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Mot-clefpossession (anthropologie)

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«Une Journée de nô»

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard-UNES­CO, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit de «Sane­mo­ri»* et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «実盛». Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Choix de pièces du théâtre lyrique japonais»

dans « Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient », vol. 26, p. 257-358 ; vol. 27, p. 1-147 ; vol. 29, p. 107-259 ; vol. 31, p. 449-483 ; vol. 32, p. 23-69

dans «Bul­le­tin de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient», vol. 26, p. 257-358; vol. 27, p. 1-147; vol. 29, p. 107-259; vol. 31, p. 449-483; vol. 32, p. 23-69

Il s’agit de «Yo-uchi Soga»*Les Soga au com­bat de nuit»**) et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»*** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»****. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «夜討曽我». Haut

** Les deux frères Soga sont les héros d’une célèbre ven­det­ta. On sait que Gorô («cin­quième fils») et Jûrô («dixième fils»), de leurs vrais noms Toki­mune et Suke­na­ri, aidés par la maî­tresse de ce der­nier, péné­trèrent dans la tente de Kudô Suket­sune, leur parent et l’assassin de leur père, et qu’ils le tuèrent. On sait moins la suite de l’histoire; dans le tumulte qui s’ensuivit, Suke­na­ri fut mas­sa­cré, et Toki­mune fut fait pri­son­nier. Haut

*** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

**** «Le “Koji­ki”», p. 83-84. Haut

«Nô et Kyôgen. Tome II. Automne • hiver»

éd. Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit de «Haku Raku­ten»*Bai Juyi») et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «白楽天». Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Nô et Kyôgen. Tome I. Printemps • été»

éd. Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. UNESCO d’œuvres repré­sen­ta­tives-Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit de «Sen­ju»* et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «千手» ou «千寿». Éga­le­ment connu sous le titre de «Sen­ju Shi­ge­hi­ra» («千手重衡»). Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«La Lande des mortifications : vingt-cinq pièces de nô»

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit de «Mat­su­kaze»* et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «松風». Éga­le­ment connu sous le titre de «Mat­su­kaze Mura­same» («松風村雨»). Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Le Livre des nô : drames légendaires du vieux Japon»

éd. H. Piazza, Paris

éd. H. Piaz­za, Paris

Il s’agit de «Hago­ro­mo»*La Robe de plumes») et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»***. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «羽衣». Haut

** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

«Études sur le drame lyrique japonais “nô”»

dans « Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient », vol. 9, nº 2, p. 251-284 ; vol. 9, nº 4, p. 707-738 ; vol. 11, nº 1-2, p. 111-151 ; vol. 12, nº 5, p. 1-63 ; vol. 13, nº 4, p. 1-113 ; vol. 20, nº 1, p. 1-110

dans «Bul­le­tin de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient», vol. 9, no 2, p. 251-284; vol. 9, no 4, p. 707-738; vol. 11, no 1-2, p. 111-151; vol. 12, no 5, p. 1-63; vol. 13, no 4, p. 1-113; vol. 20, no 1, p. 1-110

