Mot-clefdiscours (art oratoire)

su­jet

le père Porée, « Le Paresseux : comédie »

dans « Théâtre européen, nouvelle collection. Théâtre latin moderne » (XIXᵉ siècle), p. 1-42

dans « Théâtre eu­ro­péen, nou­velle col­lec­tion. Théâtre la­tin mo­derne » (XIXe siècle), p. 1-42

Il s’agit de la co­mé­die « Le Pa­res­seux » (« Otio­sus ») du père Charles Po­rée, jé­suite fran­çais d’expression la­tine, le pro­fes­seur le plus ad­miré de son temps (XVIIIe siècle). Le pro­fes­so­rat ne fut ja­mais pour le père Po­rée ce qu’il était pour la plu­part de ses col­lègues — un passe-temps pro­vi­soire, des­tiné à oc­cu­per le re­li­gieux pen­dant ses pre­mières an­nées de sa­cer­doce. On trouve au contraire en sa per­sonne un mo­dèle de ces pé­da­gogues per­pé­tuels, ces « ma­gis­tri per­pe­tui », qui se vouent pour la vie à l’éducation de la jeu­nesse, sans cher­cher d’autre em­ploi pour les fa­cul­tés de leur es­prit. Si­tôt sa for­ma­tion re­li­gieuse ter­mi­née, le père Po­rée fut chargé d’une classe ; qua­rante-huit ans après, quand la mort vint le sur­prendre, elle le trouva en­core à son poste au col­lège Louis-le-Grand. Du­rant toutes ces dé­cen­nies, il ne sor­tit presque ja­mais du col­lège, tran­chant ainsi avec les ha­bi­tudes mon­daines des Bou­hours, des Ra­pin, des La Rue, dont il se mon­tra pour­tant le digne suc­ces­seur. Non seule­ment il en­sei­gnait l’amour des belles-lettres à ses élèves, mais en­core il vi­vait avec eux, il dé­mê­lait leurs dis­po­si­tions, il par­lait à leur cœur, il sa­vait à l’avance leurs ver­tus, leurs vices, et quand en­fin il les ren­dait à la so­ciété qui les lui avait confiés, il pou­vait dire sur quels hommes elle pou­vait comp­ter. Ses élèves de­meu­raient ses amis, et tous se fai­saient un de­voir de le consul­ter dans les grandes oc­ca­sions de la vie et de suivre son avis. Vol­taire fut de leur nombre, et le père Po­rée, qui avait de­viné et en­cou­ragé ses pre­miers suc­cès, di­sait par­fois, en en­ten­dant par­ler de son ir­ré­li­gion : « C’est ma gloire et ma honte ». Mais au fond de lui, il ai­mait trop les ta­lents lit­té­raires et il en était trop bon juge pour ne pas être flatté d’avoir contri­bué à ceux d’un tel élève. On cite sou­vent la lettre écrite par Vol­taire après la mort du père Po­rée, et où le dis­ciple fait de son maître cet éloge : « Rien n’effacera dans mon cœur la mé­moire du père Po­rée, qui est éga­le­ment chère à tous ceux qui ont étu­dié sous lui. Ja­mais homme ne ren­dit l’étude et la vertu plus ai­mable. Les heures de ses le­çons étaient pour nous des heures dé­li­cieuses, et j’aurais voulu qu’il eût été éta­bli1 dans Pa­ris comme dans Athènes que l’on pût as­sis­ter à tout âge à de telles le­çons. Je se­rais re­venu sou­vent les en­tendre… En­fin, pen­dant les sept an­nées que j’ai vécu en [son col­lège], qu’ai-je vu chez [lui] ? La vie la plus la­bo­rieuse, la plus fru­gale, la plus ré­glée. Toutes ses heures par­ta­gées entre les soins qu’[il] nous don­nait et les exer­cices de sa pro­fes­sion aus­tère »

  1. « Éta­bli » au sens d’« ad­mis ». Haut

le père Porée, « Le Joueur : comédie »

dans « Théâtre européen, nouvelle collection. Théâtre latin moderne » (XIXᵉ siècle), p. 43-76

dans « Théâtre eu­ro­péen, nou­velle col­lec­tion. Théâtre la­tin mo­derne » (XIXe siècle), p. 43-76

