Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Isocrate, « Œuvres complètes. Tome I »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit d’« À Démonicus » (« Pros Dêmonikon » *) et autres discours d’apparat d’Isocrate, célèbre professeur d’éloquence grecque (Ve-IVe siècle av. J.-C.). Son père, qui possédait une fabrique de flûtes, s’était suffisamment enrichi pour se procurer de quoi vivre dans l’abondance et se mettre en état de donner à ses enfants la meilleure éducation possible. Chez les Athéniens, la principale partie de l’éducation était alors l’étude de l’éloquence. C’était le don par lequel l’homme montrait sa supériorité et son mérite : « Grâce à [ce] don qui nous est accordé de nous persuader mutuellement et de nous rendre compte à nous-mêmes de nos volontés », dit Isocrate **, « non seulement nous avons pu nous affranchir de la vie sauvage, mais nous nous sommes réunis, nous avons bâti des villes, établi des lois, inventé des arts ; et c’est ainsi que nous devons à la parole le bienfait de presque toutes les créations de notre esprit… Et s’il faut tout dire en un mot sur cette grande faculté de l’homme, rien n’est fait avec intelligence sans le secours de la parole ; elle est le guide de nos actions comme de nos pensées, et les hommes d’un esprit supérieur sont ceux qui s’en servent avec le plus d’avantages. » Ces réflexions et d’autres semblables déterminèrent Isocrate à consacrer sa carrière à l’éloquence. Mais sa timidité insurmontable et la faiblesse de sa voix ne lui permirent jamais de parler en public, du moins devant les grandes foules. Les assemblées publiques, composées quelquefois de six mille citoyens, exigeaient de l’orateur qui s’y présentait, non seulement de la hardiesse, mais une voix forte et sonore. Isocrate manquait de ces deux qualités. Ne pouvant parler lui-même, il décida de l’apprendre aux autres et ouvrit une école à Athènes. Sur la fin de sa vie, et dans le temps où sa réputation ne laissait plus rien à désirer, il disait avec un véritable regret : « Je prends dix mines pour mes leçons, mais j’en paierais volontiers dix mille à celui qui pourrait me donner de l’assurance et une bonne voix ». Et quand on lui demandait comment, n’étant pas capable de parler, il en rendait les autres capables : « Je suis », disait-il ***, « comme la pierre à rasoir, qui ne coupe pas elle-même, mais qui donne au fer la facilité de couper ».

Ne pouvant parler lui-même, il décida de l’apprendre aux autres et ouvrit une école à Athènes

Les ouvrages d’Isocrate ne sont pas sans défaut. Il faut avouer que l’art s’y montre trop à découvert ; que l’orateur ne dissimule pas avec assez de soin les figures qu’il emploie et qu’il pousse quelquefois trop loin. « Isocrate, dans l’ambition qu’il a de vouloir tout amplifier par l’éloquence, est, je ne sais comment, tombé dans une faute de petit écolier. L’objet [de son] “Panégyrique” est de montrer que la cité d’Athènes a rendu plus de services à la Grèce que [Sparte] ; eh bien, voici son début : “Puisqu’il est dans la nature même de l’éloquence de développer diversement les mêmes sujets, de rabaisser ce qui est grand, de donner de la grandeur à ce qui en est privé, de présenter sous une forme nouvelle les faits anciens, de revêtir les faits nouveaux d’une apparente antiquité…” **** Est-ce donc ainsi, Isocrate, dira quelqu’un, que tu vas changer les rapports entre [Sparte] et Athènes ? En effet, un pareil éloge de l’éloquence est presque une exhortation, un exorde pour inviter l’auditoire à se défier des paroles de l’orateur », dit l’auteur du livre « Du sublime ». Mais ces mécanismes de l’éloquence qu’Isocrate n’a pas su cacher à ses lecteurs dans ses ouvrages, il les a admirablement expliqués à ses disciples dans son école. Il a formé non seulement de grands orateurs, mais également des écrivains habiles, de fameux politiques, d’excellents maîtres en tout genre, qui allaient porter à leur tour dans les différentes villes « de la Sicile, du Pont et d’autres contrées grecques » ***** d’où ils étaient venus l’entendre, le goût de l’éloquence et le fruit de ses instructions. « Son école », dit Cicéron, « semblable au cheval de Troie, semble n’avoir enfanté que des héros. » ****** Ailleurs, le même Cicéron compare la maison d’Isocrate « à un gymnase, à un atelier de paroles ouvert à toute la Grèce » *******. Sans avoir été un homme de génie, Isocrate a été donc un homme de talent qui a déblayé et ouvert les voies, et qui a préparé et réuni les matériaux de l’avenir : « Il a dressé le moule où d’admirables artistes feront ensuite couler à flots le métal en fusion, le bronze de leurs immortelles statues », dit très bien un helléniste ********.

