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«Alexandre, le Macédonien iranisé : l’exemple du récit par Nezâmî (XIIe siècle)»

dans « Alexandre le Grand dans les littératures occidentales et proche-orientales » (éd. Université Paris X-Nanterre, coll. Littérales, Nanterre), p. 227-241

dans «Alexandre le Grand dans les lit­té­ra­tures occi­den­tales et proche-orien­tales» (éd. Uni­ver­si­té Paris X-Nan­terre, coll. Lit­té­rales, Nan­terre), p. 227-241

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Livre d’Alexandre le Grand»*Eskan­dar-nâmeh»**) de Nezâ­mî de Gand­jeh***, le maître du roman en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâ­mî fut le pre­mier qui rema­nia dans un sens roma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pure­té et la cou­leur, il les amal­ga­ma libre­ment tan­tôt aux récits plus ou moins légen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des roman­ciers alexan­drins. Par sa sophis­ti­ca­tion poé­tique, il dépas­sa les uns et les autres. Ses œuvres les plus impor­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un recueil inti­tu­lé «Kham­seh»****Les Cinq») en arabe ou «Pandj Gandj»*****Les Cinq Tré­sors») en per­san. Maintes fois copiées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme devait connaître, au point d’en pou­voir réci­ter des pas­sages entiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette immen­si­té qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui débor­dait même sur l’Inde musul­mane, elles occu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut «L’Énéide» en Europe occi­den­tale. «Les mérites et per­fec­tions mani­festes de Nezâ­mî — Allah lui soit misé­ri­cor­dieux! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir autant d’élégances et de finesses qu’il en a réuni dans son recueil “Les Cinq Tré­sors”; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre humain», dira Djâ­mî****** en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé devant son illustre pré­dé­ces­seur.

* Par­fois tra­duit «His­toire fabu­leuse d’Alexandre le Grand» ou «Alexan­dréide». Haut

** En per­san «اسکندر‌نامه». Par­fois trans­crit «Secan­der-nameh», «Sekan­der Námah», «Sikan­der Nama», «Escander—namèh», «Eskan­der Nāmeh», «Iskan­der-namé», «Isken­der-nâmè», «Iskan­dar Nāma» ou «Sekan­dar-nâmeh». Haut

*** En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadha­mi, Nid­ha­mi, Niz­hâ­mî, Niz­ha­my, Niza­my, Niza­mi, Nishâ­mi, Nisa­my, Nisa­mi, Nezâ­my ou Nez­ha­mi. Haut

**** En arabe «خمسة». Par­fois trans­crit «Kham­sè», «Kham­sah», «Kham­sa», «Ham­sa», «Ham­sah», «Hamse», «Cham­seh» ou «Ham­seh». Haut

***** En per­san «پنج گنج». Par­fois trans­crit «Pendsch Kendj», «Pendch Kendj», «Pandsch Gandsch», «Pendj Guendj», «Penj Ghenj», «Pentch-Ghandj» ou «Panj Ganj». Haut

****** «Le Béhâ­ris­tân», p. 185-186. Haut

Hamadhânî, «Le Livre des vagabonds : séances d’un beau parleur impénitent»

