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Tu Fu, «Œuvre poétique. Tome III. Au bout du monde (759)»

éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque chinoise, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Biblio­thèque chi­noise, Paris

Il s’agit de l’«Œuvre poé­tique» de Tu Fu* qui se défi­nit par la sobrié­té des sen­ti­ments et l’exact réa­lisme des tableaux. Sans se per­mettre des com­men­taires trop per­son­nels, s’effaçant, dis­pa­rais­sant en tant qu’auteur devant ses poé­sies qui parlent d’elles-mêmes, Tu Fu peint les scènes fami­lières de la vie cou­rante, les misères du petit peuple en proie à la guerre, à la famine et aux injus­tices. Son «Œuvre poé­tique» adopte un ton égal et appa­rem­ment impas­sible, mais qu’un détail vient tout à coup rendre vivant, voire poi­gnant, grâce au choix de deux ou trois mots («der­rière les portes de laque rouge, viandes et vins empestent; sur les che­mins, les affa­més laissent leurs os gelés») aux­quels l’auteur sait don­ner leur valeur entière, et qu’on dirait écrits pour l’éternité. Tu Fu est, à ce titre, le plus clas­sique des poètes chi­nois, même s’il y en a d’autres dont le génie est supé­rieur au sien**. «Le trait prin­ci­pal de son talent, celui qui domine l’œuvre et vient le pre­mier à l’esprit cher­chant une impres­sion géné­rale, c’est le carac­tère conscient et comme réflé­chi de ses œuvres. Tu Fu est un artiste tou­jours sûr et conscient de ses moyens, sachant tou­jours par­fai­te­ment le but auquel il tend. Il n’a guère d’élans impré­vus, de digres­sions dues à des émo­tions spon­ta­né­ment écloses; il règle ses œuvres et leur effet avec la per­fec­tion d’un méca­nisme infaillible, ne lais­sant rien au hasard, n’omettant rien d’essentiel, n’ajoutant rien de super­flu… Mais ce sont là, pré­ci­sé­ment, les traits essen­tiels des prin­cipes de l’école clas­sique, les qua­li­tés idéales aux­quelles tend… la men­ta­li­té artis­tique des Tang***, période du clas­si­cisme chi­nois», dit M. Georges Mar­gou­liès.

Tu Fu naquit en 712 apr. J.-C. Sa mère mou­rut alors qu’il était en bas âge, et il fut lais­sé aux soins d’une tante qu’il immor­ta­li­sa dans cette épi­taphe**** : «Jadis, je suis tom­bé malade chez ma tante. Comme son fils était éga­le­ment souf­frant, elle inter­ro­gea une sor­cière qui lui dit : “Celui qui cou­che­ra dans le ber­ceau près du mur Sud sera gué­ri”. Ma tante dépla­ça alors son fils pour me mettre [à sa place] dans [le] ber­ceau. Je sur­vé­cus, mais le fils de ma tante décé­da». À sept ans, son­geant déjà à de grands des­seins, Tu Fu rédi­gea une pre­mière ode pour chan­ter les phé­nix. À qua­torze ou quinze ans, il se mit à par­cou­rir les cercles lit­té­raires. Il fai­sait peu de cas des enfants de son âge, et tous ceux avec qui il liait ami­tié avaient les che­veux blancs. Comme il avait de l’esprit et qu’il s’était livré aux études avec toute l’ardeur dont il était capable, il se pré­sen­ta au concours impé­rial avec beau­coup de confiance; mais de tous les can­di­dats, il fut le seul à ne pas être admis : «Qui eût cru que je rate­rais ces épreuves et que je pren­drais seul congé du Pré­fet de la Capi­tale?», écri­vit-il non sans dépit*****. Convain­cu, par son peu de suc­cès, qu’il n’était pas propre à atteindre un poste émi­nent, il renon­ça aux grades et à tous les avan­tages qu’il en espé­rait, et se fit poète. Par­mi les dif­fé­rentes com­po­si­tions dues à son pin­ceau, il s’en trou­vait trois qui enle­vaient tous les suf­frages; c’étaient trois rhap­so­dies, de celles que les Chi­nois appellent «fu»******. On les pré­sen­ta à l’Empereur Hsuan Tsong*******, poète lui-même, qui en fut char­mé; il vou­lut voir l’auteur, le reçut avec bon­té, eut avec lui une assez longue conver­sa­tion et lui dit, en lui don­nant congé, qu’il le nom­mait man­da­rin. Charge hono­rable, mais très peu lucra­tive. Elle eût com­blé les vœux d’un homme riche, mais elle était un vrai far­deau pour un homme qui avait à peine de quoi vivre. Quelque temps après, Tu Fu prit le par­ti de par­ler enfin clai­re­ment; il com­po­sa un «fu» dans lequel, après avoir fait l’éloge de ses propres ancêtres, il s’adressait à l’Empereur et lui disait : «J’ai com­men­cé à écrire des poèmes à l’âge de sept ans, et en presque qua­rante ans, j’ai à mon actif plus de mille pièces. À pré­sent, [mes confrères let­trés] obtiennent de se pré­sen­ter à la Porte aux Che­vaux de Bronze et ils sont nom­breux à accé­der à la Salle de Jade; mais moi, mes vête­ments ne me vont pas, et je vis, la plu­part du temps, aux cro­chets d’autrui. Je suis constam­ment sur la route, redou­tant seule­ment de périr dans un fos­sé… Pros­ter­né à terre, j’espère que Sa Majes­té Brillante me pren­dra en pitié, si ce n’est pour ma misère du moins pour mon âge»********.

«il règle ses œuvres et leur effet avec la per­fec­tion d’un méca­nisme infaillible»

L’Empereur satis­fit à cette juste requête; il assi­gna à notre poète une pen­sion suf­fi­sante pour le faire vivre à l’aise et la lui fit payer d’avance, en lui pro­met­tant de plus grands bien­faits pour l’avenir. Cepen­dant, Tu Fu ne pro­fi­ta pas long­temps de la libé­ra­li­té de son mécène. Cette année même arri­va la révolte d’An lou shan*********, et l’Empereur s’étant enfui de la capi­tale, Tu Fu se sau­va de son côté dans un endroit inac­ces­sible aux recherches. Il y vécut quelques mois des fruits qu’il allait cueillir, et des racines sau­vages qu’il pré­pa­rait lui-même. Son corps devint d’une mai­greur extrême, et son habit n’était plus qu’un haillon. Dans cet état, il apprit que Su Tsong venait de mon­ter sur le trône à la place de son père. Il crut que ce nou­vel Empe­reur le ver­rait avec plai­sir. Il alla l’attendre sur le grand che­min; mais il y fut à peine arri­vé qu’un par­ti de rebelles, qui fai­sait des ravages dans les envi­rons, se sai­sit de sa per­sonne et l’emmena au gros de l’armée du géné­ral An lou shan. Il se nom­ma pour ne pas être mal­trai­té, et quelques offi­ciers, se sou­ve­nant d’avoir enten­du par­ler de lui comme d’un homme célèbre dans l’Empire, vou­lurent le mon­trer au géné­ral. «Quelques-uns de vos gens», dirent-ils à An lou shan**********, «ont pris sur le grand che­min le plus grand poète de l’Empire. Si vous vou­lez le voir, nous vous l’amènerons ici; et si vous vou­lez le gar­der, il pour­ra vous amu­ser dans vos heures de délas­se­ment. — Quel ani­mal est-ce qu’un poète», répli­qua An lou shan, «et quels tours sait-il faire?… Sait-il mieux se battre que nous? S’il est bon guer­rier, je le ver­rai volon­tiers et je lui don­ne­rai de l’emploi; si ce n’est qu’un ajus­teur de paroles, je n’ai pas besoin de lui; il ne ferait que m’embarrasser ici.» Sur ces mots du géné­ral tar­tare, qui ne savait ni lire ni écrire, on lais­sa Tu Fu entre les mains de ceux qui l’avaient cap­tu­ré, et notre poète, pro­fi­tant de la négli­gence qu’on avait à le gar­der et du peu de cas qu’on fai­sait de lui, trou­va le moyen de s’échapper.

Il n’existe pas moins de seize tra­duc­tions fran­çaises de l’«Œuvre poé­tique», mais s’il fal­lait n’en choi­sir qu’une seule, je choi­si­rais celle de M. Nico­las Cha­puis.

「暮投石壕村,
有吏夜捉人.
老翁踰牆走,
老婦出門看.
吏呼一何怒!
婦啼一何苦!
聽婦前致詞 :
『三男鄴城戍……』」

— Poème dans la langue ori­gi­nale

«Alors que je logeai un soir au vil­lage de Shi­hao,
Un offi­cier pro­cé­da à une rafle en pleine nuit.
Le patron s’enfuit en enjam­bant le mur,
Tan­dis que son épouse se pré­sen­tait à la porte.
Si furieux les cris de l’officier!
Si amères les larmes de l’épouse!
J’entendis la dame par­le­men­ter :
“Mes trois fils étaient au siège de Ye…”***********»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Cha­puis

«Au cré­pus­cule, je loge au vil­lage de Shih hao
La nuit, un offi­cier vient pour emme­ner les hommes
Le vieillard esca­lade le mur, s’enfuit
Sa vieille femme sort répondre à la porte
L’officier hurle, quel air furieux!
La femme pleure, quel air acca­blé!
J’entends la femme s’avancer et répondre :
“Mes trois gar­çons sont par­tis pour la guerre, à Yu cheng…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de Mme Cheng Wing fun et M. Her­vé Col­letDieux et diables pleurent : poèmes», éd. Moun­dar­ren, Mil­le­mont)

«Au cou­cher du soleil, j’allais cher­chant un gîte dans le vil­lage de Che-kao;
Un recru­teur arri­vait en même temps que moi, de ceux qui, pen­dant la nuit, sai­sissent les hommes.
Un vieillard l’aperçoit, fran­chit le mur et s’enfuit;
Une vieille femme sort de la même demeure et marche au-devant du recru­teur.
Le recru­teur crie — avec quelle colère!
La femme se lamente — avec quelle amer­tume!
Elle dit : “Écou­tez la voix de celle qui est là devant vous :
J’avais trois fils, ils étaient tous trois au camp de l’Empereur…”»
— Poème dans la tra­duc­tion du mar­quis Léon d’Hervey Saint-Denys (dans «Poé­sies de l’époque des Thang», XIXe siècle)

«Un soir, je logeais au vil­lage de Shih Hao
Et la nuit, un recru­teur vint prendre les gens.
Un vieillard s’enfuit par-des­sus le mur,
Sa vieille femme sor­tit à la ren­contre du recru­teur.
Comme celui-ci criait de colère!
Comme la vieille pleu­rait avec amer­tume!
“Écou­tez les paroles de celle qui s’avance”, dit-elle.
“Mes trois fils tenaient gar­ni­son à Yeh…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de Mme Patri­cia Guiller­maz (dans «La Poé­sie chi­noise», éd. Seghers, Paris)

«Le voya­geur arri­va le soir au vil­lage de Che-hao,
Quand le recru­teur fai­sait la chasse aux hommes.
Le vieillard s’est échap­pé en sau­tant le mur,
La vieille dame est venue et a ouvert la porte à l’officier.
Que les cris du recru­teur étaient furieux!
Et dou­lou­reuses les lamen­ta­tions de la vieille!
Écou­tez ce qu’elle dit à l’officier :
“Mes trois fils sont mobi­li­sés au pays de Ye…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Lo Ta-kang (dans «Homme d’abord, poète ensuite : pré­sen­ta­tion de sept poètes chi­nois», éd. La Bacon­nière, Neu­châ­tel)

«De nuit, j’arrive au vil­lage de Shi­hao;
Un recru­teur arrête des gens la nuit.
Un vieil homme saute le mur et s’enfuit;
Sa vieille femme va ouvrir la porte.
Comme il hurle fort, l’officier en colère!
Comme les pleurs de l’épouse sont amers!
J’écoute alors les paroles de la vieille dame :
“Mes trois fils sont par­tis au camp de Ye…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de Mme Flo­rence Hu-Sterk (dans «Antho­lo­gie de la poé­sie chi­noise», éd. Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, Paris)

«Ce soir-là, je m’arrêtai au vil­lage de Shi­hao,
Quand dans la nuit un ser­gent vint recru­ter des gens.
Le vieillard sau­ta le mur et s’enfuit,
La vieille femme sor­tit voir à la porte.
Le ser­gent hur­lait de colère,
La femme pleu­rait amè­re­ment.
J’ai écou­té ce qu’elle expli­quait :
“Mes trois fils gar­daient la ville de Yecheng…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Jacques Pim­pa­neau (dans «Antho­lo­gie de la lit­té­ra­ture chi­noise clas­sique», éd. Ph. Pic­quier, Arles)

«Le soir, j’arrive au vil­lage Che-hao;
Dans la nuit, un fonc­tion­naire recrute de force les hommes.
Un vieillard fran­chit le mur et s’enfuit,
Une vieille femme ouvre la porte et regarde.
Comme le fonc­tion­naire crie fort dans sa vio­lente colère,
Et que les san­glots de la vieille sont amers!
Écou­tez ce qu’elle dit au recru­teur :
“Mes trois fils furent mobi­li­sés au camp de Ye…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de Sung-nien Hsu («Tou Fou, poète clas­sique chi­nois» dans «Mer­cure de France», vol. 215, no 751, p. 78-96)

«C’est à Shi-hao que vers le soir j’arrive.
Par des sol­dats, la nuit, tout homme est pris.
Mais un vieillard, sau­tant un mur, s’esquive.
Sa femme alors, pour voir, sort du logis.
L’officier hurle, au comble de la rage!
La femme pleure, en pleine afflic­tion!
Puis, je l’entends lui tenir ce lan­gage :
“J’avais trois fils en poste sur le front…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Paul Jacob (dans «Vacances du pou­voir : poèmes des Tang», éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Paris)

«Au cré­pus­cule, je m’arrêtai au vil­lage de Shi­hao
Un fonc­tion­naire vint de nuit pour sai­sir des hommes
Le vieillard s’enfuit en pas­sant par-des­sus le mur
La vieille femme vint voir à la porte
Le fonc­tion­naire pousse des cris furieux
La vieille san­glote amè­re­ment
J’entends la femme qui s’avance pour expli­quer :
“Mes trois fils étaient sol­dats à la cita­delle de Ye…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Mau­rice Coyaud (dans «Antho­lo­gie bilingue de la poé­sie chi­noise clas­sique», éd. Les Belles Lettres, coll. Archi­tec­ture du verbe, Paris)

«Le cré­pus­cule tombe sur le bourg de Pierre-Fosse
La nuit, un recru­teur vient s’emparer des hommes
Un vieillard s’est enfui dans ses murs
Sa vieille femme sort guet­ter à la porte
Le fonc­tion­naire crie dans une colère noire
La femme fond en larmes, sub­mer­gée de dou­leur
On l’entend s’avancer et prendre la parole
L’un de ses trois gar­çons gar­dant la ville de Ye…»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Guil­hem Fabre (dans «Ins­tants éter­nels : cent et quelques poèmes connus par cœur en Chine», éd. La Dif­fé­rence, Paris)

«Le soir, je trouve un refuge au vil­lage de la Butte aux Pierres
En pleine nuit arrive une troupe de recru­teurs qui cherchent des hommes
Mon vieil hôte s’enfuit en pas­sant au-des­sus du mur de la mai­son
Ma vieille hôtesse ouvre la porte et regarde ce qui se passe
Que la voix du ser­gent est colé­reuse quand il se met à gueu­ler!
Que la voix de la vieille est pleine de tris­tesse mêlée de ses san­glots! Écou­tez, sei­gneur, ce que la vieille devant vous va vous dire :
“J’ai déjà envoyé trois fils sur le front pour gar­der les rem­parts…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de MM. Jean-Marie Gus­tave Le Clé­zio et Dong Qiang («Le flot de la poé­sie conti­nue­ra de cou­ler», éd. Ph. Rey, Paris)

«Je passe la nuit au vil­lage de Shih-hao;
Un recru­teur vient s’emparer des gens.
Esca­la­dant le mur, le vieillard s’enfuit;
Sa vieille femme va ouvrir la porte.
Cris de l’officier, com­bien colé­reux!
Pleurs de la femme, si pleine d’amertume…
Elle parle enfin. Je prête l’oreille :
“Mes trois fils sont envoyés à Yeh-ch’eng…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Fran­çois Cheng (dans «Entre source et nuage : voix de poètes dans la Chine d’hier et d’aujourd’hui», éd. A. Michel, coll. Spi­ri­tua­li­tés vivantes, Paris)

«Le soir au hameau de Ché-hao je me jette et trouve abri
De la police y est sai­sis­sant les gens la nuit
Le vieux bon­homme saute le mur il court
La vieille — sa vieille — sort sur le seuil humble et polie
La police crie — comme elle est colère
La vieille gémit — comme elle est amère
Je l’écoute la vieille appro­cher offrant ses mots
“J’avais trois gars au ser­vice à la ville de Yé à la fron­tière…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Armand Robin (dans «Poé­sie non tra­duite. Tome I», éd. Gal­li­mard, Paris)

«S’arrêter un soit au vil­lage de Che-hao.
Un ser­gent recru­teur y vient rafler des hommes.
Un vieil homme saute le mur.
C’est la vieille qui va ouvrir la porte.
Le mili­taire est en colère, il crie.
La vieille a grand-peur, elle pleure.
La voix de la vieille sur le pas de la porte :
“On m’a pris mes trois fils pour se battre à Ye-tch’eng…”»
— Poème dans la tra­duc­tion de M. Claude Roy (dans «Le Voleur de poèmes : Chine», éd. Mer­cure de France, Paris, p. 163-180)

«Une étape au vil­lage de Shi-tao.
De nuit, un recru­teur sai­sit des hommes.
Le vieil homme s’enfuit grim­pant le mur
La vieille femme sort devant sa porte.
L’officier l’invective — cris de rage
La femme pleure — avec quelle amer­tume!
Ses paroles par­viennent dans la chambre :
“Trois fils par­tis pour défendre Ye-ch’eng…”»
— Poème dans la tra­duc­tion indi­recte de M. André Mar­ko­wicz (dans «Ombres de Chine», éd. Inculte-Der­nière Marge, Paris)

Cette tra­duc­tion n’a pas été faite sur l’original.

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Consultez cette bibliographie succincte en langue française

* En chi­nois 杜甫. Par­fois trans­crit Du Fu, Dou-fou, Thou-fou, Thu Fu ou Tou Fou. Haut

** Li Po et Bai Juyi. Haut

*** De l’an 618 à l’an 907. Haut

**** «Tome I», p. XXV. Haut

***** id. p. 737. Haut

****** En chi­nois . Par­fois trans­crit «fou». Par suite d’une faute, trans­crit «sou». Haut

******* En chi­nois 玄宗. Par­fois trans­crit Hiuen-tsoung, Hiuan-tsong ou Xuan­zong. Haut

******** «Tome I», p. 747-749. Haut

********* En chi­nois 安祿山. Par­fois trans­crit Ngan Lou-chan ou An Lushan. Haut

********** Dans le père Joseph Amiot, «Tou-fou, poète». Haut

*********** «Sans insé­rer le moindre com­men­taire, Tu Fu par­vient à faire res­sen­tir l’horreur du sys­tème de recru­te­ment mili­taire de cette époque, de telle sorte que la souf­france de la popu­la­tion, le nombre de jeunes morts et l’arbitraire des rafles sont tous per­cep­tibles», dit l’écrivain Hu Shi. Haut