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Aristote, «Grande Morale»

dans « Revue de l’Institut catholique de Paris », nº 23, p. 3-90

dans «Revue de l’Institut catho­lique de Paris», no 23, p. 3-90

Il s’agit de la «Grande Morale» («Êthi­ka mega­la»*) d’Aristote. Il se trouve, dans le cor­pus aris­to­té­li­cien, tel qu’il nous est par­ve­nu, trois trai­tés d’éthique ou de morale, inti­tu­lés l’«Éthique à Nico­maque», l’«Éthique à Eudème» et la «Grande Morale». Ces trois ouvrages exposent les mêmes matières, avec des déve­lop­pe­ments ana­logues, dans le même ordre; ce sont trois rédac­tions d’une seule pen­sée. Qu’est-ce donc que ces trois rédac­tions? Quels rap­ports exacts ont-elles entre elles? Sont-elles des leçons recueillies par des dis­ciples? Est-ce Aris­tote lui-même qui s’est repris jusqu’à trois fois pour expo­ser son sys­tème? Ce sont là des ques­tions déli­cates et très dif­fi­ciles à résoudre. Les conjec­tures qu’ont sus­ci­tées les titres mêmes de ces trai­tés, montrent, peut-être mieux que tout, l’incertitude où nous sommes sur leur sta­tut. L’«Éthique à Eudème» par exemple, est-elle une «Éthique pour Eudème», c’est-à-dire un trai­té qu’Aristote aurait dédié à un de ses dis­ciples, nom­mé Eudème? Est-elle, au contraire, une «Éthique d’Eudème», c’est-à-dire un trai­té dont ce dis­ciple aurait été l’éditeur, voire l’auteur? Rien de sûr. Pour l’«Éthique à Nico­maque», le plus soi­gné des trois trai­tés, le plus connu et le seul que saint Tho­mas d’Aquin ait com­men­té, l’incertitude est presque iden­tique, à ceci près que Nico­maque serait, d’après Cicé­ron, le fils d’Aristote. Quant à la «Grande Morale», qui ne mérite ce nom ni par sa lon­gueur ni par l’étendue de ses idées, elle sem­ble­rait, d’après Por­phyre et David l’Arménien, avoir été appe­lée autre­fois la «Petite Morale à Nico­maque»; ce nom lui convient mieux. Mais lais­sons de côté ces ques­tions. Il n’est pas un seul trai­té d’Aristote qui ne soit en désordre : soit par la faute de l’auteur qui, sur­pris par la mort, n’y aurait pas mis la der­nière main, soit par la faute de copistes peu avi­sés qui auraient tout bou­le­ver­sé. «C’est fort regret­table», dit un tra­duc­teur**, «mais si l’on devait condam­ner tout ouvrage d’Aristote par cela seul qu’il est irré­gu­lier, il faut recon­naître qu’il ne nous en res­te­rait plus un seul, depuis la “Méta­phy­sique” jusqu’à la “Poé­tique”.»

* En grec «Ἠθικὰ μεγάλα». Haut

** Jules Bar­thé­lé­my Saint-Hilaire. Haut

Aristote, «Éthique à Eudème»

éd. J. Vrin-Presses de l’Université de Montréal, coll. Bibliothèque des textes philosophiques, Paris-Montréal

éd. J. Vrin-Presses de l’Université de Mont­réal, coll. Biblio­thèque des textes phi­lo­so­phiques, Paris-Mont­réal

