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Mot-clefhagiographie islamique

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Attar, «Les Sept Cités de l’amour»

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes, Paris

éd. A. Michel, coll. Spi­ri­tua­li­tés vivantes, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du Divan (Recueil de poé­sies) de Férid-eddin Attar* (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»**; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»***. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

Haut

*** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

Haut

**** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut

Aflâkî, «Les Saints des derviches tourneurs : récits. Tome II»

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musul­mane, Paris

Il s’agit du «Ménâqib-el-‘ârifîn»*Les Saints des der­viches tour­neurs», ou lit­té­ra­le­ment «Les Ver­tus des ini­tiés»**) de Chems-ed-dîn Aḥmed Aflâ­kî***. C’est un récit hagio­gra­phique, une sorte de légende dorée por­tant sur les «der­viches tour­neurs», c’est-à-dire sur l’inspirateur de cette confré­rie, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî, sur son père, sur son ami Chems-ed-dîn Tébrî­zi, sur cer­tains des mys­tiques, des sages, des hommes pieux de son entou­rage et sur ses suc­ces­seurs immé­diats. Aflâ­kî lui-même était rat­ta­ché aux «der­viches tour­neurs» et dis­ciple du petit-fils de Roû­mî, sur l’invitation duquel il entre­prit cette hagio­gra­phie, qu’il com­men­ça d’écrire en l’an 1318 et qu’il ache­va en l’an 1353 apr. J.-C. Le «Ménâqib-el-‘ârifîn» s’ouvre avec les motifs qui ont obli­gé Roû­mî à quit­ter Balkh et la Perse, ain­si que le désastre qui a atteint cette contrée et les pertes qu’a subies la civi­li­sa­tion au sens large, quand les Mon­gols, «troupes de Dieu pareilles à des sau­te­relles répan­dues sur la terre, dont il a été dit : “Je les ai créées de Ma puis­sance et de Ma colère”»****, dévas­tèrent cette région. Balkh, la pre­mière ville que les hordes de Gen­gis Khan trou­vèrent sur leur pas­sage, était, en même temps que la patrie de Roû­mî, l’un des hauts lieux cultu­rels d’Asie : elle était pleine de monu­ments, d’ouvrages exquis, et de tout ce qui pou­vait ser­vir d’ornement à une grande ville, parce qu’elle avait été le séjour de plu­sieurs gens illustres en toutes sortes d’arts, qui avaient contri­bué à sa beau­té. Gen­gis Khan avait une grande haine pour cette ville, parce qu’elle avait offert refuge au Sul­tan du Khâ­rezm, son enne­mi. Il don­na l’ordre de mettre à mort les jeunes, les vieux; de fendre le ventre des femmes enceintes; de sacri­fier en entier les ani­maux qui se trou­ve­raient dans cette ville; ensuite, de raser entiè­re­ment celle-ci. On rap­porte qu’on mit le feu à douze mille mos­quées de quar­tier, et qu’au milieu de cet incen­die, qua­torze mille textes com­plets du Coran furent brû­lés; qu’on mit à mort près de cin­quante mille savants, étu­diants et «hafiz» («hommes ou femmes sachant de mémoire le Coran»), sans comp­ter le com­mun du peuple. Roû­mî était alors âgé de cinq ans. Son père par­tit avec toute sa famille par la route de Konya vers l’Anatolie (Roûm), comme firent un grand nombre d’autres savants qui quit­tèrent la Perse : «Au milieu des contem­po­rains, il ne res­ta plus trace de plai­sir… L’or et les têtes furent empor­tés par le vent; les [écoles] et les [col­lèges] devinrent des hôtel­le­ries; la béné­dic­tion dis­pa­rut du monde, et les ténèbres de la tyran­nie s’appesantirent sur l’univers, qui fut bou­le­ver­sé»

