Mot-clefpendjabi

pays, gen­tilé ou langue

Muqbal, « Hir et Ranjhan : légende du Penjab »

dans « Revue de l’Orient, de l’Algérie et des colonies », vol. 6, p. 113-148

dans « Re­vue de l’Orient, de l’Algérie et des co­lo­nies », vol. 6, p. 113-148

Il s’agit de l’« His­toire de Hîr et de Rân­jhâ » (« Qissa Hîr-Rân­jhâ »1, ou plus sim­ple­ment « Hîr-Rân­jhâ »2) dans la ver­sion de Mu­q­bal3. C’est pen­dant le siècle et demi entre la mort du der­nier grand Mo­ghol (en l’an 1707) et l’annexion du Pend­jab à la cou­ronne bri­tan­nique (en l’an 1849) que le poème nar­ra­tif pend­jabi a at­teint son apo­gée. L’on ap­pelle ce genre de poème « qissa » (« his­toire »). Ti­rée le plus sou­vent de quelque lé­gende amou­reuse et tra­gique, la « qissa » a ré­sulté de la ren­contre de deux tra­di­tions : l’une, celle pu­re­ment in­dienne des lé­gendes my­tho­lo­giques ; l’autre, celle des ro­mans en vers per­sans, dont l’influence sur la langue et la lit­té­ra­ture pend­ja­bis a été consi­dé­rable. De toutes les « qis­sas », la plus chère au cœur des Pend­ja­bis, c’est l’« His­toire de Hîr et de Rân­jhâ ». La ver­sion de Wa­ris Shah, qui se dis­tingue de celles de Da­mo­dar et de Mu­q­bal par ses nom­breuses pé­ri­pé­ties, peut être ré­su­mée ainsi : Il était une fois un chef de vil­lage qui avait huit fils, dont le ca­det, Rân­jhâ, était son pré­féré ; mais il n’avait pas en­core rendu son der­nier sou­pir, que ses fils s’arrangèrent pour dé­pouiller Rân­jhâ de l’héritage et lui faire quit­ter le pays, avec sa seule flûte sous le bras. Le jeune homme se mit en route, le cœur af­fligé, et ar­riva à la ri­vière Che­nab. Il y vit un bac et pria le pas­seur de bien vou­loir le faire tra­ver­ser. Sé­duites par sa beauté, les deux épouses du pas­seur convain­quirent ce der­nier de le lais­ser mon­ter à bord. Rân­jhâ y trouva un beau lit déjà fait, et s’étant cou­ché, il som­bra bien­tôt dans un pro­fond som­meil. Il en fut tiré par un grand tu­multe au­tour de lui : Hîr, la fille d’un riche pro­prié­taire, ar­ri­vée au bac avec ses soixante com­pagnes, était en train de ré­pri­man­der le nau­to­nier pour avoir laissé un étran­ger souiller son lit ; mais à peine Rân­jhâ eut-il ou­vert les yeux, que la co­lère de Hîr s’évanouit, et qu’elle s’éprit éper­du­ment de lui. Mal­gré l’interdiction du père de Hîr, les deux jeunes gens n’auront dé­sor­mais rien en eux qui ne soit consa­cré à l’amour. L’« His­toire de Hîr et de Rân­jhâ » conti­nue d’être po­pu­laire jusqu’à nos jours dans les cam­pagnes du Pend­jab, qui ont à peine changé de vi­sage. Les Mi­ra­sis ou les Bhats, races de col­por­teurs et de mu­si­ciens am­bu­lants, chantent tou­jours ce poème fa­mi­lier, comme les rhap­sodes de la Grèce chan­taient « L’Iliade » : « Lorsque les la­bou­reurs se ras­semblent sur la “dara” (la “place du vil­lage”) à la fin d’une longue jour­née de tra­vail, on est frappé de voir com­bien ils sont dé­si­reux d’entendre “Hîr et Rân­jhâ” pour apai­ser et dé­las­ser leur es­prit fa­ti­gué. Un homme qui sait bien ré­ci­ter cette his­toire est tou­jours très de­mandé. La po­pu­la­rité de ce poème ne se borne pas aux vil­lages. Les ci­ta­dins [l’]écoutent avec un égal ra­vis­se­ment à la ra­dio »4.

