Mot-clefthéâtre (genre littéraire) chinois

su­jet

« Trois Pièces du théâtre des Yuan »

éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque chinoise, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Bi­blio­thèque chi­noise, Pa­ris

Il s’agit de « L’Automne au pa­lais des Han »1 (« Han Gong Qiu »2) et autres pièces du théâtre des Yuan. Les let­trés chi­nois tra­vaillaient peu pour le théâtre et re­cueillaient peu de re­nom­mée de leurs pièces, parce que ce genre était plu­tôt to­léré que per­mis en Chine ; les an­ciens sages l’ayant constam­ment dé­crié et re­gardé comme un art cor­rup­teur. Il faut at­tendre le XIIIe siècle apr. J.-C. pour trou­ver des pro­duc­tions très im­por­tantes à la fois en qua­lité et en quan­tité. Un dé­sastre na­tio­nal, le pas­sage de la Chine sous le joug mon­gol, fut l’occasion de cette sou­daine flo­rai­son. Du­rant une pé­riode de quatre-vingt-dix ans, les sau­vages en­va­his­seurs, qui ne pos­sé­daient pas d’écriture, abo­lirent le sys­tème des concours où se re­cru­taient les fonc­tion­naires, et re­lé­guèrent les let­trés, qui for­maient la classe la plus ho­no­rée de la so­ciété chi­noise, à un des éche­lons les plus bas, tout juste de­vant les pros­ti­tuées et les men­diants. Par dés­œu­vre­ment, ces let­trés se tour­nèrent alors vers le théâtre — genre dont la grande vogue com­men­çait à se des­si­ner, et qu’ils contri­buèrent très vite à per­fec­tion­ner. Ce­pen­dant, le dis­cré­dit at­ta­ché au théâtre sub­sista. Ces let­trés n’accédèrent ja­mais aux hon­neurs et durent se conten­ter d’exercer de mo­destes em­plois — pe­tits com­mer­çants, apo­thi­caires, de­vins ou simples ac­teurs. Aussi, ne sommes-nous pas éton­nés de ne trou­ver au­cun ren­sei­gne­ment sur leur bio­gra­phie. Et mal­gré la pu­bli­ca­tion, en 1616, d’une cen­taine de leurs chefs-d’œuvre dans l’« An­tho­lo­gie de pièces des Yuan » (« Yuan Qu Xuan »3), le théâtre est resté jusqu’à nos jours le genre le moins connu de toutes les lit­té­ra­tures de di­ver­tis­se­ment qu’a eues la Chine. « Évi­dem­ment, la tech­nique [de ce théâtre] est ex­trê­me­ment gros­sière », ex­plique Adolf-Eduard Zu­cker4. « Les per­son­nages se font connaître à l’auditoire, en dé­taillant leur exis­tence pas­sée et la part qu’ils sont ap­pe­lés à jouer dans le drame… On peut dire que, dans l’ensemble, les pièces n’atteignent guère un plan spi­ri­tuel très élevé. Il se dé­gage, ce­pen­dant, un grand charme de ce théâtre qui nous pré­sente des per­son­nages de toute condi­tion et nous donne une vaste fresque de l’abondante vie de l’Empire du Mi­lieu, aux jours dé­crits par Marco Polo. »

  1. Par­fois tra­duit « Cha­grin au pa­lais des Han ». Haut
  2. En chi­nois « 漢宮秋 ». Au­tre­fois trans­crit « Han-kung ch’iu ». L’auteur de cette pièce est Ma Zhiyuan (馬致遠). Au­tre­fois trans­crit Ma Chih-yüan. Haut
  1. En chi­nois « 元曲選 ». Au­tre­fois trans­crit « Yuan K’iu Siuan », « Yuen-kiu-siuen » ou « Yüan-ch’ü Hsüan ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Yuan Ren Bai Zhong Qu » (« 元人百種曲 »), c’est-à-dire « Cent Pièces d’auteurs des Yuan ». Au­tre­fois trans­crit « Yüan-jen Pai Chung Ch’ü » ou « Youen Jin Pe Tchong Keu ». Haut
  2. Dans Ca­mille Pou­peye, « Le Théâtre chi­nois », p. 130-131. Haut