Il s’agit de la co­mé­die « Le Joueur » (« Alea­tor ») du père Charles Po­rée, jé­suite fran­çais d’expression la­tine, le pro­fes­seur le plus ad­miré de son temps (XVIIIe siècle). Le pro­fes­so­rat ne fut ja­mais pour le père Po­rée ce qu’il était pour la plu­part de ses col­lègues — un passe-temps pro­vi­soire, des­tiné à oc­cu­per le re­li­gieux pen­dant ses pre­mières an­nées de sa­cer­doce. On trouve au contraire en sa per­sonne un mo­dèle de ces pé­da­gogues per­pé­tuels, ces « ma­gis­tri per­pe­tui », qui se vouent pour la vie à l’éducation de la jeu­nesse, sans cher­cher d’autre em­ploi pour les fa­cul­tés de leur es­prit. Si­tôt sa for­ma­tion re­li­gieuse ter­mi­née, le père Po­rée fut chargé d’une classe ; qua­rante-huit ans après, quand la mort vint le sur­prendre, elle le trouva en­core à son poste au col­lège Louis-le-Grand. Du­rant toutes ces dé­cen­nies, il ne sor­tit presque ja­mais du col­lège, tran­chant ainsi avec les ha­bi­tudes mon­daines des Bou­hours, des Ra­pin, des La Rue, dont il se mon­tra pour­tant le digne suc­ces­seur. Non seule­ment il en­sei­gnait l’amour des belles-lettres à ses élèves, mais en­core il vi­vait avec eux, il dé­mê­lait leurs dis­po­si­tions, il par­lait à leur cœur, il sa­vait à l’avance leurs ver­tus, leurs vices, et quand en­fin il les ren­dait à la so­ciété qui les lui avait confiés, il pou­vait dire sur quels hommes elle pou­vait comp­ter. Ses élèves de­meu­raient ses amis, et tous se fai­saient un de­voir de le consul­ter dans les grandes oc­ca­sions de la vie et de suivre son avis. Vol­taire fut de leur nombre, et le père Po­rée, qui avait de­viné et en­cou­ragé ses pre­miers suc­cès, di­sait par­fois, en en­ten­dant par­ler de son ir­ré­li­gion : « C’est ma gloire et ma honte ». Mais au fond de lui, il ai­mait trop les ta­lents lit­té­raires et il en était trop bon juge pour ne pas être flatté d’avoir contri­bué à ceux d’un tel élève. On cite sou­vent la lettre écrite par Vol­taire après la mort du père Po­rée, et où le dis­ciple fait de son maître cet éloge : « Rien n’effacera dans mon cœur la mé­moire du père Po­rée, qui est éga­le­ment chère à tous ceux qui ont étu­dié sous lui. Ja­mais homme ne ren­dit l’étude et la vertu plus ai­mable. Les heures de ses le­çons étaient pour nous des heures dé­li­cieuses, et j’aurais voulu qu’il eût été éta­bli1 dans Pa­ris comme dans Athènes que l’on pût as­sis­ter à tout âge à de telles le­çons. Je se­rais re­venu sou­vent les en­tendre… En­fin, pen­dant les sept an­nées que j’ai vécu en [son col­lège], qu’ai-je vu chez [lui] ? La vie la plus la­bo­rieuse, la plus fru­gale, la plus ré­glée. Toutes ses heures par­ta­gées entre les soins qu’[il] nous don­nait et les exer­cices de sa pro­fes­sion aus­tère »

  1. « Éta­bli » au sens d’« ad­mis ». Haut

« Théâtre jésuite néo-latin et Antiquité : sur le “Brutus” de Charles Porée (1708) »