Il n’existe pas moins de dix traductions françaises d’« À Démonicus », mais s’il fallait n’en choisir qu’une seule, je choisirais celle d’Aimé-Marie-Gaspard, duc de Clermont-Tonnerre.

« Οὐ μὴν ἀλλὰ καὶ τὰς τοῦ πατρὸς προαιρέσεις ἀναμνησθεὶς οἰκεῖον καὶ καλὸν ἕξεις παράδειγμα τῶν ὑπ’ ἐμοῦ (σοι) λεγομένων. Οὐ γὰρ ὀλιγωρῶν τῆς ἀρετῆς οὐδὲ ῥᾳθυμῶν διετέλεσε τὸν βίον, ἀλλὰ τὸ μὲν σῶμα τοῖς πόνοις ἐγύμναζεν, τῇ δὲ ψυχῇ τοὺς κινδύνους ὑπέμενεν… Ἐπιλίποι δ’ ἂν ἡμᾶς ὁ πᾶς χρόνος εἰ πάσας τὰς ἐκείνου πράξεις καταριθμησαίμεθα. Ἀλλὰ τὸ μὲν ἀκριϐὲς αὐτῶν ἐν ἑτέροις καιροῖς δηλώσομεν, δεῖγμα δὲ τῆς Ἱππονίκου φύσεως νῦν ἐξενηνόχαμεν, πρὸς ὃν δεῖ ζῆν σ’ ὥσπερ πρὸς παράδειγμα, νόμον μὲν τὸν ἐκείνου τρόπον ἡγησάμενον, μιμητὴν δὲ καὶ ζηλωτὴν τῆς πατρῴας ἀρετῆς γιγνόμενον· αἰσχρὸν γὰρ τοὺς μὲν γραφεῖς ἀπεικάζειν τὰ καλὰ τῶν ζῴων, τοὺς δὲ παῖδας μὴ μιμεῖσθαι τοὺς σπουδαίους τῶν γονέων. »
— Passage dans la langue originale

« Conservez le souvenir des principes qui ont guidé votre père, et vous aurez, pour appuyer mes conseils, un noble exemple pris dans votre propre maison. Hipponicus n’a pas accompli sa vie dans l’oisiveté et dans l’indifférence ; mais il fortifiait son corps par le travail et développait l’énergie de son âme dans les dangers auxquels il s’exposait… Le temps me manquerait, si je voulais énumérer toutes les actions d’Hipponicus, et j’aurai d’autres occasions de les exposer avec détail. Aujourd’hui j’ai seulement tracé une esquisse de son caractère, afin qu’elle pût vous servir de modèle pour votre vie, et que, regardant ses mœurs comme votre loi, vous devinssiez l’imitateur et l’émule des vertus de votre père. Lorsque les peintres s’attachent à représenter, parmi les êtres vivants, ceux dont les formes sont les plus belles, il serait honteux pour les enfants de ne pas reproduire, en les imitant, l’image des hommes vertueux qui leur ont donné le jour. »
— Passage dans la traduction du duc de Clermont-Tonnerre

« Si prodigieux que soient ces exemples, si tu te souviens des principes qui guidèrent ton père, tu auras à ton propre foyer un noble témoignage de la vérité de mes affirmations : il n’a pas passé sa vie dans l’indifférence pour la vertu ni dans la mollesse ; au contraire, il fortifiait son corps par la pratique de l’effort et soumettait son âme à l’épreuve du danger… La durée tout entière du temps ne nous suffirait pas, si nous tentions le dénombrement de toutes ses grandes actions ; mais nous en montrerons le détail dans d’autres circonstances. Aujourd’hui, nous avons dégagé comme une esquisse de sa nature, vers laquelle tu dois te tourner pour régler ta vie comme vers un exemple. Prends pour loi ses principes et deviens l’imitateur, l’émule des vertus paternelles. Il serait indigne, quand les artistes reproduisent les belles formes de la vie, que les enfants n’imitent pas leurs parents lorsqu’ils sont vertueux. »
— Passage dans la traduction de Georges Mathieu et Émile Brémond (éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris)

