Mot-clef710-794 (époque de Nara)

sujet

« Le “Kojiki”, Chronique des choses anciennes »

éd. G.-P. Maisonneuve et Larose, coll. Références, Paris

éd. G.-P. Maisonneuve et Larose, coll. Références, Paris

Il s’agit du « Kojiki »* (« Chronique des choses anciennes »), le plus vieux monument de la littérature japonaise. « [C’est] une épopée confuse, une espèce de recueil de folklore et de traditions, contenant vraisemblablement, au milieu d’une cosmogonie naïve et embrouillée, quelques parcelles de vérité historique », dit Paul Claudel**. Projeté dès le VIIe siècle et mené à terme au VIIIe siècle apr. J.-C., le « Kojiki » est l’ouvrage qui décrit le mieux la religion indigène du Japon ; car le désir de mettre en avant le passé national, qui a présidé à sa rédaction, fait peu de place à l’arrivée du bouddhisme et du confucianisme. On peut donc le considérer comme le livre canonique de la religion shintô, en même temps que l’épopée d’une nation insulaire qui a toujours aimé à se rappeler ses origines. Les faits et gestes mythiques des dieux s’y mêlent à l’histoire réelle des premiers Empereurs, souvent remaniée dans le dessein de raffermir l’autorité du trône impérial et de professer la doctrine du droit divin. Parmi toutes les croyances que l’on découvre en lisant le « Kojiki », la plus significative est la vénération envers les « kamis »***, qui sont les différentes divinités du ciel et de la terre qu’on trouve dans le shintoïsme. Non seulement des êtres humains, mais aussi des cerfs et des loups, des lacs et des montagnes — tout ce qui sort de l’ordinaire et qui est supérieur, tout ce qui nous inspire l’émerveillement s’appelle « kami » : le soleil, par exemple, en tant que source de vie, personnifié par Grande-Auguste-Kami-Illuminant-le-Ciel ; ou les arbres, souvent ceux de grande taille ou d’une forme particulière, qui sont doublement sacrés en tant que « kamis » et en tant que lieux de résidence pour les « kamis ». « Rien de plus nettement océanien et de plus étranger à l’esprit moralisateur et pédantesque des Chinois », dit Paul Claudel****. « Dès ce moment, s’affirme l’originalité profonde de cet esprit et de cet art japonais qu’on a si sottement contestée. »

* En japonais « 古事記 ». Haut

** « Extrême-Orient. Tome II », p. 396. Haut

*** En japonais . Haut

**** « Extrême-Orient. Tome II », p. 396. Haut

« Man-yôshû. Livres VII, VIII et IX »

éd. UNESCO-Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Poètes du Japon, Paris-Aurillac

éd. UNESCO-Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Poètes du Japon, Paris-Aurillac

Il s’agit du « Man-yô-shû »* (« Recueil d’une myriade de feuilles »**), une des premières compilations de poèmes japonais. Alors que l’antique prose du Japon représente plus ou moins l’influence étrangère de la Chine, l’antique poésie, elle, a quelque chose de profondément indigène. De fait, le « Man-yô-shû » et le « Kokin-shû » peuvent être qualifiés d’anthologies nationales du Japon. Il faut reconnaître que la poésie a toujours tenu une très grande place dans l’âme japonaise, dont elle dévoile, pour ainsi dire, toute l’intimité. De règne en règne, les Empereurs japonais, aux premières fleurs de printemps comme aux dernières lunes d’automne, ont convoqué la suite de leurs courtisans, et sous l’inspiration des choses, se sont fait présenter des poèmes. Parmi ces courtisans, quelques-uns ont mis leur amour en parallèle avec la fumée du mont Fuji, d’autres se sont souvenu de la lointaine jeunesse du mont Otoko, d’autres enfin, à voir la rosée sur l’herbe, l’écume sur l’eau, se sont lamenté sur leur propre impermanence. « La poésie du Yamato*** a pour racine le cœur humain et pour feuilles des milliers de paroles », dit Ki no Tsurayuki dans sa sublime préface au « Kokin-shû », qui s’élève à des sommets jamais encore égalés dans la critique japonaise. « Le temps a beau aller ses étapes ; les choses passer ; les joies et les tristesses croiser leurs routes : quand le rythme est là, comment cette poésie pourrait-elle périr ? S’il est vrai que les aiguilles du pin durent sans choir ni périr ; que les empreintes des oiseaux pour longtemps se gravent**** ; la poésie du Yamato [se maintiendra pour jamais] ».