Il s’agit de l’«Éthique à Eudème» («Êthi­ka Eudê­mia»*) d’Aristote. Il se trouve, dans le cor­pus aris­to­té­li­cien, tel qu’il nous est par­ve­nu, trois trai­tés d’éthique ou de morale, inti­tu­lés l’«Éthique à Nico­maque», l’«Éthique à Eudème» et la «Grande Morale». Ces trois ouvrages exposent les mêmes matières, avec des déve­lop­pe­ments ana­logues, dans le même ordre; ce sont trois rédac­tions d’une seule pen­sée. Qu’est-ce donc que ces trois rédac­tions? Quels rap­ports exacts ont-elles entre elles? Sont-elles des leçons recueillies par des dis­ciples? Est-ce Aris­tote lui-même qui s’est repris jusqu’à trois fois pour expo­ser son sys­tème? Ce sont là des ques­tions déli­cates et très dif­fi­ciles à résoudre. Les conjec­tures qu’ont sus­ci­tées les titres mêmes de ces trai­tés, montrent, peut-être mieux que tout, l’incertitude où nous sommes sur leur sta­tut. L’«Éthique à Eudème» par exemple, est-elle une «Éthique pour Eudème», c’est-à-dire un trai­té qu’Aristote aurait dédié à un de ses dis­ciples, nom­mé Eudème? Est-elle, au contraire, une «Éthique d’Eudème», c’est-à-dire un trai­té dont ce dis­ciple aurait été l’éditeur, voire l’auteur? Rien de sûr. Pour l’«Éthique à Nico­maque», le plus soi­gné des trois trai­tés, le plus connu et le seul que saint Tho­mas d’Aquin ait com­men­té, l’incertitude est presque iden­tique, à ceci près que Nico­maque serait, d’après Cicé­ron, le fils d’Aristote. Quant à la «Grande Morale», qui ne mérite ce nom ni par sa lon­gueur ni par l’étendue de ses idées, elle sem­ble­rait, d’après Por­phyre et David l’Arménien, avoir été appe­lée autre­fois la «Petite Morale à Nico­maque»; ce nom lui convient mieux. Mais lais­sons de côté ces ques­tions. Il n’est pas un seul trai­té d’Aristote qui ne soit en désordre : soit par la faute de l’auteur qui, sur­pris par la mort, n’y aurait pas mis la der­nière main, soit par la faute de copistes peu avi­sés qui auraient tout bou­le­ver­sé. «C’est fort regret­table», dit un tra­duc­teur**, «mais si l’on devait condam­ner tout ouvrage d’Aristote par cela seul qu’il est irré­gu­lier, il faut recon­naître qu’il ne nous en res­te­rait plus un seul, depuis la “Méta­phy­sique” jusqu’à la “Poé­tique”.»

* En grec «Ἠθικὰ Εὐδήμια». Haut

** Jules Bar­thé­lé­my Saint-Hilaire. Haut

Aristote, «Éthique de Nicomaque»

