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Gogol, «Œuvres complètes»

éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, Paris

Il s’agit des «Âmes mortes» («Miort­vyïé dou­chi»*) et autres œuvres de Nico­las Gogol**. L’un des infor­ma­teurs du vicomte de Vogüé pour «Le Roman russe», un vieil homme de lettres***, lui avait dit un jour : «Nous sommes tous sor­tis du “Man­teau” de Gogol»****. Cette for­mule, pro­non­cée d’abord en fran­çais, a plu. Elle témoigne du fait que Gogol était deve­nu le modèle de la prose, comme Pou­ch­kine — le modèle de la poé­sie. Elle a beau­coup été citée. On la connaît. On connaît bien moins Gogol lui-même qui, à plu­sieurs égards, était un homme étrange et mys­té­rieux. On peut le dire, il y avait en lui quelque chose du démon. Un pou­voir sur­na­tu­rel fai­sait étin­ce­ler ses yeux; et il sem­blait, par moments, que l’irrationnel et l’effrayant le péné­traient de part en part et impri­maient sur ses œuvres une marque inef­fa­çable. Si, ensuite, la lit­té­ra­ture russe s’est signa­lée par une cer­taine exal­ta­tion déré­glée, tour­men­tée, une cer­taine contra­dic­tion inté­rieure, une psy­chose guet­tant constam­ment, cachée au tour­nant; si elle a même favo­ri­sé ces carac­tères, elle a sui­vi en cela l’exemple de Gogol. Cet auteur mi-russe, mi-ukrai­nien avait une nature double et vivait dans un monde dédou­blé — le monde réel et le monde des rêves lou­foques, ter­ri­fiants. Et non seule­ment ces deux mondes paral­lèles se ren­con­traient, mais encore ils se contor­sion­naient et se confon­daient d’une façon extra­va­gante dans son esprit déli­rant, un peu «comme deux piliers qui se reflètent dans l’eau se livrent aux contor­sions les plus folles quand les remous de l’onde s’y prêtent»*****. C’est «Le Nez» («Nos»******), ana­gramme du «Rêve» («Son»*******), où ce génie si par­ti­cu­lier de Gogol s’est déployé libre­ment pour la toute pre­mière fois. Que l’on pense au début de la nou­velle : «À son immense stu­pé­fac­tion, il s’aperçut que la place que son nez devait occu­per ne pré­sen­tait plus qu’une sur­face lisse! Tout alar­mé, Kova­liov se fit appor­ter de l’eau et se frot­ta les yeux avec un essuie-mains : le nez avait bel et bien dis­pa­ru!» Toutes les fon­da­tions du réel vacillent. Mais le fonc­tion­naire gogo­lien est à peine conscient de ce qui lui arrive. Confron­té à une ville absurde, fan­tas­ma­go­rique, un «Gogol­grad» inquié­tant, où le diable lui-même allume les lampes et éclaire les choses pour les mon­trer sous un aspect illu­soire, ce petit homme gru­gé, muti­lé, floué avance à tâtons dans la brume, en s’accrochant orgueilleu­se­ment et pué­ri­le­ment à ses fonc­tions et à son grade. «La ville a beau lui jouer les tours les plus pen­dables, le ber­ner ou le châ­trer momen­ta­né­ment, ce per­son­nage… insi­gni­fiant ne renonce jamais à s’incruster, à s’enraciner, fût-ce dans l’inexistant. [Il] res­te­ra cha­touilleux sur son grade et ses pré­ro­ga­tives bureau­cra­tiques jusqu’à [sa] dis­so­lu­tion com­plète dans le non-être… Inchan­gé, il réap­pa­raî­tra chez un Kaf­ka», explique M. Georges Nivat.