« Théâtre chinois, ou Choix de pièces de théâtre composées sous les Empereurs mongols »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Res­sen­ti­ment de Dou E, qui touche le ciel et émeut la terre » (« Gan Tian Dong Di, Dou E Yuan »1) et autres pièces du théâtre des Yuan. Les let­trés chi­nois tra­vaillaient peu pour le théâtre et re­cueillaient peu de re­nom­mée de leurs pièces, parce que ce genre était plu­tôt to­léré que per­mis en Chine ; les an­ciens sages l’ayant constam­ment dé­crié et re­gardé comme un art cor­rup­teur. Il faut at­tendre le XIIIe siècle apr. J.-C. pour trou­ver des pro­duc­tions très im­por­tantes à la fois en qua­lité et en quan­tité. Un dé­sastre na­tio­nal, le pas­sage de la Chine sous le joug mon­gol, fut l’occasion de cette sou­daine flo­rai­son. Du­rant une pé­riode de quatre-vingt-dix ans, les sau­vages en­va­his­seurs, qui ne pos­sé­daient pas d’écriture, abo­lirent le sys­tème des concours où se re­cru­taient les fonc­tion­naires, et re­lé­guèrent les let­trés, qui for­maient la classe la plus ho­no­rée de la so­ciété chi­noise, à un des éche­lons les plus bas, tout juste de­vant les pros­ti­tuées et les men­diants. Par dés­œu­vre­ment, ces let­trés se tour­nèrent alors vers le théâtre — genre dont la grande vogue com­men­çait à se des­si­ner, et qu’ils contri­buèrent très vite à per­fec­tion­ner. Ce­pen­dant, le dis­cré­dit at­ta­ché au théâtre sub­sista. Ces let­trés n’accédèrent ja­mais aux hon­neurs et durent se conten­ter d’exercer de mo­destes em­plois — pe­tits com­mer­çants, apo­thi­caires, de­vins ou simples ac­teurs. Aussi, ne sommes-nous pas éton­nés de ne trou­ver au­cun ren­sei­gne­ment sur leur bio­gra­phie. Et mal­gré la pu­bli­ca­tion, en 1616, d’une cen­taine de leurs chefs-d’œuvre dans l’« An­tho­lo­gie de pièces des Yuan » (« Yuan Qu Xuan »2), le théâtre est resté jusqu’à nos jours le genre le moins connu de toutes les lit­té­ra­tures de di­ver­tis­se­ment qu’a eues la Chine. « Évi­dem­ment, la tech­nique [de ce théâtre] est ex­trê­me­ment gros­sière », ex­plique Adolf-Eduard Zu­cker3. « Les per­son­nages se font connaître à l’auditoire, en dé­taillant leur exis­tence pas­sée et la part qu’ils sont ap­pe­lés à jouer dans le drame… On peut dire que, dans l’ensemble, les pièces n’atteignent guère un plan spi­ri­tuel très élevé. Il se dé­gage, ce­pen­dant, un grand charme de ce théâtre qui nous pré­sente des per­son­nages de toute condi­tion et nous donne une vaste fresque de l’abondante vie de l’Empire du Mi­lieu, aux jours dé­crits par Marco Polo. »

  1. En chi­nois « 感天動地,竇娥冤 ». Au­tre­fois trans­crit « Kan-tien-tong-ti, Teou-ngo-youen ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Liu Yue Xue » (« 六月雪 »), c’est-à-dire « La Neige en plein été ». L’auteur de cette pièce est Guan Han­qing (關漢卿). Au­tre­fois trans­crit Kouan-han-king ou Kuan Han-ch’ing. Haut
  2. En chi­nois « 元曲選 ». Au­tre­fois trans­crit « Yuan K’iu Siuan », « Yuen-kiu-siuen » ou « Yüan-ch’ü Hsüan ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Yuan Ren Bai Zhong Qu » (« 元人百種曲 »), c’est-à-dire « Cent Pièces d’auteurs des Yuan ». Au­tre­fois trans­crit « Yüan-jen Pai Chung Ch’ü » ou « Youen Jin Pe Tchong Keu ». Haut
  1. Dans Ca­mille Pou­peye, « Le Théâtre chi­nois », p. 130-131. Haut