  1. En pend­jabi « ਕਿੱਸਾ ਹੀਰ ਰਾਂਝਾ ». Par­fois trans­crit « Kissa Hir-Ran­jha » ou « Quissa Heer-Ran­jah ». Haut
  2. En pend­jabi « ਹੀਰ ਰਾਂਝਾ ». Par­fois trans­crit « Hīr-Rāṃ­jhā », « Hir-Rand­jha », « Hîr-Rân­j­han », « Hir-Ra­jha » ou « Heer-Ran­jha ». Haut
  1. En pend­jabi ਮੁਕਬਲ. Par­fois trans­crit Mac­bûl, Ma­q­bul, Mak­bul ou Muk­bal. Haut
  2. Dans Ha­kim Mo­ham­med Said, « Hir et Ran­jha, les amants du Pend­jab », p. 32. Haut

Waris Shah, « Hīr : poème panjabi du XVIIIe siècle. Tome I »

éd. Institut français, coll. Publications de l’Institut français d’indologie, Pondichéry

éd. Ins­ti­tut fran­çais, coll. Pu­bli­ca­tions de l’Institut fran­çais d’indologie, Pon­di­chéry

Il s’agit de l’« His­toire de Hîr et de Rân­jhâ » (« Qissa Hîr-Rân­jhâ »1, ou plus sim­ple­ment « Hîr-Rân­jhâ »2) dans la ver­sion de Wa­ris Shah3. C’est pen­dant le siècle et demi entre la mort du der­nier grand Mo­ghol (en l’an 1707) et l’annexion du Pend­jab à la cou­ronne bri­tan­nique (en l’an 1849) que le poème nar­ra­tif pend­jabi a at­teint son apo­gée. L’on ap­pelle ce genre de poème « qissa » (« his­toire »). Ti­rée le plus sou­vent de quelque lé­gende amou­reuse et tra­gique, la « qissa » a ré­sulté de la ren­contre de deux tra­di­tions : l’une, celle pu­re­ment in­dienne des lé­gendes my­tho­lo­giques ; l’autre, celle des ro­mans en vers per­sans, dont l’influence sur la langue et la lit­té­ra­ture pend­ja­bis a été consi­dé­rable. De toutes les « qis­sas », la plus chère au cœur des Pend­ja­bis, c’est l’« His­toire de Hîr et de Rân­jhâ ». La ver­sion de Wa­ris Shah, qui se dis­tingue de celles de Da­mo­dar et de Mu­q­bal par ses nom­breuses pé­ri­pé­ties, peut être ré­su­mée ainsi : Il était une fois un chef de vil­lage qui avait huit fils, dont le ca­det, Rân­jhâ, était son pré­féré ; mais il n’avait pas en­core rendu son der­nier sou­pir, que ses fils s’arrangèrent pour dé­pouiller Rân­jhâ de l’héritage et lui faire quit­ter le pays, avec sa seule flûte sous le bras. Le jeune homme se mit en route, le cœur af­fligé, et ar­riva à la ri­vière Che­nab. Il y vit un bac et pria le pas­seur de bien vou­loir le faire tra­ver­ser. Sé­duites par sa beauté, les deux épouses du pas­seur convain­quirent ce der­nier de le lais­ser mon­ter à bord. Rân­jhâ y trouva un beau lit déjà fait, et s’étant cou­ché, il som­bra bien­tôt dans un pro­fond som­meil. Il en fut tiré par un grand tu­multe au­tour de lui : Hîr, la fille d’un riche pro­prié­taire, ar­ri­vée au bac avec ses soixante com­pagnes, était en train de ré­pri­man­der le nau­to­nier pour avoir laissé un étran­ger souiller son lit ; mais à peine Rân­jhâ eut-il ou­vert les yeux, que la co­lère de Hîr s’évanouit, et qu’elle s’éprit éper­du­ment de lui. Mal­gré l’interdiction du père de Hîr, les deux jeunes gens n’auront dé­sor­mais rien en eux qui ne soit consa­cré à l’amour. L’« His­toire de Hîr et de Rân­jhâ » conti­nue d’être po­pu­laire jusqu’à nos jours dans les cam­pagnes du Pend­jab, qui ont à peine changé de vi­sage. Les Mi­ra­sis ou les Bhats, races de col­por­teurs et de mu­si­ciens am­bu­lants, chantent tou­jours ce poème fa­mi­lier, comme les rhap­sodes de la Grèce chan­taient « L’Iliade » : « Lorsque les la­bou­reurs se ras­semblent sur la “dara” (la “place du vil­lage”) à la fin d’une longue jour­née de tra­vail, on est frappé de voir com­bien ils sont dé­si­reux d’entendre “Hîr et Rân­jhâ” pour apai­ser et dé­las­ser leur es­prit fa­ti­gué. Un homme qui sait bien ré­ci­ter cette his­toire est tou­jours très de­mandé. La po­pu­la­rité de ce poème ne se borne pas aux vil­lages. Les ci­ta­dins [l’]écoutent avec un égal ra­vis­se­ment à la ra­dio »4.