« Tu n’as d’ailleurs qu’à te rappeler les sentiments de ton père, et tu trouveras, dans ta maison même, un bel exemple des vertus que je t’enseigne. Car jamais dans sa vie il n’a négligé la vertu, ni succombé à la mollesse ; mais il exerçait ses forces par le travail, et son âme — en affrontant les dangers… Nous n’aurions jamais le temps de finir, si nous voulions te rappeler toute sa vie ; mais dans un autre moment, nous t’en ferons une peinture exacte. Ici nous t’avons seulement tracé une esquisse du caractère d’Hipponique, sur qui tu dois prendre modèle pour te conduire : c’est à toi de régler ta vie sur la sienne, d’imiter et d’ambitionner la vertu de ton père. Il y aurait de la honte, en effet, quand les peintres représentent les beautés de la création, à ne pas s’appliquer à reproduire les vertus de ses parents. »
— Passage dans la traduction de Charles Leprévost (XIXe siècle)

« Mais, sans recourir ailleurs, rappelle-toi le plan de conduite que s’était tracé ton père, et tu y trouveras un bel exemple domestique de ce que je te dis. Ce n’est ni dans l’oubli de la vertu ni dans l’indolence qu’il a passé sa vie ; mais il accoutuma son corps à supporter les travaux, et son âme — à soutenir les périls… Nous n’aurions point assez de temps, si nous voulions énumérer toutes ses actions. Nous t’en donnerons un détail plus exact dans d’autres moments ; pour le présent, nous nous sommes borné à te présenter un échantillon du caractère d’Hipponique, sur lequel tu dois régler ta vie, comme sur un modèle, regardant sa conduite comme une loi et te rendant l’imitateur et le rival de la vertu paternelle. Il est honteux, en effet, que les peintres copient ce qu’il y a de beau dans les animaux, et que les enfants n’imitent point les qualités de leurs parents. »
— Passage dans la traduction d’un anonyme (XIXe siècle)

« Mais, sans sortir de votre famille, ô Démonique, rappelez-vous la conduite de votre père : c’est le plus bel exemple qu’on puisse vous proposer à suivre. Fidèle à la vertu, on ne le vit jamais s’abandonner à l’oisiveté. En même temps qu’il fortifiait son corps par le travail, il sut affermir son âme par l’habitude des périls… Le temps me manquerait, si je voulais entrer ici dans tous les détails de sa vie. Peut-être un jour je pourrai l’entreprendre ; qu’il me suffise maintenant de vous avoir présenté cette faible esquisse, qui peut vous servir de modèle. Oui, Démonique, vous devez regarder les vertus paternelles comme votre règle, et vous montrer jaloux de les imiter. Eh quoi ! si, par leurs couleurs, les peintres peuvent bien réussir à représenter les plus beaux traits des êtres vivants, ne serait-ce pas une honte que des enfants ne sussent point retracer, par leurs actions, le tableau des vertus de leurs pères ? »
— Passage dans la traduction de l’abbé Athanase Auger (XVIIIe siècle)

« Et c’est de quoi vous verrez aussi un illustre exemple dans votre père, si vous vous remettez devant les yeux quelle a été toute la conduite de sa vie. Car il ne s’est jamais ni détourné de la vertu, ni laissé aller à l’oisiveté ; mais il s’est fortifié le corps par le travail, il s’est affermi l’âme par la vue des périls… Le temps me manquerait, si j’entreprenais de vous entretenir de toutes ses bonnes actions ; je le ferai quelque jour. Maintenant je ne vous donne que le portrait de ses mœurs, afin que vous y conformiez les vôtres, et qu’en admirant ses vertus, vous tâchiez de les imiter. Car puisque les peintres imitent si bien les différentes beautés de la nature, ne serait-il pas honteux que les enfants ne s’efforçassent pas d’imiter les bonnes qualités de leurs pères ? »
— Passage dans la traduction de l’abbé François-Séraphin Regnier-Desmarais (XVIIIe siècle)