éd. Phébus, coll. Domaine arabe, Paris

éd. Phé­bus, coll. Domaine arabe, Paris

Il s’agit des «Maqâ­mât»*Séances») de Hamadhâ­nî** (Xe siècle apr. J.-C.), lit­té­ra­teur per­san d’expression arabe, éga­le­ment connu sous le sur­nom de Badî‘ al-Zamân***le miracle de son siècle»). Les «Maqâ­mât» sont des allo­cu­tions d’apparat ou joutes d’éloquence, des acro­ba­ties poé­tiques ou pres­ti­di­gi­ta­tions lexi­co­gra­phiques, que pra­ti­quaient ensemble les gens de lettres. Cette manière de briller, dans les cercles et les com­pa­gnies, par des pièces en vers et en prose était aus­si fré­quente par­mi les Orien­taux, qu’elle l’avait été autre­fois chez les Athé­niens, et qu’elle le sera plus tard dans les salons mon­dains de Paris. Les Orien­taux ont plu­sieurs de ces «Maqâ­mât», qui passent par­mi eux pour des chefs-d’œuvre du bel esprit et du beau style. Hamadhâ­nî a été le pre­mier à en publier. Harî­rî l’a imi­té et, de l’avis géné­ral, sur­pas­sé; en sorte que M. René Riz­qal­lah Kha­wam, tra­duc­teur arabe, dit que «le livre de Harî­rî est sans doute, aux côtés des “Mille et une Nuits”, la meilleure intro­duc­tion que nous sachions aux mys­tères de l’âme arabe, et aux secrets de l’arme qu’elle a tou­jours pri­vi­lé­giée : la parole»****. Il n’est pas pos­sible, en effet, de péné­trer et d’approfondir les finesses de la langue arabe sans l’étude préa­lable de ces «Maqâ­mât», sortes d’écrins mer­veilleux de la rhé­to­rique musul­mane. Le cane­vas sur lequel Hamadhâ­nî et Harî­rî ont bro­dé ces com­po­si­tions est un des plus ori­gi­naux de la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. C’est la série des méta­mor­phoses et des tra­ves­tis­se­ments d’un men­diant let­tré, sorte de coquin éhon­té, aus­si exer­cé en sub­ti­li­tés gram­ma­ti­cales qu’en escro­que­ries, ne fai­sant ser­vir sa science lit­té­raire qu’à extor­quer quelque aumône, et payant ses dîners en bons mots et en tirades dénuées de points dia­cri­tiques. Tour à tour imam ou pèle­rin, mar­chand ambu­lant ou faux méde­cin, aveugle ou pied-bot, rigide cen­seur ou voleur avide, il sait retour­ner sa veste et contre­faire sa voix, gri­mer sa figure et far­der son esprit, chan­ger ses métiers et varier ses prin­cipes selon la cir­cons­tance. «Aujourd’hui ver­tueux et dévot, il édi­fie par son humi­li­té ceux que la veille il scan­da­li­sait par son cynisme effron­té», dit Auguste Cher­bon­neau*****. «Tan­tôt revê­tu de haillons, il vante la vie fru­gale et prêche la cha­ri­té; tan­tôt paré des habits de l’opulence, il chante la bonne chère et les joyeux plai­sirs. Vivant d’artifices… il raille les sots, dupe les âmes cré­dules, et par­vient tou­jours à mettre les rieurs de son côté.»

* En arabe «مقامات». Par­fois trans­crit «Meqâ­mât», «Méka­mat», «Méca­mat», «Moca­mat», «Maqua­mates», «Maquâmes», «Maca­mat» ou «Maḳāmāt». Haut

** En per­san همدانی. Par­fois trans­crit Hama­dâ­ny ou Hamadānī. Haut

*** En per­san بدیع‌الزمان. Par­fois trans­crit Bédi-alzé­man, Badi uz-Zaman, Bady-l-zemân, Badī‘ az-Zamān ou Badî al-Zamâne. Haut

**** «Pré­face au “Livre des malins : séances d’un vaga­bond de génie” de Harî­rî», p. 10. Haut

***** «Pré­face à “Extrait des Méka­mat de Hari­ri. XXXe séance : la noce des men­diants”», p. IV. Haut

Harîrî, «Le Livre des malins : séances d’un vagabond de génie»

éd. Phébus, coll. Domaine arabe, Paris

éd. Phé­bus, coll. Domaine arabe, Paris

Il s’agit des «Maqâ­mât»*Séances») d’al-Qâsim al-Harî­rî**, lit­té­ra­teur ira­kien (XIe siècle apr. J.-C.). Les «Maqâ­mât» sont des allo­cu­tions d’apparat ou joutes d’éloquence, des acro­ba­ties poé­tiques ou pres­ti­di­gi­ta­tions lexi­co­gra­phiques, que pra­ti­quaient ensemble les gens de lettres. Cette manière de briller, dans les cercles et les com­pa­gnies, par des pièces en vers et en prose était aus­si fré­quente par­mi les Orien­taux, qu’elle l’avait été autre­fois chez les Athé­niens, et qu’elle le sera plus tard dans les salons mon­dains de Paris. Les Orien­taux ont plu­sieurs de ces «Maqâ­mât», qui passent par­mi eux pour des chefs-d’œuvre du bel esprit et du beau style. Hamadhâ­nî a été le pre­mier à en publier. Harî­rî l’a imi­té et, de l’avis géné­ral, sur­pas­sé; en sorte que M. René Riz­qal­lah Kha­wam, tra­duc­teur arabe, dit que «le livre de Harî­rî est sans doute, aux côtés des “Mille et une Nuits”, la meilleure intro­duc­tion que nous sachions aux mys­tères de l’âme arabe, et aux secrets de l’arme qu’elle a tou­jours pri­vi­lé­giée : la parole»***. Il n’est pas pos­sible, en effet, de péné­trer et d’approfondir les finesses de la langue arabe sans l’étude préa­lable de ces «Maqâ­mât», sortes d’écrins mer­veilleux de la rhé­to­rique musul­mane. Le cane­vas sur lequel Hamadhâ­nî et Harî­rî ont bro­dé ces com­po­si­tions est un des plus ori­gi­naux de la lit­té­ra­ture uni­ver­selle. C’est la série des méta­mor­phoses et des tra­ves­tis­se­ments d’un men­diant let­tré, sorte de coquin éhon­té, aus­si exer­cé en sub­ti­li­tés gram­ma­ti­cales qu’en escro­que­ries, ne fai­sant ser­vir sa science lit­té­raire qu’à extor­quer quelque aumône, et payant ses dîners en bons mots et en tirades dénuées de points dia­cri­tiques. Tour à tour imam ou pèle­rin, mar­chand ambu­lant ou faux méde­cin, aveugle ou pied-bot, rigide cen­seur ou voleur avide, il sait retour­ner sa veste et contre­faire sa voix, gri­mer sa figure et far­der son esprit, chan­ger ses métiers et varier ses prin­cipes selon la cir­cons­tance. «Aujourd’hui ver­tueux et dévot, il édi­fie par son humi­li­té ceux que la veille il scan­da­li­sait par son cynisme effron­té», dit Auguste Cher­bon­neau****. «Tan­tôt revê­tu de haillons, il vante la vie fru­gale et prêche la cha­ri­té; tan­tôt paré des habits de l’opulence, il chante la bonne chère et les joyeux plai­sirs. Vivant d’artifices… il raille les sots, dupe les âmes cré­dules, et par­vient tou­jours à mettre les rieurs de son côté.»