  1. En pend­jabi « ਕਿੱਸਾ ਹੀਰ ਰਾਂਝਾ ». Par­fois trans­crit « Kissa Hir-Ran­jha » ou « Quissa Heer-Ran­jah ». Haut
  2. En pend­jabi « ਹੀਰ ਰਾਂਝਾ ». Par­fois trans­crit « Hīr-Rāṃ­jhā », « Hir-Rand­jha », « Hîr-Rân­j­han », « Hir-Ra­jha » ou « Heer-Ran­jha ». Haut
  1. En pend­jabi ਵਾਰਿਸ ਸ਼ਾਹ. Par­fois trans­crit Wa­ris Schah ou Vā­ris̤ Śāh. Haut
  2. Dans Ha­kim Mo­ham­med Said, « Hir et Ran­jha, les amants du Pend­jab », p. 32. Haut

« Sri Gourou Granth Sahib. Tome IV »

éd. Intellectual Services International, Providenciales

éd. In­tel­lec­tual Ser­vices In­ter­na­tio­nal, Pro­vi­den­ciales

Il s’agit de l’« Adi Granth »1 (le « Pre­mier Livre ») ou « Gou­rou Granth Sa­hib »2 (le « Maître Livre »), le livre saint des si­khs, com­pilé par le cin­quième gou­rou Ar­jan Dev3, puis ré­visé et achevé par le dixième gou­rou Go­bind Singh4. Les si­khs le dé­si­gnent sou­vent sous la vague ap­pel­la­tion de « Granth » (le « Livre »), de même que les chré­tiens citent le leur sous celle de « Bible » (« Bi­blia » si­gni­fiant les « Livres »). Le « Granth » est une œuvre tout à fait unique par rap­port aux ca­nons des autres re­li­gions. Ce qui l’en dis­tingue, c’est qu’il se pré­sente comme une fas­ci­nante an­tho­lo­gie poé­tique, qui ne contient pas seule­ment les psaumes et les hymnes de ses propres fon­da­teurs, comme gou­rou Na­nak5, mais aussi ceux de poètes mys­tiques an­té­rieurs : Ka­bîr, Jaya­deva, Bhi­khan, Nâm-dev… En tout, quinze poètes non si­khs (ap­pe­lés « bha­gats »6) sont in­cor­po­rés au « Granth », dont le plus an­cien est Sheikh Fa­rid né en 1175 apr. J.-C. Les gou­rous, eux, vé­curent entre 1469 et 1708 apr. J.