* En japonais « 万葉集 ». Parfois transcrit « Manjóšú », « Manyôśû », « Man-yô-siû », « Man-yo-siou », « Manyoschu », « Manyôshou », « Manyoshiu », « Mannyoshu » ou « Mannyochou ». Haut

** Titre obscur. « Yô » () veut dire « feuille » ou « génération » ; de sorte qu’on peut entendre soit « Recueil de feuilles innombrables », comme celles d’un grand arbre ou d’un grand livre, soit « Recueil de toutes les générations ». Haut

*** Pour le Japon, le nom du Yamato est comme celui de la Gaule pour la France. Haut

**** Allusion à la légende qui veut que Cang Jie (倉頡) ait inventé les caractères chinois en observant des empreintes d’oiseaux dans la boue. Haut

« Man-yôshû. Livres IV, V et VI »

éd. UNESCO-Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Poètes du Japon, Paris-Cergy

éd. UNESCO-Publications orientalistes de France, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Poètes du Japon, Paris-Cergy

Il s’agit du « Man-yô-shû »* (« Recueil d’une myriade de feuilles »**), une des premières compilations de poèmes japonais. Alors que l’antique prose du Japon représente plus ou moins l’influence étrangère de la Chine, l’antique poésie, elle, a quelque chose de profondément indigène. De fait, le « Man-yô-shû » et le « Kokin-shû » peuvent être qualifiés d’anthologies nationales du Japon. Il faut reconnaître que la poésie a toujours tenu une très grande place dans l’âme japonaise, dont elle dévoile, pour ainsi dire, toute l’intimité. De règne en règne, les Empereurs japonais, aux premières fleurs de printemps comme aux dernières lunes d’automne, ont convoqué la suite de leurs courtisans, et sous l’inspiration des choses, se sont fait présenter des poèmes. Parmi ces courtisans, quelques-uns ont mis leur amour en parallèle avec la fumée du mont Fuji, d’autres se sont souvenu de la lointaine jeunesse du mont Otoko, d’autres enfin, à voir la rosée sur l’herbe, l’écume sur l’eau, se sont lamenté sur leur propre impermanence. « La poésie du Yamato*** a pour racine le cœur humain et pour feuilles des milliers de paroles », dit Ki no Tsurayuki dans sa sublime préface au « Kokin-shû », qui s’élève à des sommets jamais encore égalés dans la critique japonaise. « Le temps a beau aller ses étapes ; les choses passer ; les joies et les tristesses croiser leurs routes : quand le rythme est là, comment cette poésie pourrait-elle périr ? S’il est vrai que les aiguilles du pin durent sans choir ni périr ; que les empreintes des oiseaux pour longtemps se gravent**** ; la poésie du Yamato [se maintiendra pour jamais] ».

* En japonais « 万葉集 ». Parfois transcrit « Manjóšú », « Manyôśû », « Man-yô-siû », « Man-yo-siou », « Manyoschu », « Manyôshou », « Manyoshiu », « Mannyoshu » ou « Mannyochou ». Haut

** Titre obscur. « Yô » () veut dire « feuille » ou « génération » ; de sorte qu’on peut entendre soit « Recueil de feuilles innombrables », comme celles d’un grand arbre ou d’un grand livre, soit « Recueil de toutes les générations ». Haut

*** Pour le Japon, le nom du Yamato est comme celui de la Gaule pour la France. Haut

**** Allusion à la légende qui veut que Cang Jie (倉頡) ait inventé les caractères chinois en observant des empreintes d’oiseaux dans la boue. Haut

« Le Monument poétique de Heian : le “Kokinshû”. Tome II. Chefs-d’œuvre »