* En per­san «مناقب‌العارفین». Par­fois trans­crit «Manâ­qeb ol-âre­fin», «Menâkıb-ül-âri­fîn», «Manâ­qib ul-‘ârifîn», «Menā­qi­bu ’l ‘ārifīn», «Manâ­qeb al-’ârefin» ou «Manāḳib al-‘ārifīn». Haut

** Par­fois tra­duit «Bio­gra­phies des mys­tiques» ou «Les Ver­tus des mys­tiques». Haut

*** En per­san شمس‌الدین احمد افلاکی. Par­fois trans­crit Şem­sed­dîn Ahmed Eflâ­kî, Shems-ud-din Ahmed Efla­ki, Shemsu-’d-Dīn Ahmed Eflākī, Chams uddin Ahmad Afla­ki, Šams-al-dīn Aḥmad Aflākī ou Shams al-Dīn Aḥmad Aflākī. Haut

**** «Tome I», p. 9. Haut

Aflâkî, «Les Saints des derviches tourneurs : récits. Tome I»

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musul­mane, Paris

Il s’agit du «Ménâqib-el-‘ârifîn»*Les Saints des der­viches tour­neurs», ou lit­té­ra­le­ment «Les Ver­tus des ini­tiés»**) de Chems-ed-dîn Aḥmed Aflâ­kî***. C’est un récit hagio­gra­phique, une sorte de légende dorée por­tant sur les «der­viches tour­neurs», c’est-à-dire sur l’inspirateur de cette confré­rie, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî, sur son père, sur son ami Chems-ed-dîn Tébrî­zi, sur cer­tains des mys­tiques, des sages, des hommes pieux de son entou­rage et sur ses suc­ces­seurs immé­diats. Aflâ­kî lui-même était rat­ta­ché aux «der­viches tour­neurs» et dis­ciple du petit-fils de Roû­mî, sur l’invitation duquel il entre­prit cette hagio­gra­phie, qu’il com­men­ça d’écrire en l’an 1318 et qu’il ache­va en l’an 1353 apr. J.-C. Le «Ménâqib-el-‘ârifîn» s’ouvre avec les motifs qui ont obli­gé Roû­mî à quit­ter Balkh et la Perse, ain­si que le désastre qui a atteint cette contrée et les pertes qu’a subies la civi­li­sa­tion au sens large, quand les Mon­gols, «troupes de Dieu pareilles à des sau­te­relles répan­dues sur la terre, dont il a été dit : “Je les ai créées de Ma puis­sance et de Ma colère”»****, dévas­tèrent cette région. Balkh, la pre­mière ville que les hordes de Gen­gis Khan trou­vèrent sur leur pas­sage, était, en même temps que la patrie de Roû­mî, l’un des hauts lieux cultu­rels d’Asie : elle était pleine de monu­ments, d’ouvrages exquis, et de tout ce qui pou­vait ser­vir d’ornement à une grande ville, parce qu’elle avait été le séjour de plu­sieurs gens illustres en toutes sortes d’arts, qui avaient contri­bué à sa beau­té. Gen­gis Khan avait une grande haine pour cette ville, parce qu’elle avait offert refuge au Sul­tan du Khâ­rezm, son enne­mi. Il don­na l’ordre de mettre à mort les jeunes, les vieux; de fendre le ventre des femmes enceintes; de sacri­fier en entier les ani­maux qui se trou­ve­raient dans cette ville; ensuite, de raser entiè­re­ment celle-ci. On rap­porte qu’on mit le feu à douze mille mos­quées de quar­tier, et qu’au milieu de cet incen­die, qua­torze mille textes com­plets du Coran furent brû­lés; qu’on mit à mort près de cin­quante mille savants, étu­diants et «hafiz» («hommes ou femmes sachant de mémoire le Coran»), sans comp­ter le com­mun du peuple. Roû­mî était alors âgé de cinq ans. Son père par­tit avec toute sa famille par la route de Konya vers l’Anatolie (Roûm), comme firent un grand nombre d’autres savants qui quit­tèrent la Perse : «Au milieu des contem­po­rains, il ne res­ta plus trace de plai­sir… L’or et les têtes furent empor­tés par le vent; les [écoles] et les [col­lèges] devinrent des hôtel­le­ries; la béné­dic­tion dis­pa­rut du monde, et les ténèbres de la tyran­nie s’appesantirent sur l’univers, qui fut bou­le­ver­sé»