-C. Voilà donc plus de cinq siècles de poé­sie in­dienne, to­ta­li­sant 3 384 poèmes ou 15 575 strophes, et mê­lant le pend­jabi à di­verses autres langues : le sans­crit, le per­san, le hindi… Une tra­di­tion uni­ver­sel­le­ment re­çue rap­porte que le dixième gou­rou, à son lit de mort, ne nomma pas de suc­ces­seur, mais dé­cida que la Pa­role du « Granth » se­rait dé­sor­mais l’éternel gou­rou : « Ici-bas, tous les si­khs sont char­gés de re­con­naître le “Granth” comme leur gou­rou. Re­con­nais “Gou­rou Granth Sa­hib” comme la per­sonne vi­sible des gou­rous. Ceux qui cherchent à ren­con­trer le Sei­gneur dans la Pa­role telle qu’elle s’est ma­ni­fes­tée dans le livre, Le dé­cou­vri­ront »7. De­puis ce jour-là, le « Granth » reste l’unique au­to­rité des si­khs, ainsi que le seul ob­jet de vé­né­ra­tion que l’on voit dans leurs lieux de culte. Leur temple cen­tral, qui s’élève tou­jours à Am­rit­sar8, au mi­lieu de l’étang sa­cré (Am­rit­sar si­gni­fiant « étang de l’immortalité »), ne ren­ferme au­cune idole, mais seule­ment des exem­plaires du « Granth » dé­po­sés sur des cous­sins de soie : « Jour et nuit, sans désem­pa­rer, comme pour réa­li­ser une sorte d’adoration per­pé­tuelle, des “gran­this” chantent sous ces voûtes ré­vé­rées des frag­ments du livre saint en s’accompagnant d’instruments à cordes. Ailleurs les si­khs ont sim­ple­ment des salles d’édification, où un “gran­thi” leur lit… le texte sa­cré », ex­plique Al­bert Ré­ville

  1. En pend­jabi « ਆਦਿ ਗ੍ਰੰਥ ». Par­fois trans­crit « Adi-grant ». Haut
  2. En pend­jabi « ਗੁਰੂ ਗ੍ਰੰਥ ਸਾਹਿਬ ». Par­fois trans­crit « Guru Granth Sa­heb ». Haut
  3. En pend­jabi ਅਰਜਨ ਦੇਵ. Par­fois trans­crit Ar­jun Dev. Haut
  4. En pend­jabi ਗੋਬਿੰਦ ਸਿੰਘ. Par­fois trans­crit Go­vind Singh. Haut
  1. En pend­jabi ਨਾਨਕ. Haut
  2. En pend­jabi ਭਗਤ. Haut
  3. « Le Si­khisme : an­tho­lo­gie de la poé­sie re­li­gieuse », p. 36. Haut
  4. En pend­jabi ਅੰਮ੍ਰਿਤਸਰ. Haut

« Sri Gourou Granth Sahib. Tome III »

