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Faxian, «Mémoire sur les pays bouddhiques»

éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque chinoise, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Biblio­thèque chi­noise, Paris

Il s’agit du «Mémoire sur les pays boud­dhiques»*Fo guo ji»**) de Faxian***. La vaste lit­té­ra­ture de la Chine contient une série de bio­gra­phies et de mémoires où se trouvent rela­tés les voyages d’éminents moines boud­dhistes qui — à des dates dif­fé­rentes, mais com­prises pour la plu­part entre le Ve et le VIIe siècle — sor­tirent de leur propre patrie (la Chine) pour se rendre dans celle de leur Dieu (l’Inde), en bra­vant des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables : «Ils sont allés jusqu’aux limites du monde et ils ont vu là où toutes choses finissent»****. L’immense entre­prise sino-indienne de ces pèle­rins, qui s’en allaient cher­cher une idée plus claire de leur foi, doit être saluée — au-delà de son sens reli­gieux — comme l’une des mani­fes­ta­tions les plus évi­dentes de l’humanisme. Non contents de remon­ter, sur les pas du Boud­dha, jusqu’aux lieux saints de l’Inde, ces hommes d’action et d’étude appre­naient le sans­crit et se pro­cu­raient des masses de manus­crits, qu’ils emme­naient avec eux au retour et qu’ils consa­craient tout le reste de leur vie à tra­duire, entou­rés de dis­ciples. Leur impor­tance dans l’histoire spi­ri­tuelle de l’Asie fut inouïe. N’eût été leur rôle de média­teurs, le sen­ti­ment boud­dhique ne se fût sans doute jamais per­pé­tué en Chine. Pour­tant, les périls et les dan­gers que ren­con­traient ces voya­geurs, en s’aventurant par-delà l’Himalaya, auraient pu décou­ra­ger même les plus vaillants. Ceux qui pas­saient par terre devaient tra­ver­ser des déserts épou­van­tables où la route à suivre était mar­quée par les osse­ments des bêtes et des gens qui y avaient trou­vé la mort; ceux qui, à l’inverse, choi­sis­saient la voie de mer hasar­daient leur vie sur de lourdes jonques qui som­braient corps et bien au pre­mier gros temps. L’un d’eux***** déclare en pré­am­bule de sa «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest» : «Consi­dé­rons depuis les temps anciens ceux qui [par­tis de Chine] ont été à l’étranger en fai­sant peu de cas de la vie et en se sacri­fiant pour la Loi… Tous comp­taient reve­nir, [et] cepen­dant, la voie triom­phante était semée de dif­fi­cul­tés; les lieux saints étaient éloi­gnés et vastes. Pour des dizaines qui ver­dirent et fleu­rirent, et pour plu­sieurs qui entre­prirent, il y en eut à peine un qui noua ses fruits et don­na des résul­tats véri­tables, et il y en eut peu qui ache­vèrent leur œuvre. La vraie cause en fut les immen­si­tés des déserts pier­reux du pays de l’éléphant [c’est-à-dire l’Inde] et l’éclat du soleil qui crache son ardeur; ou les masses d’eau des vagues sou­le­vées par le pois­son gigan­tesque».

* Autre­fois tra­duit «Rela­tion des royaumes boud­dhiques». Haut

** En chi­nois «佛國記». Autre­fois trans­crit «Foĕ kouĕ ki», «Foe kue ki», «Fo kouo ki» ou «Fo kuo chi». Éga­le­ment connu sous le titre de «法顯傳» («Fa xian zhuan»), c’est-à-dire «Bio­gra­phie de Faxian». Autre­fois trans­crit «Fa-hien-tch’ouen», «Fa-hien tchouan» ou «Fa-hsien chuan». Haut