éd. École française de Rome, coll. de l’École française de Rome, Rome

éd. École fran­çaise de Rome, coll. de l’École fran­çaise de Rome, Rome

Il s’agit de la tra­gé­die « Bru­tus » du père Charles Po­rée, jé­suite fran­çais d’expression la­tine, le pro­fes­seur le plus ad­miré de son temps (XVIIIe siècle). Le pro­fes­so­rat ne fut ja­mais pour le père Po­rée ce qu’il était pour la plu­part de ses col­lègues — un passe-temps pro­vi­soire, des­tiné à oc­cu­per le re­li­gieux pen­dant ses pre­mières an­nées de sa­cer­doce. On trouve au contraire en sa per­sonne un mo­dèle de ces pé­da­gogues per­pé­tuels, ces « ma­gis­tri per­pe­tui », qui se vouent pour la vie à l’éducation de la jeu­nesse, sans cher­cher d’autre em­ploi pour les fa­cul­tés de leur es­prit. Si­tôt sa for­ma­tion re­li­gieuse ter­mi­née, le père Po­rée fut chargé d’une classe ; qua­rante-huit ans après, quand la mort vint le sur­prendre, elle le trouva en­core à son poste au col­lège Louis-le-Grand. Du­rant toutes ces dé­cen­nies, il ne sor­tit presque ja­mais du col­lège, tran­chant ainsi avec les ha­bi­tudes mon­daines des Bou­hours, des Ra­pin, des La Rue, dont il se mon­tra pour­tant le digne suc­ces­seur. Non seule­ment il en­sei­gnait l’amour des belles-lettres à ses élèves, mais en­core il vi­vait avec eux, il dé­mê­lait leurs dis­po­si­tions, il par­lait à leur cœur, il sa­vait à l’avance leurs ver­tus, leurs vices, et quand en­fin il les ren­dait à la so­ciété qui les lui avait confiés, il pou­vait dire sur quels hommes elle pou­vait comp­ter. Ses élèves de­meu­raient ses amis, et tous se fai­saient un de­voir de le consul­ter dans les grandes oc­ca­sions de la vie et de suivre son avis. Vol­taire fut de leur nombre, et le père Po­rée, qui avait de­viné et en­cou­ragé ses pre­miers suc­cès, di­sait par­fois, en en­ten­dant par­ler de son ir­ré­li­gion : « C’est ma gloire et ma honte ». Mais au fond de lui, il ai­mait trop les ta­lents lit­té­raires et il en était trop bon juge pour ne pas être flatté d’avoir contri­bué à ceux d’un tel élève. On cite sou­vent la lettre écrite par Vol­taire après la mort du père Po­rée, et où le dis­ciple fait de son maître cet éloge : « Rien n’effacera dans mon cœur la mé­moire du père Po­rée, qui est éga­le­ment chère à tous ceux qui ont étu­dié sous lui. Ja­mais homme ne ren­dit l’étude et la vertu plus ai­mable. Les heures de ses le­çons étaient pour nous des heures dé­li­cieuses, et j’aurais voulu qu’il eût été éta­bli1 dans Pa­ris comme dans Athènes que l’on pût as­sis­ter à tout âge à de telles le­çons. Je se­rais re­venu sou­vent les en­tendre… En­fin, pen­dant les sept an­nées que j’ai vécu en [son col­lège], qu’ai-je vu chez [lui] ? La vie la plus la­bo­rieuse, la plus fru­gale, la plus ré­glée. Toutes ses heures par­ta­gées entre les soins qu’[il] nous don­nait et les exer­cices de sa pro­fes­sion aus­tère »

  1. « Éta­bli » au sens d’« ad­mis ». Haut

le père Porée, « “De theatro”, Discours sur les spectacles »

éd. Société de littératures classiques, coll. des Rééditions de textes du XVIIᵉ siècle, Toulouse

éd. So­ciété de lit­té­ra­tures clas­siques, coll. des Ré­édi­tions de textes du XVIIe siècle, Tou­louse

Il s’agit du « Dis­cours sur les spec­tacles » (« De thea­tro ») du père Charles Po­rée, jé­suite fran­çais d’expression la­tine, le pro­fes­seur le plus ad­miré de son temps (XVIIIe siècle). Le pro­fes­so­rat ne fut ja­mais pour le père Po­rée ce qu’il était pour la plu­part de ses col­lègues — un passe-temps pro­vi­soire, des­tiné à oc­cu­per le re­li­gieux pen­dant ses pre­mières an­nées de sa­cer­doce. On trouve au contraire en sa per­sonne un mo­dèle de ces pé­da­gogues per­pé­tuels, ces « ma­gis­tri per­pe­tui », qui se vouent pour la vie à l’éducation de la jeu­nesse, sans cher­cher d’autre em­ploi pour les fa­cul­tés de leur es­prit. Si­tôt sa for­ma­tion re­li­gieuse ter­mi­née, le père Po­rée fut chargé d’une classe ; qua­rante-huit ans après, quand la mort vint le sur­prendre, elle le trouva en­core à son poste au col­lège Louis-le-Grand. Du­rant toutes ces dé­cen­nies, il ne sor­tit presque ja­mais du col­lège, tran­chant ainsi avec les ha­bi­tudes mon­daines des Bou­hours, des Ra­pin, des La Rue, dont il se mon­tra pour­tant le digne suc­ces­seur. Non seule­ment il en­sei­gnait l’amour des belles-lettres à ses élèves, mais en­core il vi­vait avec eux, il dé­mê­lait leurs dis­po­si­tions, il par­lait à leur cœur, il sa­vait à l’avance leurs ver­tus, leurs vices, et quand en­fin il les ren­dait à la so­ciété qui les lui avait confiés, il pou­vait dire sur quels hommes elle pou­vait comp­ter. Ses élèves de­meu­raient ses amis, et tous se fai­saient un de­voir de le consul­ter dans les grandes oc­ca­sions de la vie et de suivre son avis. Vol­taire fut de leur nombre, et le père Po­rée, qui avait de­viné et en­cou­ragé ses pre­miers suc­cès, di­sait par­fois, en en­ten­dant par­ler de son ir­ré­li­gion : « C’est ma gloire et ma honte ». Mais au fond de lui, il ai­mait trop les ta­lents lit­té­raires et il en était trop bon juge pour ne pas être flatté d’avoir contri­bué à ceux d’un tel élève. On cite sou­vent la lettre écrite par Vol­taire après la mort du père Po­rée, et où le dis­ciple fait de son maître cet éloge : « Rien n’effacera dans mon cœur la mé­moire du père Po­rée, qui est éga­le­ment chère à tous ceux qui ont étu­dié sous lui. Ja­mais homme ne ren­dit l’étude et la vertu plus ai­mable. Les heures de ses le­çons étaient pour nous des heures dé­li­cieuses, et j’aurais voulu qu’il eût été éta­bli1 dans Pa­ris comme dans Athènes que l’on pût as­sis­ter à tout âge à de telles le­çons. Je se­rais re­venu sou­vent les en­tendre… En­fin, pen­dant les sept an­nées que j’ai vécu en [son col­lège], qu’ai-je vu chez [lui] ? La vie la plus la­bo­rieuse, la plus fru­gale, la plus ré­glée. Toutes ses heures par­ta­gées entre les soins qu’[il] nous don­nait et les exer­cices de sa pro­fes­sion aus­tère »

