Comptes rendus sur la littérature ancienne et moderne de toutes les nations

Mot-clefcontes littéraires : sujet

Nosaka, « Nosaka aime les chats »

éd. Ph. Picquier, Arles

Il s’agit de « Nosaka aime les chats » (« Wagahai wa neko ga suki » *) de M. Akiyuki Nosaka **, écrivain japonais de talent, mais qui, harcelé par le sentiment de culpabilité, a semé dans presque toutes les pages de ses récits l’obscénité la plus grotesque et la plus animale. Ce sentiment de culpabilité est né en lui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu mourir sa sœur âgée d’un an et quatre mois, toute décharnée après des mois de famine : « Quand je pense comment ma sœur, qui n’avait plus que les os et la peau, ne parvenait plus à relever la tête ni même à pleurer, comment elle mourut seule, comment enfin il ne restait que des cendres après sa crémation, je me rends compte que j’avais été trop préoccupé par ma propre survie. Dans les horreurs de la famine, j’avais mangé ses parts de nourriture » ***. Son travail d’écrivain s’est entièrement construit sur cette expérience qu’il a cependant travestie, narrée en se faisant plaisir à lui-même, dans « La Tombe des lucioles ». Car, en vérité, il n’était pas aussi tendre que l’adolescent du récit. Il était cruel : c’est en mangeant le dû de sa sœur qu’il a survécu, et c’est en refoulant cette cruauté qu’il a écrit « La Tombe des lucioles » qui lui a permis par la suite de gagner sa vie : « J’ai triché avec cette souffrance — la plus grande, je crois, qui se puisse imaginer — celle d’[un parent plongé] dans l’incapacité de nourrir son enfant. Et moi qui suis plutôt d’un naturel allègre, j’en garde une dette, une blessure profonde, même si les souvenirs à la longue s’estompent » ****. C’est cette blessure infectée, saturée d’odeurs nauséabondes, que M. Nosaka ouvre au soleil dans ses récits et qu’il met sous le nez de son public, en criant aussi haut qu’il peut, la bouche encore amère des absinthes humaines : Regardez ! Lisez la suite›

* En japonais « 吾輩は猫が好き ».

** En japonais 野坂昭如.

*** Akiyuki Nosaka, « 五十歩の距離 » (« La Distance de cinquante pas »), inédit en français.

**** Philippe Pons, « “Je garde une blessure profonde” : un entretien avec le romancier ».

Nosaka, « Le Moine-Cigale, “Iro hôshi” »

dans « [Nouvelles japonaises]. Tome III. Les Paons, la Grenouille, le Moine-Cigale (1955-1970) » (éd. Ph. Picquier, Arles), p. 125-144

dans « [Nouvelles japonaises]. Tome III. Les Paons, la Grenouille, le Moine-Cigale (1955-1970) » (éd. Ph. Picquier, Arles), p. 125-144

Il s’agit du « Moine-Cigale » (« Iro hôshi » *) de M. Akiyuki Nosaka **, écrivain japonais de talent, mais qui, harcelé par le sentiment de culpabilité, a semé dans presque toutes les pages de ses récits l’obscénité la plus grotesque et la plus animale. Ce sentiment de culpabilité est né en lui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu mourir sa sœur âgée d’un an et quatre mois, toute décharnée après des mois de famine : « Quand je pense comment ma sœur, qui n’avait plus que les os et la peau, ne parvenait plus à relever la tête ni même à pleurer, comment elle mourut seule, comment enfin il ne restait que des cendres après sa crémation, je me rends compte que j’avais été trop préoccupé par ma propre survie. Dans les horreurs de la famine, j’avais mangé ses parts de nourriture » ***. Son travail d’écrivain s’est entièrement construit sur cette expérience qu’il a cependant travestie, narrée en se faisant plaisir à lui-même, dans « La Tombe des lucioles ». Car, en vérité, il n’était pas aussi tendre que l’adolescent du récit. Il était cruel : c’est en mangeant le dû de sa sœur qu’il a survécu, et c’est en refoulant cette cruauté qu’il a écrit « La Tombe des lucioles » qui lui a permis par la suite de gagner sa vie : « J’ai triché avec cette souffrance — la plus grande, je crois, qui se puisse imaginer — celle d’[un parent plongé] dans l’incapacité de nourrir son enfant. Et moi qui suis plutôt d’un naturel allègre, j’en garde une dette, une blessure profonde, même si les souvenirs à la longue s’estompent » ****. C’est cette blessure infectée, saturée d’odeurs nauséabondes, que M. Nosaka ouvre au soleil dans ses récits et qu’il met sous le nez de son public, en criant aussi haut qu’il peut, la bouche encore amère des absinthes humaines : Regardez ! Lisez la suite›

* En japonais « 色法師 ».