*** En chi­nois 法顯. Par­fois trans­crit Fă Hian, Fah-hiyan, Fa-hein, Fa-hien ou Fa-hsien. Haut

**** Dans Lévy, «Les Pèle­rins chi­nois en Inde». Haut

***** Yijing. Haut

Huili et Yancong, «Histoire de la vie de Xuanzang et de ses voyages dans l’Inde, depuis l’an 629 jusqu’en 645»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la «Bio­gra­phie de Xuan­zang», ou lit­té­ra­le­ment «Bio­gra­phie du Maître des Trois Cor­beilles de la Loi du monas­tère de la Grande Bien­veillance»*Da ci en si san zang fa shi zhuan»**) de Hui­li*** et Yan­cong****. La vaste lit­té­ra­ture de la Chine contient une série de bio­gra­phies et de mémoires où se trouvent rela­tés les voyages d’éminents moines boud­dhistes qui — à des dates dif­fé­rentes, mais com­prises pour la plu­part entre le Ve et le VIIe siècle — sor­tirent de leur propre patrie (la Chine) pour se rendre dans celle de leur Dieu (l’Inde), en bra­vant des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables : «Ils sont allés jusqu’aux limites du monde et ils ont vu là où toutes choses finissent»*****. L’immense entre­prise sino-indienne de ces pèle­rins, qui s’en allaient cher­cher une idée plus claire de leur foi, doit être saluée — au-delà de son sens reli­gieux — comme l’une des mani­fes­ta­tions les plus évi­dentes de l’humanisme. Non contents de remon­ter, sur les pas du Boud­dha, jusqu’aux lieux saints de l’Inde, ces hommes d’action et d’étude appre­naient le sans­crit et se pro­cu­raient des masses de manus­crits, qu’ils emme­naient avec eux au retour et qu’ils consa­craient tout le reste de leur vie à tra­duire, entou­rés de dis­ciples. Leur impor­tance dans l’histoire spi­ri­tuelle de l’Asie fut inouïe. N’eût été leur rôle de média­teurs, le sen­ti­ment boud­dhique ne se fût sans doute jamais per­pé­tué en Chine. Pour­tant, les périls et les dan­gers que ren­con­traient ces voya­geurs, en s’aventurant par-delà l’Himalaya, auraient pu décou­ra­ger même les plus vaillants. Ceux qui pas­saient par terre devaient tra­ver­ser des déserts épou­van­tables où la route à suivre était mar­quée par les osse­ments des bêtes et des gens qui y avaient trou­vé la mort; ceux qui, à l’inverse, choi­sis­saient la voie de mer hasar­daient leur vie sur de lourdes jonques qui som­braient corps et bien au pre­mier gros temps. L’un d’eux****** déclare en pré­am­bule de sa «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest» : «Consi­dé­rons depuis les temps anciens ceux qui [par­tis de Chine] ont été à l’étranger en fai­sant peu de cas de la vie et en se sacri­fiant pour la Loi… Tous comp­taient reve­nir, [et] cepen­dant, la voie triom­phante était semée de dif­fi­cul­tés; les lieux saints étaient éloi­gnés et vastes. Pour des dizaines qui ver­dirent et fleu­rirent, et pour plu­sieurs qui entre­prirent, il y en eut à peine un qui noua ses fruits et don­na des résul­tats véri­tables, et il y en eut peu qui ache­vèrent leur œuvre. La vraie cause en fut les immen­si­tés des déserts pier­reux du pays de l’éléphant [c’est-à-dire l’Inde] et l’éclat du soleil qui crache son ardeur; ou les masses d’eau des vagues sou­le­vées par le pois­son gigan­tesque».

* Autre­fois tra­duit «His­toire de la vie de Hiouen-thsang», «His­toire du Maître de la Loi des Trois Cor­beilles du couvent de la Grande Bien­fai­sance», «La Vie de Maître San­zang du monas­tère de la Grande Bien­veillance», «Bio­gra­phie du Maître Tri­piṭa­ka du temple de la Grande Com­pas­sion» ou «Bio­gra­phie du Maître de la Loi des Trois Cor­beilles du monas­tère de la Grande Com­pas­sion». Haut

** En chi­nois «大慈恩寺三藏法師傳». Autre­fois trans­crit «Ta-ts’e-’en-sse-san-thsang-fa-sse-tch’ouen», «Ta-ts’eu-ngen-sseu san-tsang fa-che tchouan», «Ta-tz’u-en-szu san-tsang fa-shih chuan» ou «Ta-tz’u-en-ssu san-tsang fa-shih chuan». Éga­le­ment connu sous le titre allon­gé de «大唐大慈恩寺三藏法師傳» («Da Tang da ci en si san zang fa shi zhuan»), c’est-à-dire «Bio­gra­phie du Maître des Trois Cor­beilles de la Loi rési­dant au monas­tère de la Grande Bien­veillance à l’époque des grands Tang». Haut