« “Hoeï-lan-ki”, ou l’Histoire du cercle de craie : drame en prose et en vers »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « L’Histoire du cercle de craie » (« Hui Lan Ji »1), pièce du théâtre des Yuan. Les let­trés chi­nois tra­vaillaient peu pour le théâtre et re­cueillaient peu de re­nom­mée de leurs pièces, parce que ce genre était plu­tôt to­léré que per­mis en Chine ; les an­ciens sages l’ayant constam­ment dé­crié et re­gardé comme un art cor­rup­teur. Il faut at­tendre le XIIIe siècle apr. J.-C. pour trou­ver des pro­duc­tions très im­por­tantes à la fois en qua­lité et en quan­tité. Un dé­sastre na­tio­nal, le pas­sage de la Chine sous le joug mon­gol, fut l’occasion de cette sou­daine flo­rai­son. Du­rant une pé­riode de quatre-vingt-dix ans, les sau­vages en­va­his­seurs, qui ne pos­sé­daient pas d’écriture, abo­lirent le sys­tème des concours où se re­cru­taient les fonc­tion­naires, et re­lé­guèrent les let­trés, qui for­maient la classe la plus ho­no­rée de la so­ciété chi­noise, à un des éche­lons les plus bas, tout juste de­vant les pros­ti­tuées et les men­diants. Par dés­œu­vre­ment, ces let­trés se tour­nèrent alors vers le théâtre — genre dont la grande vogue com­men­çait à se des­si­ner, et qu’ils contri­buèrent très vite à per­fec­tion­ner. Ce­pen­dant, le dis­cré­dit at­ta­ché au théâtre sub­sista. Ces let­trés n’accédèrent ja­mais aux hon­neurs et durent se conten­ter d’exercer de mo­destes em­plois — pe­tits com­mer­çants, apo­thi­caires, de­vins ou simples ac­teurs. Aussi, ne sommes-nous pas éton­nés de ne trou­ver au­cun ren­sei­gne­ment sur leur bio­gra­phie. Et mal­gré la pu­bli­ca­tion, en 1616, d’une cen­taine de leurs chefs-d’œuvre dans l’« An­tho­lo­gie de pièces des Yuan » (« Yuan Qu Xuan »2), le théâtre est resté jusqu’à nos jours le genre le moins connu de toutes les lit­té­ra­tures de di­ver­tis­se­ment qu’a eues la Chine. « Évi­dem­ment, la tech­nique [de ce théâtre] est ex­trê­me­ment gros­sière », ex­plique Adolf-Eduard Zu­cker3. « Les per­son­nages se font connaître à l’auditoire, en dé­taillant leur exis­tence pas­sée et la part qu’ils sont ap­pe­lés à jouer dans le drame… On peut dire que, dans l’ensemble, les pièces n’atteignent guère un plan spi­ri­tuel très élevé. Il se dé­gage, ce­pen­dant, un grand charme de ce théâtre qui nous pré­sente des per­son­nages de toute condi­tion et nous donne une vaste fresque de l’abondante vie de l’Empire du Mi­lieu, aux jours dé­crits par Marco Polo. »

  1. En chi­nois « 灰闌記 ». Au­tre­fois trans­crit « Hoeï-lan-ki » ou « Hui-lan chi ». L’auteur de cette pièce est Li Qianfu (李潛夫). Au­tre­fois trans­crit Li Ch’ien-fu. Éga­le­ment connu sous le sur­nom de Li Xing­dao (李行道). Au­tre­fois trans­crit Li-hing-tao, Li Sing-tao ou Li Hsing-tao. Haut
  2. En chi­nois « 元曲選 ». Au­tre­fois trans­crit « Yuan K’iu Siuan », « Yuen-kiu-siuen » ou « Yüan-ch’ü Hsüan ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Yuan Ren Bai Zhong Qu » (« 元人百種曲 »), c’est-à-dire « Cent Pièces d’auteurs des Yuan ». Au­tre­fois trans­crit « Yüan-jen Pai Chung Ch’ü » ou « Youen Jin Pe Tchong Keu ». Haut
  1. Dans Ca­mille Pou­peye, « Le Théâtre chi­nois », p. 130-131. Haut