éd. Intellectual Services International, Providenciales

éd. In­tel­lec­tual Ser­vices In­ter­na­tio­nal, Pro­vi­den­ciales

Il s’agit de l’« Adi Granth »1 (le « Pre­mier Livre ») ou « Gou­rou Granth Sa­hib »2 (le « Maître Livre »), le livre saint des si­khs, com­pilé par le cin­quième gou­rou Ar­jan Dev3, puis ré­visé et achevé par le dixième gou­rou Go­bind Singh4. Les si­khs le dé­si­gnent sou­vent sous la vague ap­pel­la­tion de « Granth » (le « Livre »), de même que les chré­tiens citent le leur sous celle de « Bible » (« Bi­blia » si­gni­fiant les « Livres »). Le « Granth » est une œuvre tout à fait unique par rap­port aux ca­nons des autres re­li­gions. Ce qui l’en dis­tingue, c’est qu’il se pré­sente comme une fas­ci­nante an­tho­lo­gie poé­tique, qui ne contient pas seule­ment les psaumes et les hymnes de ses propres fon­da­teurs, comme gou­rou Na­nak5, mais aussi ceux de poètes mys­tiques an­té­rieurs : Ka­bîr, Jaya­deva, Bhi­khan, Nâm-dev… En tout, quinze poètes non si­khs (ap­pe­lés « bha­gats »6) sont in­cor­po­rés au « Granth », dont le plus an­cien est Sheikh Fa­rid né en 1175 apr. J.-C. Les gou­rous, eux, vé­curent entre 1469 et 1708 apr. J.-C. Voilà donc plus de cinq siècles de poé­sie in­dienne, to­ta­li­sant 3 384 poèmes ou 15 575 strophes, et mê­lant le pend­jabi à di­verses autres langues : le sans­crit, le per­san, le hindi… Une tra­di­tion uni­ver­sel­le­ment re­çue rap­porte que le dixième gou­rou, à son lit de mort, ne nomma pas de suc­ces­seur, mais dé­cida que la Pa­role du « Granth » se­rait dé­sor­mais l’éternel gou­rou : « Ici-bas, tous les si­khs sont char­gés de re­con­naître le “Granth” comme leur gou­rou. Re­con­nais “Gou­rou Granth Sa­hib” comme la per­sonne vi­sible des gou­rous. Ceux qui cherchent à ren­con­trer le Sei­gneur dans la Pa­role telle qu’elle s’est ma­ni­fes­tée dans le livre, Le dé­cou­vri­ront »7. De­puis ce jour-là, le « Granth » reste l’unique au­to­rité des si­khs, ainsi que le seul ob­jet de vé­né­ra­tion que l’on voit dans leurs lieux de culte. Leur temple cen­tral, qui s’élève tou­jours à Am­rit­sar8, au mi­lieu de l’étang sa­cré (Am­rit­sar si­gni­fiant « étang de l’immortalité »), ne ren­ferme au­cune idole, mais seule­ment des exem­plaires du « Granth » dé­po­sés sur des cous­sins de soie : « Jour et nuit, sans désem­pa­rer, comme pour réa­li­ser une sorte d’adoration per­pé­tuelle, des “gran­this” chantent sous ces voûtes ré­vé­rées des frag­ments du livre saint en s’accompagnant d’instruments à cordes. Ailleurs les si­khs ont sim­ple­ment des salles d’édification, où un “gran­thi” leur lit… le texte sa­cré », ex­plique Al­bert Ré­ville

  1. En pend­jabi « ਆਦਿ ਗ੍ਰੰਥ ». Par­fois trans­crit « Adi-grant ». Haut
  2. En pend­jabi « ਗੁਰੂ ਗ੍ਰੰਥ ਸਾਹਿਬ ». Par­fois trans­crit « Guru Granth Sa­heb ». Haut
  3. En pend­jabi ਅਰਜਨ ਦੇਵ. Par­fois trans­crit Ar­jun Dev. Haut
  4. En pend­jabi ਗੋਬਿੰਦ ਸਿੰਘ. Par­fois trans­crit Go­vind Singh. Haut
  1. En pend­jabi ਨਾਨਕ. Haut
  2. En pend­jabi ਭਗਤ. Haut
  3. « Le Si­khisme : an­tho­lo­gie de la poé­sie re­li­gieuse », p. 36. Haut
  4. En pend­jabi ਅੰਮ੍ਰਿਤਸਰ. Haut

« Sri Gourou Granth Sahib. Tome II »

