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le père de Angelis, «Relation du royaume d’Iezo»

dans « Histoire de ce qui s’est passé au Japon, tirée des lettres écrites ès années 1619, 1620 et 1621 » (XVIIᵉ siècle), p. 365-380

dans «His­toire de ce qui s’est pas­sé au Japon, tirée des lettres écrites ès années 1619, 1620 et 1621» (XVIIe siècle), p. 365-380

Il s’agit de la «Rela­tion du royaume d’Iezo» («Rela­zione del regno di Iezo») du bien­heu­reux père Giro­la­mo de Ange­lis, dit Jérôme de Ange­lis*, prêtre jésuite, que le shô­gun fit brû­ler vif le 4 décembre 1623. Le père de Ange­lis était natif d’Enna, en Sicile. Il entra dans la Com­pa­gnie de Jésus à l’âge de dix-huit ans. Pen­dant ses études en théo­lo­gie et avant même d’être prêtre, on lui accor­da de par­tir pour la mis­sion du Japon. Il s’embarqua avec le père Charles Spi­no­la pour Lis­bonne, d’où ils firent voile le 10 avril 1596. Une très vio­lente tem­pête les assaillit au cap de Bonne-Espé­rance et endom­ma­gea gra­ve­ment leur vais­seau, qui dut tour­ner en arrière pour être répa­ré au Bré­sil, puis aban­don­né à Por­to Rico à cause d’une nou­velle ava­rie. Le 21 août 1597, ils s’embarquèrent sur un navire mar­chand; mais quelques cor­saires anglais les sur­prirent en che­min et ame­nèrent pri­son­niers à Londres. Remis en liber­té presque aus­si­tôt, nos pères retour­nèrent à Lis­bonne et repar­tirent pour le Japon, où ils arri­vèrent en 1602 au terme de ce voyage si long, si tra­ver­sé, qui leur deman­da, comme vous voyez, six années. Le père de Ange­lis mit encore une année à apprendre le japo­nais, après quoi il par­cou­rut plu­sieurs fois le pays. Bra­vant et sur­mon­tant tous les obs­tacles, il fit d’innombrables conver­sions. Les fidèles ne pou­vant le visi­ter ouver­te­ment, il se dégui­sait et allait les attendre à des lieux déter­mi­nés. Le tout pre­mier, il por­ta la foi chré­tienne jusque dans l’île d’Ezo ou Iezo** (l’actuel Hok­kai­dô) où il fut en 1618, puis en 1621. Cette île inté­res­sait ses supé­rieurs, d’autant qu’elle ne sem­blait pas encore reven­di­quée par les Japo­nais, dont la pré­sence se can­ton­nait dans le fief de Mat­su­mae ou Mat­su­mai***. Tout le reste, depuis Mat­su­mae jusqu’à la pointe sep­ten­trio­nale, sans comp­ter les îles encore plus au Nord, Sakha­line et les Kou­riles, était habi­té par des indi­gènes à demi sau­vages, nom­més Aïnous; la «Rela­tion» les appelle Iezois. D’autre part, les routes d’Ezo n’étaient pas des che­mins bat­tus comme au Japon, mais des sen­tiers rocailleux qui bor­daient des pré­ci­pices effrayants, «tel­le­ment que ce n’est pas [éton­nant] que les Iezois mettent plus de jour­nées pour aller de Mat­su­mai jusqu’[à l’autre bout de leur île] que les Japo­nais n’en mettent pour aller de Nii­ga­ta jusqu’à la pointe de Corée»****. Pour toutes ces rai­sons, les Japo­nais ne connais­saient ces terres que par des ouï-dire contra­dic­toires et par cer­tains articles de com­merce qu’ils rece­vaient des mains des Aïnous : des baleines, des peaux de phoques, des habits faits avec l’écorce des arbres, des peaux de cerfs… Et ils igno­raient même «si le royaume d’Iezo est une île ou non»

* On ren­contre aus­si les gra­phies Jérosme des Anges et Hié­rosme de Ange­lis. Haut