« Si vous rappelez dans votre mémoire la glorieuse vie et les belles actions de votre père, vous pourrez trouver dans votre maison un excellent exemple des choses que je vous écris. Car il n’a pas vécu de telle sorte qu’il ait meprisé les exercices de la vertu et qu’il se soit adonné à l’oisiveté et à la mollesse. Au contraire, il a toujours exercé son corps et son âme pour les accoutumer, l’un à supporter les fatigues, et l’autre à mépriser les dangers… Il n’est point de temps qui ne fût trop court, si nous voulions faire le dénombrement de toutes ses actions vertueuses ; ce sera à une autre occasion que nous les mettrons plus soigneusement et plus amplement en évidence. Pour cette heure, nous nous contenterons de vous avoir proposé comme une peinture de son naturel, sur laquelle il faut que vous tiriez votre vie comme sur un parfait patron de vertu : afin que ses mœurs vous tenant lieu de lois et de préceptes de bien vivre, vous les imitiez et les ayez en admiration. Car les peintres étant curieux, comme ils sont, de représenter au vif les beautés des animaux, ce serait une honte que les enfants ne fussent point soigneux d’imiter les vertus et les qualités excellentes de leurs pères. »
— Passage dans la traduction d’un anonyme, revue par Antoine Dubreton (XVIIe siècle)

« Et si tu te veux ressouvenir de la vie et des actions de ton père, tu auras en lui un beau et familier exemple des choses que je viens de dire. D’autant que ce n’a point été celui qui ait fait peu de compte des exercices de vertu ou qui se soit adonné à oisiveté et mollesse ; mais bien qui a toujours duit et exercité ********* son corps à supporter les choses pénibles, son âme — à mépriser les dangereuses… Il n’est point de temps qui ne fût trop court, si nous voulions faire un dénombrement de toutes ses actions vertueuses ; ce sera à une autre occasion que plus exactement nous les mettrons en évidence. Pour cette heure, nous nous contenterons d’avoir proposé comme une peinture de son naturel, après laquelle il faut que tu contretires ta vie, ayant ses mœurs pour patron et pour règle, et sa vertu comme chose à laquelle tu dois porter jalousie. Car ce serait une honte de voir les peintres être soigneux de tirer et représenter au vif les beautés des animaux, et que les enfants ne s’étudiassent point d’imiter les perfections et louables mœurs de leurs pères. »
— Passage dans la traduction d’un anonyme (XVIe siècle)

« Et néanmoins, regardant à la vie honnête que menait votre père, [vous] aurez chez vous un bel exemple de tout ce que j’ai délibéré vous dire. Car il n’a pas en son vivant méprisé [la] vertu, ni s’est adonné à [l’]oisiveté, ains ********** a rendu son corps plus robuste par exercice, et l’esprit plus endurant par périls et dangers… Ce ne serait jamais fait, si nous arrêtions à réciter tous ses actes louables. Mais quelque occasion s’offrira pour en parler une autre fois plus à plein et mieux à propos. Seulement je vous ai bien voulu, en passant, faire entendre quelle était la nature de feu votre père, selon laquelle il vous convient régler votre vie, prenant ses mœurs pour lois, et pareillement vous rendant imitateur et émulateur de sa vertu. Il serait malséant que les peintres représentassent ce qu’ils voient de beau ès animaux, et que les enfants n’ensuivissent leurs parents vertueux. »
— Passage dans la traduction de Loys Le Roy (XVIe siècle)

« Que si tu te remets en mémoire la bonne manière de vivre de feu ton père, n’auras-tu pas vu un bel exemple domestique des choses que j’ai envie de te dire ? Car il a passé ses jours non en oisiveté, mais faisant grand cas de vertu, il accoutumait son corps au travail, et son courage — à ne craindre les dangers… Le temps nous défaudrait si nous voulions nous mettre à raconter par le menu toutes ses actions, desquelles nous parlerons une autre fois plus amplement. Nous avons ici proposé le naturel d’Hipponicus, ton père, selon lequel tu dois diriger tout le cours de vie, y prenant exemple tout ainsi qu’à un bon et excellent patron, te proposant ses mœurs pour [loi] en étant vrai imitateur et amateur de la vertu de ton père. Car [ne] serait-il [pas] indigne que les peintres sussent si bien contrefaire tant [de] beaux animaux, et que les enfants ne [pussent] ensuivre la bonté de leurs parents ? »
— Passage dans la traduction de Jean Cherpont (XVIe siècle)

« Quin et patris vitæ institutum recordatus, domesticum ac pulchrum exemplum habebis eorum quæ a me dicuntur. Vitam enim ad exitum usque peregit, ita ut nec virtutem contemneret, nec socordiam ageret : sed corpus quidem laboribus exercuit, animo autem pericula sustinuit… Nos vero omne tempus deficeret, si omnes ipsius actiones enumeraverimus. Verum ex iis quidquid exactius describi potest, per occasionem alias declarabimus. Specimen vero naturæ Hipponici jam protulimus, ad quod tanquam ad exemplar (respicientem) te oportet vivere ; ipsius quidem mores pro lege habentem, imitatorem vero et æmulum paternæ virtutis factum. Turpe enim (fuerit), pictores quidem ex animalibus ea quæ sunt pulchra exprimere : liberos vero parentes eos qui probi sunt non imitari. »
— Passage dans la traduction latine de William Battie (XVIIIe siècle)