* En arabe «مقامات». Par­fois trans­crit «Meqâ­mât», «Méka­mat», «Méca­mat», «Moca­mat», «Maqua­mates», «Maquâmes», «Maca­mat» ou «Maḳāmāt». Haut

** En arabe القاسم الحريري. Par­fois trans­crit al-Cas­sem al-Hari­ri, êl Qâcem êl Hha­ry­ry, el Kas­sam el Haree­ry ou al-Ḳāsim al-Ḥarīrī. Haut

*** p. 10. Haut

**** «Pré­face à “Extrait des Méka­mat de Hari­ri. XXXe séance : la noce des men­diants”», p. IV. Haut

Ibn al-Moqaffa, «Le Livre de “Kalila et Dimna”»

éd. Klincksieck, Paris

éd. Klinck­sieck, Paris

Il s’agit du «Kali­la et Dim­na» («Kalî­la wa Dim­na»*), ensemble de contes qui font aujourd’hui encore l’admiration de l’Orient, et dont les ani­maux sont les prin­ci­paux acteurs. Tous les élé­ments assurent à l’Inde l’honneur d’avoir don­né nais­sance à ces contes : un fort ancien recueil de fables, le «Pañ­ca­tan­tra», ne laisse aucun doute sur l’origine indienne; et Fir­dou­si confirme cette même ori­gine dans son «Livre des rois», où il dit : «Il y a dans le tré­sor du rad­ja un livre que les hommes de bien appellent “Pañ­ca­tan­tra”, et quand les hommes sont engour­dis par l’ignorance, le “Pañ­ca­tan­tra” est comme l’herbe de leur résur­rec­tion… car il est le guide vers la [sagesse]»**. Ce fut au VIe siècle apr. J.-C. qu’un méde­cin per­san nom­mé Bar­zoui ou Bar­zouyèh*** rap­por­ta de l’Inde, outre le «Pañ­ca­tan­tra», divers autres ouvrages du même genre et qu’il en com­po­sa un recueil auquel on don­na le nom de «Kali­la et Dim­na», parce que le récit des aven­tures de ces deux cha­cals en for­mait la pre­mière et prin­ci­pale par­tie. Cette ver­sion du «Kali­la et Dim­na» eut le sort de tout ce qui consti­tuait la lit­té­ra­ture per­sane au temps des Sas­sa­nides : elle fut détruite lors de la conquête de la Perse par les Arabes et sacri­fiée au zèle aveugle des pre­miers musul­mans. Trois siècles plus tard, le peu qui échap­pa à la des­truc­tion fut tra­duit en arabe par un autre Per­san, Ibn al-Moqaf­fa****, avec tant de mérite et d’élégance, que ces mêmes musul­mans l’accusèrent d’avoir tra­vaillé, mais en vain, à imi­ter et même à sur­pas­ser le style du Coran. «Alors, arabe vrai­ment, le “Kali­la”, ou ira­nien, indien même, en ses plus loin­tains refuges? La réponse est à cher­cher dans l’histoire du livre. Et que nous dit-elle? Qu’il est deve­nu, très vite, l’une des pièces essen­tielles d’un patri­moine, un livre-clef», dit M. André Miquel