* En russe «Мёртвые души». Autre­fois trans­crit «Miort­via dou­chi», «Meurt­via dou­chi», «Miort­vyye dushi» ou «Mert­vye duši». Haut

** En russe Николай Гоголь. Par­fois trans­crit Niko­laj Gogol, Niko­laï Gogol ou Nico­laï Gogol. Haut

*** Sans doute Dmi­tri Gri­go­ro­vitch. Une remarque à la page 208 du «Roman russe» le laisse pen­ser : «M. Gri­go­ro­vitch, qui tient une place hono­rée dans les lettres…, m’a confir­mé cette anec­dote». Haut

**** «Le Roman russe», p. 96. Haut

***** Vla­di­mir Nabo­kov, «Niko­laï Gogol». Haut

****** En russe «Нос». Haut

******* En russe «Сон». Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome VIII»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome VII»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome VI»

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzan­tine, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome V»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome IV»

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzan­tine, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome III»

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzan­tine, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Maximes pour la conduite du prince Michel, roi de Bulgarie»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle de la «Lettre à Michel, roi de Bul­ga­rie» («Epis­to­lê pros Michaêl ton archon­ta Boul­ga­rias»*) de Pho­tius**, patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Du temps de Pho­tius, les Bul­gares, voi­sins redou­tables par leurs guerres sou­vent heu­reuses, don­naient beau­coup de mal à l’Empereur de Constan­ti­nople. Tan­tôt alliés et tan­tôt oppo­sés aux diverses tri­bus des Bal­kans, ils avaient conquis sur les Grecs d’importantes pro­vinces et s’étaient avan­cés même jusqu’au Pélo­pon­nèse, en répan­dant la langue slave, qui était deve­nue la leur, dans les ter­ri­toires qu’ils occu­paient, et où on la parle encore de nos jours. Ils avaient trou­vé sur ces ter­ri­toires des prêtres grecs, des­quels ils avaient reçu les pre­mières lumières de la reli­gion, quoiqu’il y ait lieu de dou­ter, avec Vol­taire***, que «ces Bul­gares, qui buvaient dans le crâne de leurs enne­mis, fussent d’excellents théo­lo­giens». Pho­tius, habile poli­ti­cien, voyait que, s’il y avait quelque espoir d’amadouer ces hommes féroces, c’était par la confor­mi­té d’un même culte et d’une même foi, plu­tôt que par la force des armes. Il n’attendait qu’une occa­sion et il crut qu’elle s’offrait à lui : car Boris****, roi de Bul­ga­rie, venait de se conver­tir sous le nom chré­tien de Michel. Pho­tius, per­sua­dé que la reli­gion rap­pro­che­rait les deux peuples, essaya de la faire ser­vir aux inté­rêts de l’État, en sou­met­tant cette Église nais­sante à celle de Constan­ti­nople. Pour cela, il fal­lait s’insinuer dans l’esprit du roi bul­gare; et ce fut dans ce but qu’il envoya une «Lettre à Michel, roi de Bul­ga­rie» pour lui don­ner des ins­truc­tions, tant sur les devoirs d’un chré­tien, que sur ceux d’un bon prince. Clas­ser cette lettre par­mi les «plus beaux monu­ments de l’Antiquité»*****, c’est lui faire un hon­neur qu’elle ne mérite pas; mais il faut avouer qu’elle est ce que Pho­tius a écrit de plus agréable et de plus pro­fi­table dans sa cor­res­pon­dance : car les maximes et les règles de conduite s’y placent tout natu­rel­le­ment, sans pédan­tisme, et l’on se sent en pré­sence d’un patriarche qui n’est pas moins impré­gné de sagesse païenne, que de mora­li­té chré­tienne.

* En grec «Ἐπιστολὴ πρὸς Μιχαὴλ τὸν ἄρχοντα Βουλγαρίας». Haut

** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

*** «Bul­gares» dans «Dic­tion­naire phi­lo­so­phique». Haut

**** En bul­gare Борис. Éga­le­ment connu sous le nom de Bogo­ris (Богорис). Haut

***** p. 9. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome II»

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzan­tine, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, «Bibliothèque. Tome I»

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzan­tine, Paris

Il s’agit de la «Biblio­thèque» («Biblio­thê­kê»*) ou la «Myriade de livres» («Myrio­bi­blon» ou «Myrio­bi­blos»**) de Pho­tius***, véné­rable patriarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­ten­du héré­tique, à qui l’Église romaine attri­bue­ra les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius («lumière») — ce pré­ten­du héré­tique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire pro­di­gieuse et d’une grande ardeur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien appro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le recueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a immor­ta­li­sé son nom à titre de savant, est sa «Biblio­thèque». Y sont résu­més deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, par­mi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en par­tie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces résu­més avant son acces­sion au siège patriar­cal, et dans le temps où, envoyé en ambas­sade auprès des Assy­riens, il trou­vait assez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On apprend, par sa lettre à son frère Tara­sius****, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Tara­sius pria son frère de lui envoyer les résu­més ou les «argu­ments» («hypo­the­seis»*****) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pénible sépa­ra­tion. Voi­là le pré­texte et le mobile de la «Biblio­thèque».

