Mot-clefenluminure islamique

su­jet

« Alexandre, le Macédonien iranisé : l’exemple du récit par Nezâmî (XIIe siècle) »

dans « Alexandre le Grand dans les littératures occidentales et proche-orientales » (éd. Université Paris X-Nanterre, coll. Littérales, Nanterre), p. 227-241

dans « Alexandre le Grand dans les lit­té­ra­tures oc­ci­den­tales et proche-orien­tales » (éd. Uni­ver­sité Pa­ris X-Nan­terre, coll. Lit­té­rales, Nan­terre), p. 227-241

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du « Livre d’Alexandre le Grand »1 (« Es­kan­dar-nâ­meh »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « His­toire fa­bu­leuse d’Alexandre le Grand » ou « Alexan­dréide ». Haut
  2. En per­san « اسکندر‌نامه ». Par­fois trans­crit « Se­can­der-na­meh », « Se­kan­der Ná­mah », « Si­kan­der Nama », « Escander—namèh », « Es­kan­der Nā­meh », « Is­kan­der-namé », « Is­ken­der-nâmè », « Is­kan­dar Nāma » ou « Se­kan­dar-nâ­meh ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut

Hamadhânî, « Le Livre des vagabonds : séances d’un beau parleur impénitent »

éd. Phébus, coll. Domaine arabe, Paris

éd. Phé­bus, coll. Do­maine arabe, Pa­ris

Il s’agit des « Ma­qâ­mât »1 (« Séances ») de Ha­madhânî2 (Xe siècle apr. J.-C.), lit­té­ra­teur per­san d’expression arabe, éga­le­ment connu sous le sur­nom de Badî‘ al-Za­mân3 (« le mi­racle de son siècle »). Les « Ma­qâ­mât » sont des al­lo­cu­tions d’apparat ou joutes d’éloquence, des acro­ba­ties poé­tiques ou pres­ti­di­gi­ta­tions lexi­co­gra­phiques, que pra­ti­quaient en­semble les gens de lettres. Cette ma­nière de briller, dans les cercles et les com­pa­gnies, par des pièces en vers et en prose était aussi fré­quente parmi les Orien­taux, qu’elle l’avait été au­tre­fois chez les Athé­niens, et qu’elle le sera plus tard dans les sa­lons mon­dains de Pa­ris. Les Orien­taux ont plu­sieurs de ces « Ma­qâ­mât », qui passent parmi eux pour des chefs-d’œuvre du bel es­prit et du beau style. Ha­madhânî a été le pre­mier à en pu­blier. Ha­rîrî l’a imité et, de l’avis gé­né­ral, sur­passé ; en sorte que M. René Riz­qal­lah Kha­wam, tra­duc­teur arabe, dit que « le livre de Ha­rîrî est sans doute, aux cô­tés des “Mille et une Nuits”, la meilleure in­tro­duc­tion que nous sa­chions aux mys­tères de l’âme arabe, et aux se­crets de l’arme qu’elle a tou­jours pri­vi­lé­giée : la pa­role »4. Il n’est pas pos­sible, en ef­fet, de pé­né­trer et d’approfondir les fi­nesses de la langue arabe sans l’étude préa­lable de ces « Ma­qâ­mât », sortes d’écrins mer­veilleux de la rhé­to­rique mu­sul­mane. Le ca­ne­vas sur le­quel Ha­madhânî et Ha­rîrî ont brodé ces com­po­si­tions est un des plus ori­gi­naux de la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. C’est la sé­rie des mé­ta­mor­phoses et des tra­ves­tis­se­ments d’un men­diant let­tré, sorte de co­quin éhonté, aussi exercé en sub­ti­li­tés gram­ma­ti­cales qu’en es­cro­que­ries, ne fai­sant ser­vir sa science lit­té­raire qu’à ex­tor­quer quelque au­mône, et payant ses dî­ners en bons mots et en ti­rades dé­nuées de points dia­cri­tiques. Tour à tour imam ou pè­le­rin, mar­chand am­bu­lant ou faux mé­de­cin, aveugle ou pied-bot, ri­gide cen­seur ou vo­leur avide, il sait re­tour­ner sa veste et contre­faire sa voix, gri­mer sa fi­gure et far­der son es­prit, chan­ger ses mé­tiers et va­rier ses prin­cipes se­lon la cir­cons­tance. « Aujourd’hui ver­tueux et dé­vot, il édi­fie par son hu­mi­lité ceux que la veille il scan­da­li­sait par son cy­nisme ef­fronté », dit Au­guste Cher­bon­neau5. « Tan­tôt re­vêtu de haillons, il vante la vie fru­gale et prêche la cha­rité ; tan­tôt paré des ha­bits de l’opulence, il chante la bonne chère et les joyeux plai­sirs. Vi­vant d’artifices… il raille les sots, dupe les âmes cré­dules, et par­vient tou­jours à mettre les rieurs de son côté. »