  1. « Éta­bli » au sens d’« ad­mis ». Haut

le père Porée, « Discours sur la satire »

éd. H. Champion, coll. L’Âge des lumières, Paris

éd. H. Cham­pion, coll. L’Âge des lu­mières, Pa­ris

Il s’agit du « Dis­cours sur la sa­tire » (« De sa­tyra ») du père Charles Po­rée, jé­suite fran­çais d’expression la­tine, le pro­fes­seur le plus ad­miré de son temps (XVIIIe siècle). Le pro­fes­so­rat ne fut ja­mais pour le père Po­rée ce qu’il était pour la plu­part de ses col­lègues — un passe-temps pro­vi­soire, des­tiné à oc­cu­per le re­li­gieux pen­dant ses pre­mières an­nées de sa­cer­doce. On trouve au contraire en sa per­sonne un mo­dèle de ces pé­da­gogues per­pé­tuels, ces « ma­gis­tri per­pe­tui », qui se vouent pour la vie à l’éducation de la jeu­nesse, sans cher­cher d’autre em­ploi pour les fa­cul­tés de leur es­prit. Si­tôt sa for­ma­tion re­li­gieuse ter­mi­née, le père Po­rée fut chargé d’une classe ; qua­rante-huit ans après, quand la mort vint le sur­prendre, elle le trouva en­core à son poste au col­lège Louis-le-Grand. Du­rant toutes ces dé­cen­nies, il ne sor­tit presque ja­mais du col­lège, tran­chant ainsi avec les ha­bi­tudes mon­daines des Bou­hours, des Ra­pin, des La Rue, dont il se mon­tra pour­tant le digne suc­ces­seur. Non seule­ment il en­sei­gnait l’amour des belles-lettres à ses élèves, mais en­core il vi­vait avec eux, il dé­mê­lait leurs dis­po­si­tions, il par­lait à leur cœur, il sa­vait à l’avance leurs ver­tus, leurs vices, et quand en­fin il les ren­dait à la so­ciété qui les lui avait confiés, il pou­vait dire sur quels hommes elle pou­vait comp­ter. Ses élèves de­meu­raient ses amis, et tous se fai­saient un de­voir de le consul­ter dans les grandes oc­ca­sions de la vie et de suivre son avis. Vol­taire fut de leur nombre, et le père Po­rée, qui avait de­viné et en­cou­ragé ses pre­miers suc­cès, di­sait par­fois, en en­ten­dant par­ler de son ir­ré­li­gion : « C’est ma gloire et ma honte ». Mais au fond de lui, il ai­mait trop les ta­lents lit­té­raires et il en était trop bon juge pour ne pas être flatté d’avoir contri­bué à ceux d’un tel élève. On cite sou­vent la lettre écrite par Vol­taire après la mort du père Po­rée, et où le dis­ciple fait de son maître cet éloge : « Rien n’effacera dans mon cœur la mé­moire du père Po­rée, qui est éga­le­ment chère à tous ceux qui ont étu­dié sous lui. Ja­mais homme ne ren­dit l’étude et la vertu plus ai­mable. Les heures de ses le­çons étaient pour nous des heures dé­li­cieuses, et j’aurais voulu qu’il eût été éta­bli1 dans Pa­ris comme dans Athènes que l’on pût as­sis­ter à tout âge à de telles le­çons. Je se­rais re­venu sou­vent les en­tendre… En­fin, pen­dant les sept an­nées que j’ai vécu en [son col­lège], qu’ai-je vu chez [lui] ? La vie la plus la­bo­rieuse, la plus fru­gale, la plus ré­glée. Toutes ses heures par­ta­gées entre les soins qu’[il] nous don­nait et les exer­cices de sa pro­fes­sion aus­tère »