** En japo­nais 蝦夷. Par­fois trans­crit Iéso, Yezo, Yes­so, Yéso, Jeso ou Jes­so. Haut

*** En japo­nais 松前藩. Par­fois trans­crit Mats­maï, Mats­mayé, Mats­mey, Mat­sou­may ou Mat­sou­maï. Haut

**** p. 376. Haut

Sagard, «Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome IV»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la rela­tion «His­toire du Cana­da» du frère Gabriel Sagard, mis­sion­naire fran­çais, qui a fidè­le­ment décrit le quo­ti­dien des Indiens par­mi les­quels il vécut pen­dant près d’un an, ain­si que l’œuvre divine qu’il eut la convic­tion d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les soli­tudes du Cana­da. Il en a tiré deux rela­tions : «Le Grand Voyage du pays des Hurons» et «His­toire du Cana­da», qui sont pré­cieuses en ce qu’elles nous ren­seignent sur les mœurs et l’esprit de tri­bus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poi­gnée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard par­tit de Paris, à pied et sans argent, voya­geant «à l’apostolique»*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épou­van­table tra­ver­sée de l’océan l’incommoda fort et le contrai­gnit «de rendre le tri­but à la mer [de vomir]» tout au long des trois mois et six jours de navi­ga­tion qu’il lui fal­lut pour arri­ver à la ville de Qué­bec. De là, «ayant tra­ver­sé d’île en île» en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant dési­ré «par un jour de dimanche, fête de Saint-Ber­nard**, envi­ron midi, [alors] que le soleil don­nait à plomb»***. Tous les Indiens sor­tirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon; et par des caresses extra­or­di­naires, ils lui témoi­gnèrent «l’aise et le conten­te­ment» qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé reli­gieux se mit aus­si­tôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne man­qua pas de dres­ser un lexique : «J’écrivais, et obser­vant soi­gneu­se­ment les mots de la langue… j’en dres­sais des mémoires que j’étudiais et répé­tais devant mes sau­vages, les­quels y pre­naient plai­sir et m’aidaient à m’y per­fec­tion­ner…; m’[appelant] sou­vent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pou­vaient pro­non­cer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pou­vaient ce que je dési­rais savoir»****. Peu à peu, il par­vint à s’habituer dans un lieu si misé­rable. Peu à peu, aus­si, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fra­ter­nel­le­ment avec eux; il les atten­drit par sa man­sué­tude et dou­ceur; et comme il se mon­trait tou­jours si bon envers eux, il les per­sua­da aisé­ment que le Dieu dont il leur prê­chait la loi, était le bon Dieu. «Telle a été l’action bien­fai­sante de la France dans ses pos­ses­sions d’Amérique. Au Sud, les Espa­gnols sup­pli­ciaient, mas­sa­craient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refou­laient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos mis­sion­naires l’adoucissaient et l’humanisaient», dit Xavier Mar­mier

* «Le Grand Voyage du pays des Hurons», p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

Sagard, «Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome III»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la rela­tion «His­toire du Cana­da» du frère Gabriel Sagard, mis­sion­naire fran­çais, qui a fidè­le­ment décrit le quo­ti­dien des Indiens par­mi les­quels il vécut pen­dant près d’un an, ain­si que l’œuvre divine qu’il eut la convic­tion d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les soli­tudes du Cana­da. Il en a tiré deux rela­tions : «Le Grand Voyage du pays des Hurons» et «His­toire du Cana­da», qui sont pré­cieuses en ce qu’elles nous ren­seignent sur les mœurs et l’esprit de tri­bus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poi­gnée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard par­tit de Paris, à pied et sans argent, voya­geant «à l’apostolique»*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épou­van­table tra­ver­sée de l’océan l’incommoda fort et le contrai­gnit «de rendre le tri­but à la mer [de vomir]» tout au long des trois mois et six jours de navi­ga­tion qu’il lui fal­lut pour arri­ver à la ville de Qué­bec. De là, «ayant tra­ver­sé d’île en île» en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant dési­ré «par un jour de dimanche, fête de Saint-Ber­nard**, envi­ron midi, [alors] que le soleil don­nait à plomb»***. Tous les Indiens sor­tirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon; et par des caresses extra­or­di­naires, ils lui témoi­gnèrent «l’aise et le conten­te­ment» qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé reli­gieux se mit aus­si­tôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne man­qua pas de dres­ser un lexique : «J’écrivais, et obser­vant soi­gneu­se­ment les mots de la langue… j’en dres­sais des mémoires que j’étudiais et répé­tais devant mes sau­vages, les­quels y pre­naient plai­sir et m’aidaient à m’y per­fec­tion­ner…; m’[appelant] sou­vent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pou­vaient pro­non­cer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pou­vaient ce que je dési­rais savoir»****. Peu à peu, il par­vint à s’habituer dans un lieu si misé­rable. Peu à peu, aus­si, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fra­ter­nel­le­ment avec eux; il les atten­drit par sa man­sué­tude et dou­ceur; et comme il se mon­trait tou­jours si bon envers eux, il les per­sua­da aisé­ment que le Dieu dont il leur prê­chait la loi, était le bon Dieu. «Telle a été l’action bien­fai­sante de la France dans ses pos­ses­sions d’Amérique. Au Sud, les Espa­gnols sup­pli­ciaient, mas­sa­craient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refou­laient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos mis­sion­naires l’adoucissaient et l’humanisaient», dit Xavier Mar­mier