** En japonais 野坂昭如.

*** Akiyuki Nosaka, « 五十歩の距離 » (« La Distance de cinquante pas »), inédit en français.

**** Philippe Pons, « “Je garde une blessure profonde” : un entretien avec le romancier ».

Lucien, « Œuvres. Tome VI »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des « Dialogues des courtisanes » (« Hetairikoi Dialogoi » *) et autres œuvres de Lucien de Samosate **, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. « Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays ? J’en sais, parmi mes adversaires, qui ne sont pas moins barbares que moi… Mon accent étranger ne nuira point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté », dit-il dans « Les Philosophes ressuscités, ou le Pêcheur » ***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condition. Ils le destinèrent dès le départ au métier de sculpteur et mirent en apprentissage chez son oncle, qui était statuaire. Mais son initiation ne fut pas heureuse : pour son coup d’essai, il brisa le marbre qu’on lui avait donné à dégrossir, et son oncle, homme d’un caractère emporté, l’en punit sévèrement. Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter sans retour le jeune apprenti, dont le génie et les sentiments étaient au-dessus d’un métier manuel. Il prit dès lors la décision de ne plus remettre les pieds dans un atelier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anecdote de jeunesse, de la manière la plus sympathique, dans un écrit qu’il composa longtemps après et intitulé « Le Songe de Lucien » ****. Il y suppose qu’en rentrant à la maison, après s’être sauvé des mains de son oncle, il s’endort, accablé de fatigue et de tristesse. Il voit dans son sommeil les divinités tutélaires de la Sculpture et de l’Instruction. Chacune d’elles fait l’éloge de son art : « Si tu veux me suivre, je te rendrai, pour ainsi dire, le contemporain de tous les génies sublimes qui ont existé… en te faisant connaître les immortels ouvrages des grands écrivains et les belles actions des anciens héros… Je te promets, [à toi] aussi, un rang distingué parmi ce petit nombre d’hommes fortunés qui ont obtenu l’immortalité. Et lors même que tu auras cessé de vivre, les savants aimeront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits » *****. On devine quelle divinité plaide ainsi et finit par l’emporter. Aussi, dans « La Double Accusation », ce Syrien remercie-t-il l’Instruction de l’avoir « élevé » et « introduit parmi les Grecs », alors qu’« il n’était encore qu’un jeune étourdi [parlant] un langage barbare » et portant une vilaine robe orientale ******. Lisez la suite›

* En grec « Ἑταιρικοὶ Διάλογοι ».

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autrefois transcrit Lucian de Samosate.

*** « Œuvres. Tome II », p. 399.

**** À ne pas confondre avec « Le Rêve, ou le Coq », qui porte sur un sujet différent.

***** « Œuvres. Tome I », p. 14-15 & 17.

****** « Tome IV », p. 469 & 465.

Lucien, « Œuvres. Tome V »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de l’« Apologie des portraits » (« Hyper tôn eikonôn » *) et autres œuvres de Lucien de Samosate **, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. « Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays ? J’en sais, parmi mes adversaires, qui ne sont pas moins barbares que moi… Mon accent étranger ne nuira point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté », dit-il dans « Les Philosophes ressuscités, ou le Pêcheur » ***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condition. Ils le destinèrent dès le départ au métier de sculpteur et mirent en apprentissage chez son oncle, qui était statuaire. Mais son initiation ne fut pas heureuse : pour son coup d’essai, il brisa le marbre qu’on lui avait donné à dégrossir, et son oncle, homme d’un caractère emporté, l’en punit sévèrement. Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter sans retour le jeune apprenti, dont le génie et les sentiments étaient au-dessus d’un métier manuel. Il prit dès lors la décision de ne plus remettre les pieds dans un atelier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anecdote de jeunesse, de la manière la plus sympathique, dans un écrit qu’il composa longtemps après et intitulé « Le Songe de Lucien » ****. Il y suppose qu’en rentrant à la maison, après s’être sauvé des mains de son oncle, il s’endort, accablé de fatigue et de tristesse. Il voit dans son sommeil les divinités tutélaires de la Sculpture et de l’Instruction. Chacune d’elles fait l’éloge de son art : « Si tu veux me suivre, je te rendrai, pour ainsi dire, le contemporain de tous les génies sublimes qui ont existé… en te faisant connaître les immortels ouvrages des grands écrivains et les belles actions des anciens héros… Je te promets, [à toi] aussi, un rang distingué parmi ce petit nombre d’hommes fortunés qui ont obtenu l’immortalité. Et lors même que tu auras cessé de vivre, les savants aimeront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits » *****. On devine quelle divinité plaide ainsi et finit par l’emporter. Aussi, dans « La Double Accusation », ce Syrien remercie-t-il l’Instruction de l’avoir « élevé » et « introduit parmi les Grecs », alors qu’« il n’était encore qu’un jeune étourdi [parlant] un langage barbare » et portant une vilaine robe orientale ******. Lisez la suite›