  1. En arabe « مقامات ». Par­fois trans­crit « Me­qâ­mât », « Mé­ka­mat », « Mé­ca­mat », « Mo­ca­mat », « Ma­qua­mates », « Ma­quâmes », « Ma­ca­mat » ou « Maḳāmāt ». Haut
  2. En per­san همدانی. Par­fois trans­crit Ha­ma­dâny ou Ha­madānī. Haut
  3. En per­san بدیع‌الزمان. Par­fois trans­crit Bédi-al­zé­man, Badi uz-Za­man, Bady-l-ze­mân, Badī‘ az-Zamān ou Badî al-Za­mâne. Haut
  1. « Pré­face au “Livre des ma­lins : séances d’un va­ga­bond de gé­nie” de Ha­rîrî », p. 10. Haut
  2. « Pré­face à “Ex­trait des Mé­ka­mat de Ha­riri. XXXe séance : la noce des men­diants” », p. IV. Haut

Harîrî, « Le Livre des malins : séances d’un vagabond de génie »

éd. Phébus, coll. Domaine arabe, Paris

éd. Phé­bus, coll. Do­maine arabe, Pa­ris

Il s’agit des « Ma­qâ­mât »1 (« Séances ») d’al-Qâsim al-Ha­rîrî2, lit­té­ra­teur ira­kien (XIe siècle apr. J.-C.). Les « Ma­qâ­mât » sont des al­lo­cu­tions d’apparat ou joutes d’éloquence, des acro­ba­ties poé­tiques ou pres­ti­di­gi­ta­tions lexi­co­gra­phiques, que pra­ti­quaient en­semble les gens de lettres. Cette ma­nière de briller, dans les cercles et les com­pa­gnies, par des pièces en vers et en prose était aussi fré­quente parmi les Orien­taux, qu’elle l’avait été au­tre­fois chez les Athé­niens, et qu’elle le sera plus tard dans les sa­lons mon­dains de Pa­ris. Les Orien­taux ont plu­sieurs de ces « Ma­qâ­mât », qui passent parmi eux pour des chefs-d’œuvre du bel es­prit et du beau style. Ha­madhânî a été le pre­mier à en pu­blier. Ha­rîrî l’a imité et, de l’avis gé­né­ral, sur­passé ; en sorte que M. René Riz­qal­lah Kha­wam, tra­duc­teur arabe, dit que « le livre de Ha­rîrî est sans doute, aux cô­tés des “Mille et une Nuits”, la meilleure in­tro­duc­tion que nous sa­chions aux mys­tères de l’âme arabe, et aux se­crets de l’arme qu’elle a tou­jours pri­vi­lé­giée : la pa­role »3. Il n’est pas pos­sible, en ef­fet, de pé­né­trer et d’approfondir les fi­nesses de la langue arabe sans l’étude préa­lable de ces « Ma­qâ­mât », sortes d’écrins mer­veilleux de la rhé­to­rique mu­sul­mane. Le ca­ne­vas sur le­quel Ha­madhânî et Ha­rîrî ont brodé ces com­po­si­tions est un des plus ori­gi­naux de la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. C’est la sé­rie des mé­ta­mor­phoses et des tra­ves­tis­se­ments d’un men­diant let­tré, sorte de co­quin éhonté, aussi exercé en sub­ti­li­tés gram­ma­ti­cales qu’en es­cro­que­ries, ne fai­sant ser­vir sa science lit­té­raire qu’à ex­tor­quer quelque au­mône, et payant ses dî­ners en bons mots et en ti­rades dé­nuées de points dia­cri­tiques. Tour à tour imam ou pè­le­rin, mar­chand am­bu­lant ou faux mé­de­cin, aveugle ou pied-bot, ri­gide cen­seur ou vo­leur avide, il sait re­tour­ner sa veste et contre­faire sa voix, gri­mer sa fi­gure et far­der son es­prit, chan­ger ses mé­tiers et va­rier ses prin­cipes se­lon la cir­cons­tance. « Aujourd’hui ver­tueux et dé­vot, il édi­fie par son hu­mi­lité ceux que la veille il scan­da­li­sait par son cy­nisme ef­fronté », dit Au­guste Cher­bon­neau4. « Tan­tôt re­vêtu de haillons, il vante la vie fru­gale et prêche la cha­rité ; tan­tôt paré des ha­bits de l’opulence, il chante la bonne chère et les joyeux plai­sirs. Vi­vant d’artifices… il raille les sots, dupe les âmes cré­dules, et par­vient tou­jours à mettre les rieurs de son côté. »