  1. « Éta­bli » au sens d’« ad­mis ». Haut

Lysias, « Œuvres complètes »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des « Œuvres com­plètes » de Ly­sias d’Athènes1, l’un des plus grands ora­teurs de l’Antiquité (Ve-IVe siècle av. J.-C.). Il exerça presque ex­clu­si­ve­ment la pro­fes­sion de « lo­go­graphe », c’est-à-dire qu’il com­posa des dis­cours pour des clients se pré­sen­tant à l’accusation ou à la dé­fense de­vant le tri­bu­nal. En ef­fet, se­lon la loi athé­nienne, les in­té­res­sés de­vaient pro­non­cer eux-mêmes leurs plai­doyers, mais ils pou­vaient en re­mettre la com­po­si­tion à des gens de ta­lent. Ly­sias ac­quit, dans ce rôle, une ré­pu­ta­tion sans égale. Pen­dant vingt ans au moins, il fut ce qu’on ap­pel­le­rait aujourd’hui l’avocat le plus en vogue d’Athènes. Il fit deux cent trente-trois plai­doyers (il nous en reste seule­ment une tren­taine), et on dit qu’il ne per­dit que deux fois le pro­cès qu’on lui avait confié. Ci­cé­ron, dont l’autorité sur ce su­jet est si res­pec­table, en parle comme d’un homme « qui écri­vait avec une dé­li­ca­tesse et une élé­gance par­faites »2, et « qu’on ose­rait presque ap­pe­ler un ora­teur ac­com­pli en tout point »3. Quin­ti­lien par­tage le même avis. « Le style de Ly­sias », dé­clare quant à lui De­nys d’Halicarnasse, « se dis­tingue par une grande pu­reté : c’est le plus par­fait mo­dèle du dia­lecte at­tique »4 ; « ja­mais ora­teur ne parla mieux le lan­gage de la per­sua­sion »5. Il ex­cel­lait sur­tout à feindre un air simple, peu re­levé, né­gligé. Il pre­nait soin de pro­por­tion­ner son style au ca­rac­tère et à l’état de son client6, qui pou­vait être le pre­mier venu — peut-être pas un homme gros­sier et illet­tré, mais en tout cas un pro­fane, un simple par­ti­cu­lier (un « idiô­tês »7), quelqu’un qui n’était pas du mé­tier ; sou­vent un homme du peuple, un cam­pa­gnard, un mar­chand ou un ar­ti­san. Un dis­cours in­gé­nieux et fleuri au­rait été ri­di­cule et sus­pect dans la bouche d’un tel no­vice. Il fal­lait que Ly­sias lui prê­tât des mots mo­dé­rés, naïfs, un peu ti­mides, dignes d’intérêt, par­lant tou­jours à l’évidence et au bon sens des juges, sans ja­mais exi­ger de leur part un grand ef­fort d’intelligence. Point de mots trop en­flam­més. Le plai­doyer de Ly­sias « Sur le meurtre d’Ératosthène » (« Hy­per tou Era­tos­the­nous pho­nou »8) de­meure un exemple in­égalé du genre. La cause dé­fen­due est celle de l’Athénien Eu­phi­lé­tos qui, ayant sur­pris sa femme et un cer­tain Éra­tos­thène en fla­grant dé­lit d’adultère, avait tué ce der­nier. L’amant avait sup­plié qu’on lui lais­sât la vie, mais Eu­phi­lé­tos l’avait frappé en criant : « Ce n’est pas [moi qui te donne] la mort, mais la loi — cette loi que tu as vio­lée, que tu as sa­cri­fiée à tes dé­bauches, ai­mant mieux cou­vrir d’un éter­nel af­front ma femme et mes en­fants ». C’est avec ce cri que s’achève le plai­doyer du mari cré­dule et trompé. « Pas un mot sur le dé­noue­ment lu­gubre de l’affaire. Dans cette re­te­nue, on re­marque tout la dé­li­ca­tesse avec la­quelle Ly­sias pro­cède : l’homme dont il est l’interprète n’est ni un violent ni un san­gui­naire, mais un mal­heu­reux contraint au meurtre par l’étendue de l’offense qu’il a su­bie »9.