* En grec « Ὑπὲρ τῶν εἰκόνων ».

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autrefois transcrit Lucian de Samosate.

*** « Œuvres. Tome II », p. 399.

**** À ne pas confondre avec « Le Rêve, ou le Coq », qui porte sur un sujet différent.

***** « Œuvres. Tome I », p. 14-15 & 17.

****** « Tome IV », p. 469 & 465.

Lucien, « Œuvres. Tome IV »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit d’« Alexandre, ou le Faux Prophète » (« Alexandros, ê Pseudomantis » *) et autres œuvres de Lucien de Samosate **, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. « Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays ? J’en sais, parmi mes adversaires, qui ne sont pas moins barbares que moi… Mon accent étranger ne nuira point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté », dit-il dans « Les Philosophes ressuscités, ou le Pêcheur » ***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condition. Ils le destinèrent dès le départ au métier de sculpteur et mirent en apprentissage chez son oncle, qui était statuaire. Mais son initiation ne fut pas heureuse : pour son coup d’essai, il brisa le marbre qu’on lui avait donné à dégrossir, et son oncle, homme d’un caractère emporté, l’en punit sévèrement. Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter sans retour le jeune apprenti, dont le génie et les sentiments étaient au-dessus d’un métier manuel. Il prit dès lors la décision de ne plus remettre les pieds dans un atelier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anecdote de jeunesse, de la manière la plus sympathique, dans un écrit qu’il composa longtemps après et intitulé « Le Songe de Lucien » ****. Il y suppose qu’en rentrant à la maison, après s’être sauvé des mains de son oncle, il s’endort, accablé de fatigue et de tristesse. Il voit dans son sommeil les divinités tutélaires de la Sculpture et de l’Instruction. Chacune d’elles fait l’éloge de son art : « Si tu veux me suivre, je te rendrai, pour ainsi dire, le contemporain de tous les génies sublimes qui ont existé… en te faisant connaître les immortels ouvrages des grands écrivains et les belles actions des anciens héros… Je te promets, [à toi] aussi, un rang distingué parmi ce petit nombre d’hommes fortunés qui ont obtenu l’immortalité. Et lors même que tu auras cessé de vivre, les savants aimeront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits » *****. On devine quelle divinité plaide ainsi et finit par l’emporter. Aussi, dans « La Double Accusation », ce Syrien remercie-t-il l’Instruction de l’avoir « élevé » et « introduit parmi les Grecs », alors qu’« il n’était encore qu’un jeune étourdi [parlant] un langage barbare » et portant une vilaine robe orientale ******. Lisez la suite›

* En grec « Ἀλέξανδρος, ἢ Ψευδόμαντις ».

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autrefois transcrit Lucian de Samosate.