éd. Intellectual Services International, Providenciales

éd. In­tel­lec­tual Ser­vices In­ter­na­tio­nal, Pro­vi­den­ciales

Il s’agit de l’« Adi Granth »1 (le « Pre­mier Livre ») ou « Gou­rou Granth Sa­hib »2 (le « Maître Livre »), le livre saint des si­khs, com­pilé par le cin­quième gou­rou Ar­jan Dev3, puis ré­visé et achevé par le dixième gou­rou Go­bind Singh4. Les si­khs le dé­si­gnent sou­vent sous la vague ap­pel­la­tion de « Granth » (le « Livre »), de même que les chré­tiens citent le leur sous celle de « Bible » (« Bi­blia » si­gni­fiant les « Livres »). Le « Granth » est une œuvre tout à fait unique par rap­port aux ca­nons des autres re­li­gions. Ce qui l’en dis­tingue, c’est qu’il se pré­sente comme une fas­ci­nante an­tho­lo­gie poé­tique, qui ne contient pas seule­ment les psaumes et les hymnes de ses propres fon­da­teurs, comme gou­rou Na­nak5, mais aussi ceux de poètes mys­tiques an­té­rieurs : Ka­bîr, Jaya­deva, Bhi­khan, Nâm-dev… En tout, quinze poètes non si­khs (ap­pe­lés « bha­gats »6) sont in­cor­po­rés au « Granth », dont le plus an­cien est Sheikh Fa­rid né en 1175 apr. J.-C. Les gou­rous, eux, vé­curent entre 1469 et 1708 apr. J.-C. Voilà donc plus de cinq siècles de poé­sie in­dienne, to­ta­li­sant 3 384 poèmes ou 15 575 strophes, et mê­lant le pend­jabi à di­verses autres langues : le sans­crit, le per­san, le hindi… Une tra­di­tion uni­ver­sel­le­ment re­çue rap­porte que le dixième gou­rou, à son lit de mort, ne nomma pas de suc­ces­seur, mais dé­cida que la Pa­role du « Granth » se­rait dé­sor­mais l’éternel gou­rou : « Ici-bas, tous les si­khs sont char­gés de re­con­naître le “Granth” comme leur gou­rou. Re­con­nais “Gou­rou Granth Sa­hib” comme la per­sonne vi­sible des gou­rous. Ceux qui cherchent à ren­con­trer le Sei­gneur dans la Pa­role telle qu’elle s’est ma­ni­fes­tée dans le livre, Le dé­cou­vri­ront »7. De­puis ce jour-là, le « Granth » reste l’unique au­to­rité des si­khs, ainsi que le seul ob­jet de vé­né­ra­tion que l’on voit dans leurs lieux de culte. Leur temple cen­tral, qui s’élève tou­jours à Am­rit­sar8, au mi­lieu de l’étang sa­cré (Am­rit­sar si­gni­fiant « étang de l’immortalité »), ne ren­ferme au­cune idole, mais seule­ment des exem­plaires du « Granth » dé­po­sés sur des cous­sins de soie : « Jour et nuit, sans désem­pa­rer, comme pour réa­li­ser une sorte d’adoration per­pé­tuelle, des “gran­this” chantent sous ces voûtes ré­vé­rées des frag­ments du livre saint en s’accompagnant d’instruments à cordes. Ailleurs les si­khs ont sim­ple­ment des salles d’édification, où un “gran­thi” leur lit… le texte sa­cré », ex­plique Al­bert Ré­ville

  1. En pend­jabi « ਆਦਿ ਗ੍ਰੰਥ ». Par­fois trans­crit « Adi-grant ». Haut
  2. En pend­jabi « ਗੁਰੂ ਗ੍ਰੰਥ ਸਾਹਿਬ ». Par­fois trans­crit « Guru Granth Sa­heb ». Haut
  3. En pend­jabi ਅਰਜਨ ਦੇਵ. Par­fois trans­crit Ar­jun Dev. Haut
  4. En pend­jabi ਗੋਬਿੰਦ ਸਿੰਘ. Par­fois trans­crit Go­vind Singh. Haut
  1. En pend­jabi ਨਾਨਕ. Haut
  2. En pend­jabi ਭਗਤ. Haut
  3. « Le Si­khisme : an­tho­lo­gie de la poé­sie re­li­gieuse », p. 36. Haut
  4. En pend­jabi ਅੰਮ੍ਰਿਤਸਰ. Haut

« Sri Gourou Granth Sahib. Tome I »