*** En chi­nois 慧立. Par­fois trans­crit Hoeï-li, Houei-li, Kwui Li ou Hwui-li. Haut

**** En chi­nois 彥悰. Par­fois trans­crit Yen-thsang, Yen-thsong, Yen-ts’ong ou Yen Ts’ung. Haut

***** Dans Lévy, «Les Pèle­rins chi­nois en Inde». Haut

****** Yijing. Haut

Xuanzang, «Mémoires sur les contrées occidentales. Tome II. Livres IX à XII»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Mémoires sur les contrées de l’Ouest* à l’époque des grands Tang»**Da Tang xi yu ji»***) de Xuan­zang****. La vaste lit­té­ra­ture de la Chine contient une série de bio­gra­phies et de mémoires où se trouvent rela­tés les voyages d’éminents moines boud­dhistes qui — à des dates dif­fé­rentes, mais com­prises pour la plu­part entre le Ve et le VIIe siècle — sor­tirent de leur propre patrie (la Chine) pour se rendre dans celle de leur Dieu (l’Inde), en bra­vant des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables : «Ils sont allés jusqu’aux limites du monde et ils ont vu là où toutes choses finissent»*****. L’immense entre­prise sino-indienne de ces pèle­rins, qui s’en allaient cher­cher une idée plus claire de leur foi, doit être saluée — au-delà de son sens reli­gieux — comme l’une des mani­fes­ta­tions les plus évi­dentes de l’humanisme. Non contents de remon­ter, sur les pas du Boud­dha, jusqu’aux lieux saints de l’Inde, ces hommes d’action et d’étude appre­naient le sans­crit et se pro­cu­raient des masses de manus­crits, qu’ils emme­naient avec eux au retour et qu’ils consa­craient tout le reste de leur vie à tra­duire, entou­rés de dis­ciples. Leur impor­tance dans l’histoire spi­ri­tuelle de l’Asie fut inouïe. N’eût été leur rôle de média­teurs, le sen­ti­ment boud­dhique ne se fût sans doute jamais per­pé­tué en Chine. Pour­tant, les périls et les dan­gers que ren­con­traient ces voya­geurs, en s’aventurant par-delà l’Himalaya, auraient pu décou­ra­ger même les plus vaillants. Ceux qui pas­saient par terre devaient tra­ver­ser des déserts épou­van­tables où la route à suivre était mar­quée par les osse­ments des bêtes et des gens qui y avaient trou­vé la mort; ceux qui, à l’inverse, choi­sis­saient la voie de mer hasar­daient leur vie sur de lourdes jonques qui som­braient corps et bien au pre­mier gros temps. L’un d’eux****** déclare en pré­am­bule de sa «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest» : «Consi­dé­rons depuis les temps anciens ceux qui [par­tis de Chine] ont été à l’étranger en fai­sant peu de cas de la vie et en se sacri­fiant pour la Loi… Tous comp­taient reve­nir, [et] cepen­dant, la voie triom­phante était semée de dif­fi­cul­tés; les lieux saints étaient éloi­gnés et vastes. Pour des dizaines qui ver­dirent et fleu­rirent, et pour plu­sieurs qui entre­prirent, il y en eut à peine un qui noua ses fruits et don­na des résul­tats véri­tables, et il y en eut peu qui ache­vèrent leur œuvre. La vraie cause en fut les immen­si­tés des déserts pier­reux du pays de l’éléphant [c’est-à-dire l’Inde] et l’éclat du soleil qui crache son ardeur; ou les masses d’eau des vagues sou­le­vées par le pois­son gigan­tesque».

* L’Asie cen­trale et l’Inde, situées à l’Ouest de l’Empire chi­nois. Haut

** Autre­fois tra­duit «Mémoires sur les contrées occi­den­tales, com­po­sés sous la dynas­tie des grands Thang». Haut

*** En chi­nois «大唐西域記». Autre­fois trans­crit «Ta-Thang-si-yu-ki», «Ta-Thang-hsi-yu-tchi» ou «Ta T’ang hsi-yü chi». Éga­le­ment connu sous le titre abré­gé de «西域記». Autre­fois trans­crit «Hsi-yü-chih». Haut

**** En chi­nois 玄奘. Par­fois trans­crit Hiuen-tchoang, Hiuen Tsiang, Hiouen-thsang, Hiuan-tsang, Hsuang-tsang, Hsüan-tsang, Hwen Thsang, Hüan Chwang, Yuan Chwang ou Zuan­zang. Haut