  1. En arabe « مقامات ». Par­fois trans­crit « Me­qâ­mât », « Mé­ka­mat », « Mé­ca­mat », « Mo­ca­mat », « Ma­qua­mates », « Ma­quâmes », « Ma­ca­mat » ou « Maḳāmāt ». Haut
  2. En arabe القاسم الحريري. Par­fois trans­crit al-Cas­sem al-Ha­riri, êl Qâ­cem êl Hha­ryry, el Kas­sam el Ha­reery ou al-Ḳā­sim al-Ḥarīrī. Haut
  1. p. 10. Haut
  2. « Pré­face à “Ex­trait des Mé­ka­mat de Ha­riri. XXXe séance : la noce des men­diants” », p. IV. Haut

Ibn al-Moqaffa, « Le Livre de “Kalila et Dimna” »

éd. Klincksieck, Paris

éd. Klinck­sieck, Pa­ris

Il s’agit du « Ka­lila et Dimna » (« Ka­lîla wa Dimna »1), en­semble de contes qui font aujourd’hui en­core l’admiration de l’Orient, et dont les ani­maux sont les prin­ci­paux ac­teurs. Tous les élé­ments as­surent à l’Inde l’honneur d’avoir donné nais­sance à ces contes : un fort an­cien re­cueil de fables, le « Pañ­ca­tan­tra », ne laisse au­cun doute sur l’origine in­dienne ; et Fir­dousi confirme cette même ori­gine dans son « Livre des rois », où il dit : « Il y a dans le tré­sor du radja un livre que les hommes de bien ap­pellent “Pañ­ca­tan­tra”, et quand les hommes sont en­gour­dis par l’ignorance, le “Pañ­ca­tan­tra” est comme l’herbe de leur ré­sur­rec­tion… car il est le guide vers la [sa­gesse] »2. Ce fut au VIe siècle apr. J.-C. qu’un mé­de­cin per­san nommé Bar­zoui ou Bar­zouyèh3 rap­porta de l’Inde, outre le « Pañ­ca­tan­tra », di­vers autres ou­vrages du même genre et qu’il en com­posa un re­cueil au­quel on donna le nom de « Ka­lila et Dimna », parce que le ré­cit des aven­tures de ces deux cha­cals en for­mait la pre­mière et prin­ci­pale par­tie. Cette ver­sion du « Ka­lila et Dimna » eut le sort de tout ce qui consti­tuait la lit­té­ra­ture per­sane au temps des Sas­sa­nides : elle fut dé­truite lors de la conquête de la Perse par les Arabes et sa­cri­fiée au zèle aveugle des pre­miers mu­sul­mans. Trois siècles plus tard, le peu qui échappa à la des­truc­tion fut tra­duit en arabe par un autre Per­san, Ibn al-Mo­qaffa4, avec tant de mé­rite et d’élégance, que ces mêmes mu­sul­mans l’accusèrent d’avoir tra­vaillé, mais en vain, à imi­ter et même à sur­pas­ser le style du Co­ran. « Alors, arabe vrai­ment, le “Ka­lila”, ou ira­nien, in­dien même, en ses plus loin­tains re­fuges ? La ré­ponse est à cher­cher dans l’histoire du livre. Et que nous dit-elle ? Qu’il est de­venu, très vite, l’une des pièces es­sen­tielles d’un pa­tri­moine, un livre-clef », dit M. An­dré Mi­quel