éd. P. Geuthner, coll. Yoshino, Paris

éd. P. Geuthner, coll. Yoshino, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Kokin-waka-shû »* (« Recueil de poésies de jadis et naguère »), plus connu sous le titre abrégé de « Kokin-shû »** (« Recueil de jadis et naguère »), une des premières compilations de poèmes japonais. Alors que l’antique prose du Japon représente plus ou moins l’influence étrangère de la Chine, l’antique poésie, elle, a quelque chose de profondément indigène. De fait, le « Kokin-shû » et le « Man-yô-shû » peuvent être qualifiés d’anthologies nationales du Japon. Il faut reconnaître que la poésie a toujours tenu une très grande place dans l’âme japonaise, dont elle dévoile, pour ainsi dire, toute l’intimité. De règne en règne, les Empereurs japonais, aux premières fleurs de printemps comme aux dernières lunes d’automne, ont convoqué la suite de leurs courtisans, et sous l’inspiration des choses, se sont fait présenter des poèmes. Parmi ces courtisans, quelques-uns ont mis leur amour en parallèle avec la fumée du mont Fuji, d’autres se sont souvenu de la lointaine jeunesse du mont Otoko, d’autres enfin, à voir la rosée sur l’herbe, l’écume sur l’eau, se sont lamenté sur leur propre impermanence. « La poésie du Yamato*** a pour racine le cœur humain et pour feuilles des milliers de paroles », dit Ki no Tsurayuki dans sa sublime préface au « Kokin-shû », qui s’élève à des sommets jamais encore égalés dans la critique japonaise. « Le temps a beau aller ses étapes ; les choses passer ; les joies et les tristesses croiser leurs routes : quand le rythme est là, comment cette poésie pourrait-elle périr ? S’il est vrai que les aiguilles du pin durent sans choir ni périr ; que les empreintes des oiseaux pour longtemps se gravent**** ; la poésie du Yamato [se maintiendra pour jamais] ».

* En japonais « 古今和歌集 ». Autrefois transcrit « Kokinn Ouaka Chou ». Haut

** En japonais « 古今集 ». Autrefois transcrit « Kokinnchou » ou « Kokinciou ». Haut

*** Pour le Japon, le nom du Yamato est comme celui de la Gaule pour la France. Haut

**** Allusion à la légende qui veut que Cang Jie (倉頡) ait inventé les caractères chinois en observant des empreintes d’oiseaux dans la boue. Haut

« Le Monument poétique de Heian : le “Kokinshû”. Tome I. Préface de Ki no Tsurayuki »

éd. P. Geuthner, coll. Yoshino, Paris

éd. P. Geuthner, coll. Yoshino, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Kokin-waka-shû »* (« Recueil de poésies de jadis et naguère »), plus connu sous le titre abrégé de « Kokin-shû »** (« Recueil de jadis et naguère »), une des premières compilations de poèmes japonais. Alors que l’antique prose du Japon représente plus ou moins l’influence étrangère de la Chine, l’antique poésie, elle, a quelque chose de profondément indigène. De fait, le « Kokin-shû » et le « Man-yô-shû » peuvent être qualifiés d’anthologies nationales du Japon. Il faut reconnaître que la poésie a toujours tenu une très grande place dans l’âme japonaise, dont elle dévoile, pour ainsi dire, toute l’intimité. De règne en règne, les Empereurs japonais, aux premières fleurs de printemps comme aux dernières lunes d’automne, ont convoqué la suite de leurs courtisans, et sous l’inspiration des choses, se sont fait présenter des poèmes. Parmi ces courtisans, quelques-uns ont mis leur amour en parallèle avec la fumée du mont Fuji, d’autres se sont souvenu de la lointaine jeunesse du mont Otoko, d’autres enfin, à voir la rosée sur l’herbe, l’écume sur l’eau, se sont lamenté sur leur propre impermanence. « La poésie du Yamato*** a pour racine le cœur humain et pour feuilles des milliers de paroles », dit Ki no Tsurayuki dans sa sublime préface au « Kokin-shû », qui s’élève à des sommets jamais encore égalés dans la critique japonaise. « Le temps a beau aller ses étapes ; les choses passer ; les joies et les tristesses croiser leurs routes : quand le rythme est là, comment cette poésie pourrait-elle périr ? S’il est vrai que les aiguilles du pin durent sans choir ni périr ; que les empreintes des oiseaux pour longtemps se gravent**** ; la poésie du Yamato [se maintiendra pour jamais] ».

* En japonais « 古今和歌集 ». Autrefois transcrit « Kokinn Ouaka Chou ». Haut

** En japonais « 古今集 ». Autrefois transcrit « Kokinnchou » ou « Kokinciou ». Haut

*** Pour le Japon, le nom du Yamato est comme celui de la Gaule pour la France. Haut

**** Allusion à la légende qui veut que Cang Jie (倉頡) ait inventé les caractères chinois en observant des empreintes d’oiseaux dans la boue. Haut