* En per­san «مناقب‌العارفین». Par­fois trans­crit «Manâ­qeb ol-âre­fin», «Menâkıb-ül-âri­fîn», «Manâ­qib ul-‘ârifîn», «Menā­qi­bu ’l ‘ārifīn», «Manâ­qeb al-’ârefin» ou «Manāḳib al-‘ārifīn». Haut

** Par­fois tra­duit «Bio­gra­phies des mys­tiques» ou «Les Ver­tus des mys­tiques». Haut

*** En per­san شمس‌الدین احمد افلاکی. Par­fois trans­crit Şem­sed­dîn Ahmed Eflâ­kî, Shems-ud-din Ahmed Efla­ki, Shemsu-’d-Dīn Ahmed Eflākī, Chams uddin Ahmad Afla­ki, Šams-al-dīn Aḥmad Aflākī ou Shams al-Dīn Aḥmad Aflākī. Haut

**** «Tome I», p. 9. Haut

«Le Livre des derviches bektashi, “Villayet name” • Les Dits des bektashi»

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

Il s’agit des bek­ta­chi, der­viches turcs, fort héré­tiques par rap­port aux lois de l’islam, mais consi­dé­rés comme fai­seurs de miracles par le peuple qui les croyait inves­tis de pou­voirs extra­or­di­naires, comme de pré­dire l’avenir, de gué­rir les malades ou de frap­per au loin les enne­mis (XIIIe-XIXe siècle). Ils n’étaient pas, à pro­pre­ment par­ler, un ordre reli­gieux, mais une espèce de congré­ga­tion de mys­tiques et de franc-maçons, très indé­pen­dants du pou­voir, très jaloux de leur liber­té, par ailleurs dés­in­té­res­sés et phi­lan­thropes. Ils se divi­saient en deux classes : les uns vivaient dans des «tek­kés», des cou­vents sou­vent nichés dans l’ombre d’un ver­ger qui s’étendait jusqu’aux murs de l’enceinte; les autres res­taient dans leur famille et sui­vaient en secret les exer­cices de leur confré­rie. Ils affec­taient en public une foi vive, un islam fervent, mais à peine avaient-ils fran­chi les murs et le ver­ger qui les déro­baient à la curio­si­té hos­tile des théo­lo­giens, que leur pro­fes­sion de foi deve­nait tout autre. Dans les loges enfu­mées de leurs «tek­kés», véri­tables bou­doirs, leur occu­pa­tion ordi­naire était de se livrer à une espèce de rêve­rie ou de vision ini­tia­tique qui dégé­né­rait sou­vent en hal­lu­ci­na­tion; c’est aux sub­stances enivrantes, mais sur­tout à l’opium qu’elle emprun­tait ce der­nier carac­tère. Leur congré­ga­tion avait pour fon­da­teur le cheikh Had­ji Bek­tach*, venu d’Asie cen­trale en Ana­to­lie à la même époque que Roû­mî, et dont les miracles et pro­phé­ties étaient rela­tés dans «Le Livre des der­viches bek­ta­chi» («Vilâyet­nâme»**) et «Les Dits» («Makâ­lat»***). Ce Had­ji Bek­tach avait béni la milice nais­sante des janis­saires; et depuis lors, la congré­ga­tion et la milice vivaient dans le plus par­fait accord, menant une exis­tence paral­lèle; la des­truc­tion des uns était la ruine des autres. «Le janis­sa­riat ayant été abo­li par l’extermination de la milice le 16 juin 1826 sur la place de l’At-meïdan (Hip­po­drome), la sup­pres­sion des der­viches bek­ta­chi sui­vit de près celle des janis­saires», dit un théo­lo­gien****. «Sur l’avis du muf­ti et des prin­ci­paux ulé­mas, les trois chefs de la congré­ga­tion furent exé­cu­tés publi­que­ment le 10 juillet 1826; par ordre du sul­tan Mah­moud, l’ordre entier fut abo­li, les “tek­kés” furent rasés, la plu­part des der­viches bek­ta­chi exi­lés, et ceux qui obtinrent, par grâce, de res­ter à Constan­ti­nople durent quit­ter leur cos­tume dis­tinc­tif; ils obéirent et “res­tèrent”, comme dit un his­to­rien, “ados­sés au mur de la stu­pé­fac­tion”.»