*** « Œuvres. Tome II », p. 399.

**** À ne pas confondre avec « Le Rêve, ou le Coq », qui porte sur un sujet différent.

***** « Œuvres. Tome I », p. 14-15 & 17.

****** « Tome IV », p. 469 & 465.

Lucien, « Œuvres. Tome III »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit de « Prométhée, ou le Caucase » (« Promêtheus, ê Kaukasos » *) et autres œuvres de Lucien de Samosate **, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. « Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays ? J’en sais, parmi mes adversaires, qui ne sont pas moins barbares que moi… Mon accent étranger ne nuira point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté », dit-il dans « Les Philosophes ressuscités, ou le Pêcheur » ***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condition. Ils le destinèrent dès le départ au métier de sculpteur et mirent en apprentissage chez son oncle, qui était statuaire. Mais son initiation ne fut pas heureuse : pour son coup d’essai, il brisa le marbre qu’on lui avait donné à dégrossir, et son oncle, homme d’un caractère emporté, l’en punit sévèrement. Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter sans retour le jeune apprenti, dont le génie et les sentiments étaient au-dessus d’un métier manuel. Il prit dès lors la décision de ne plus remettre les pieds dans un atelier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anecdote de jeunesse, de la manière la plus sympathique, dans un écrit qu’il composa longtemps après et intitulé « Le Songe de Lucien » ****. Il y suppose qu’en rentrant à la maison, après s’être sauvé des mains de son oncle, il s’endort, accablé de fatigue et de tristesse. Il voit dans son sommeil les divinités tutélaires de la Sculpture et de l’Instruction. Chacune d’elles fait l’éloge de son art : « Si tu veux me suivre, je te rendrai, pour ainsi dire, le contemporain de tous les génies sublimes qui ont existé… en te faisant connaître les immortels ouvrages des grands écrivains et les belles actions des anciens héros… Je te promets, [à toi] aussi, un rang distingué parmi ce petit nombre d’hommes fortunés qui ont obtenu l’immortalité. Et lors même que tu auras cessé de vivre, les savants aimeront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits » *****. On devine quelle divinité plaide ainsi et finit par l’emporter. Aussi, dans « La Double Accusation », ce Syrien remercie-t-il l’Instruction de l’avoir « élevé » et « introduit parmi les Grecs », alors qu’« il n’était encore qu’un jeune étourdi [parlant] un langage barbare » et portant une vilaine robe orientale ******. Lisez la suite›

* En grec « Προμηθεύς, ἢ Καύκασος ».

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autrefois transcrit Lucian de Samosate.

*** « Œuvres. Tome II », p. 399.

**** À ne pas confondre avec « Le Rêve, ou le Coq », qui porte sur un sujet différent.

***** « Œuvres. Tome I », p. 14-15 & 17.

****** « Tome IV », p. 469 & 465.

Lucien, « Œuvres. Tome II »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des « Philosophes à l’encan » (« Biôn Prasis » *, littéralement « La Vente des vies ») et autres œuvres de Lucien de Samosate **, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. « Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays ? J’en sais, parmi mes adversaires, qui ne sont pas moins barbares que moi… Mon accent étranger ne nuira point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté », dit-il dans « Les Philosophes ressuscités, ou le Pêcheur » ***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condition. Ils le destinèrent dès le départ au métier de sculpteur et mirent en apprentissage chez son oncle, qui était statuaire. Mais son initiation ne fut pas heureuse : pour son coup d’essai, il brisa le marbre qu’on lui avait donné à dégrossir, et son oncle, homme d’un caractère emporté, l’en punit sévèrement. Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter sans retour le jeune apprenti, dont le génie et les sentiments étaient au-dessus d’un métier manuel. Il prit dès lors la décision de ne plus remettre les pieds dans un atelier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anecdote de jeunesse, de la manière la plus sympathique, dans un écrit qu’il composa longtemps après et intitulé « Le Songe de Lucien » ****. Il y suppose qu’en rentrant à la maison, après s’être sauvé des mains de son oncle, il s’endort, accablé de fatigue et de tristesse. Il voit dans son sommeil les divinités tutélaires de la Sculpture et de l’Instruction. Chacune d’elles fait l’éloge de son art : « Si tu veux me suivre, je te rendrai, pour ainsi dire, le contemporain de tous les génies sublimes qui ont existé… en te faisant connaître les immortels ouvrages des grands écrivains et les belles actions des anciens héros… Je te promets, [à toi] aussi, un rang distingué parmi ce petit nombre d’hommes fortunés qui ont obtenu l’immortalité. Et lors même que tu auras cessé de vivre, les savants aimeront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits » *****. On devine quelle divinité plaide ainsi et finit par l’emporter. Aussi, dans « La Double Accusation », ce Syrien remercie-t-il l’Instruction de l’avoir « élevé » et « introduit parmi les Grecs », alors qu’« il n’était encore qu’un jeune étourdi [parlant] un langage barbare » et portant une vilaine robe orientale ******. Lisez la suite›

* En grec « Βίων Πρᾶσις ».

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autrefois transcrit Lucian de Samosate.