éd. Garnier frères, coll. Classiques Garnier, Paris

éd. Gar­nier frères, coll. Clas­siques Gar­nier, Paris

Il s’agit de l’«Éthique à Nico­maque» («Êthi­ka Niko­ma­cheia»*) d’Aristote. Il se trouve, dans le cor­pus aris­to­té­li­cien, tel qu’il nous est par­ve­nu, trois trai­tés d’éthique ou de morale, inti­tu­lés l’«Éthique à Nico­maque», l’«Éthique à Eudème» et la «Grande Morale». Ces trois ouvrages exposent les mêmes matières, avec des déve­lop­pe­ments ana­logues, dans le même ordre; ce sont trois rédac­tions d’une seule pen­sée. Qu’est-ce donc que ces trois rédac­tions? Quels rap­ports exacts ont-elles entre elles? Sont-elles des leçons recueillies par des dis­ciples? Est-ce Aris­tote lui-même qui s’est repris jusqu’à trois fois pour expo­ser son sys­tème? Ce sont là des ques­tions déli­cates et très dif­fi­ciles à résoudre. Les conjec­tures qu’ont sus­ci­tées les titres mêmes de ces trai­tés, montrent, peut-être mieux que tout, l’incertitude où nous sommes sur leur sta­tut. L’«Éthique à Eudème» par exemple, est-elle une «Éthique pour Eudème», c’est-à-dire un trai­té qu’Aristote aurait dédié à un de ses dis­ciples, nom­mé Eudème? Est-elle, au contraire, une «Éthique d’Eudème», c’est-à-dire un trai­té dont ce dis­ciple aurait été l’éditeur, voire l’auteur? Rien de sûr. Pour l’«Éthique à Nico­maque», le plus soi­gné des trois trai­tés, le plus connu et le seul que saint Tho­mas d’Aquin ait com­men­té, l’incertitude est presque iden­tique, à ceci près que Nico­maque serait, d’après Cicé­ron, le fils d’Aristote. Quant à la «Grande Morale», qui ne mérite ce nom ni par sa lon­gueur ni par l’étendue de ses idées, elle sem­ble­rait, d’après Por­phyre et David l’Arménien, avoir été appe­lée autre­fois la «Petite Morale à Nico­maque»; ce nom lui convient mieux. Mais lais­sons de côté ces ques­tions. Il n’est pas un seul trai­té d’Aristote qui ne soit en désordre : soit par la faute de l’auteur qui, sur­pris par la mort, n’y aurait pas mis la der­nière main, soit par la faute de copistes peu avi­sés qui auraient tout bou­le­ver­sé. «C’est fort regret­table», dit un tra­duc­teur**, «mais si l’on devait condam­ner tout ouvrage d’Aristote par cela seul qu’il est irré­gu­lier, il faut recon­naître qu’il ne nous en res­te­rait plus un seul, depuis la “Méta­phy­sique” jusqu’à la “Poé­tique”.»

* En grec «Ἠθικὰ Νικομάχεια». Haut

** Jules Bar­thé­lé­my Saint-Hilaire. Haut

Catulle, «Les Poésies»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de Catulle*, poète latin (Ie siècle av. J.-C.), qui s’est essayé dans tous les genres, devan­çant Vir­gile dans l’épopée, Horace dans l’ode, Ovide, Tibulle, Pro­perce dans l’élégie amou­reuse, Mar­tial dans l’épigramme et ce que nous appe­lons la poé­sie légère. Sous un air de sim­pli­ci­té extrême, et ne for­mant pas cent pages, son petit livre, ce «nou­vel enfant d’une muse badine» comme il l’appelle**, est une annonce com­plète, une sorte de pré­lude à toute la poé­sie du siècle d’Auguste. On se figure géné­ra­le­ment que les Romains de cette époque étaient le peuple le plus poli­cé de l’Antiquité; c’est une erreur grave, que les poé­sies de Catulle suf­fi­raient au besoin pour démen­tir. Enri­chis tout à coup par les dépouilles des peuples qu’ils avaient conquis, les Romains pas­sèrent, sans tran­si­tion, de la dis­ci­pline sévère des camps aux dérè­gle­ments des débauches, des fes­tins, de toutes les dépenses, et aux excès les plus cra­pu­leux. Sal­luste écrit*** : «Dès que les richesses eurent com­men­cé à être hono­rées… la ver­tu per­dit son influence, la pau­vre­té devint un opprobre, et l’antique sim­pli­ci­té fut regar­dée comme une affec­ta­tion mal­veillante. Par les richesses, on a vu se répandre par­mi notre jeu­nesse, avec l’orgueil, la débauche et la cupi­di­té; puis… la pro­di­ga­li­té de son patri­moine, la convoi­tise de la for­tune d’autrui, l’entier mépris de l’honneur, de la pudi­ci­té, des choses divines et humaines… Les hommes se pros­ti­tuaient comme des femmes, et les femmes affi­chaient leur impu­di­ci­té». C’est au milieu de cette socié­té mi-bar­bare, mi-civi­li­sée que vécut notre poète. Ami de tous les plai­sirs et de la bonne chère, joyeux viveur de la grande ville, amant volage de ces beau­tés vénales pour les­quelles se rui­nait la jeu­nesse d’alors, il se vit obli­gé de mettre en gage ses biens pour s’adonner aux charmes dan­ge­reux de la pas­sion amou­reuse. Dans un mor­ceau célèbre, tout à coup il s’interrompt et se reproche le mau­vais usage qu’il fait de ses loi­sirs. Il se dit à lui-même : «Prends-y garde, Catulle, [tes loi­sirs] te seront funestes. Ils ont pris trop d’empire sur ton âme. N’oublie pas qu’ils ont per­du les rois et les Empires»