***** Dans Lévy, «Les Pèle­rins chi­nois en Inde». Haut

****** Yijing. Haut

Xuanzang, «Mémoires sur les contrées occidentales. Tome I. Livres I à VIII»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Mémoires sur les contrées de l’Ouest* à l’époque des grands Tang»**Da Tang xi yu ji»***) de Xuan­zang****. La vaste lit­té­ra­ture de la Chine contient une série de bio­gra­phies et de mémoires où se trouvent rela­tés les voyages d’éminents moines boud­dhistes qui — à des dates dif­fé­rentes, mais com­prises pour la plu­part entre le Ve et le VIIe siècle — sor­tirent de leur propre patrie (la Chine) pour se rendre dans celle de leur Dieu (l’Inde), en bra­vant des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables : «Ils sont allés jusqu’aux limites du monde et ils ont vu là où toutes choses finissent»*****. L’immense entre­prise sino-indienne de ces pèle­rins, qui s’en allaient cher­cher une idée plus claire de leur foi, doit être saluée — au-delà de son sens reli­gieux — comme l’une des mani­fes­ta­tions les plus évi­dentes de l’humanisme. Non contents de remon­ter, sur les pas du Boud­dha, jusqu’aux lieux saints de l’Inde, ces hommes d’action et d’étude appre­naient le sans­crit et se pro­cu­raient des masses de manus­crits, qu’ils emme­naient avec eux au retour et qu’ils consa­craient tout le reste de leur vie à tra­duire, entou­rés de dis­ciples. Leur impor­tance dans l’histoire spi­ri­tuelle de l’Asie fut inouïe. N’eût été leur rôle de média­teurs, le sen­ti­ment boud­dhique ne se fût sans doute jamais per­pé­tué en Chine. Pour­tant, les périls et les dan­gers que ren­con­traient ces voya­geurs, en s’aventurant par-delà l’Himalaya, auraient pu décou­ra­ger même les plus vaillants. Ceux qui pas­saient par terre devaient tra­ver­ser des déserts épou­van­tables où la route à suivre était mar­quée par les osse­ments des bêtes et des gens qui y avaient trou­vé la mort; ceux qui, à l’inverse, choi­sis­saient la voie de mer hasar­daient leur vie sur de lourdes jonques qui som­braient corps et bien au pre­mier gros temps. L’un d’eux****** déclare en pré­am­bule de sa «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest» : «Consi­dé­rons depuis les temps anciens ceux qui [par­tis de Chine] ont été à l’étranger en fai­sant peu de cas de la vie et en se sacri­fiant pour la Loi… Tous comp­taient reve­nir, [et] cepen­dant, la voie triom­phante était semée de dif­fi­cul­tés; les lieux saints étaient éloi­gnés et vastes. Pour des dizaines qui ver­dirent et fleu­rirent, et pour plu­sieurs qui entre­prirent, il y en eut à peine un qui noua ses fruits et don­na des résul­tats véri­tables, et il y en eut peu qui ache­vèrent leur œuvre. La vraie cause en fut les immen­si­tés des déserts pier­reux du pays de l’éléphant [c’est-à-dire l’Inde] et l’éclat du soleil qui crache son ardeur; ou les masses d’eau des vagues sou­le­vées par le pois­son gigan­tesque».

* L’Asie cen­trale et l’Inde, situées à l’Ouest de l’Empire chi­nois. Haut

** Autre­fois tra­duit «Mémoires sur les contrées occi­den­tales, com­po­sés sous la dynas­tie des grands Thang». Haut

*** En chi­nois «大唐西域記». Autre­fois trans­crit «Ta-Thang-si-yu-ki», «Ta-Thang-hsi-yu-tchi» ou «Ta T’ang hsi-yü chi». Éga­le­ment connu sous le titre abré­gé de «西域記». Autre­fois trans­crit «Hsi-yü-chih». Haut

**** En chi­nois 玄奘. Par­fois trans­crit Hiuen-tchoang, Hiuen Tsiang, Hiouen-thsang, Hiuan-tsang, Hsuang-tsang, Hsüan-tsang, Hwen Thsang, Hüan Chwang, Yuan Chwang ou Zuan­zang. Haut

***** Dans Lévy, «Les Pèle­rins chi­nois en Inde». Haut

****** Yijing. Haut

«Deux Chapitres extraits des mémoires de Yijing sur son voyage dans l’Inde»