« Les Opéras des bords de l’eau : théâtre Yuan (1280-1368). Tome I »

éd. du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), coll. Langues et Civilisations orientales, Paris

éd. du Centre na­tio­nal de la re­cherche scien­ti­fique (CNRS), coll. Langues et Ci­vi­li­sa­tions orien­tales, Pa­ris

Il s’agit de « Tour­billon-Noir rap­porte deux tri­buts » (« Hei-Xuan-Feng Shuang Xian Gong »1) et autres pièces du théâtre des Yuan. Les let­trés chi­nois tra­vaillaient peu pour le théâtre et re­cueillaient peu de re­nom­mée de leurs pièces, parce que ce genre était plu­tôt to­léré que per­mis en Chine ; les an­ciens sages l’ayant constam­ment dé­crié et re­gardé comme un art cor­rup­teur. Il faut at­tendre le XIIIe siècle apr. J.-C. pour trou­ver des pro­duc­tions très im­por­tantes à la fois en qua­lité et en quan­tité. Un dé­sastre na­tio­nal, le pas­sage de la Chine sous le joug mon­gol, fut l’occasion de cette sou­daine flo­rai­son. Du­rant une pé­riode de quatre-vingt-dix ans, les sau­vages en­va­his­seurs, qui ne pos­sé­daient pas d’écriture, abo­lirent le sys­tème des concours où se re­cru­taient les fonc­tion­naires, et re­lé­guèrent les let­trés, qui for­maient la classe la plus ho­no­rée de la so­ciété chi­noise, à un des éche­lons les plus bas, tout juste de­vant les pros­ti­tuées et les men­diants. Par dés­œu­vre­ment, ces let­trés se tour­nèrent alors vers le théâtre — genre dont la grande vogue com­men­çait à se des­si­ner, et qu’ils contri­buèrent très vite à per­fec­tion­ner. Ce­pen­dant, le dis­cré­dit at­ta­ché au théâtre sub­sista. Ces let­trés n’accédèrent ja­mais aux hon­neurs et durent se conten­ter d’exercer de mo­destes em­plois — pe­tits com­mer­çants, apo­thi­caires, de­vins ou simples ac­teurs. Aussi, ne sommes-nous pas éton­nés de ne trou­ver au­cun ren­sei­gne­ment sur leur bio­gra­phie. Et mal­gré la pu­bli­ca­tion, en 1616, d’une cen­taine de leurs chefs-d’œuvre dans l’« An­tho­lo­gie de pièces des Yuan » (« Yuan Qu Xuan »2), le théâtre est resté jusqu’à nos jours le genre le moins connu de toutes les lit­té­ra­tures de di­ver­tis­se­ment qu’a eues la Chine. « Évi­dem­ment, la tech­nique [de ce théâtre] est ex­trê­me­ment gros­sière », ex­plique Adolf-Eduard Zu­cker3. « Les per­son­nages se font connaître à l’auditoire, en dé­taillant leur exis­tence pas­sée et la part qu’ils sont ap­pe­lés à jouer dans le drame… On peut dire que, dans l’ensemble, les pièces n’atteignent guère un plan spi­ri­tuel très élevé. Il se dé­gage, ce­pen­dant, un grand charme de ce théâtre qui nous pré­sente des per­son­nages de toute condi­tion et nous donne une vaste fresque de l’abondante vie de l’Empire du Mi­lieu, aux jours dé­crits par Marco Polo. »

  1. En chi­nois « 黑旋風雙獻功 ». L’auteur de cette pièce est Gao Wen­xiu (高文秀). Haut
  2. En chi­nois « 元曲選 ». Au­tre­fois trans­crit « Yuan K’iu Siuan », « Yuen-kiu-siuen » ou « Yüan-ch’ü Hsüan ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Yuan Ren Bai Zhong Qu » (« 元人百種曲 »), c’est-à-dire « Cent Pièces d’auteurs des Yuan ». Au­tre­fois trans­crit « Yüan-jen Pai Chung Ch’ü » ou « Youen Jin Pe Tchong Keu ». Haut
  1. Dans Ca­mille Pou­peye, « Le Théâtre chi­nois », p. 130-131. Haut