* «Le Grand Voyage du pays des Hurons», p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

Sagard, «Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome II»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la rela­tion «His­toire du Cana­da» du frère Gabriel Sagard, mis­sion­naire fran­çais, qui a fidè­le­ment décrit le quo­ti­dien des Indiens par­mi les­quels il vécut pen­dant près d’un an, ain­si que l’œuvre divine qu’il eut la convic­tion d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les soli­tudes du Cana­da. Il en a tiré deux rela­tions : «Le Grand Voyage du pays des Hurons» et «His­toire du Cana­da», qui sont pré­cieuses en ce qu’elles nous ren­seignent sur les mœurs et l’esprit de tri­bus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poi­gnée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard par­tit de Paris, à pied et sans argent, voya­geant «à l’apostolique»*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épou­van­table tra­ver­sée de l’océan l’incommoda fort et le contrai­gnit «de rendre le tri­but à la mer [de vomir]» tout au long des trois mois et six jours de navi­ga­tion qu’il lui fal­lut pour arri­ver à la ville de Qué­bec. De là, «ayant tra­ver­sé d’île en île» en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant dési­ré «par un jour de dimanche, fête de Saint-Ber­nard**, envi­ron midi, [alors] que le soleil don­nait à plomb»***. Tous les Indiens sor­tirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon; et par des caresses extra­or­di­naires, ils lui témoi­gnèrent «l’aise et le conten­te­ment» qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé reli­gieux se mit aus­si­tôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne man­qua pas de dres­ser un lexique : «J’écrivais, et obser­vant soi­gneu­se­ment les mots de la langue… j’en dres­sais des mémoires que j’étudiais et répé­tais devant mes sau­vages, les­quels y pre­naient plai­sir et m’aidaient à m’y per­fec­tion­ner…; m’[appelant] sou­vent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pou­vaient pro­non­cer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pou­vaient ce que je dési­rais savoir»****. Peu à peu, il par­vint à s’habituer dans un lieu si misé­rable. Peu à peu, aus­si, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fra­ter­nel­le­ment avec eux; il les atten­drit par sa man­sué­tude et dou­ceur; et comme il se mon­trait tou­jours si bon envers eux, il les per­sua­da aisé­ment que le Dieu dont il leur prê­chait la loi, était le bon Dieu. «Telle a été l’action bien­fai­sante de la France dans ses pos­ses­sions d’Amérique. Au Sud, les Espa­gnols sup­pli­ciaient, mas­sa­craient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refou­laient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos mis­sion­naires l’adoucissaient et l’humanisaient», dit Xavier Mar­mier

* «Le Grand Voyage du pays des Hurons», p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

Sagard, «Histoire du Canada, [ou] Voyages que les frères mineurs récollets y ont faits depuis l’an 1615. Tome I»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la rela­tion «His­toire du Cana­da» du frère Gabriel Sagard, mis­sion­naire fran­çais, qui a fidè­le­ment décrit le quo­ti­dien des Indiens par­mi les­quels il vécut pen­dant près d’un an, ain­si que l’œuvre divine qu’il eut la convic­tion d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les soli­tudes du Cana­da. Il en a tiré deux rela­tions : «Le Grand Voyage du pays des Hurons» et «His­toire du Cana­da», qui sont pré­cieuses en ce qu’elles nous ren­seignent sur les mœurs et l’esprit de tri­bus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poi­gnée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard par­tit de Paris, à pied et sans argent, voya­geant «à l’apostolique»*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épou­van­table tra­ver­sée de l’océan l’incommoda fort et le contrai­gnit «de rendre le tri­but à la mer [de vomir]» tout au long des trois mois et six jours de navi­ga­tion qu’il lui fal­lut pour arri­ver à la ville de Qué­bec. De là, «ayant tra­ver­sé d’île en île» en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant dési­ré «par un jour de dimanche, fête de Saint-Ber­nard**, envi­ron midi, [alors] que le soleil don­nait à plomb»***. Tous les Indiens sor­tirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon; et par des caresses extra­or­di­naires, ils lui témoi­gnèrent «l’aise et le conten­te­ment» qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé reli­gieux se mit aus­si­tôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne man­qua pas de dres­ser un lexique : «J’écrivais, et obser­vant soi­gneu­se­ment les mots de la langue… j’en dres­sais des mémoires que j’étudiais et répé­tais devant mes sau­vages, les­quels y pre­naient plai­sir et m’aidaient à m’y per­fec­tion­ner…; m’[appelant] sou­vent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pou­vaient pro­non­cer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pou­vaient ce que je dési­rais savoir»****. Peu à peu, il par­vint à s’habituer dans un lieu si misé­rable. Peu à peu, aus­si, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fra­ter­nel­le­ment avec eux; il les atten­drit par sa man­sué­tude et dou­ceur; et comme il se mon­trait tou­jours si bon envers eux, il les per­sua­da aisé­ment que le Dieu dont il leur prê­chait la loi, était le bon Dieu. «Telle a été l’action bien­fai­sante de la France dans ses pos­ses­sions d’Amérique. Au Sud, les Espa­gnols sup­pli­ciaient, mas­sa­craient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refou­laient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos mis­sion­naires l’adoucissaient et l’humanisaient», dit Xavier Mar­mier