dans « Journal asiatique », sér. 8, vol. 12, p. 411-439

dans «Jour­nal asia­tique», sér. 8, vol. 12, p. 411-439

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle de la «Rela­tion sur le boud­dhisme, envoyée des mers du Sud»*Nan hai ji gui nei fa zhuan»**) de Yijing***. La vaste lit­té­ra­ture de la Chine contient une série de bio­gra­phies et de mémoires où se trouvent rela­tés les voyages d’éminents moines boud­dhistes qui — à des dates dif­fé­rentes, mais com­prises pour la plu­part entre le Ve et le VIIe siècle — sor­tirent de leur propre patrie (la Chine) pour se rendre dans celle de leur Dieu (l’Inde), en bra­vant des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables : «Ils sont allés jusqu’aux limites du monde et ils ont vu là où toutes choses finissent»****. L’immense entre­prise sino-indienne de ces pèle­rins, qui s’en allaient cher­cher une idée plus claire de leur foi, doit être saluée — au-delà de son sens reli­gieux — comme l’une des mani­fes­ta­tions les plus évi­dentes de l’humanisme. Non contents de remon­ter, sur les pas du Boud­dha, jusqu’aux lieux saints de l’Inde, ces hommes d’action et d’étude appre­naient le sans­crit et se pro­cu­raient des masses de manus­crits, qu’ils emme­naient avec eux au retour et qu’ils consa­craient tout le reste de leur vie à tra­duire, entou­rés de dis­ciples. Leur impor­tance dans l’histoire spi­ri­tuelle de l’Asie fut inouïe. N’eût été leur rôle de média­teurs, le sen­ti­ment boud­dhique ne se fût sans doute jamais per­pé­tué en Chine. Pour­tant, les périls et les dan­gers que ren­con­traient ces voya­geurs, en s’aventurant par-delà l’Himalaya, auraient pu décou­ra­ger même les plus vaillants. Ceux qui pas­saient par terre devaient tra­ver­ser des déserts épou­van­tables où la route à suivre était mar­quée par les osse­ments des bêtes et des gens qui y avaient trou­vé la mort; ceux qui, à l’inverse, choi­sis­saient la voie de mer hasar­daient leur vie sur de lourdes jonques qui som­braient corps et bien au pre­mier gros temps. L’un d’eux***** déclare en pré­am­bule de sa «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest» : «Consi­dé­rons depuis les temps anciens ceux qui [par­tis de Chine] ont été à l’étranger en fai­sant peu de cas de la vie et en se sacri­fiant pour la Loi… Tous comp­taient reve­nir, [et] cepen­dant, la voie triom­phante était semée de dif­fi­cul­tés; les lieux saints étaient éloi­gnés et vastes. Pour des dizaines qui ver­dirent et fleu­rirent, et pour plu­sieurs qui entre­prirent, il y en eut à peine un qui noua ses fruits et don­na des résul­tats véri­tables, et il y en eut peu qui ache­vèrent leur œuvre. La vraie cause en fut les immen­si­tés des déserts pier­reux du pays de l’éléphant [c’est-à-dire l’Inde] et l’éclat du soleil qui crache son ardeur; ou les masses d’eau des vagues sou­le­vées par le pois­son gigan­tesque».

* Autre­fois tra­duit «His­toire de la loi inté­rieure, envoyée de la mer du Sud» ou «Mémoire sur la loi inté­rieure, envoyé des mers du Sud». Haut

** En chi­nois «南海寄歸內法傳». Autre­fois trans­crit «Nan-haï-khi-koueï-neï-fa-tch’ouen», «Nan hai ki kouei nei fa tchouan», «Nan-hai-ki-koei-nei-fa-tchoan» ou «Nan-hai-chi-kuei-nai-fa-ch’uan». Haut

*** En chi­nois 義淨. Par­fois trans­crit I-tsing, Yi-tsing, Y-tsing, I-tshing, Yi Ching ou I-ching. Haut

**** Dans Lévy, «Les Pèle­rins chi­nois en Inde». Haut

***** Yijing. Haut

Yijing, «Mémoire composé à l’époque de la grande dynastie T’ang sur les religieux éminents qui allèrent chercher la Loi dans les pays d’Occident»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest* à l’époque des grands Tang»**Da Tang xi yu qiu fa gao seng zhuan»***) de Yijing****. La vaste lit­té­ra­ture de la Chine contient une série de bio­gra­phies et de mémoires où se trouvent rela­tés les voyages d’éminents moines boud­dhistes qui — à des dates dif­fé­rentes, mais com­prises pour la plu­part entre le Ve et le VIIe siècle — sor­tirent de leur propre patrie (la Chine) pour se rendre dans celle de leur Dieu (l’Inde), en bra­vant des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables : «Ils sont allés jusqu’aux limites du monde et ils ont vu là où toutes choses finissent»*****. L’immense entre­prise sino-indienne de ces pèle­rins, qui s’en allaient cher­cher une idée plus claire de leur foi, doit être saluée — au-delà de son sens reli­gieux — comme l’une des mani­fes­ta­tions les plus évi­dentes de l’humanisme. Non contents de remon­ter, sur les pas du Boud­dha, jusqu’aux lieux saints de l’Inde, ces hommes d’action et d’étude appre­naient le sans­crit et se pro­cu­raient des masses de manus­crits, qu’ils emme­naient avec eux au retour et qu’ils consa­craient tout le reste de leur vie à tra­duire, entou­rés de dis­ciples. Leur impor­tance dans l’histoire spi­ri­tuelle de l’Asie fut inouïe. N’eût été leur rôle de média­teurs, le sen­ti­ment boud­dhique ne se fût sans doute jamais per­pé­tué en Chine. Pour­tant, les périls et les dan­gers que ren­con­traient ces voya­geurs, en s’aventurant par-delà l’Himalaya, auraient pu décou­ra­ger même les plus vaillants. Ceux qui pas­saient par terre devaient tra­ver­ser des déserts épou­van­tables où la route à suivre était mar­quée par les osse­ments des bêtes et des gens qui y avaient trou­vé la mort; ceux qui, à l’inverse, choi­sis­saient la voie de mer hasar­daient leur vie sur de lourdes jonques qui som­braient corps et bien au pre­mier gros temps. L’un d’eux****** déclare en pré­am­bule de sa «Rela­tion sur les moines émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les contrées de l’Ouest» : «Consi­dé­rons depuis les temps anciens ceux qui [par­tis de Chine] ont été à l’étranger en fai­sant peu de cas de la vie et en se sacri­fiant pour la Loi… Tous comp­taient reve­nir, [et] cepen­dant, la voie triom­phante était semée de dif­fi­cul­tés; les lieux saints étaient éloi­gnés et vastes. Pour des dizaines qui ver­dirent et fleu­rirent, et pour plu­sieurs qui entre­prirent, il y en eut à peine un qui noua ses fruits et don­na des résul­tats véri­tables, et il y en eut peu qui ache­vèrent leur œuvre. La vraie cause en fut les immen­si­tés des déserts pier­reux du pays de l’éléphant [c’est-à-dire l’Inde] et l’éclat du soleil qui crache son ardeur; ou les masses d’eau des vagues sou­le­vées par le pois­son gigan­tesque».

* L’Asie cen­trale et l’Inde, situées à l’Ouest de l’Empire chi­nois. Haut

** Autre­fois tra­duit «Récit de l’éminent moine T’ang qui voya­gea vers la région occi­den­tale en quête de la Loi» ou «Mémoire com­po­sé à l’époque de la grande dynas­tie T’ang sur les reli­gieux émi­nents qui allèrent cher­cher la Loi dans les pays d’Occident». Haut

*** En chi­nois «大唐西域求法高僧傳». Autre­fois trans­crit «Ta-T’ang-si-yu-k’ieou-fa-kao-seng-tchoan», «Ta T’ang si yu k’ieou fa kao seng tchouan» ou «Ta T’ang hsi-yü ch’iu-fa kao-sêng ch’uan». Éga­le­ment connu sous le titre abré­gé de «求法高僧傳». Autre­fois trans­crit «Khieou-fa-kao-seng-tch’ouen», «Kieou-fa-kao-seng-tchuen» ou «Kau-fa-kao-sang-chuen». Haut

**** En chi­nois 義淨. Par­fois trans­crit I-tsing, Yi-tsing, Y-tsing, I-tshing, Yi Ching ou I-ching. Haut

***** Dans Lévy, «Les Pèle­rins chi­nois en Inde». Haut

****** Yijing. Haut

Kumârajîva, Sengzhao et Daosheng, «Introduction aux pratiques de la non-dualité : commentaire du “Soûtra de la Liberté inconcevable”»

éd. Fayard, coll. Trésors du bouddhisme, Paris

éd. Fayard, coll. Tré­sors du boud­dhisme, Paris

Il s’agit du «Com­men­taire sur “L’Enseignement de Vima­la­kîr­ti”» («Zhu “Wei­mo­jie Jing”»*) par Kumâ­ra­jî­va** et par ses dis­ciples, Sengz­hao*** et Dao­sheng****. L’arrivée de Kumâ­ra­jî­va à Ch’ang-an***** en 402 apr. J.-C. inau­gure la période india­niste du boud­dhisme chi­nois. À par­tir de cette date, les Chi­nois ne se contentent plus d’avoir une idée approxi­ma­tive de la pen­sée venue d’ailleurs, mais ils se lancent dans de grands tra­vaux d’exégèse et de tra­duc­tion direc­te­ment du sans­crit, pour les­quels ils font appel à des moines venus de l’Inde ou de la Sérinde******. Né à Kucha, l’une des prin­ci­pales étapes de la Route de la soie, Kumâ­ra­jî­va reçoit une for­ma­tion qui lui per­met­tra de jouer un rôle déter­mi­nant dans cette india­ni­sa­tion. Dès son arri­vée au grand temple de Chang’an, où il est invi­té par le sou­ve­rain Yao Xing, Kumâ­ra­jî­va s’attelle à une série impres­sion­nante de tra­duc­tions, qui rejet­te­ront dans l’ombre tous les tra­vaux pré­cé­dents et qui seront pour beau­coup dans l’acclimatation durable du boud­dhisme en Asie. «En pre­nant en consi­dé­ra­tion les révi­sions d’ouvrages déjà tra­duits et ses tra­duc­tions inédites, Kumâ­ra­jî­va aurait “trans­mis” plus de cin­quante œuvres, comp­tant plus de trois cents volumes… Si nous… consi­dé­rons que Kumâ­ra­jî­va est décé­dé en 409, on arrive à la conclu­sion que, durant ses [huit] années de rési­dence à Ch’ang-an, il devait tra­duire envi­ron un cha­pitre tous les dix jours», dit M. Dai­sa­ku Ike­da*******. Selon les pré­faces faites par ses dis­ciples, Kumâ­ra­jî­va tra­dui­sait à voix haute, tout en com­men­tant, en pré­sence d’une assem­blée de mille deux cents moines et laïcs, com­pre­nant tout ce que le boud­dhisme comp­tait alors de plus culti­vé en Chine, les rai­sons pour les­quelles il avait tra­duit d’une manière plu­tôt que d’une autre; il expo­sait, en outre, les sens pro­fonds cachés dans le texte sans­crit. On pré­tend que le sou­ve­rain Yao Xing assis­tait à cer­taines des séances : «Le sou­ve­rain en per­sonne tenait en main le texte des anciennes tra­duc­tions des soû­tras, y rele­vant les erreurs, s’enquérant de la signi­fi­ca­tion géné­rale du pas­sage, et contri­buant ain­si à éclai­rer les doc­trines de la secte»********. On pré­tend aus­si que les membres pré­sents, qui rece­vaient la tra­duc­tion et le com­men­taire, étaient trans­por­tés de bon­heur, éprou­vant le sen­ti­ment de se trou­ver sur les som­mets des mon­tagnes Kun­lun par une belle jour­née claire, regar­dant le monde s’étendant sous leurs pieds.

* En chi­nois «注維摩詰經». Haut

** En sans­crit कुमारजीव (Kumā­ra­jī­va), en chi­nois 鳩摩羅什 (Jiu­mo­luo­shi). Haut

*** En chi­nois 僧肇. Autre­fois trans­crit Seng-tchao ou Seng-chao. Haut

**** En chi­nois 道生. Autre­fois trans­crit Tao-cheng ou Tao-sheng. Haut

***** Aujourd’hui Xi’an (西安). Haut

****** La Sérinde cor­res­pond à l’actuelle Région auto­nome ouï­ghoure du Xin­jiang. Haut

******* «Le Boud­dhisme en Chine», p. 60. Haut

******** Dans «Le Boud­dhisme en Chine», p. 62. Haut

«L’Enseignement de Vimalakīrti, “Vimalakīrtinirdeśa”»

éd. Publications universitaires-Institut orientaliste, coll. Bibliothéque du Muséon, Louvain

éd. Publi­ca­tions uni­ver­si­taires-Ins­ti­tut orien­ta­liste, coll. Biblio­théque du Muséon, Lou­vain

Il s’agit d’une tra­duc­tion indi­recte de «L’Enseignement de Vima­la­kîr­ti» («Vima­la­kîr­ti Nir­deśa»*) ou «Soû­tra de Vima­la­kîr­ti» («Vima­la­kîr­ti Sûtra»**) ou «La Liber­té incon­ce­vable» («Acin­tya Vimokṣa»***). Ce livre est au canon boud­dhique ce que le «Livre de l’Ecclésiaste» est à la Bible juive, je veux dire un chef-d’œuvre de scep­ti­cisme, de fata­lisme, de moder­ni­té sur­tout, et qui s’adresse aux athées aus­si bien qu’aux croyants, sans dis­tinc­tion d’écoles ou de races. «Tout est imper­ma­nent, c’est-à-dire tran­si­toire, dou­lou­reux et vide.» Tel est le résu­mé de l’ouvrage. Cette conclu­sion, le saint Vima­la­kîr­ti («Gloire sans tache») la tire des expé­riences les plus diverses. Il s’y com­plaît; il en fait le refrain conti­nuel de sa pen­sée. Le monde pré­sente à ses yeux une série de phé­no­mènes, tou­jours les mêmes, où «abso­lu­ment rien n’a été pro­duit, n’est pro­duit et ne sera pro­duit; abso­lu­ment rien n’a dis­pa­ru, ne dis­pa­raît et ne dis­pa­raî­tra»****. Toute ten­ta­tive pour amé­lio­rer les choses humaines est chi­mé­rique, «le corps ne durant pas long­temps… pareil à la bulle d’eau; le corps étant issu de la soif des pas­sions… pareil au mirage»*****. Toute dua­li­té est fausse et illu­soire. Les contraires se conci­lient, ce qui est impen­sable et indi­cible. Aus­si, «les sons et les idées sont sans emploi»******. On croi­rait lire Tchouang-tseu. «“L’Enseignement de Vima­la­kîr­ti” est une œuvre d’art», dit un sino­logue*******. «La mise en scène est conduite avec une habi­le­té de dra­ma­turge… Le para­doxe, l’ironie sont maniés de main de maître, comme dans le célèbre épi­sode de Śâri­pu­tra, ce saint des saints… qu’une déesse maligne couvre de fleurs dont il ne peut se dépê­trer, et qui finit par se voir chan­gé en femme.» Cette his­toire et d’autres sem­blables, faites pour scan­da­li­ser les ortho­doxes indiens, amu­sèrent et char­mèrent les Tibé­tains et les Chi­nois qui lisaient «L’Enseignement de Vima­la­kîr­ti» dans une dizaine d’excellentes tra­duc­tions. La plus ancienne d’entre elles fut celle effec­tuée par Zhi Qian******** entre 222 et 229 apr. J.-C. à Nan­kin. Le texte de l’original sans­crit, regar­dé comme per­du, fut retrou­vé en 1999 dans la biblio­thèque du Pota­la, au Tibet.

* En sans­crit «विमलकीर्ति निर्देश». Par­fois trans­crit «Vima­la­kîrt­ti Nir­dé­ça» ou «Vima­la­kir­ti-nir­de­sha». Haut

** En sans­crit «विमलकीर्ति सूत्र». Haut

*** En sans­crit «अचिन्त्य विमोक्ष». Haut

**** p. 166. Haut

***** p. 132-133. Haut

****** p. 317. Haut

******* M. Paul Demié­ville. Haut

******** En chi­nois 支謙. Autre­fois trans­crit Tche K’ien ou Chih Ch’ien. Haut

«Un Moine de la secte Kegon à l’époque de Kamakura : Myōe (1173-1232) et le “Journal de ses rêves”»

éd. École française d’Extrême-Orient, coll. Publications de l’École française d’Extrême-Orient, Paris

éd. École fran­çaise d’Extrême-Orient, coll. Publi­ca­tions de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient, Paris

Il s’agit du «Jour­nal des rêves» («Yume no ki»*) que le moine boud­dhiste Myôe** a tenu depuis l’âge de dix-neuf ans jusqu’à sa mort, à l’âge de cin­quante-neuf ans. On pos­sède des frag­ments de ce «Jour­nal» sous forme de rou­leaux, de fas­ci­cules reliés et de feuillets; ils étaient entre­po­sés par Myôe lui-même dans un cof­fret en bois, qu’il por­tait tou­jours sur lui; il n’y met­tait que des objets pré­cieux qu’il ne vou­lait pas divul­guer au grand public. Sorte de chro­nique oni­rique, ce «Jour­nal» se com­pose de rêves («yume»***), d’apparitions ou de visions au cours d’exercices reli­gieux («kôsô»****), et de fan­tasmes ou d’hallucinations («mabo­ro­shi»*****); c’est le plus ancien, sinon le seul, docu­ment de ce genre au Japon (XIIe-XIIIe siècle). Écrit sans grande por­tée méta­phy­sique ni visée lit­té­raire, il contient plus de super­sti­tion que de foi; plus de naï­ve­té que d’enseignement; il fait sou­rire plus qu’il n’édifie. On y apprend, par exemple, que Myôe conçut par deux fois le pro­jet de se rendre dans la patrie du Boud­dha, aux Indes, et qu’il fit même ses bagages; mais, à cause d’un rêve funeste qu’il eut au der­nier moment, il y renon­ça par deux fois. Et heu­reu­se­ment; sinon, il aurait pu se faire dévo­rer par un tigre du Ben­gale. Pour cal­mer le dépit que lui cau­sèrent ces annu­la­tions, il pra­ti­qua la médi­ta­tion sur l’île de Taka-shi­ma («l’île aux Fau­cons»), en se disant que l’eau des Indes, par je ne sais quel miracle géo­gra­phique, devait venir jusqu’à cette île. On cite ce mot de lui : «Il n’est pas une pierre [de cette île] sur laquelle je ne me sois assis [pour médi­ter]»******. Il empor­ta une de ces pierres dans ses bagages, et avant de mou­rir, il lui adres­sa un poème d’adieu :

«Quand je serai mort,
Si à per­sonne tu ne peux t’attacher,
Envole-toi vite
Et retourne en ton pays,
Ô! ma pierre de l’île aux Fau­cons
»

* En japo­nais «夢記». Haut

** En japo­nais 明恵. Haut

*** En japo­nais . Haut

**** En japo­nais 好相. Haut

***** En japo­nais . Haut

****** Dans Nino­miya Masayu­ki, «La Pen­sée de Kobaya­shi Hideo», p. 212. Haut