*** « Œuvres. Tome II », p. 399.

**** À ne pas confondre avec « Le Rêve, ou le Coq », qui porte sur un sujet différent.

***** « Œuvres. Tome I », p. 14-15 & 17.

****** « Tome IV », p. 469 & 465.

Lucien, « Œuvres. Tome I »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit du « Passage de la barque, ou le Tyran » (« Kataplous, ê Tyrannos » *) et autres œuvres de Lucien de Samosate **, auteur d’expression grecque qui n’épargna dans ses satires enjouées ni les dieux ni les hommes. « Je suis né en Syrie, sur les bords de l’Euphrate. Mais qu’importe mon pays ? J’en sais, parmi mes adversaires, qui ne sont pas moins barbares que moi… Mon accent étranger ne nuira point à ma cause si j’ai le bon droit de mon côté », dit-il dans « Les Philosophes ressuscités, ou le Pêcheur » ***. Les parents de Lucien étaient pauvres et d’humble condition. Ils le destinèrent dès le départ au métier de sculpteur et mirent en apprentissage chez son oncle, qui était statuaire. Mais son initiation ne fut pas heureuse : pour son coup d’essai, il brisa le marbre qu’on lui avait donné à dégrossir, et son oncle, homme d’un caractère emporté, l’en punit sévèrement. Il n’en fallut pas davantage pour dégoûter sans retour le jeune apprenti, dont le génie et les sentiments étaient au-dessus d’un métier manuel. Il prit dès lors la décision de ne plus remettre les pieds dans un atelier et se livra tout entier à l’étude des lettres. Il raconte lui-même cette anecdote de jeunesse, de la manière la plus sympathique, dans un écrit qu’il composa longtemps après et intitulé « Le Songe de Lucien » ****. Il y suppose qu’en rentrant à la maison, après s’être sauvé des mains de son oncle, il s’endort, accablé de fatigue et de tristesse. Il voit dans son sommeil les divinités tutélaires de la Sculpture et de l’Instruction. Chacune d’elles fait l’éloge de son art : « Si tu veux me suivre, je te rendrai, pour ainsi dire, le contemporain de tous les génies sublimes qui ont existé… en te faisant connaître les immortels ouvrages des grands écrivains et les belles actions des anciens héros… Je te promets, [à toi] aussi, un rang distingué parmi ce petit nombre d’hommes fortunés qui ont obtenu l’immortalité. Et lors même que tu auras cessé de vivre, les savants aimeront encore s’entretenir avec toi dans tes écrits » *****. On devine quelle divinité plaide ainsi et finit par l’emporter. Aussi, dans « La Double Accusation », ce Syrien remercie-t-il l’Instruction de l’avoir « élevé » et « introduit parmi les Grecs », alors qu’« il n’était encore qu’un jeune étourdi [parlant] un langage barbare » et portant une vilaine robe orientale ******. Lisez la suite›

* En grec « Κατάπλους, ἢ Τύραννος ».

** En grec Λουκιανὸς ὁ Σαμοσατεύς. Autrefois transcrit Lucian de Samosate.

*** « Œuvres. Tome II », p. 399.

**** À ne pas confondre avec « Le Rêve, ou le Coq », qui porte sur un sujet différent.

***** « Œuvres. Tome I », p. 14-15 & 17.

****** « Tome IV », p. 469 & 465.

Roûmî, « “Mathnawî” : la quête de l’absolu »

éd. du Rocher, Monaco

éd. du Rocher, Monaco

Il s’agit du « Mathnawî » * de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « مثنوی ». Parfois transcrit « Mesnévi », « Mesnewi », « Methnévi », « Mesnavi », « Masnavi », « Masnawi », « Maṯnawī » ou « Mathnavi ».

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.

Nosaka, « Les Embaumeurs : roman »