  1. En grec Λυσίας ὁ Ἀθηναῖος. Haut
  2. En la­tin « egre­gie sub­ti­lis scrip­tor atque ele­gans ». Haut
  3. En la­tin « jam prope au­deas ora­to­rem per­fec­tum di­cere ». Haut
  4. En grec « Καθαρός ἐστι τὴν ἑρμηνείαν πάνυ καὶ τῆς Ἀττικῆς γλώττης ἄριστος κανών ». Haut
  5. En grec « πάντων ῥητόρων αὐτὸν εἶναι πιθανώτατον ». Haut
  1. Le ta­lent de Ly­sias pour rendre les ca­rac­tères s’appelle l’art de l’« étho­pée », ou « êtho­poiïa » (ἠθοποιΐα). Haut
  2. En grec ἰδιώτης. Haut
  3. « Ὑπὲρ τοῦ Ἐρατοσθένους φόνου ». Haut
  4. Ro­bert Laf­font et Va­len­tino Bom­piani, « Sur le meurtre d’Ératosthène ». Haut

Térence, « Les Comédies »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des six « Co­mé­dies » (« Co­mœ­diæ ») de Té­rence1, dra­ma­turge la­tin, qui na­quit dans la condi­tion la plus vile et la plus dé­tes­table — celle d’esclave. Sans fa­mille et sans nom, il était dé­si­gné sous le sur­nom d’Afer (« l’Africain »), ce qui per­met de sup­po­ser qu’il était Car­tha­gi­nois de nais­sance. Ce­pen­dant, la pu­reté de son lan­gage — pu­reté ad­mi­rée par ses contem­po­rains — prouve que, s’il n’est pas né à Rome, il y fut amené dès sa plus tendre en­fance. Acheté ou reçu en pré­sent par un riche sé­na­teur, Te­ren­tius Lu­ca­nus, il fut élevé par ce der­nier avec un grand soin et af­fran­chi de bonne heure. Cet acte gé­né­reux porta bon­heur à Te­ren­tius Lu­ca­nus. Le nom du jeune af­fran­chi, Té­rence, ren­dit im­mor­tel ce­lui du vieux maître. C’était le IIe siècle av. J.-C. — le siècle où, se­lon le mot d’Horace, « la Grèce, vain­cue par les armes, triom­phait de ses vain­queurs par ses charmes et por­tait les arts dans la sau­vage Ita­lie »2. La culture grecque était plus que ja­mais à l’honneur. Té­rence y fut ini­tié, comme tous les brillants aris­to­crates qui fré­quen­taient la mai­son sé­na­to­riale. Ce sont eux sans doute qui l’encouragèrent vers la car­rière lit­té­raire, où ses goûts et ses ta­lents l’entraînaient. Il se tourna donc vers le genre de la co­mé­die athé­nienne, et sur­tout de la co­mé­die nou­velle, ap­pe­lée la « pal­liata ». Ses six pièces sont toutes imi­tées de Mé­nandre et d’Apollodore de Ca­ryste ; elles sont grecques par l’intrigue, par la pen­sée, par le ca­rac­tère des per­son­nages, par le titre même. Après les avoir don­nées sur le théâtre de Rome, Té­rence par­tit pour la Grèce afin d’étudier d’encore plus près les mœurs de cette contrée dont il re­pro­dui­sait l’esprit sur la scène. Com­bien de temps dura ce voyage ? Té­rence par­vint-il à Athènes ? On l’ignore. Ce qu’il y a de cer­tain, c’est qu’il ne re­vint ja­mais. Et comme on veut tou­jours don­ner quelque cause ex­tra­or­di­naire à la dis­pa­ri­tion d’un grand per­son­nage, on n’a pas man­qué d’attribuer celle de Té­rence au cha­grin que lui au­rait causé la perte de cent huit ma­nus­crits lors d’un nau­frage : re­cueilli par de pauvres gens, le res­capé se­rait tombé ma­lade, et le cha­grin au­rait hâté sa der­nière heure.