« Le Signe de patience et Autres Pièces du théâtre des Yuan »

éd. Gallimard, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. UNESCO d’œuvres re­pré­sen­ta­tives-Connais­sance de l’Orient, Pa­ris

Il s’agit du « Signe de pa­tience » (« Ren Zi Ji »1) et autres pièces du théâtre des Yuan. Les let­trés chi­nois tra­vaillaient peu pour le théâtre et re­cueillaient peu de re­nom­mée de leurs pièces, parce que ce genre était plu­tôt to­léré que per­mis en Chine ; les an­ciens sages l’ayant constam­ment dé­crié et re­gardé comme un art cor­rup­teur. Il faut at­tendre le XIIIe siècle apr. J.-C. pour trou­ver des pro­duc­tions très im­por­tantes à la fois en qua­lité et en quan­tité. Un dé­sastre na­tio­nal, le pas­sage de la Chine sous le joug mon­gol, fut l’occasion de cette sou­daine flo­rai­son. Du­rant une pé­riode de quatre-vingt-dix ans, les sau­vages en­va­his­seurs, qui ne pos­sé­daient pas d’écriture, abo­lirent le sys­tème des concours où se re­cru­taient les fonc­tion­naires, et re­lé­guèrent les let­trés, qui for­maient la classe la plus ho­no­rée de la so­ciété chi­noise, à un des éche­lons les plus bas, tout juste de­vant les pros­ti­tuées et les men­diants. Par dés­œu­vre­ment, ces let­trés se tour­nèrent alors vers le théâtre — genre dont la grande vogue com­men­çait à se des­si­ner, et qu’ils contri­buèrent très vite à per­fec­tion­ner. Ce­pen­dant, le dis­cré­dit at­ta­ché au théâtre sub­sista. Ces let­trés n’accédèrent ja­mais aux hon­neurs et durent se conten­ter d’exercer de mo­destes em­plois — pe­tits com­mer­çants, apo­thi­caires, de­vins ou simples ac­teurs. Aussi, ne sommes-nous pas éton­nés de ne trou­ver au­cun ren­sei­gne­ment sur leur bio­gra­phie. Et mal­gré la pu­bli­ca­tion, en 1616, d’une cen­taine de leurs chefs-d’œuvre dans l’« An­tho­lo­gie de pièces des Yuan » (« Yuan Qu Xuan »2), le théâtre est resté jusqu’à nos jours le genre le moins connu de toutes les lit­té­ra­tures de di­ver­tis­se­ment qu’a eues la Chine. « Évi­dem­ment, la tech­nique [de ce théâtre] est ex­trê­me­ment gros­sière », ex­plique Adolf-Eduard Zu­cker3. « Les per­son­nages se font connaître à l’auditoire, en dé­taillant leur exis­tence pas­sée et la part qu’ils sont ap­pe­lés à jouer dans le drame… On peut dire que, dans l’ensemble, les pièces n’atteignent guère un plan spi­ri­tuel très élevé. Il se dé­gage, ce­pen­dant, un grand charme de ce théâtre qui nous pré­sente des per­son­nages de toute condi­tion et nous donne une vaste fresque de l’abondante vie de l’Empire du Mi­lieu, aux jours dé­crits par Marco Polo. »

  1. En chi­nois « 忍字記 ». Au­tre­fois trans­crit « Jen Tseu Ki » ou « Jen Tzu Chi ». L’auteur de cette pièce est Zheng Tin­gyu (鄭廷玉). Au­tre­fois trans­crit Tcheng T’ing-yu ou Cheng T’ing-yü. Haut
  2. En chi­nois « 元曲選 ». Au­tre­fois trans­crit « Yuan K’iu Siuan », « Yuen-kiu-siuen » ou « Yüan-ch’ü Hsüan ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Yuan Ren Bai Zhong Qu » (« 元人百種曲 »), c’est-à-dire « Cent Pièces d’auteurs des Yuan ». Au­tre­fois trans­crit « Yüan-jen Pai Chung Ch’ü » ou « Youen Jin Pe Tchong Keu ». Haut
  1. Dans Ca­mille Pou­peye, « Le Théâtre chi­nois », p. 130-131. Haut