* «Le Grand Voyage du pays des Hurons», p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut

le père de Beaurecueil, «Je crois en l’étoile du matin»

éd. du Cerf, coll. Épiphanie, Paris

éd. du Cerf, coll. Épi­pha­nie, Paris

Il s’agit de «Je crois en l’étoile du matin» du père Serge de Beau­re­cueil, reli­gieux fran­çais, grand connais­seur de l’Afghanistan. En entrant dans l’Ordre de saint Domi­nique en 1935 et en enten­dant pour la pre­mière fois le père Che­nu lui par­ler de l’Égypte, où il par­tit en 1946, com­ment le père de Beau­re­cueil aurait-il pu sup­po­ser que sa patrie spi­ri­tuelle, sa terre pro­mise serait beau­coup plus loin, dans les mon­tagnes de l’Asie Cen­trale? Dieu l’y condui­sit pas à pas et presque sans qu’il s’en aper­çût. La «ren­contre» for­tuite d’un mys­tique afghan du XIe siècle apr. J.-C., Ansâ­rî, fut déci­sive. Le père de Beau­re­cueil n’y vit au début qu’un bon sujet d’étude à pour­suivre au couvent du Caire. Il entre­prit d’éditer rigou­reu­se­ment, à par­tir de tous les manus­crits exis­tants, les textes ori­gi­naux d’Ansârî, en per­san et en arabe, ce mys­tique ayant écrit dans les deux langues. Il en apprit même les plus beaux pas­sages par cœur pour nour­rir ses médi­ta­tions; celui-ci par exemple : «Com­ment aurais-je su que la souf­france est mère de la joie, et que sous une décep­tion se cachent mille tré­sors?»*, qu’il rap­pro­chait du psaume biblique : «Ceux qui sèment dans les larmes, mois­sonnent avec des cris de joie»**. Ses tra­vaux magis­traux lui valurent d’être invi­té à Kaboul pour un sémi­naire sur Ansâ­rî, en 1962. On lui sug­gé­ra de res­ter, ce qu’il fit une bonne ving­taine d’années. La ville de Kaboul, ren­dez-vous de tant d’ethnies, invi­tées à se recon­naître, à vivre ensemble, avec évi­dem­ment tous les heurts pos­sibles, le fas­ci­na : «Kaboul, ma fian­cée, mon épouse, dont je porte la bague, don­née il y a bien long­temps par un petit bon­homme épi­lep­tique que j’avais fait soi­gner!… Quel roman d’amour entre nous! Avec bien­tôt vingt ans de fidé­li­té», écrit-il dans un hymne consa­cré à cette ville

* «Cris du cœur, “Munâ­jât”», no 28. Haut

** «Livre des psaumes», CXXVI, 5. Haut

le père de Beaurecueil, «Un Chrétien en Afghanistan. Nous avons partagé le pain et le sel • Prêtre des non-chrétiens»

éd. du Cerf, coll. Foi vivante, Paris

éd. du Cerf, coll. Foi vivante, Paris

Il s’agit d’«Un Chré­tien en Afgha­nis­tan» du père Serge de Beau­re­cueil, reli­gieux fran­çais, grand connais­seur de l’Afghanistan. En entrant dans l’Ordre de saint Domi­nique en 1935 et en enten­dant pour la pre­mière fois le père Che­nu lui par­ler de l’Égypte, où il par­tit en 1946, com­ment le père de Beau­re­cueil aurait-il pu sup­po­ser que sa patrie spi­ri­tuelle, sa terre pro­mise serait beau­coup plus loin, dans les mon­tagnes de l’Asie Cen­trale? Dieu l’y condui­sit pas à pas et presque sans qu’il s’en aper­çût. La «ren­contre» for­tuite d’un mys­tique afghan du XIe siècle apr. J.-C., Ansâ­rî, fut déci­sive. Le père de Beau­re­cueil n’y vit au début qu’un bon sujet d’étude à pour­suivre au couvent du Caire. Il entre­prit d’éditer rigou­reu­se­ment, à par­tir de tous les manus­crits exis­tants, les textes ori­gi­naux d’Ansârî, en per­san et en arabe, ce mys­tique ayant écrit dans les deux langues. Il en apprit même les plus beaux pas­sages par cœur pour nour­rir ses médi­ta­tions; celui-ci par exemple : «Com­ment aurais-je su que la souf­france est mère de la joie, et que sous une décep­tion se cachent mille tré­sors?»*, qu’il rap­pro­chait du psaume biblique : «Ceux qui sèment dans les larmes, mois­sonnent avec des cris de joie»**. Ses tra­vaux magis­traux lui valurent d’être invi­té à Kaboul pour un sémi­naire sur Ansâ­rî, en 1962. On lui sug­gé­ra de res­ter, ce qu’il fit une bonne ving­taine d’années. La ville de Kaboul, ren­dez-vous de tant d’ethnies, invi­tées à se recon­naître, à vivre ensemble, avec évi­dem­ment tous les heurts pos­sibles, le fas­ci­na : «Kaboul, ma fian­cée, mon épouse, dont je porte la bague, don­née il y a bien long­temps par un petit bon­homme épi­lep­tique que j’avais fait soi­gner!… Quel roman d’amour entre nous! Avec bien­tôt vingt ans de fidé­li­té», écrit-il dans un hymne consa­cré à cette ville

* «Cris du cœur, “Munâ­jât”», no 28. Haut

** «Livre des psaumes», CXXVI, 5. Haut

le père de Beaurecueil, «Mes enfants de Kaboul»

éd. du Cerf, Paris

éd. du Cerf, Paris

Il s’agit de «Mes enfants de Kaboul» du père Serge de Beau­re­cueil, reli­gieux fran­çais, grand connais­seur de l’Afghanistan. En entrant dans l’Ordre de saint Domi­nique en 1935 et en enten­dant pour la pre­mière fois le père Che­nu lui par­ler de l’Égypte, où il par­tit en 1946, com­ment le père de Beau­re­cueil aurait-il pu sup­po­ser que sa patrie spi­ri­tuelle, sa terre pro­mise serait beau­coup plus loin, dans les mon­tagnes de l’Asie Cen­trale? Dieu l’y condui­sit pas à pas et presque sans qu’il s’en aper­çût. La «ren­contre» for­tuite d’un mys­tique afghan du XIe siècle apr. J.-C., Ansâ­rî, fut déci­sive. Le père de Beau­re­cueil n’y vit au début qu’un bon sujet d’étude à pour­suivre au couvent du Caire. Il entre­prit d’éditer rigou­reu­se­ment, à par­tir de tous les manus­crits exis­tants, les textes ori­gi­naux d’Ansârî, en per­san et en arabe, ce mys­tique ayant écrit dans les deux langues. Il en apprit même les plus beaux pas­sages par cœur pour nour­rir ses médi­ta­tions; celui-ci par exemple : «Com­ment aurais-je su que la souf­france est mère de la joie, et que sous une décep­tion se cachent mille tré­sors?»*, qu’il rap­pro­chait du psaume biblique : «Ceux qui sèment dans les larmes, mois­sonnent avec des cris de joie»**. Ses tra­vaux magis­traux lui valurent d’être invi­té à Kaboul pour un sémi­naire sur Ansâ­rî, en 1962. On lui sug­gé­ra de res­ter, ce qu’il fit une bonne ving­taine d’années. La ville de Kaboul, ren­dez-vous de tant d’ethnies, invi­tées à se recon­naître, à vivre ensemble, avec évi­dem­ment tous les heurts pos­sibles, le fas­ci­na : «Kaboul, ma fian­cée, mon épouse, dont je porte la bague, don­née il y a bien long­temps par un petit bon­homme épi­lep­tique que j’avais fait soi­gner!… Quel roman d’amour entre nous! Avec bien­tôt vingt ans de fidé­li­té», écrit-il dans un hymne consa­cré à cette ville

* «Cris du cœur, “Munâ­jât”», no 28. Haut

** «Livre des psaumes», CXXVI, 5. Haut

Marie de l’Incarnation, «Écrits spirituels et historiques. Tome IV»

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Québec

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Qué­bec

Il s’agit de la «Cor­res­pon­dance» et autres écrits de la mère Marie de l’Incarnation*, la pre­mière en date, comme la pre­mière en génie, par­mi les femmes mis­sion­naires venues évan­gé­li­ser le Cana­da (XVIIe siècle apr. J.-C.). Certes, ses écrits furent com­po­sés sans sou­ci d’agrément lit­té­raire. Mais ils viennent d’une femme de carac­tère qui était, en véri­té, une nature d’exception et qui, en asso­ciant son âme direc­te­ment à Dieu, fit l’économie d’une dépen­dance par rap­port aux hommes. Sa pié­té cou­ra­geuse et son saint enthou­siasme étaient suf­fi­sam­ment connus pour que Bos­suet l’ait appe­lée «la Thé­rèse de nos jours et du Nou­veau Monde»**. «Au Cana­da, ses œuvres sont un tré­sor de famille», explique dom Albert Jamet. «Mais les Fran­çais de l’ancienne France doivent savoir que ses œuvres sont toutes leurs aus­si, et au même titre. Peut-être s’en sont-ils trop dés­in­té­res­sés. “En France”, notait Sainte-Beuve***, “nous ne nous mon­trons pas tou­jours assez soi­gneux ou fiers de nos richesses.” À Tours, où elle naquit en 1599, Marie de l’Incarnation fut éle­vée aux sublimes états d’oraison qui la font aller de pair avec les plus hauts contem­pla­tifs de tous les temps et de tous les pays. À Qué­bec, où elle arri­va en 1639, c’est une œuvre fran­çaise qu’elle fit durant les trente-deux années qui lui res­taient encore à vivre. Par là, ses écrits sont le bien et l’honneur indi­vis des deux France.»

* À ne pas confondre avec Barbe Aca­rie, née Barbe Avrillot, qui entra éga­le­ment en reli­gion sous le nom de Marie de l’Incarnation. Elle vécut un siècle plus tôt. Haut

** «Ins­truc­tion sur les états d’oraison», liv. IX. Bos­suet a écrit ailleurs à une cor­res­pon­dante : «J’ai vu, depuis peu, la vie de la mère Marie de l’Incarnation… Tout y est admi­rable, et je vous ren­ver­rai bien­tôt [des] extraits pour vous en ser­vir» («Lettres à la sœur Cor­nuau», lettre CIII). Haut

*** «Port-Royal», liv. I. Haut

Marie de l’Incarnation, «Écrits spirituels et historiques. Tome III»

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Québec

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Qué­bec

Il s’agit de la «Cor­res­pon­dance» et autres écrits de la mère Marie de l’Incarnation*, la pre­mière en date, comme la pre­mière en génie, par­mi les femmes mis­sion­naires venues évan­gé­li­ser le Cana­da (XVIIe siècle apr. J.-C.). Certes, ses écrits furent com­po­sés sans sou­ci d’agrément lit­té­raire. Mais ils viennent d’une femme de carac­tère qui était, en véri­té, une nature d’exception et qui, en asso­ciant son âme direc­te­ment à Dieu, fit l’économie d’une dépen­dance par rap­port aux hommes. Sa pié­té cou­ra­geuse et son saint enthou­siasme étaient suf­fi­sam­ment connus pour que Bos­suet l’ait appe­lée «la Thé­rèse de nos jours et du Nou­veau Monde»**. «Au Cana­da, ses œuvres sont un tré­sor de famille», explique dom Albert Jamet. «Mais les Fran­çais de l’ancienne France doivent savoir que ses œuvres sont toutes leurs aus­si, et au même titre. Peut-être s’en sont-ils trop dés­in­té­res­sés. “En France”, notait Sainte-Beuve***, “nous ne nous mon­trons pas tou­jours assez soi­gneux ou fiers de nos richesses.” À Tours, où elle naquit en 1599, Marie de l’Incarnation fut éle­vée aux sublimes états d’oraison qui la font aller de pair avec les plus hauts contem­pla­tifs de tous les temps et de tous les pays. À Qué­bec, où elle arri­va en 1639, c’est une œuvre fran­çaise qu’elle fit durant les trente-deux années qui lui res­taient encore à vivre. Par là, ses écrits sont le bien et l’honneur indi­vis des deux France.»

* À ne pas confondre avec Barbe Aca­rie, née Barbe Avrillot, qui entra éga­le­ment en reli­gion sous le nom de Marie de l’Incarnation. Elle vécut un siècle plus tôt. Haut

** «Ins­truc­tion sur les états d’oraison», liv. IX. Bos­suet a écrit ailleurs à une cor­res­pon­dante : «J’ai vu, depuis peu, la vie de la mère Marie de l’Incarnation… Tout y est admi­rable, et je vous ren­ver­rai bien­tôt [des] extraits pour vous en ser­vir» («Lettres à la sœur Cor­nuau», lettre CIII). Haut

*** «Port-Royal», liv. I. Haut

Marie de l’Incarnation, «Écrits spirituels et historiques. Tome II»

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Québec

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Qué­bec

Il s’agit de la «Retraite de 1634» et autres écrits de la mère Marie de l’Incarnation*, la pre­mière en date, comme la pre­mière en génie, par­mi les femmes mis­sion­naires venues évan­gé­li­ser le Cana­da (XVIIe siècle apr. J.-C.). Certes, ses écrits furent com­po­sés sans sou­ci d’agrément lit­té­raire. Mais ils viennent d’une femme de carac­tère qui était, en véri­té, une nature d’exception et qui, en asso­ciant son âme direc­te­ment à Dieu, fit l’économie d’une dépen­dance par rap­port aux hommes. Sa pié­té cou­ra­geuse et son saint enthou­siasme étaient suf­fi­sam­ment connus pour que Bos­suet l’ait appe­lée «la Thé­rèse de nos jours et du Nou­veau Monde»**. «Au Cana­da, ses œuvres sont un tré­sor de famille», explique dom Albert Jamet. «Mais les Fran­çais de l’ancienne France doivent savoir que ses œuvres sont toutes leurs aus­si, et au même titre. Peut-être s’en sont-ils trop dés­in­té­res­sés. “En France”, notait Sainte-Beuve***, “nous ne nous mon­trons pas tou­jours assez soi­gneux ou fiers de nos richesses.” À Tours, où elle naquit en 1599, Marie de l’Incarnation fut éle­vée aux sublimes états d’oraison qui la font aller de pair avec les plus hauts contem­pla­tifs de tous les temps et de tous les pays. À Qué­bec, où elle arri­va en 1639, c’est une œuvre fran­çaise qu’elle fit durant les trente-deux années qui lui res­taient encore à vivre. Par là, ses écrits sont le bien et l’honneur indi­vis des deux France.»

* À ne pas confondre avec Barbe Aca­rie, née Barbe Avrillot, qui entra éga­le­ment en reli­gion sous le nom de Marie de l’Incarnation. Elle vécut un siècle plus tôt. Haut

** «Ins­truc­tion sur les états d’oraison», liv. IX. Bos­suet a écrit ailleurs à une cor­res­pon­dante : «J’ai vu, depuis peu, la vie de la mère Marie de l’Incarnation… Tout y est admi­rable, et je vous ren­ver­rai bien­tôt [des] extraits pour vous en ser­vir» («Lettres à la sœur Cor­nuau», lettre CIII). Haut

*** «Port-Royal», liv. I. Haut

Marie de l’Incarnation, «Écrits spirituels et historiques. Tome I»

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Québec

éd. D. de Brouwer-L’Action sociale, Paris-Qué­bec

Il s’agit de la «Rela­tion de 1633» et autres écrits de la mère Marie de l’Incarnation*, la pre­mière en date, comme la pre­mière en génie, par­mi les femmes mis­sion­naires venues évan­gé­li­ser le Cana­da (XVIIe siècle apr. J.-C.). Certes, ses écrits furent com­po­sés sans sou­ci d’agrément lit­té­raire. Mais ils viennent d’une femme de carac­tère qui était, en véri­té, une nature d’exception et qui, en asso­ciant son âme direc­te­ment à Dieu, fit l’économie d’une dépen­dance par rap­port aux hommes. Sa pié­té cou­ra­geuse et son saint enthou­siasme étaient suf­fi­sam­ment connus pour que Bos­suet l’ait appe­lée «la Thé­rèse de nos jours et du Nou­veau Monde»**. «Au Cana­da, ses œuvres sont un tré­sor de famille», explique dom Albert Jamet. «Mais les Fran­çais de l’ancienne France doivent savoir que ses œuvres sont toutes leurs aus­si, et au même titre. Peut-être s’en sont-ils trop dés­in­té­res­sés. “En France”, notait Sainte-Beuve***, “nous ne nous mon­trons pas tou­jours assez soi­gneux ou fiers de nos richesses.” À Tours, où elle naquit en 1599, Marie de l’Incarnation fut éle­vée aux sublimes états d’oraison qui la font aller de pair avec les plus hauts contem­pla­tifs de tous les temps et de tous les pays. À Qué­bec, où elle arri­va en 1639, c’est une œuvre fran­çaise qu’elle fit durant les trente-deux années qui lui res­taient encore à vivre. Par là, ses écrits sont le bien et l’honneur indi­vis des deux France.»