« Atque adeo, si quod vitæ institutum patris tui fuerit recordere, domesticum et illustre exemplum habebis eorum quæ a me dicuntur. Nec enim sic exegit ætatem, ut vel virtutem negligeret, vel ignaviæ se dederet ; sed et corpus laboribus exercuit, et animum ad pericula paratum habuit… Deficeret nos omne tempus si omnes illius actiones liberet enumerare. Sed de his accuratius alio tempore sumus dicturi : nunc specimen Hipponici indolis exhibuimus, quod tanquam exemplar in vita degenda propositum tibi esse debet, ita ut mores illius pro legibus habeas, paternæque virtutis admirator sis et æmulus. Nam quum pictores pulcherrima animantia penicillo exprimant, liberis turpe fuerit parentes virtute præstantes non imitari. »
— Passage dans la traduction latine de Hieronymus Wolf, revue par l’abbé Athanase Auger (XVIIIe siècle)

« Atque adeo, si quod vitæ institutum patris tui fuerit recordere, domesticum et illustre habebis exemplum eorum quæ a me dicuntur. Nec enim sic exegit ætatem, ut vel virtutem negligeret, vel ignaviæ sese dederet ; sed et corpus laboribus exercuit, et animum periculis subjecit… Deficeret nos omne tempus si omnes illius actiones enumeraremus. Sed illas accuratius alias explicabimus : nunc specimen Hipponici naturæ exhibuimus, quod tanquam exemplar in vita degenda propositum tibi esse debet, ut mores illius pro legibus habeas paternamque virtutem admireris et æmuleris. Nam quum pictores pulchras animantes exprimant, liberis turpe fuerit parentes virtute præstantes non imitari. »
— Passage dans la traduction latine de Hieronymus Wolf (XVIe siècle)

« Quin etiam et patris instituta recordatus, domesticum et pulchrum habebis exemplum a me dictorum. Neque enim negligens virtutis, neque pigritans peregit vitam : sed quidem corpus laboribus exercebat, vero animo pericula sustinebat… Relinquat enim nos omne tempus, si omnes illius actiones dinumeravimus, sed quidem exquisitam rationem ipsarum in aliis temporibus declarabimus, specimen vero Hipponici naturæ nunc exhibuimus, ad quod oportet vivere te tamquam ad exemplar : legem quidem illius mores ratum, imitatorem vero et æmulum paternæ virtutis factum. Turpe enim, quidem pictores effingere pulchra animalium, filios vero non imitari bonos parentum. »
— Passage dans la traduction latine de Jean Tarin (XVIIe siècle)

« Verum enim vero et patris instituta recordatus domesticum et bonum habebis exemplum a me dictorum. Neque enim negligens virtutem, neque socors existens transegit vitam, sed corpus quidem laboribus exercebat, anima vero pericula subiit… Deficeret autem nos omne tempus, si omnes actiones enumeraverimus, sed evidentiam eorum aliis occasionibus manifestabimus. Specimen vero Hipponici naturæ nunc produximus, ad quod decet vivere te, tanquam ad exemplum, legem quidem et illius morem arbitrantem, imitatorem vero et æmulatorem paternæ virtutis factum. Turpe enim pictores quidem effingere bona animalium : liberos vero non imitari bonos parentum. Existima vero nullum pugilum ita decere adversus adversarios se exercere, ut tibi videre, ut similis patriis studiis fias. »
— Passage dans la traduction latine de Johann Gerlach Wilhelmi (XVIIe siècle)

« Sed et tu quoque memor patris tui vivendi sectæ, nonne habebis pulchrum ac domesticum eorum, quæ a me tibi dicentur, exemplum ? Neque enim parvi virtutem faciens, neque socordiæ deditus egit ætatem, sed corpus laboribus exercebat, animo pericula subibat… Tempus in præsentia nos deficeret, si omnes illius actiones enumerare pergamus, exacteque de illis nobis alio erit loco disserendum. Nunc signum quoddam Hipponici sustulimus naturæ, ad quem velut exemplar vitam formes oportet, legemque tibi mores illius putes, et imitatorem te æmulumque virtutis paternæ præbeas. Turpe nanque fuerit pictores pulcherrima quæque exprimere animantium, et liberos non imitari industriam parentum. »
— Passage dans la traduction latine de Rudolf Agricola (XVIe siècle)