* En latin Gaius Vale­rius Catul­lus. Haut

** p. 3. Haut

*** «Conju­ra­tion de Cati­li­na», ch. 12. Haut

Hésiode, «La Théogonie • Les Travaux et les Jours • Le Catalogue des femmes» • «La Dispute d’Homère et d’Hésiode»

éd. Librairie générale française, coll. Classiques de poche, Paris

éd. Librai­rie géné­rale fran­çaise, coll. Clas­siques de poche, Paris

Il s’agit de la «Théo­go­nie» («Theo­go­nia»*), des «Tra­vaux et des Jours» («Erga kai Hême­rai»**) et du «Cata­logue des femmes» («Kata­lo­gos gynai­kôn»***), sorte de manuels en vers où Hésiode**** a jeté un peu confu­sé­ment mytho­lo­gie, morale, navi­ga­tion, construc­tion de cha­riots, de char­rues, calen­drier des labours, des semailles, des mois­sons, alma­nach des fêtes qui inter­rompent chaque année le tra­vail du pay­san; car à une époque où les connais­sances humaines n’étaient pas encore sépa­rées et dis­tinctes, chaque chef de famille avait besoin de tout cela (VIIIe siècle av. J.-C.). Hésiode a été mis en paral­lèle avec Homère par les Grecs eux-mêmes, et nous pos­sé­dons une fic­tion inti­tu­lée «La Dis­pute d’Homère et d’Hésiode» («Agôn Homê­rou kai Hêsio­dou»*****). En fait, bien que l’un et l’autre puissent être regar­dés comme les pères de la mytho­lo­gie, on ne sau­rait ima­gi­ner deux poètes plus oppo­sés. La poé­sie homé­rique, par ses ori­gines et par son prin­ci­pal déve­lop­pe­ment, appar­tient à la Grèce d’Asie; elle est d’emblée l’expression la plus brillante de l’humanité. Un lec­teur sous le charme du génie d’Homère, de ses épi­sodes si remar­quables d’essor et de déploie­ment, ne retrou­ve­ra chez Hésiode qu’une médiocre par­tie de toutes ces beau­tés. Simple habi­tant des champs, prêtre d’un temple des Muses sur le mont Héli­con, Hésiode est loin d’avoir dans l’esprit un modèle com­pa­rable à celui du héros homé­rique. Il déteste «la guerre mau­vaise»****** chan­tée par les aèdes; il la consi­dère comme un fléau que les dieux épargnent à leurs plus fidèles sujets. Son objet pré­fé­ré, à lui, Grec d’Europe, n’est pas la gloire du com­bat, chose étran­gère à sa vie, mais la paix du tra­vail, réglée au rythme des jours et des sacri­fices reli­gieux. C’est là sa leçon constante, sa per­pé­tuelle ren­gaine. «Hésiode était plus agri­cul­teur que poète. Il songe tou­jours à ins­truire, rare­ment à plaire; jamais une digres­sion agréable ne rompt chez lui la conti­nui­té et l’ennui des pré­ceptes», dit l’abbé Jacques Delille*******. Son poème des «Tra­vaux» nous per­met de nous le repré­sen­ter assez exac­te­ment. Nous le voyons sur les pentes de l’Hélicon, vêtu d’«un man­teau moel­leux ain­si qu’une longue tunique», retour­ner la terre et ense­men­cer. «Une paire de bons bœufs de neuf ans», dont il touche de l’aiguillon le dos, traîne len­te­ment la char­rue. C’est un pay­san qui parle aux pay­sans. Le tra­vail de la terre est tout pour lui : il est la condi­tion de l’indépendance et du bien-être; il est en même temps le devoir envers les dieux, qui n’ont pas impo­sé aux hommes de loi plus vive et plus impé­rieuse. Par­tout il recom­mande l’effort, il blâme par­tout l’oisiveté.