éd. Intellectual Services International, Providenciales

éd. In­tel­lec­tual Ser­vices In­ter­na­tio­nal, Pro­vi­den­ciales

Il s’agit de l’« Adi Granth »1 (le « Pre­mier Livre ») ou « Gou­rou Granth Sa­hib »2 (le « Maître Livre »), le livre saint des si­khs, com­pilé par le cin­quième gou­rou Ar­jan Dev3, puis ré­visé et achevé par le dixième gou­rou Go­bind Singh4. Les si­khs le dé­si­gnent sou­vent sous la vague ap­pel­la­tion de « Granth » (le « Livre »), de même que les chré­tiens citent le leur sous celle de « Bible » (« Bi­blia » si­gni­fiant les « Livres »). Le « Granth » est une œuvre tout à fait unique par rap­port aux ca­nons des autres re­li­gions. Ce qui l’en dis­tingue, c’est qu’il se pré­sente comme une fas­ci­nante an­tho­lo­gie poé­tique, qui ne contient pas seule­ment les psaumes et les hymnes de ses propres fon­da­teurs, comme gou­rou Na­nak5, mais aussi ceux de poètes mys­tiques an­té­rieurs : Ka­bîr, Jaya­deva, Bhi­khan, Nâm-dev… En tout, quinze poètes non si­khs (ap­pe­lés « bha­gats »6) sont in­cor­po­rés au « Granth », dont le plus an­cien est Sheikh Fa­rid né en 1175 apr. J.-C. Les gou­rous, eux, vé­curent entre 1469 et 1708 apr. J.-C. Voilà donc plus de cinq siècles de poé­sie in­dienne, to­ta­li­sant 3 384 poèmes ou 15 575 strophes, et mê­lant le pend­jabi à di­verses autres langues : le sans­crit, le per­san, le hindi… Une tra­di­tion uni­ver­sel­le­ment re­çue rap­porte que le dixième gou­rou, à son lit de mort, ne nomma pas de suc­ces­seur, mais dé­cida que la Pa­role du « Granth » se­rait dé­sor­mais l’éternel gou­rou : « Ici-bas, tous les si­khs sont char­gés de re­con­naître le “Granth” comme leur gou­rou. Re­con­nais “Gou­rou Granth Sa­hib” comme la per­sonne vi­sible des gou­rous. Ceux qui cherchent à ren­con­trer le Sei­gneur dans la Pa­role telle qu’elle s’est ma­ni­fes­tée dans le livre, Le dé­cou­vri­ront »7. De­puis ce jour-là, le « Granth » reste l’unique au­to­rité des si­khs, ainsi que le seul ob­jet de vé­né­ra­tion que l’on voit dans leurs lieux de culte. Leur temple cen­tral, qui s’élève tou­jours à Am­rit­sar8, au mi­lieu de l’étang sa­cré (Am­rit­sar si­gni­fiant « étang de l’immortalité »), ne ren­ferme au­cune idole, mais seule­ment des exem­plaires du « Granth » dé­po­sés sur des cous­sins de soie : « Jour et nuit, sans désem­pa­rer, comme pour réa­li­ser une sorte d’adoration per­pé­tuelle, des “gran­this” chantent sous ces voûtes ré­vé­rées des frag­ments du livre saint en s’accompagnant d’instruments à cordes. Ailleurs les si­khs ont sim­ple­ment des salles d’édification, où un “gran­thi” leur lit… le texte sa­cré », ex­plique Al­bert Ré­ville

  1. En pend­jabi « ਆਦਿ ਗ੍ਰੰਥ ». Par­fois trans­crit « Adi-grant ». Haut
  2. En pend­jabi « ਗੁਰੂ ਗ੍ਰੰਥ ਸਾਹਿਬ ». Par­fois trans­crit « Guru Granth Sa­heb ». Haut
  3. En pend­jabi ਅਰਜਨ ਦੇਵ. Par­fois trans­crit Ar­jun Dev. Haut
  4. En pend­jabi ਗੋਬਿੰਦ ਸਿੰਘ. Par­fois trans­crit Go­vind Singh. Haut
  1. En pend­jabi ਨਾਨਕ. Haut
  2. En pend­jabi ਭਗਤ. Haut
  3. « Le Si­khisme : an­tho­lo­gie de la poé­sie re­li­gieuse », p. 36. Haut
  4. En pend­jabi ਅੰਮ੍ਰਿਤਸਰ. Haut