Ji Junxiang, « L’Orphelin de la maison de Tchao : tragédie chinoise »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de « L’Orphelin de la mai­son de Zhao »1 (« Zhao­shi gu’er »2), tra­gé­die chi­noise de Ji Jun­xiang3 (XIVe siècle apr. J.-C.). C’est le père Jo­seph-Henri de Pré­mare, de l’Ordre des Jé­suites, qui, après trente ans de sé­jour, tra­dui­sit à Pé­kin cette tra­gé­die. Faite en 1731, sa tra­duc­tion fut le pre­mier échan­tillon sur le­quel on pût ju­ger en Eu­rope du théâtre chi­nois, dont elle ré­véla du même coup l’existence. L’abbé ita­lien Mé­ta­stase en fit une imi­ta­tion dans sa langue, sous le titre du « Hé­ros chi­nois » (« L’Eroe ci­nese ») ; Vol­taire, sous le titre de « L’Orphelin de la Chine » ; Gœthe, sous le titre d’« El­pé­nor » ; etc. Ainsi, cette pièce fut un mo­nu­ment pré­cieux qui ser­vit à faire connaître l’esprit de la Chine plus que toutes les re­la­tions qu’on avait pu­bliées jusque-là de ce vaste Em­pire. « Il est vrai que cette pièce est toute bar­bare en com­pa­rai­son des bons ou­vrages de nos jours », dit Vol­taire4, « mais aussi c’est un chef-d’œuvre, si on la com­pare à nos pièces du XIVe siècle. Cer­tai­ne­ment, nos trou­ba­dours, notre Ba­soche5, la so­ciété des En­fants sans souci et de la Mère sotte n’approchaient pas de l’auteur chi­nois… C’est un en­tas­se­ment d’événements in­croyables… Le per­sé­cu­teur fait mou­rir trois cents per­sonnes de la mai­son de Tchao. La prin­cesse, veuve, ac­couche de l’orphelin. On dé­robe cet en­fant à la fu­reur de ce­lui qui a ex­ter­miné toute la mai­son et qui veut en­core faire pé­rir au ber­ceau le seul qui reste. Cet ex­ter­mi­na­teur or­donne qu’on égorge dans les vil­lages d’alentour tous les en­fants, afin que l’orphelin soit en­ve­loppé dans la des­truc­tion gé­né­rale. On croit lire les “Mille et une Nuits” en ac­tion et en scènes ; mais… mal­gré la foule des évé­ne­ments, tout est de la clarté la plus lu­mi­neuse… ; et ce mé­rite manque à beau­coup de nos pièces mo­dernes. » Quant à notre au­teur, Ji Jun­xiang, sa bio­gra­phie est presque in­con­nue. Ori­gi­naire de Pé­kin, il com­posa six pièces de théâtre, dont seule celle-ci nous est par­ve­nue.

  1. Par­fois tra­duit « L’Orphelin de la Chine » ou « L’Orphelin de la fa­mille Zhao ». Haut
  2. En chi­nois « 趙氏孤兒 ». Au­tre­fois trans­crit « Tschao-schi-ku-öhrl », « Chao-shi-cû-ell », « Tchao-chi-cou-euh », « Tchao-chi-kou-eul », « Tchao-chi-cou-eulh » ou « Chau shi ku eul ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Zhao­shi gu’er da bao­chou » (« 趙氏孤兒大報仇 »), c’est-à-dire « La Grande Ven­geance de l’orphelin de la mai­son de Zhao ». Haut
  3. En chi­nois 紀君祥. Au­tre­fois trans­crit Gi Gün-siang, Chi Chün-hsiang ou Ki Kiun-siang. Haut
  1. « Pré­face à “L’Orphelin de la Chine” ». Haut
  2. En l’an 1303, le roi Phi­lippe le Bel ac­corda aux étu­diants en droit de Pa­ris et d’autres grandes villes le droit de se consti­tuer en confré­ries, dont l’une, la Ba­soche (du mot « ba­si­lique », salle gran­diose où se te­naient les tri­bu­naux ro­mains), fit mon­ter des pièces de théâtre, ap­pe­lées farces, so­ties ou mo­ra­li­tés. Haut