* En grec «Θεογονία». Haut

** En grec «Ἔργα καὶ Ἡμέραι». Haut

*** En grec «Κατάλογος γυναικῶν». Haut

**** En grec Ἡσίοδος. Autre­fois trans­crit Éziode. Haut

***** En grec «Ἀγὼν Ὁμήρου καὶ Ἡσιόδου». Haut

****** «Les Tra­vaux et les Jours», v. 161. Haut

******* «Dis­cours pré­li­mi­naire aux “Géor­giques” de Vir­gile». Haut

Sappho, «La Poésie»

éd. de l’Aire, coll. Le Chant du monde, Vevey

éd. de l’Aire, coll. Le Chant du monde, Vevey

Il s’agit de «La Poé­sie» («Melê»*) de Sap­pho de Les­bos** (VIIe siècle av. J.-C.), la poé­tesse la plus renom­mée de toute la Grèce par ses vers et par ses amours, et l’une des seules femmes de l’Antiquité dont la voix ait tra­ver­sé les siècles. Stra­bon la consi­dère comme «un mer­veilleux pro­dige» et pré­cise : «Je ne sache pas que, dans tout le cours des temps dont l’histoire a gar­dé le sou­ve­nir, aucune femme ait pu, même de loin, sous le rap­port du génie lyrique, riva­li­ser avec elle»***. J’ajouterais aus­si les mots que l’auteur du «Voyage du jeune Ana­char­sis en Grèce» met dans la bouche d’un citoyen de Myti­lène et qui contiennent un résu­mé élo­quent des hom­mages ren­dus par les Grecs au talent de Sap­pho : «Elle a peint tout ce que la nature offre de plus riant. Elle l’a peint avec les cou­leurs les mieux assor­ties, et ces cou­leurs elle sait au besoin tel­le­ment les nuan­cer, qu’il en résulte tou­jours un heu­reux mélange d’ombres et de lumières… Mais avec quelle force de génie nous entraîne-t-elle lorsqu’elle décrit les charmes, les trans­ports et l’ivresse de l’amour! Quels tableaux! Quelle cha­leur! Domi­née, comme la Pythie, par le dieu qui l’agite, elle jette sur le papier des expres­sions enflam­mées; ses sen­ti­ments y tombent comme une grêle de traits, comme une pluie de feu qui va tout consu­mer». Toutes ces qua­li­tés la firent sur­nom­mer la dixième des Muses : «Les Muses, dit-on, sont au nombre de neuf. Quelle erreur! Voi­ci encore Sap­pho de Les­bos qui fait dix»****. On raconte que Sap­pho épou­sa, fort jeune, le plus riche habi­tant d’une île voi­sine, mais qu’elle en devint veuve aus­si­tôt. Le culte de la poé­sie fut dès ce moment sa plus chère occu­pa­tion. Elle réunit autour d’elle plu­sieurs filles, dont elle fit ses élèves ou ses amantes; car il faut savoir que son ardeur amou­reuse, dont Ovide pré­tend qu’elle était «non moindre que le feu de l’Etna» («Ætnæo non minor igne»), s’étendait sur les per­sonnes de son sexe. Il ne nous reste, du grand nombre de ses odes, épi­grammes, élé­gies et épi­tha­lames, que quelques petits frag­ments qui se trouvent dis­sé­mi­nés dans les anciens scho­liastes, et sur­tout une ode entière que Sap­pho fit à la louange d’une de ses maî­tresses.

