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Sagard, « Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome IV »

XIXe siècle

Il s’agit de la relation « Histoire du Canada » du frère Gabriel Sagard, missionnaire français, qui a fidèlement décrit le quotidien des Indiens parmi lesquels il vécut pendant près d’un an, ainsi que l’œuvre divine qu’il eut la conviction d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les solitudes du Canada. Il en a tiré deux relations : « Le Grand Voyage du pays des Hurons » et « Histoire du Canada », qui sont précieuses en ce qu’elles nous renseignent sur les mœurs et l’esprit de tribus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poignée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard partit de Paris, à pied et sans argent, voyageant « à l’apostolique »*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épouvantable traversée de l’océan l’incommoda fort et le contraignit « de rendre le tribut à la mer [de vomir] » tout au long des trois mois et six jours de navigation qu’il lui fallut pour arriver à la ville de Québec. De là, « ayant traversé d’île en île » en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant désiré « par un jour de dimanche, fête de Saint-Bernard**, environ midi, [alors] que le soleil donnait à plomb »***. Tous les Indiens sortirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon ; et par des caresses extraordinaires, ils lui témoignèrent « l’aise et le contentement » qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé religieux se mit aussitôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne manqua pas de dresser un lexique : « J’écrivais, et observant soigneusement les mots de la langue… j’en dressais des mémoires que j’étudiais et répétais devant mes sauvages, lesquels y prenaient plaisir et m’aidaient à m’y perfectionner… ; m’[appelant] souvent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pouvaient prononcer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pouvaient ce que je désirais savoir »****. Peu à peu, il parvint à s’habituer dans un lieu si misérable. Peu à peu, aussi, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fraternellement avec eux ; il les attendrit par sa mansuétude et douceur ; et comme il se montrait toujours si bon envers eux, il les persuada aisément que le Dieu dont il leur prêchait la loi, était le bon Dieu. « Telle a été l’action bienfaisante de la France dans ses possessions d’Amérique. Au Sud, les Espagnols suppliciaient, massacraient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refoulaient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos missionnaires l’adoucissaient et l’humanisaient », dit Xavier Marmier

* « Le Grand Voyage du pays des Hurons », p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

Sagard, « Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome III »

XIXe siècle

Il s’agit de la relation « Histoire du Canada » du frère Gabriel Sagard, missionnaire français, qui a fidèlement décrit le quotidien des Indiens parmi lesquels il vécut pendant près d’un an, ainsi que l’œuvre divine qu’il eut la conviction d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les solitudes du Canada. Il en a tiré deux relations : « Le Grand Voyage du pays des Hurons » et « Histoire du Canada », qui sont précieuses en ce qu’elles nous renseignent sur les mœurs et l’esprit de tribus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poignée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard partit de Paris, à pied et sans argent, voyageant « à l’apostolique »*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épouvantable traversée de l’océan l’incommoda fort et le contraignit « de rendre le tribut à la mer [de vomir] » tout au long des trois mois et six jours de navigation qu’il lui fallut pour arriver à la ville de Québec. De là, « ayant traversé d’île en île » en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant désiré « par un jour de dimanche, fête de Saint-Bernard**, environ midi, [alors] que le soleil donnait à plomb »***. Tous les Indiens sortirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon ; et par des caresses extraordinaires, ils lui témoignèrent « l’aise et le contentement » qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé religieux se mit aussitôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne manqua pas de dresser un lexique : « J’écrivais, et observant soigneusement les mots de la langue… j’en dressais des mémoires que j’étudiais et répétais devant mes sauvages, lesquels y prenaient plaisir et m’aidaient à m’y perfectionner… ; m’[appelant] souvent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pouvaient prononcer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pouvaient ce que je désirais savoir »****. Peu à peu, il parvint à s’habituer dans un lieu si misérable. Peu à peu, aussi, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fraternellement avec eux ; il les attendrit par sa mansuétude et douceur ; et comme il se montrait toujours si bon envers eux, il les persuada aisément que le Dieu dont il leur prêchait la loi, était le bon Dieu. « Telle a été l’action bienfaisante de la France dans ses possessions d’Amérique. Au Sud, les Espagnols suppliciaient, massacraient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refoulaient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos missionnaires l’adoucissaient et l’humanisaient », dit Xavier Marmier

* « Le Grand Voyage du pays des Hurons », p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

Sagard, « Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome II »

XIXe siècle

Il s’agit de la relation « Histoire du Canada » du frère Gabriel Sagard, missionnaire français, qui a fidèlement décrit le quotidien des Indiens parmi lesquels il vécut pendant près d’un an, ainsi que l’œuvre divine qu’il eut la conviction d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les solitudes du Canada. Il en a tiré deux relations : « Le Grand Voyage du pays des Hurons » et « Histoire du Canada », qui sont précieuses en ce qu’elles nous renseignent sur les mœurs et l’esprit de tribus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poignée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard partit de Paris, à pied et sans argent, voyageant « à l’apostolique »*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épouvantable traversée de l’océan l’incommoda fort et le contraignit « de rendre le tribut à la mer [de vomir] » tout au long des trois mois et six jours de navigation qu’il lui fallut pour arriver à la ville de Québec. De là, « ayant traversé d’île en île » en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant désiré « par un jour de dimanche, fête de Saint-Bernard**, environ midi, [alors] que le soleil donnait à plomb »***. Tous les Indiens sortirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon ; et par des caresses extraordinaires, ils lui témoignèrent « l’aise et le contentement » qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé religieux se mit aussitôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne manqua pas de dresser un lexique : « J’écrivais, et observant soigneusement les mots de la langue… j’en dressais des mémoires que j’étudiais et répétais devant mes sauvages, lesquels y prenaient plaisir et m’aidaient à m’y perfectionner… ; m’[appelant] souvent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pouvaient prononcer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pouvaient ce que je désirais savoir »****. Peu à peu, il parvint à s’habituer dans un lieu si misérable. Peu à peu, aussi, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fraternellement avec eux ; il les attendrit par sa mansuétude et douceur ; et comme il se montrait toujours si bon envers eux, il les persuada aisément que le Dieu dont il leur prêchait la loi, était le bon Dieu. « Telle a été l’action bienfaisante de la France dans ses possessions d’Amérique. Au Sud, les Espagnols suppliciaient, massacraient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refoulaient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos missionnaires l’adoucissaient et l’humanisaient », dit Xavier Marmier

* « Le Grand Voyage du pays des Hurons », p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

Sagard, « Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome I »

XIXe siècle

Il s’agit de la relation « Histoire du Canada » du frère Gabriel Sagard, missionnaire français, qui a fidèlement décrit le quotidien des Indiens parmi lesquels il vécut pendant près d’un an, ainsi que l’œuvre divine qu’il eut la conviction d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les solitudes du Canada. Il en a tiré deux relations : « Le Grand Voyage du pays des Hurons » et « Histoire du Canada », qui sont précieuses en ce qu’elles nous renseignent sur les mœurs et l’esprit de tribus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poignée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard partit de Paris, à pied et sans argent, voyageant « à l’apostolique »*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épouvantable traversée de l’océan l’incommoda fort et le contraignit « de rendre le tribut à la mer [de vomir] » tout au long des trois mois et six jours de navigation qu’il lui fallut pour arriver à la ville de Québec. De là, « ayant traversé d’île en île » en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant désiré « par un jour de dimanche, fête de Saint-Bernard**, environ midi, [alors] que le soleil donnait à plomb »***. Tous les Indiens sortirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon ; et par des caresses extraordinaires, ils lui témoignèrent « l’aise et le contentement » qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé religieux se mit aussitôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne manqua pas de dresser un lexique : « J’écrivais, et observant soigneusement les mots de la langue… j’en dressais des mémoires que j’étudiais et répétais devant mes sauvages, lesquels y prenaient plaisir et m’aidaient à m’y perfectionner… ; m’[appelant] souvent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pouvaient prononcer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pouvaient ce que je désirais savoir »****. Peu à peu, il parvint à s’habituer dans un lieu si misérable. Peu à peu, aussi, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fraternellement avec eux ; il les attendrit par sa mansuétude et douceur ; et comme il se montrait toujours si bon envers eux, il les persuada aisément que le Dieu dont il leur prêchait la loi, était le bon Dieu. « Telle a été l’action bienfaisante de la France dans ses possessions d’Amérique. Au Sud, les Espagnols suppliciaient, massacraient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refoulaient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos missionnaires l’adoucissaient et l’humanisaient », dit Xavier Marmier

* « Le Grand Voyage du pays des Hurons », p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome VII. Journal de marche • Événements du Siam »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome VI. Passage du Mékong au Tonkin »

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome V. Voyages dans le Haut-Laos et sur les frontières de Chine et de Birmanie »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome IV. Voyages au centre de l’Annam et du Laos et dans les régions sauvages de l’Est de l’Indochine »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome III. Voyages au Laos et chez les sauvages du Sud-Est de l’Indochine »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome II. Exposé des travaux de la mission »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome I. Exposé des travaux de la mission »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Études diverses. Tome III. Recherches sur l’histoire naturelle de l’Indochine orientale »

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Études diverses. Tome II. Recherches sur l’histoire du Cambodge, du Laos et du Siam »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Leroux, Paris

Il s’agit d’Auguste Pavie, explorateur français (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques compagnons fidèles, sillonna pendant des décennies le Cambodge et le Laos. La vocation d’explorateur de Pavie, timide et modeste sergent, fils de ses œuvres, ne se révéla que dans le petit port cambodgien de Kampot*, où il débarqua en tant qu’agent du télégraphe. Dans un premier temps, il vécut isolé, seul Européen ; mais séduit par le charme du pays et des habitants, il chercha à connaître leur langue et leurs coutumes. Un bonze lettré lui servit d’initiateur. Pavie découvrit chez ce dernier « une sorte de coffre laqué rouge et noir, orné de dorures, et [contenant] plusieurs centaines de manuscrits sur feuilles de palmier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chiromancie et la divination… ; romans [relatant] les existences passées du Bouddha ; [manuels] sur les usages : éducation, codes, lois »**. En même temps qu’il était charmé par les édifices de la bonzerie qui dormaient à l’ombre des figuiers, Pavie entrevoyait toute la richesse de cette antique civilisation khmère dont des « restes de littérature et de théâtre », de « vagues idées de dessin et de musique » conservaient pieusement « un souvenir nébuleux »***. Pavie se mit à s’entretenir familièrement avec les habitants et acquit peu à peu une connaissance intime de l’âme indigène qui lui servit par la suite. De ses sorties au bord de la mer, il rapporta en outre une collection de mollusques et de coquilles, qu’il envoya à l’Exposition de Saïgon. Ces travaux retinrent l’attention de Le Myre de Vilers, gouverneur de Cochinchine. Chargé par ce dernier en 1880 d’une première et dure mission, Pavie parcourut la région inexplorée qui s’étendait du golfe de Siam au Mékong, en dressant une carte et une relation de voyage afin d’établir une ligne télégraphique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saïgon-Bangkok de plus d’un millier de kilomètres. Pavie avait montré de telles dispositions, qu’on le chargea aussitôt d’une autre mission : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la première carte complète de l’Indochine. Pareilles missions étaient peut-être un honneur, mais combien les auraient refusées ! Si Pavie les accepta, c’est par crainte de se faire devancer ; car il voulait être le premier inventeur de ces forêts et de ces monts où même les indigènes ne s’aventuraient qu’à contrecœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses projets****, « faites que je sois le premier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rapporte à moi. La France et la République n’auront jamais été mieux servies, dites-le-leur. Le gouvernement de Cochinchine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saïgon à Bangkok ; c’est fini. Je veux marcher en avant… ; chose naturelle, il me faut une tâche plus grande… Si vous voulez, je l’aurai. Donnez donc. Vive la République ! »

* En khmer កំពត. Haut

** « Géographie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut

*** « Études diverses. Tome I », p. XII. Haut

**** « Lettre à Jules Harmand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Auguste Pavie », p. 68. Haut