* En arabe «كليلة ودمنة». Par­fois trans­crit «Kalī­lah wa Dim­nah». Haut

** «Le Livre des rois; tra­duit et com­men­té par Jules Mohl. Tome VI», p. 361. Haut

*** En per­san برزوی ou برزویه. Par­fois trans­crit Burzōy, Bur­zoyé, Burzōē, Borzūya, Bur­zuyah, Bor­zoueh, Bor­zouyeh ou Ber­zouyèh. Haut

**** En arabe بن المقفع. Par­fois trans­crit Ibn al-Muqaf­fa‘, Ibn Muqa­faa, Ibn Moqa­faa’, Ebn-almou­kaf­fa, Ibn al-Mukaf­fâ, Ibn al-Moḳaf­fa‘, Ibn al-Mou­qaf­fa’, Ibn al Mou­qa­faa, Aben Mocha­fa, Ebn-almo­caf­fa ou Ebn-almo­kaf­fa. Par suite d’une faute, بن المقنع, trans­crit Ebn-almo­can­na, Ebn Mocan­naa, Ben Mocan­nâ ou Ben Mocan­naah. Haut

Nezâmî, «Le Roman de “Chosroès et Chîrîn”»

éd. G.-P. Maisonneuve et Larose, coll. Bibliothèque des œuvres classiques persanes, Paris

éd. G.-P. Mai­son­neuve et Larose, coll. Biblio­thèque des œuvres clas­siques per­sanes, Paris

Il s’agit de «Chos­roès et Chî­rîn» («Khos­row va Chî­rîn»*) de Nezâ­mî de Gand­jeh**, le maître du roman en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâ­mî fut le pre­mier qui rema­nia dans un sens roma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pure­té et la cou­leur, il les amal­ga­ma libre­ment tan­tôt aux récits plus ou moins légen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des roman­ciers alexan­drins. Par sa sophis­ti­ca­tion poé­tique, il dépas­sa les uns et les autres. Ses œuvres les plus impor­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un recueil inti­tu­lé «Kham­seh»***Les Cinq») en arabe ou «Pandj Gandj»****Les Cinq Tré­sors») en per­san. Maintes fois copiées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme devait connaître, au point d’en pou­voir réci­ter des pas­sages entiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette immen­si­té qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui débor­dait même sur l’Inde musul­mane, elles occu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut «L’Énéide» en Europe occi­den­tale. «Les mérites et per­fec­tions mani­festes de Nezâ­mî — Allah lui soit misé­ri­cor­dieux! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir autant d’élégances et de finesses qu’il en a réuni dans son recueil “Les Cinq Tré­sors”; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre humain», dira Djâ­mî***** en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé devant son illustre pré­dé­ces­seur.

* En per­san «خسرو و شیرین». Par­fois trans­crit «Khos­reu ve Chi­rin», «Khus­rau va Shīrīn», «Khos­rô wa Shî­rîn», «Khus­ro-wa-Shi­reen», «Khas­raw wa Shy­ryn», «Khos­rou ve Schi­rin», «Khos­row-o Shi­rin», «Khos­raw-o Shi­rin», «Khus­raw u-Shīrīn» ou «Khos­rau o Chî­rîn». Haut

** En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadha­mi, Nid­ha­mi, Niz­hâ­mî, Niz­ha­my, Niza­my, Niza­mi, Nishâ­mi, Nisa­my, Nisa­mi, Nezâ­my ou Nez­ha­mi. Haut

*** En arabe «خمسة». Par­fois trans­crit «Kham­sè», «Kham­sah», «Kham­sa», «Ham­sa», «Ham­sah», «Hamse», «Cham­seh» ou «Ham­seh». Haut

**** En per­san «پنج گنج». Par­fois trans­crit «Pendsch Kendj», «Pendch Kendj», «Pandsch Gandsch», «Pendj Guendj», «Penj Ghenj», «Pentch-Ghandj» ou «Panj Ganj». Haut

***** «Le Béhâ­ris­tân», p. 185-186. Haut

Nezâmî, «Le Trésor des secrets»

