ment raf­fi­né, ser­vi par la sûre­té d’un juge­ment déli­cat. Le maître y appuie sa pen­sée par une quan­ti­té d’allusions aux œuvres qui peuvent la mettre en lumière, depuis les poèmes de l’Antiquité jusqu’aux pièces de théâtre de son propre père. Mais ce fils conscien­cieux, enne­mi de tout pédan­tisme, ne veut pas lais­ser voir les tré­sors d’érudition qu’il a dépen­sés. Aus­si, ces théo­ries qu’il a si lon­gue­ment médi­tées les cache-t-il sous le voile léger d’un style tou­jours dis­cret. Son «Recueil» est un poème en prose, où chaque idée se fait image, où chaque mot éveille un monde de sou­ve­nirs et d’impressions. Ain­si donc, au risque de cho­quer quelques-uns, je crois pou­voir dire que Zéa­mi, théo­ri­cien du nô, est plus inté­res­sant et plus impor­tant que Zéa­mi, dra­ma­turge du nô; son «Recueil» consti­tuant «l’une des réflexions les plus ori­gi­nales et les plus pro­fondes qui se soient jamais atta­chées aux arts du spec­tacle»

* Par­fois tra­duit «Recueil de seize opus­cules». Haut

** En japo­nais «世阿弥十六部集». Haut

*** En japo­nais «秘伝». Haut

**** En japo­nais 世阿弥. Autre­fois trans­crit Sea­mi. Éga­le­ment connu sous le titre de Zeshi (世子), c’est-à-dire «maître Zé». Haut

***** En japo­nais . Haut