« Sed et tu patris sectator memineris domesticorum exemplorum quæ pulchram eorum quæ a me dicentur summam continent. Neque enim is parvifaciens virtutem, neque secordiæ deditus egit ætatem, sed corpus laboribus exercebat, animoque pericula subibat… Deficeret nos profecto tempus, si omnes illius actiones enumerare pergamus, sed exactius de illis alio tempore differemus. Signum Hipponici nunc naturæ sustulimus, cujus tibi vivendum est veluti exemplo. Legem itaque illius mores arbitreris. Imitatorem atque æmulum paternæ te exhibens virtutis. Turpe equidem pictores fuerit optima quæque exprimere animantium, liberos denique non imitari industriam parentum. »
— Passage dans la traduction latine d’Ottmar Nachtgall, dit Ottomarus Luscinius (XVIe siècle)

« Quanquam et patris tui studiorum recordatus, domesticum ac pulchrum habebis exemplum a me dictorum. Non enim parvipendens virtutem, neque torpescens, transegit vitam ; sed corpus quidem laboribus exercuit, animo autem pericula sustinuit… Deficeret autem nos omne tempus, si omnes illius actiones dinumeraremus ; sed diligenter ipsas alio tempore declarabimus ; exemplum autem Hipponici naturæ nunc extulimus, ad quod oportet vivere te, tamquam ad exemplar, legem quidem, illius morem existimantem, imitatorem vero et æmulum paternæ virtutis factum. Turpe enim est pictores quidem effingere pulchra animalia, filios autem non imitari studiosos parentes. »
— Passage dans la traduction latine de Bartolomeo Marliani (XVIe siècle)

« Præterea et patris ad memoriam revocans voluntatem atque studia, et domesticum et pulchrum habebis eorum quæ nunc a me dicuntur exemplum : neque enim virtutem non magnifaciens, torpensve vitæ suæ cursum finivit, cæterum corpus laboribus exercitum, animum autem periculorum tolerantem habuit… Destituat antea universum tempus percupientem me omnia illius præclara commemorare facta : at exquisitiora horum opportunius alias aperiemus : indicium duntaxat Hipponici patris tui naturæ, quod exemplaris in morem vivendo te sequi oporteat, in medium protulimus, utpote qui illius mores tibi legem existimes, imitator et æmulator paternarum virtutum factus. Quod si pictores, quæ in animantibus pulchra sunt, exprimere possunt, turpe profecto fuerit, liberos parentum non imitari studia. »
— Passage dans la traduction latine de Johann Lonicer (XVIe siècle)

« Verum enimvero si consilia paterna mente revocaveris horum a me tibi dictorum domesticum pulchrumque habebis exemplum. Etenim vir ille neque virtutem neglexit, neque socordia vitam traduxit suam ; sed corpus exercebat laboribus ; alacri animo pericula sustentabat… Tempus me ipsum deficeret si omnes illius viri virtutes recensere vellem : proinde quæ de illo accuratius dici possunt in aliud tempus differamus. Interim protulimus naturæ Hipponici exemplum, quod te imitari oportet, ac tanquam ad exemplar vitam tuam instituere, existimantem illius mores esse legem, ac tibi convenire imitatorem atque æmulum esse patritæ virtutis. Siquidem turpissimum esset pictores quæ pulchra sunt animalia imitando effingere, filios vero ne imitari quidem egregios parentes velle. »
— Passage dans la traduction latine de Filippo Beroaldo le Jeune (XVIe siècle)

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* En grec « Πρὸς Δημόνικον ». Également connu sous le titre de « Pros Dêmonikon Parainesis » (« Πρὸς Δημόνικον Παραίνεσις »), c’est-à-dire « Conseils à Démonicus ».

** « Nicoclès à ses sujets », sect. 3.

*** Plutarque, « Vies des dix orateurs grecs », vie d’Isocrate.

**** « Panégyrique », sect. 2.

***** « Discours sur la permutation », sect. 26 (19).

****** En latin « Cujus e ludo, tamquam ex equo Trojano, meri principes exierunt ».

******* En latin « Cujus domus cunctæ Græciæ quasi ludus quidam patuit atque officina dicendi ».

******** Georges Perrot.

********* C’est-à-dire dressé et exercé.

********** « Ains » signifie « mais plutôt, mais au contraire ».