* À ne pas confondre avec Barbe Aca­rie, née Barbe Avrillot, qui entra éga­le­ment en reli­gion sous le nom de Marie de l’Incarnation. Elle vécut un siècle plus tôt. Haut

** «Ins­truc­tion sur les états d’oraison», liv. IX. Bos­suet a écrit ailleurs à une cor­res­pon­dante : «J’ai vu, depuis peu, la vie de la mère Marie de l’Incarnation… Tout y est admi­rable, et je vous ren­ver­rai bien­tôt [des] extraits pour vous en ser­vir» («Lettres à la sœur Cor­nuau», lettre CIII). Haut

*** «Port-Royal», liv. I. Haut

Sagard, «Le Grand Voyage du pays des Hurons, situé ès derniers confins de la Nouvelle-France, dite Canada»

XVIIᵉ siècle

XVIIe siècle

Il s’agit de la rela­tion «Le Grand Voyage du pays des Hurons» du frère Gabriel Sagard, mis­sion­naire fran­çais, qui a fidè­le­ment décrit le quo­ti­dien des Indiens par­mi les­quels il vécut pen­dant près d’un an, ain­si que l’œuvre divine qu’il eut la convic­tion d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il vint s’enfoncer dans les soli­tudes du Cana­da. Il en a tiré deux rela­tions : «Le Grand Voyage du pays des Hurons» et «His­toire du Cana­da», qui sont pré­cieuses en ce qu’elles nous ren­seignent sur les mœurs et l’esprit de tri­bus aujourd’hui éteintes ou réduites à une poi­gnée d’hommes. Ce fut le 18 mars 1623 que le frère Sagard par­tit de Paris, à pied et sans argent, voya­geant «à l’apostolique»*, pour se rendre à Dieppe, lieu de l’embarquement. La grande et épou­van­table tra­ver­sée de l’océan l’incommoda fort et le contrai­gnit «de rendre le tri­but à la mer [de vomir]» tout au long des trois mois et six jours de navi­ga­tion qu’il lui fal­lut pour arri­ver à la ville de Qué­bec. De là, «ayant tra­ver­sé d’île en île» en petit canot, il prit terre au pays des Hurons tant dési­ré «par un jour de dimanche, fête de Saint-Ber­nard**, envi­ron midi, [alors] que le soleil don­nait à plomb»***. Tous les Indiens sor­tirent de leurs cabanes pour venir le voir et lui firent un fort bon accueil à leur façon; et par des caresses extra­or­di­naires, ils lui témoi­gnèrent «l’aise et le conten­te­ment» qu’ils avaient de sa venue. Notre zélé reli­gieux se mit aus­si­tôt à l’étude de la langue huronne, dont il ne man­qua pas de dres­ser un lexique : «J’écrivais, et obser­vant soi­gneu­se­ment les mots de la langue… j’en dres­sais des mémoires que j’étudiais et répé­tais devant mes sau­vages, les­quels y pre­naient plai­sir et m’aidaient à m’y per­fec­tion­ner…; m’[appelant] sou­vent “Aviel”, au lieu de “Gabriel” qu’ils ne pou­vaient pro­non­cer à cause de la lettre “b” qui ne se trouve point en toute leur langue… “Gabriel, prends ta plume et écris”, puis ils m’expliquaient au mieux qu’ils pou­vaient ce que je dési­rais savoir»****. Peu à peu, il par­vint à s’habituer dans un lieu si misé­rable. Peu à peu, aus­si, il apprit la langue des Indiens. Il s’entretint alors fra­ter­nel­le­ment avec eux; il les atten­drit par sa man­sué­tude et dou­ceur; et comme il se mon­trait tou­jours si bon envers eux, il les per­sua­da aisé­ment que le Dieu dont il leur prê­chait la loi, était le bon Dieu. «Telle a été l’action bien­fai­sante de la France dans ses pos­ses­sions d’Amérique. Au Sud, les Espa­gnols sup­pli­ciaient, mas­sa­craient la pauvre race indienne. Au Nord, les Anglais la refou­laient de zone en zone jusque dans les froids et arides déserts. Nos mis­sion­naires l’adoucissaient et l’humanisaient», dit Xavier Mar­mier

* «Le Grand Voyage du pays des Hurons», p. 7. Haut

** Le 20 août. Haut

*** id. p. 81. Haut

**** id. p. 87-88. Haut