éd. D. de Brouwer, Paris

éd. D. de Brou­wer, Paris

Il s’agit du «Tré­sor des secrets»*Makh­zan al-Asrâr»**) de Nezâ­mî de Gand­jeh***, le maître du roman en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâ­mî fut le pre­mier qui rema­nia dans un sens roma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pure­té et la cou­leur, il les amal­ga­ma libre­ment tan­tôt aux récits plus ou moins légen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des roman­ciers alexan­drins. Par sa sophis­ti­ca­tion poé­tique, il dépas­sa les uns et les autres. Ses œuvres les plus impor­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un recueil inti­tu­lé «Kham­seh»****Les Cinq») en arabe ou «Pandj Gandj»*****Les Cinq Tré­sors») en per­san. Maintes fois copiées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme devait connaître, au point d’en pou­voir réci­ter des pas­sages entiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette immen­si­té qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui débor­dait même sur l’Inde musul­mane, elles occu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut «L’Énéide» en Europe occi­den­tale. «Les mérites et per­fec­tions mani­festes de Nezâ­mî — Allah lui soit misé­ri­cor­dieux! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir autant d’élégances et de finesses qu’il en a réuni dans son recueil “Les Cinq Tré­sors”; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre humain», dira Djâ­mî****** en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé devant son illustre pré­dé­ces­seur.

* Par­fois tra­duit «Le Maga­sin des secrets», «Le Maga­sin des mys­tères» ou «Le Tré­sor des mys­tères». Haut

** En per­san «مخزن الاسرار». Par­fois trans­crit «Makh­zan-ul-Asrâr», «Makh­zan ol-Asrâr», «Maḫ­zan al-Asrār», «Mahrzan­nol-Asrâr», «Makh­sen-oul Errâr», «Makh­zen ul-Esrâr» ou «Makh­zen el-Asrâr». Haut

*** En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadha­mi, Nid­ha­mi, Niz­hâ­mî, Niz­ha­my, Niza­my, Niza­mi, Nishâ­mi, Nisa­my, Nisa­mi, Nezâ­my ou Nez­ha­mi. Haut

**** En arabe «خمسة». Par­fois trans­crit «Kham­sè», «Kham­sah», «Kham­sa», «Ham­sa», «Ham­sah», «Hamse», «Cham­seh» ou «Ham­seh». Haut

***** En per­san «پنج گنج». Par­fois trans­crit «Pendsch Kendj», «Pendch Kendj», «Pandsch Gandsch», «Pendj Guendj», «Penj Ghenj», «Pentch-Ghandj» ou «Panj Ganj». Haut

****** «Le Béhâ­ris­tân», p. 185-186. Haut

Nezâmî, «Le Pavillon des sept princesses»

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Paris

Il s’agit du «Pavillon des sept prin­cesses»*Haft Pey­kar»**) de Nezâ­mî de Gand­jeh***, le maître du roman en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâ­mî fut le pre­mier qui rema­nia dans un sens roma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pure­té et la cou­leur, il les amal­ga­ma libre­ment tan­tôt aux récits plus ou moins légen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des roman­ciers alexan­drins. Par sa sophis­ti­ca­tion poé­tique, il dépas­sa les uns et les autres. Ses œuvres les plus impor­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un recueil inti­tu­lé «Kham­seh»****Les Cinq») en arabe ou «Pandj Gandj»*****Les Cinq Tré­sors») en per­san. Maintes fois copiées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme devait connaître, au point d’en pou­voir réci­ter des pas­sages entiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette immen­si­té qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui débor­dait même sur l’Inde musul­mane, elles occu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut «L’Énéide» en Europe occi­den­tale. «Les mérites et per­fec­tions mani­festes de Nezâ­mî — Allah lui soit misé­ri­cor­dieux! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir autant d’élégances et de finesses qu’il en a réuni dans son recueil “Les Cinq Tré­sors”; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre humain», dira Djâ­mî****** en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé devant son illustre pré­dé­ces­seur.

* Par­fois tra­duit «Les Sept Beau­tés», «Les Sept Bel­vé­dères», «Les Sept Figures» ou «Les Sept Por­traits». Haut

** En per­san «هفت پیکر». Par­fois trans­crit «Haft Peï­gher», «Heft Peï­guer», «Haft Pai­ker», «Haft Pay­kar», «Haft Paï­kar» ou «Heft Peï­ker». Haut

*** En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadha­mi, Nid­ha­mi, Niz­hâ­mî, Niz­ha­my, Niza­my, Niza­mi, Nishâ­mi, Nisa­my, Nisa­mi, Nezâ­my ou Nez­ha­mi. Haut

**** En arabe «خمسة». Par­fois trans­crit «Kham­sè», «Kham­sah», «Kham­sa», «Ham­sa», «Ham­sah», «Hamse», «Cham­seh» ou «Ham­seh». Haut

***** En per­san «پنج گنج». Par­fois trans­crit «Pendsch Kendj», «Pendch Kendj», «Pandsch Gandsch», «Pendj Guendj», «Penj Ghenj», «Pentch-Ghandj» ou «Panj Ganj». Haut

****** «Le Béhâ­ris­tân», p. 185-186. Haut