  1. En la­tin Pu­blius Te­ren­tius Afer. Au­tre­fois trans­crit Thé­rence. Haut
  1. « Épîtres », liv. II, poème 1, v. 156-157. Haut

Homère, « Odyssée »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « L’Odyssée »1 d’Homère2. « Le chantre des ex­ploits hé­roïques, l’interprète des dieux, le se­cond so­leil dont s’éclairait la Grèce, la lu­mière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde en­tier, Ho­mère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce ri­vage », dit une épi­gramme fu­né­raire3. On sait qu’Alexandre de Ma­cé­doine por­tait tou­jours avec lui une co­pie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, en­ri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée parmi les ef­fets du roi Da­rius. Alexandre mou­rut ; l’immense Em­pire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tomba en ruines ; mais par­tout où avaient volé les se­mences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Mé­di­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part da­van­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. « C’est là que se fai­saient les pré­cieuses co­pies des chants, là que s’écrivaient ces sa­vants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fa­meuse bi­blio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le ca­life Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers », dit Frie­drich Spiel­ha­gen4. Les Ro­mains re­cueillirent, au­tant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du gé­nie grec. Et c’était Ho­mère qu’on met­tait entre les mains du jeune Ro­main comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Es­chyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que « les re­liefs des grands fes­tins d’Homère »5, on peut le dire avec en­core plus de rai­son des Ro­mains, qui s’invitent chez Ho­mère et re­viennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

  1. En grec « Ὀδύσσεια ». Haut
  2. En grec Ὅμηρος. Haut
  3. En grec « Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις ». An­ti­pa­ter de Si­don dans « An­tho­lo­gie grecque, d’après le ma­nus­crit pa­la­tin ». Haut
  1. « Ho­mère », p. 513. Haut
  2. En grec « τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων ». Athé­née, « Ban­quet des sa­vants ». Haut

Homère, « Iliade »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « L’Iliade »1 d’Homère2. « Le chantre des ex­ploits hé­roïques, l’interprète des dieux, le se­cond so­leil dont s’éclairait la Grèce, la lu­mière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde en­tier, Ho­mère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce ri­vage », dit une épi­gramme fu­né­raire3. On sait qu’Alexandre de Ma­cé­doine por­tait tou­jours avec lui une co­pie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, en­ri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée parmi les ef­fets du roi Da­rius. Alexandre mou­rut ; l’immense Em­pire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tomba en ruines ; mais par­tout où avaient volé les se­mences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Mé­di­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part da­van­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. « C’est là que se fai­saient les pré­cieuses co­pies des chants, là que s’écrivaient ces sa­vants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fa­meuse bi­blio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le ca­life Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers », dit Frie­drich Spiel­ha­gen4. Les Ro­mains re­cueillirent, au­tant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du gé­nie grec. Et c’était Ho­mère qu’on met­tait entre les mains du jeune Ro­main comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Es­chyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que « les re­liefs des grands fes­tins d’Homère »5, on peut le dire avec en­core plus de rai­son des Ro­mains, qui s’invitent chez Ho­mère et re­viennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

  1. En grec « Ἰλιάς ». Haut
  2. En grec Ὅμηρος. Haut
  3. En grec « Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις ». An­ti­pa­ter de Si­don dans « An­tho­lo­gie grecque, d’après le ma­nus­crit pa­la­tin ». Haut
  1. « Ho­mère », p. 513. Haut
  2. En grec « τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων ». Athé­née, « Ban­quet des sa­vants ». Haut

Hérodote, « L’Enquête. Tome II »

éd. Gallimard, coll. Folio-Classique, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Fo­lio-Clas­sique, Pa­ris

Il s’agit de l’« En­quête » (« His­to­riê »1) d’Hérodote d’Halicarnasse2, le pre­mier des his­to­riens grecs dont on pos­sède les ou­vrages. Car bien qu’on sache qu’Hécatée de Mi­let, Cha­ron de Lamp­saque, etc. avaient écrit des his­to­rio­gra­phies avant lui, la sienne néan­moins est la plus an­cienne qui res­tait au temps de Ci­cé­ron, le­quel a re­connu Hé­ro­dote pour le « père de l’histoire »3, tout comme il l’a nommé ailleurs, à cause de sa pré­séance, le « prince »4 des his­to­riens.