Il s’agit de «Soto­ba Koma­chi»*Koma­chi et le stû­pa»**) et autres nô. Les Japo­nais ont le rare pri­vi­lège de pos­sé­der, en propre, une forme de drame lyrique — le «»*** (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — qui mal­gré la dif­fé­rence abso­lue des tra­di­tions, des sujets et de cer­tains modes d’expression, peut être com­pa­rée, sans trop de para­doxe, à la tra­gé­die grecque du siècle de Péri­clès. Comme cette tra­gé­die, le nô fut tout d’abord le déve­lop­pe­ment et comme l’annexe des chants, danses et chœurs qui accom­pa­gnaient la célé­bra­tion des céré­mo­nies reli­gieuses. Une déesse, disent les Japo­nais, inau­gu­ra cette forme théâ­trale, et voi­ci dans quelles cir­cons­tances, si l’on en croit le «Koji­ki». Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, irri­tée des méchan­ce­tés de son frère, déci­da, un jour, de se cacher dans la grotte rocheuse du ciel dont elle bar­ra la porte. De ce fait, le ciel et la terre furent plon­gés dans de pro­fondes ténèbres. Et cha­cun, on le pense bien, était fort inquiet. Les huit mil­lions de dieux se ras­sem­blèrent alors sur les bords de la Voie lac­tée, pour déli­bé­rer des mesures qu’il conve­nait de prendre, afin de faire ces­ser cette situa­tion cri­tique. Confor­mé­ment à leur avis, on essaya bien des ruses pour for­cer Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel à sor­tir de sa grotte, mais aucune ne réus­sit. C’est alors que Majes­té-Fémi­nine-Uzu-Céleste eut l’idée d’exécuter une danse ori­gi­nale : «Se coif­fant de branches de fusain céleste… elle ren­ver­sa un fût vide devant la porte de la grotte et cla­qua des talons. Tout en dan­sant jusqu’au paroxysme elle décou­vrit sa poi­trine et bais­sa la cein­ture de son vête­ment jusqu’à son sexe. Alors la Haute-Plaine-du-Ciel devint bruyante, et les huit mil­lions de “kamis” se mirent à rire»****. Grande-Auguste-Kami-Illu­mi­nant-le-Ciel, intri­guée, entr’ouvrit la porte de sa pri­son volon­taire. La lumière repa­rut au ciel et sur terre. Le diver­tis­se­ment divin de ce temps-là fut, dit-on, le pre­mier des nô.

* En japo­nais «卒都婆小町». Haut

** Par­fois tra­duit «Koma­chi au stû­pa». Haut

*** En japo­nais . Par­fois trans­crit «noh» ou «nou». Haut

**** «Le “Koji­ki”», p. 83-84. Haut

Murasaki-shikibu, «Poèmes»

éd. Publications orientalistes de France, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, Paris

Il s’agit du «Recueil de Mura­sa­ki-shi­ki­bu» («Mura­sa­ki-shi­ki­bu shû»*). Le chef-d’œuvre de la prose qu’est le «Dit du gen­ji» fait par­fois oublier que son auteur était aus­si comp­tée par­mi les trente-six «génies de la poé­sie», autant pour les sept cent quatre-vingt-qua­torze poèmes qu’elle attri­bue aux per­son­nages de son roman, que pour ceux, plus per­son­nels, que contient son «Recueil».

«Il m’est arri­vé par­fois de res­ter assise par­mi [les autres dames de la Cour], com­plè­te­ment désem­pa­rée. Ce n’est point tant que je crai­gnisse la médi­sance, mais excé­dée, je finis­sais par avoir l’air tout à fait éga­rée, ce qui fait que l’une après l’autre main­te­nant me dit : “Vous cachiez bien votre jeu! Quand tout le monde vous détes­tait, disant et pen­sant que vous étiez manié­rée, dis­tante, d’un abord peu amène, imbue de vos dits, pré­ten­tieuse et férue de poé­sie… voi­ci qu’on vous trouve étran­ge­ment bonne per­sonne, à croire qu’il s’agit de quelqu’un d’autre!”»** Tel est l’un des seuls pas­sages de son «Jour­nal» où la dame Mura­sa­ki-shi­ki­bu rap­porte des pro­pos sur son propre compte. C’est un pas­sage révé­la­teur. «Femme d’une nature ren­fer­mée»***, elle était convain­cue que les gens ne la com­pre­naient pas. Elle pre­nait peu de plai­sir au com­merce de la socié­té et elle avait la répu­ta­tion, assez excep­tion­nelle dans son cercle, d’être prude.

* En japo­nais «紫式部集». Haut

** «Jour­nal; tra­duit du japo­nais par René Sief­fert», p. 101. Haut

*** id. p. 93. Haut

Murasaki-shikibu, «Le Dit du genji. Tome II. Impermanence»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Les Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit du «Dit du gen­ji» («Gen­ji mono­ga­ta­ri»*) de la dame Mura­sa­ki-shi­ki­bu**, roman qui marque le som­met le plus haut atteint par la lit­té­ra­ture japo­naise. «De tous les tré­sors du Japon, le “Dit du gen­ji” est de loin le plus pré­cieux.»*** On sup­pose que ce roman monu­men­tal fut com­po­sé vers 1004 apr. J.-C. Une jolie légende asso­cie sa com­po­si­tion au temple d’Ishiyama****, à l’extrémité méri­dio­nale du lac Biwa. En ce site divin, la dame Mura­sa­ki-shi­ki­bu se reti­ra, dit-on, loin de la Cour : chaque nuit, accou­dée à sa table, elle contem­plait le lac Biwa dont la nappe argen­tée réflé­chis­sait la lune étin­ce­lante et, la séré­ni­té des choses entrant dans son cœur, elle écri­vait, d’un pin­ceau tran­quille et ins­pi­ré, ses plus belles pages. Aujourd’hui encore, si vous visi­tez le temple d’Ishiyama, les bonzes vous mon­tre­ront la chambre où le «Dit du gen­ji» fut écrit, et l’encrier même dont la roman­cière se ser­vit — preuves qui, si elles ne satis­font pas les his­to­riens rigou­reux, sont bien suf­fi­santes pour convaincre les visi­teurs ordi­naires. «Le “Dit du gen­ji” est une chose inex­pli­cable», dit un Empe­reur japo­nais*****. «Il ne peut être l’ouvrage d’une per­sonne ordi­naire.» Com­ment, en effet, expli­quer ce chef-d’œuvre com­plexe où, sur un fond d’exquises obser­va­tions emprun­tées à tout ce que la vie galante de la Cour, les brillantes fêtes du Palais, les ren­contres intimes entre cava­liers et dames, mais aus­si les rivages de l’exil ou la paix reli­gieuse d’un ermi­tage, peuvent offrir de plus char­mant à une roman­cière, on voit se déta­cher une constel­la­tion de quelque trois cents per­son­nages, dont l’unité est assu­rée par la pré­sence cen­trale d’un don Juan au cœur sen­sible — le «gen­ji»******? Et que dire des quelque huit cents poèmes que ces per­son­nages s’envoient les uns aux autres sous forme de billets pour se confier mutuel­le­ment leurs émo­tions? Quoi qu’il en soit, conve­nons avec M. René Sief­fert******* «qu’il s’agit là… du roman psy­cho­lo­gique le plus éton­nant, par sa sub­ti­li­té et sa péné­tra­tion, qui ait jamais été écrit dans aucune langue».

* En japo­nais «源氏物語». Autre­fois trans­crit «Gen-zi mono-gata­ri», «Ghen­zi mono­ga­ta­ri», «Guend­ji mono­ga­ta­ri», «Guen­ji-mono­ga­ta­ri», «Ghennd­ji mono­gha­ta­ri», «Ghen­ji mono­ga­ta­ri» ou «Ghenn­ji mono­ga­ta­ri». Haut

** En japo­nais 紫式部. Autre­fois trans­crit Mou­ra­sa­ki Chi­ki­bou, Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou ou Mou­ra­sa­ki Siki­bou. Haut

*** Ichi­jô Kaneyo­shi, «Kachô yosei» («Images de fleurs et d’oiseaux»), inédit en fran­çais. Haut

**** En japo­nais 石山寺. Haut

***** L’Empereur Jun­to­ku. Haut

****** «Gen­ji» est un titre hono­ri­fique accor­dé à un fils ou à une fille d’Empereur à qui est refu­sée la qua­li­té d’héritier ou d’héritière. Haut

******* Dans Phi­lippe Pons, «“Le Dit du gen­ji”, un fleuve sans fin : un entre­tien». Haut

Murasaki-shikibu, «Le Dit du genji. Tome I. Magnificence»

éd. Publications orientalistes de France, coll. Les Œuvres capitales de la littérature japonaise, Paris