* En grec «Μέλη». Haut

** En grec Σαπφὼ ἡ Λεσϐία. «Mais son nom authen­tique était Ψάπφω (Psap­phô), au témoi­gnage de la poé­tesse elle-même et de mon­naies myti­lé­niennes. Des mon­naies d’Érésos ont la forme sim­pli­fiée Σαπφώ (Sap­phô) qui est deve­nue en grec la forme la plus com­mune et a abou­ti fina­le­ment à Σαφώ (Saphô)», dit Aimé Puech. Haut

*** En grec «ἡ Σαπφώ, θαυμαστόν τι χρῆμα· οὐ γὰρ ἴσμεν ἐν τῷ τοσούτῳ χρόνῳ τῷ μνημονευομένῳ φανεῖσάν τινα γυναῖκα ἐνάμιλλον οὐδὲ κατὰ μικρὸν ἐκείνῃ ποιήσεως χάριν». Haut

**** Pla­ton dans «Antho­lo­gie grecque, d’après le manus­crit pala­tin». Haut

Homère, «Odyssée»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «L’Odyssée»* d’Homère**. «Le chantre des exploits héroïques, l’interprète des dieux, le second soleil dont s’éclairait la Grèce, la lumière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde entier, Homère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce rivage», dit une épi­gramme funé­raire***. On sait qu’Alexandre de Macé­doine por­tait tou­jours avec lui une copie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, enri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée par­mi les effets du roi Darius. Alexandre mou­rut; l’immense Empire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tom­ba en ruines; mais par­tout où avaient volé les semences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Médi­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part davan­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. «C’est là que se fai­saient les pré­cieuses copies des chants, là que s’écrivaient ces savants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fameuse biblio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le calife Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers», dit Frie­drich Spiel­ha­gen****. Les Romains recueillirent, autant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du génie grec. Et c’était Homère qu’on met­tait entre les mains du jeune Romain comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Eschyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que «les reliefs des grands fes­tins d’Homère»*****, on peut le dire avec encore plus de rai­son des Romains, qui s’invitent chez Homère et reviennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

* En grec «Ὀδύσσεια». Haut

** En grec Ὅμηρος. Haut

*** En grec «Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις». Anti­pa­ter de Sidon dans «Antho­lo­gie grecque, d’après le manus­crit pala­tin». Haut

**** «Homère», p. 513. Haut

***** En grec «τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων». Athé­née, «Ban­quet des savants». Haut

Homère, «Iliade»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «L’Iliade»* d’Homère**. «Le chantre des exploits héroïques, l’interprète des dieux, le second soleil dont s’éclairait la Grèce, la lumière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde entier, Homère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce rivage», dit une épi­gramme funé­raire***. On sait qu’Alexandre de Macé­doine por­tait tou­jours avec lui une copie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, enri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée par­mi les effets du roi Darius. Alexandre mou­rut; l’immense Empire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tom­ba en ruines; mais par­tout où avaient volé les semences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Médi­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part davan­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. «C’est là que se fai­saient les pré­cieuses copies des chants, là que s’écrivaient ces savants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fameuse biblio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le calife Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers», dit Frie­drich Spiel­ha­gen****. Les Romains recueillirent, autant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du génie grec. Et c’était Homère qu’on met­tait entre les mains du jeune Romain comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Eschyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que «les reliefs des grands fes­tins d’Homère»*****, on peut le dire avec encore plus de rai­son des Romains, qui s’invitent chez Homère et reviennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

* En grec «Ἰλιάς». Haut

** En grec Ὅμηρος. Haut

*** En grec «Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις». Anti­pa­ter de Sidon dans «Antho­lo­gie grecque, d’après le manus­crit pala­tin». Haut

**** «Homère», p. 513. Haut

***** En grec «τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων». Athé­née, «Ban­quet des savants». Haut