* En turc Hacı Bek­taş. Par­fois trans­crit Had­jd­ji Bak­tasch, Ḥāji Baktāsh, Hâj­jî Bek­tash, Hag­gi Bek­tasch, Had­schi Bek­tash, Hadsch Bek­tasch ou Hadj Bek­tash. Haut

** Par­fois trans­crit «Velâyet-nâme» ou «Vil­layet name». Haut

*** Par­fois trans­crit «Maqa­lat». Haut

**** … Gre­nier de Fajal. Haut

Attar, «Le Livre de l’épreuve, “Musībatnāma”»

éd. Fayard, coll. L’Espace intérieur, Paris

éd. Fayard, coll. L’Espace inté­rieur, Paris

Il s’agit du «Livre de l’épreuve» («Mosi­bet namèh»*) de Férid-eddin Attar** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»***; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle*****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san «مصیبت‌نامه». Par­fois trans­crit «Mos­si­bat-nāmeh», «Moṣi­bat-nāme» ou «Muṣī­bat-nāma». Haut

** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

*** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

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**** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

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***** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut

Attar, «Le Mémorial des saints»

éd. du Seuil, coll. Points-Sagesses, Paris

éd. du Seuil, coll. Points-Sagesses, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion indi­recte du «Mémo­rial des saints» («Tez­ki­ra­ta­lav­lia»*) de Férid-eddin Attar** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»***; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle*****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san «تذکرة الاولیا». Par­fois trans­crit «Tez­ke­ret ül-Evliyâ», «Tez­ki­ret el-Evliyâ», «Taz­ki­rat-ul-Awlià», «Taz­ka­rat al-Avliya», «Taz­ke­rat ul-Awliyâ», «Taḏ­ke­rat al-Auliā», «Tadh­ki­rat ‘l-Awliyâ» ou «Tadh­ke­rat al-Owliyâ». Haut

** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

*** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

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**** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

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***** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut

Attar, «“Pend-namèh”, ou le Livre des conseils»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «Livre des conseils» («Pend namèh»*) attri­bué à Férid-eddin Attar** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»***; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle*****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san «پند‌نامه». Par­fois trans­crit «Pand-nāmeh», «Pand­nâme», «Pend­name», «Pand-nāma» ou «Pand-nāmah». Haut

** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

*** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

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**** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

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***** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut

Attar, «Le Langage des oiseaux : poème de philosophie religieuse»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du «Lan­gage des oiseaux»*Man­tik altaïr»**) de Férid-eddin Attar*** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»****; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»*****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle******, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* Titre emprun­té au Coran, XXVII, 16 : «Salo­mon héri­ta de David et il dit : “Ô vous les hommes! On nous a appris le lan­gage des oiseaux. Nous avons été com­blés de tous les biens”». Haut

** En per­san «منطقالطیر». Par­fois trans­crit «Man­tegh ot-teyr», «Man­teq ut-tayr», «Man­tic uttaïr», «Man­teq-at-tayr», «Manṭeq al-ṭeyr», «Man­tik al thaïr», «Man­tek at-tair» ou «Manṭiq al-ṭayr». Haut

*** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

**** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

Haut

***** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

Haut

****** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut

Attar, «Le Livre divin, “Elahi-nameh”»

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Islam, Paris

éd. A. Michel, coll. Spi­ri­tua­li­tés vivantes-Islam, Paris

Il s’agit du «Livre divin» («Ila­hi namèh»*) de Férid-eddin Attar** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»***; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle*****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san «الهی‌نامه». Par­fois trans­crit «Ila­hi-name», «Ila­hi nâma», «Ilāhī-nāmah», «Elāhī-nāma» ou «Ela­hi-nameh». Haut

** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

*** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

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«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

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***** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut

Attar, «Le Livre des secrets, “Asrâr-nâma”»

éd. Les Deux Océans, Paris

éd. Les Deux Océans, Paris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du «Livre des secrets» («Asrar namèh»*) de Férid-eddin Attar** (XIIe-XIIIe siècle apr. J.-C.). Je consi­dère Attar comme le meilleur poète mys­tique de la Perse. Certes, le nombre des Per­sans qui se sont dis­tin­gués dans le genre est si consi­dé­rable, et plu­sieurs d’entre eux ont acquis tant de gloire, que cette opi­nion peut paraître hasar­dée. Sous le rap­port du choix des pen­sées et de la grâce de l’expression, Djé­lâl-ed-dîn Roû­mî ne lui est en rien infé­rieur; mais de toutes les idées de ce célèbre dis­ciple, je défie­rais d’en trou­ver une qui n’appartienne pas à Attar. Et Roû­mî lui-même confesse cette lourde dette quand il dit : «Attar a par­cou­ru les sept cités de l’Amour, tan­dis que j’en suis tou­jours au tour­nant d’une ruelle»***; et encore : «Attar fut l’âme du mys­ti­cisme, et Sanaï fut ses yeux; je ne fais que suivre leurs traces»****. Férid-eddin exer­ça d’abord la pro­fes­sion de par­fu­meur, ain­si que l’indique son sur­nom d’Attar («qui fabrique ou qui vend des par­fums»). Il avait une bou­tique très élé­gante, qui atti­rait les regards du public et qui flat­tait aus­si bien les yeux que l’odorat. Un jour qu’il était assis sur le devant de sa bou­tique avec l’apparence d’un homme impor­tant, un fou, ou pour mieux dire, un reli­gieux très avan­cé dans la vie spi­ri­tuelle*****, vint à sa porte, jeta un regard sur les mar­chan­dises qui étaient éta­lées, puis pous­sa un pro­fond sou­pir. Attar, éton­né, le pria de pas­ser son che­min. «Tu as rai­son», lui répon­dit l’inconnu, «le voyage de l’éternité est facile pour moi. Je ne suis pas embar­ras­sé dans ma marche, car je n’ai au monde que mon froc. Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si de toi, qui pos­sèdes tant de pré­cieuses mar­chan­dises. Songe donc à te pré­pa­rer à ce voyage.»

* En per­san «اسرار‌نامه». Par­fois trans­crit «Asrar-nâmé», «Asrâr-nâma» ou «Asrār-nāmah». Haut

** En per­san فریدالدین عطار. Par­fois trans­crit Farî­dod­dîn ’Attâr, Féryd-eddyn Atthar, Farīd al-Dīn ‘Aṭṭār, Feri­dud­din Attar, Fari­dud­dine Attar, Fari­dad­din Attar ou Farîd-ud-Dîn ‘Attâr. Haut

*** En per­san

«هفت شهر عشق راعطار گشت
ماهنوز اندر خم یک کوچهایم
».

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**** En per­san

«عطار روح بود و سنایی دو چشم او
ما از پی سنایی و عطار آمدیم
».

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***** Les fous sont regar­dés comme des saints dans la Perse et dans l’Inde, et ran­gés par­mi les sou­fis. Haut