* En grec «Βιϐλιοθήκη». Haut

** En grec «Μυριόϐιϐλος». Ni le titre de «Biblio­thê­kê» ni celui de «Myrio­bi­blos» ne sont de l’auteur. Dans les manus­crits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Tara­sius : «Inven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tara­sius nous a deman­dé d’avoir une idée som­maire» («Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο»). Haut

*** En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Taraise ou Tara­sios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Cioran, «Œuvres»

éd. Gallimard, coll. Quarto, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Quar­to, Paris

Il s’agit de M. Emil Cio­ran*, intel­lec­tuel rou­main d’expression fran­çaise (XXe siècle). Com­ment peut-on être Fran­çais? com­ment peut-on dis­po­ser d’une langue si sub­tile et ne pas réus­sir à expri­mer les signi­fi­ca­tions de l’homme d’aujourd’hui?, se deman­dait M. Cio­ran. Il lui sem­blait que le monde actuel était ter­ri­ble­ment inté­res­sant, et son seul regret était de ne pas pou­voir y par­ti­ci­per davan­tage — à cause de lui-même, ou plu­tôt de son des­tin d’intellectuel rou­main : «Qui­conque est doué du sens de l’histoire», dit-il**, «admet­tra que… les Rou­mains ont vécu dans une inexis­tence per­ma­nente». Mais arri­vé en France, M. Cio­ran fut sur­pris de voir que la France même, autre­ment douée et pla­cée, ne par­ti­ci­pait plus aux choses, ni même ne leur assi­gnait un nom. Il lui sem­blait pour­tant que la voca­tion pre­mière de cette nation était de com­prendre les autres et de leur faire com­prendre. Mais depuis des décen­nies, la France cher­chait des lumières au lieu d’en don­ner : «J’étais allé loin pour cher­cher le soleil, et le soleil, enfin trou­vé, m’était hos­tile. Et si j’allais me jeter du haut de la falaise? Pen­dant que je fai­sais des consi­dé­ra­tions plu­tôt sombres, tout en regar­dant ces pins, ces rochers, ces vagues, je sen­tis sou­dain à quel point j’étais rivé à ce bel uni­vers mau­dit», dit-il***. Si, dans son œuvre de langue rou­maine, M. Cio­ran ne ces­sait de déplo­rer la situa­tion des cultures sans des­tin, des cultures mineures, tou­jours res­tées ano­nymes, ses ouvrages de langue fran­çaise offrent une vision tout aus­si pes­si­miste des cultures majeures ayant eu jadis une ambi­tion méta­phy­sique et un désir de trans­for­mer le monde, arri­vées désor­mais à une phase de déclin, à la per­pé­tua­tion d’une «race de sous-hommes, res­quilleurs de l’apocalypse»****. Et les unes et les autres marchent — courent même — vers un désastre réel, et non vers quelque idéale per­fec­tion. Et M. Cio­ran de conclure : «Le “pro­grès” est l’équivalent moderne de la Chute, la ver­sion pro­fane de la dam­na­tion»*****.

* Éga­le­ment connu sous le sur­nom d’E. M. Cio­ran. Fas­ci­né par les ini­tiales d’E. M. Fors­ter, Cio­ran les adop­ta pour lui-même. Il disait qu’Emil tout court, c’était un pré­nom vul­gaire, un pré­nom de coif­feur. Haut

** «Soli­tude et Des­tin». Haut

*** «Aveux et Ana­thèmes». Haut

**** «Pré­cis de décom­po­si­tion». Haut

***** «La Chute dans le temps». Haut