  1. En arabe « كليلة ودمنة ». Par­fois trans­crit « Kalī­lah wa Dim­nah ». Haut
  2. « Le Livre des rois ; tra­duit et com­menté par Jules Mohl. Tome VI », p. 361. Haut
  1. En per­san برزوی ou برزویه. Par­fois trans­crit Burzōy, Bur­zoyé, Burzōē, Borzūya, Bur­zuyah, Bor­zoueh, Bor­zouyeh, Bor­ziyeh ou Ber­zouyèh. Haut
  2. En arabe بن المقفع. Par­fois trans­crit Ibn al-Mu­qaffa‘, Ibn Mu­qa­faa, Ibn Mo­qa­faa’, Ebn-al­mou­kaffa, Ibn al-Mu­kaffâ, Ibn al-Moḳaffa‘, Ibn al-Mou­qaffa’, Ibn al Mou­qa­faa, Aben Mo­chafa, Ebn-al­mo­caffa ou Ebn-al­mo­kaffa. Par suite d’une faute, بن المقنع, trans­crit Ebn-al­mo­canna, Ebn Mo­can­naa, Ben Mo­cannâ ou Ben Mo­can­naah. Haut

Nezâmî, « Le Roman de “Chosroès et Chîrîn” »

éd. G.-P. Maisonneuve et Larose, coll. Bibliothèque des œuvres classiques persanes, Paris

éd. G.-P. Mai­son­neuve et La­rose, coll. Bi­blio­thèque des œuvres clas­siques per­sanes, Pa­ris

Il s’agit de « Chos­roès et Chî­rîn » (« Khos­row va Chî­rîn »1) de Nezâmî de Gand­jeh2, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »3 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »4 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî5 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. En per­san « خسرو و شیرین ». Par­fois trans­crit « Khos­reu ve Chi­rin », « Khus­rau va Shīrīn », « Khosrô wa Shî­rîn », « Khusro-wa-Shi­reen », « Khas­raw wa Shy­ryn », « Khos­rou ve Schi­rin », « Khos­row-o Shi­rin », « Khos­raw-o Shi­rin », « Khus­raw u-Shīrīn » ou « Khos­rau o Chî­rîn ». Haut
  2. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  3. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  1. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  2. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut

Nezâmî, « Le Trésor des secrets »

éd. D. de Brouwer, Paris

éd. D. de Brou­wer, Pa­ris

Il s’agit du « Tré­sor des se­crets »1 (« Ma­kh­zan al-As­râr »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « Le Ma­ga­sin des se­crets », « Le Ma­ga­sin des mys­tères » ou « Le Tré­sor des mys­tères ». Haut
  2. En per­san « مخزن الاسرار ». Par­fois trans­crit « Ma­kh­zan-ul-As­râr », « Ma­kh­zan ol-As­râr », « Maḫ­zan al-Asrār », « Mahrzan­nol-As­râr », « Ma­kh­sen-oul Er­râr », « Ma­kh­zen ul-Es­râr » ou « Ma­kh­zen el-As­râr ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut

Nezâmî, « Le Pavillon des sept princesses »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Pa­ris

Il s’agit du « Pa­villon des sept prin­cesses »1 (« Haft Pey­kar »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « Les Sept Beau­tés », « Les Sept Bel­vé­dères », « Les Sept Fi­gures » ou « Les Sept Por­traits ». Haut
  2. En per­san « هفت پیکر ». Par­fois trans­crit « Haft Peï­gher », « Heft Peï­guer », « Haft Pai­ker », « Haft Pay­kar », « Haft Paï­kar » ou « Heft Peï­ker ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut