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Lucien, «Œuvres. Tome VI»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des «Dia­logues des cour­ti­sanes» («Hetai­ri­koi Dia­lo­goi»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Ἑταιρικοὶ Διάλογοι». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome V»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de l’«Apo­lo­gie des por­traits» («Hyper tôn eiko­nôn»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Ὑπὲρ τῶν εἰκόνων». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome IV»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit d’«Alexandre, ou le Faux Pro­phète» («Alexan­dros, ê Pseu­do­man­tis»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Ἀλέξανδρος, ἢ Ψευδόμαντις». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome III»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de «Pro­mé­thée, ou le Cau­case» («Pro­mê­theus, ê Kau­ka­sos»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Προμηθεύς, ἢ Καύκασος». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome II»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des «Phi­lo­sophes à l’encan» («Biôn Pra­sis»*, lit­té­ra­le­ment «La Vente des vies») et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Βίων Πρᾶσις». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

Lucien, «Œuvres. Tome I»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit du «Pas­sage de la barque, ou le Tyran» («Kata­plous, ê Tyran­nos»*) et autres œuvres de Lucien de Samo­sate**, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. «Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays? J’en sais, par­mi mes adver­saires, qui ne sont pas moins bar­bares que moi… Mon accent étran­ger ne nui­ra point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté», dit-il dans «Les Phi­lo­sophes res­sus­ci­tés, ou le Pêcheur»***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condi­tion. Ils le des­ti­nèrent dès le départ au métier de sculp­teur et mirent en appren­tis­sage chez son oncle, qui était sta­tuaire. Mais son ini­tia­tion ne fut pas heu­reuse : pour son coup d’essai, il bri­sa le marbre qu’on lui avait don­né à dégros­sir, et son oncle, homme d’un carac­tère empor­té, l’en punit sévè­re­ment. Il n’en fal­lut pas davan­tage pour dégoû­ter sans retour le jeune appren­ti, dont le génie et les sen­ti­ments étaient au-des­sus d’un métier manuel. Il prit dès lors la déci­sion de ne plus remettre les pieds dans un ate­lier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anec­dote de jeu­nesse, de la manière la plus sym­pa­thique, dans un écrit qu’il com­po­sa long­temps après et inti­tu­lé «Le Songe de Lucien»****. Il y sup­pose qu’en ren­trant à la mai­son, après s’être sau­vé des mains de son oncle, il s’endort, acca­blé de fatigue et de tris­tesse. Il voit dans son som­meil les divi­ni­tés tuté­laires de la Sculp­ture et de l’Instruction. Cha­cune d’elles fait l’éloge de son art : «Si tu veux me suivre, je te ren­drai, pour ain­si dire, le contem­po­rain de tous les génies sublimes qui ont exis­té… en te fai­sant connaître les immor­tels ouvrages des grands écri­vains et les belles actions des anciens héros… Je te pro­mets, [à toi] aus­si, un rang dis­tin­gué par­mi ce petit nombre d’hommes for­tu­nés qui ont obte­nu l’immortalité. Et lors même que tu auras ces­sé de vivre, les savants aime­ront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits»*****. On devine quelle divi­ni­té plaide ain­si et finit par l’emporter. Aus­si, dans «La Double Accu­sa­tion», ce Syrien remer­cie-t-il l’Instruction de l’avoir «éle­vé» et «intro­duit par­mi les Grecs», alors qu’«il n’était encore qu’un jeune étour­di [par­lant] un lan­gage bar­bare» et por­tant une vilaine robe orien­tale******.

* En grec «Κατάπλους, ἢ Τύραννος». Haut

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autre­fois trans­crit Lucian de Samo­sate. Haut

*** «Œuvres. Tome II», p. 399. Haut

**** À ne pas confondre avec «Le Rêve, ou le Coq», qui porte sur un sujet dif­fé­rent. Haut

***** «Œuvres. Tome I», p. 14-15 & 17. Haut

****** «Tome IV», p. 469 & 465. Haut

«Textes ougaritiques. Tome II. Textes religieux et rituels • Correspondance»

éd. du Cerf, coll. Littératures anciennes du Proche-Orient, Paris

éd. du Cerf, coll. Lit­té­ra­tures anciennes du Proche-Orient, Paris

Il s’agit de textes ouga­ri­tiques décou­verts entre 1929 et 1939. Les fouilles entre­prises en 1929, en Syrie du Nord, sur le site de Ras Sham­ra*Col­line du fenouil»), en met­tant au jour les ves­tiges d’une antique cité — iden­ti­fiée assez rapi­de­ment avec la cité d’Ougarit** (XIVe-XIIIe siècle av. J.-C.) — enri­chirent, et par­fois bou­le­ver­sèrent, nos connais­sances sur l’histoire et la reli­gion sémi­tiques, en révé­lant une civi­li­sa­tion, une écri­ture, une langue et une lit­té­ra­ture jusqu’alors incon­nues. Cette décou­verte com­men­ça, comme ce fut sou­vent le cas dans les annales archéo­lo­giques, par un coup de hasard. En labou­rant son champ situé non loin de là, un pay­san syrien heur­ta de sa char­rue des dalles à peine cachées sous terre : quelques semaines plus tard, des archéo­logues fran­çais dépê­chés sur place (la Syrie était alors sous man­dat fran­çais) tenaient en main, sor­ties d’une couche de cendres et de pier­railles, des tablettes cou­vertes d’une écri­ture de trente signes — le «cunéi­forme alpha­bé­tique», le pre­mier et le plus ancien alpha­bet connu. «Un seul mot s’impose : res­pect!», dit M. Bru­no Cot***. «Ici, sur ce sol aride à quelque trois mille kilo­mètres de la France, s’est épa­nouie une civi­li­sa­tion plu­sieurs fois mil­lé­naire. Un monde fas­ci­nant qui a per­mis de décou­vrir le pre­mier alpha­bet, d’où déri­ve­ront, plus tard, le phé­ni­cien, puis le grec et le latin. Un monde géné­reux aus­si, puisque de ses entrailles sont issus des mil­liers de textes qui ont éclai­ré d’un jour nou­veau l’histoire du Proche-Orient». Ce qui consti­tue aus­si le grand inté­rêt de ces textes, ce sont les vives lumières qu’ils jettent sur la Bible hébraïque, avec laquelle ils par­tagent un fonds cultu­rel com­mun qu’on appelle «cana­néen». Grâce à eux, les célé­bra­tions, les sacri­fices, les lamen­ta­tions et les prières des per­son­nages bibliques sont — pour ain­si dire — des spec­tacles aux­quels nous assis­tons, et qui prennent vie, devant nos yeux, avec une éton­nante réa­li­té.

* En arabe رأس شمرا. Par­fois trans­crit Ras Cham­ra ou Ras Scham­ra. Haut

** Par­fois trans­crit Ouga­rite ou Uga­rit. Haut

*** «Ouga­rit : le royaume de l’écrit». Haut

«Textes ougaritiques. Tome I. Mythes et légendes»

éd. du Cerf, coll. Littératures anciennes du Proche-Orient, Paris

éd. du Cerf, coll. Lit­té­ra­tures anciennes du Proche-Orient, Paris

Il s’agit de textes ouga­ri­tiques décou­verts entre 1929 et 1939. Les fouilles entre­prises en 1929, en Syrie du Nord, sur le site de Ras Sham­ra*Col­line du fenouil»), en met­tant au jour les ves­tiges d’une antique cité — iden­ti­fiée assez rapi­de­ment avec la cité d’Ougarit** (XIVe-XIIIe siècle av. J.-C.) — enri­chirent, et par­fois bou­le­ver­sèrent, nos connais­sances sur l’histoire et la reli­gion sémi­tiques, en révé­lant une civi­li­sa­tion, une écri­ture, une langue et une lit­té­ra­ture jusqu’alors incon­nues. Cette décou­verte com­men­ça, comme ce fut sou­vent le cas dans les annales archéo­lo­giques, par un coup de hasard. En labou­rant son champ situé non loin de là, un pay­san syrien heur­ta de sa char­rue des dalles à peine cachées sous terre : quelques semaines plus tard, des archéo­logues fran­çais dépê­chés sur place (la Syrie était alors sous man­dat fran­çais) tenaient en main, sor­ties d’une couche de cendres et de pier­railles, des tablettes cou­vertes d’une écri­ture de trente signes — le «cunéi­forme alpha­bé­tique», le pre­mier et le plus ancien alpha­bet connu. «Un seul mot s’impose : res­pect!», dit M. Bru­no Cot***. «Ici, sur ce sol aride à quelque trois mille kilo­mètres de la France, s’est épa­nouie une civi­li­sa­tion plu­sieurs fois mil­lé­naire. Un monde fas­ci­nant qui a per­mis de décou­vrir le pre­mier alpha­bet, d’où déri­ve­ront, plus tard, le phé­ni­cien, puis le grec et le latin. Un monde géné­reux aus­si, puisque de ses entrailles sont issus des mil­liers de textes qui ont éclai­ré d’un jour nou­veau l’histoire du Proche-Orient». Ce qui consti­tue aus­si le grand inté­rêt de ces textes, ce sont les vives lumières qu’ils jettent sur la Bible hébraïque, avec laquelle ils par­tagent un fonds cultu­rel com­mun qu’on appelle «cana­néen». Grâce à eux, les célé­bra­tions, les sacri­fices, les lamen­ta­tions et les prières des per­son­nages bibliques sont — pour ain­si dire — des spec­tacles aux­quels nous assis­tons, et qui prennent vie, devant nos yeux, avec une éton­nante réa­li­té.

* En arabe رأس شمرا. Par­fois trans­crit Ras Cham­ra ou Ras Scham­ra. Haut

** Par­fois trans­crit Ouga­rite ou Uga­rit. Haut

*** «Ouga­rit : le royaume de l’écrit». Haut