Le su­jet di­rect d’Hérodote est, comme il le dit dans sa pré­face, « les grands ex­ploits ac­com­plis soit par les Grecs, soit par les [Perses], et la rai­son du conflit qui mit ces deux peuples aux prises » ; mais des cha­pitres en­tiers sont consa­crés aux di­verses na­tions qui, de près ou de loin, avaient été en contact avec ces deux peuples : les Ly­diens, les Mèdes, les Ba­by­lo­niens sou­mis par Cy­rus ; puis les Égyp­tiens conquis par Cam­byse ; puis les Scythes at­ta­qués par Da­rius ; puis les In­diens. Leurs his­toires ac­ces­soires, leurs ré­cits la­té­raux viennent se lier et se confondre dans la nar­ra­tion prin­ci­pale, comme des cours d’eau qui vien­draient gros­sir un tor­rent. Et ainsi, l’« En­quête » s’élargit, de pa­ren­thèse en pa­ren­thèse, et ouvre aux lec­teurs les an­nales du monde connu, en cher­chant à leur don­ner des le­çons in­di­rectes, quoique sen­sibles, sur leur condi­tion. C’est dans ces le­çons ; c’est dans la pro­gres­sion ha­bile des épi­sodes ; c’est dans la mo­ra­lité qui se fait sen­tir de toutes parts — et ce que j’entends par « mo­ra­lité », ce n’est pas seule­ment ce qui concerne la mo­rale, mais ce qui est ca­pable de consa­crer la mé­moire des morts et d’exciter l’émulation des vi­vants — c’est là, dis-je, qu’on voit la gran­deur d’Hérodote, mar­chant sur les traces d’Ho­mère

  1. En grec « Ἱστορίη ». On ren­contre aussi la gra­phie « Ἱστορία » (« His­to­ria »). L’« his­toire », au sens pri­mi­tif de ce mot dans la langue grecque, c’est l’enquête sé­rieuse et ap­pro­fon­die ; c’est la re­cherche in­tel­li­gente de la vé­rité. Haut
  2. En grec Ἡρόδοτος ὁ Ἁλικαρνασσεύς. Haut
  1. « Traité des lois » (« De le­gi­bus »), liv. I, sect. 5. Haut
  2. « Dia­logues de l’orateur » (« De ora­tore »), liv. II, sect. 55. Haut

Hérodote, « L’Enquête. Tome I »

éd. Gallimard, coll. Folio-Classique, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Fo­lio-Clas­sique, Pa­ris

Il s’agit de l’« En­quête » (« His­to­riê »1) d’Hérodote d’Halicarnasse2, le pre­mier des his­to­riens grecs dont on pos­sède les ou­vrages. Car bien qu’on sache qu’Hécatée de Mi­let, Cha­ron de Lamp­saque, etc. avaient écrit des his­to­rio­gra­phies avant lui, la sienne néan­moins est la plus an­cienne qui res­tait au temps de Ci­cé­ron, le­quel a re­connu Hé­ro­dote pour le « père de l’histoire »3, tout comme il l’a nommé ailleurs, à cause de sa pré­séance, le « prince »4 des his­to­riens.

Le su­jet di­rect d’Hérodote est, comme il le dit dans sa pré­face, « les grands ex­ploits ac­com­plis soit par les Grecs, soit par les [Perses], et la rai­son du conflit qui mit ces deux peuples aux prises » ; mais des cha­pitres en­tiers sont consa­crés aux di­verses na­tions qui, de près ou de loin, avaient été en contact avec ces deux peuples : les Ly­diens, les Mèdes, les Ba­by­lo­niens sou­mis par Cy­rus ; puis les Égyp­tiens conquis par Cam­byse ; puis les Scythes at­ta­qués par Da­rius ; puis les In­diens. Leurs his­toires ac­ces­soires, leurs ré­cits la­té­raux viennent se lier et se confondre dans la nar­ra­tion prin­ci­pale, comme des cours d’eau qui vien­draient gros­sir un tor­rent. Et ainsi, l’« En­quête » s’élargit, de pa­ren­thèse en pa­ren­thèse, et ouvre aux lec­teurs les an­nales du monde connu, en cher­chant à leur don­ner des le­çons in­di­rectes, quoique sen­sibles, sur leur condi­tion. C’est dans ces le­çons ; c’est dans la pro­gres­sion ha­bile des épi­sodes ; c’est dans la mo­ra­lité qui se fait sen­tir de toutes parts — et ce que j’entends par « mo­ra­lité », ce n’est pas seule­ment ce qui concerne la mo­rale, mais ce qui est ca­pable de consa­crer la mé­moire des morts et d’exciter l’émulation des vi­vants — c’est là, dis-je, qu’on voit la gran­deur d’Hérodote, mar­chant sur les traces d’Ho­mère

  1. En grec « Ἱστορίη ». On ren­contre aussi la gra­phie « Ἱστορία » (« His­to­ria »). L’« his­toire », au sens pri­mi­tif de ce mot dans la langue grecque, c’est l’enquête sé­rieuse et ap­pro­fon­die ; c’est la re­cherche in­tel­li­gente de la vé­rité. Haut
  2. En grec Ἡρόδοτος ὁ Ἁλικαρνασσεύς. Haut
  1. « Traité des lois » (« De le­gi­bus »), liv. I, sect. 5. Haut
  2. « Dia­logues de l’orateur » (« De ora­tore »), liv. II, sect. 55. Haut