éd. Publi­ca­tions orien­ta­listes de France, coll. Les Œuvres capi­tales de la lit­té­ra­ture japo­naise, Paris

Il s’agit du «Dit du gen­ji» («Gen­ji mono­ga­ta­ri»*) de la dame Mura­sa­ki-shi­ki­bu**, roman qui marque le som­met le plus haut atteint par la lit­té­ra­ture japo­naise. «De tous les tré­sors du Japon, le “Dit du gen­ji” est de loin le plus pré­cieux.»*** On sup­pose que ce roman monu­men­tal fut com­po­sé vers 1004 apr. J.-C. Une jolie légende asso­cie sa com­po­si­tion au temple d’Ishiyama****, à l’extrémité méri­dio­nale du lac Biwa. En ce site divin, la dame Mura­sa­ki-shi­ki­bu se reti­ra, dit-on, loin de la Cour : chaque nuit, accou­dée à sa table, elle contem­plait le lac Biwa dont la nappe argen­tée réflé­chis­sait la lune étin­ce­lante et, la séré­ni­té des choses entrant dans son cœur, elle écri­vait, d’un pin­ceau tran­quille et ins­pi­ré, ses plus belles pages. Aujourd’hui encore, si vous visi­tez le temple d’Ishiyama, les bonzes vous mon­tre­ront la chambre où le «Dit du gen­ji» fut écrit, et l’encrier même dont la roman­cière se ser­vit — preuves qui, si elles ne satis­font pas les his­to­riens rigou­reux, sont bien suf­fi­santes pour convaincre les visi­teurs ordi­naires. «Le “Dit du gen­ji” est une chose inex­pli­cable», dit un Empe­reur japo­nais*****. «Il ne peut être l’ouvrage d’une per­sonne ordi­naire.» Com­ment, en effet, expli­quer ce chef-d’œuvre com­plexe où, sur un fond d’exquises obser­va­tions emprun­tées à tout ce que la vie galante de la Cour, les brillantes fêtes du Palais, les ren­contres intimes entre cava­liers et dames, mais aus­si les rivages de l’exil ou la paix reli­gieuse d’un ermi­tage, peuvent offrir de plus char­mant à une roman­cière, on voit se déta­cher une constel­la­tion de quelque trois cents per­son­nages, dont l’unité est assu­rée par la pré­sence cen­trale d’un don Juan au cœur sen­sible — le «gen­ji»******? Et que dire des quelque huit cents poèmes que ces per­son­nages s’envoient les uns aux autres sous forme de billets pour se confier mutuel­le­ment leurs émo­tions? Quoi qu’il en soit, conve­nons avec M. René Sief­fert******* «qu’il s’agit là… du roman psy­cho­lo­gique le plus éton­nant, par sa sub­ti­li­té et sa péné­tra­tion, qui ait jamais été écrit dans aucune langue».

* En japo­nais «源氏物語». Autre­fois trans­crit «Gen-zi mono-gata­ri», «Ghen­zi mono­ga­ta­ri», «Guend­ji mono­ga­ta­ri», «Guen­ji-mono­ga­ta­ri», «Ghennd­ji mono­gha­ta­ri», «Ghen­ji mono­ga­ta­ri» ou «Ghenn­ji mono­ga­ta­ri». Haut

** En japo­nais 紫式部. Autre­fois trans­crit Mou­ra­sa­ki Chi­ki­bou, Mou­ra­ça­ki Shi­ki­bou ou Mou­ra­sa­ki Siki­bou. Haut

*** Ichi­jô Kaneyo­shi, «Kachô yosei» («Images de fleurs et d’oiseaux»), inédit en fran­çais. Haut

**** En japo­nais 石山寺. Haut

***** L’Empereur Jun­to­ku. Haut

****** «Gen­ji» est un titre hono­ri­fique accor­dé à un fils ou à une fille d’Empereur à qui est refu­sée la qua­li­té d’héritier ou d’héritière. Haut

******* Dans Phi­lippe Pons, «“Le Dit du gen­ji”, un fleuve sans fin : un entre­tien». Haut