éd. Actes Sud, coll. Lettres japonaises, Arles

éd. Actes Sud, coll. Lettres japonaises, Arles

Il s’agit des « Embaumeurs » (« Tomuraishitachi » *) de M. Akiyuki Nosaka **, écrivain japonais de talent, mais qui, harcelé par le sentiment de culpabilité, a semé dans presque toutes les pages de ses récits l’obscénité la plus grotesque et la plus animale. Ce sentiment de culpabilité est né en lui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu mourir sa sœur âgée d’un an et quatre mois, toute décharnée après des mois de famine : « Quand je pense comment ma sœur, qui n’avait plus que les os et la peau, ne parvenait plus à relever la tête ni même à pleurer, comment elle mourut seule, comment enfin il ne restait que des cendres après sa crémation, je me rends compte que j’avais été trop préoccupé par ma propre survie. Dans les horreurs de la famine, j’avais mangé ses parts de nourriture » ***. Son travail d’écrivain s’est entièrement construit sur cette expérience qu’il a cependant travestie, narrée en se faisant plaisir à lui-même, dans « La Tombe des lucioles ». Car, en vérité, il n’était pas aussi tendre que l’adolescent du récit. Il était cruel : c’est en mangeant le dû de sa sœur qu’il a survécu, et c’est en refoulant cette cruauté qu’il a écrit « La Tombe des lucioles » qui lui a permis par la suite de gagner sa vie : « J’ai triché avec cette souffrance — la plus grande, je crois, qui se puisse imaginer — celle d’[un parent plongé] dans l’incapacité de nourrir son enfant. Et moi qui suis plutôt d’un naturel allègre, j’en garde une dette, une blessure profonde, même si les souvenirs à la longue s’estompent » ****. C’est cette blessure infectée, saturée d’odeurs nauséabondes, que M. Nosaka ouvre au soleil dans ses récits et qu’il met sous le nez de son public, en criant aussi haut qu’il peut, la bouche encore amère des absinthes humaines : Regardez ! Lisez la suite›

* En japonais « とむらい師たち ».

** En japonais 野坂昭如.

*** Akiyuki Nosaka, « 五十歩の距離 » (« La Distance de cinquante pas »), inédit en français.

**** Philippe Pons, « “Je garde une blessure profonde” : un entretien avec le romancier ».

Nosaka, « La Tombe des lucioles »

éd. Ph. Picquier, Arles

éd. Ph. Picquier, Arles

Il s’agit de « La Tombe des lucioles » (« Hotaru no haka » *) de M. Akiyuki Nosaka **, écrivain japonais de talent, mais qui, harcelé par le sentiment de culpabilité, a semé dans presque toutes les pages de ses récits l’obscénité la plus grotesque et la plus animale. Ce sentiment de culpabilité est né en lui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu mourir sa sœur âgée d’un an et quatre mois, toute décharnée après des mois de famine : « Quand je pense comment ma sœur, qui n’avait plus que les os et la peau, ne parvenait plus à relever la tête ni même à pleurer, comment elle mourut seule, comment enfin il ne restait que des cendres après sa crémation, je me rends compte que j’avais été trop préoccupé par ma propre survie. Dans les horreurs de la famine, j’avais mangé ses parts de nourriture » ***. Son travail d’écrivain s’est entièrement construit sur cette expérience qu’il a cependant travestie, narrée en se faisant plaisir à lui-même, dans « La Tombe des lucioles ». Car, en vérité, il n’était pas aussi tendre que l’adolescent du récit. Il était cruel : c’est en mangeant le dû de sa sœur qu’il a survécu, et c’est en refoulant cette cruauté qu’il a écrit « La Tombe des lucioles » qui lui a permis par la suite de gagner sa vie : « J’ai triché avec cette souffrance — la plus grande, je crois, qui se puisse imaginer — celle d’[un parent plongé] dans l’incapacité de nourrir son enfant. Et moi qui suis plutôt d’un naturel allègre, j’en garde une dette, une blessure profonde, même si les souvenirs à la longue s’estompent » ****. C’est cette blessure infectée, saturée d’odeurs nauséabondes, que M. Nosaka ouvre au soleil dans ses récits et qu’il met sous le nez de son public, en criant aussi haut qu’il peut, la bouche encore amère des absinthes humaines : Regardez ! Lisez la suite›

* En japonais « 火垂るの墓 ».

** En japonais 野坂昭如.

*** Akiyuki Nosaka, « 五十歩の距離 » (« La Distance de cinquante pas »), inédit en français.

**** Philippe Pons, « “Je garde une blessure profonde” : un entretien avec le romancier ».

Nosaka, « Les Pornographes : roman »

éd. Ph. Picquier, Arles

éd. Ph. Picquier, Arles

Il s’agit des « Pornographes » (« Erogotoshitachi » *) de M. Akiyuki Nosaka **, écrivain japonais de talent, mais qui, harcelé par le sentiment de culpabilité, a semé dans presque toutes les pages de ses récits l’obscénité la plus grotesque et la plus animale. Ce sentiment de culpabilité est né en lui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu mourir sa sœur âgée d’un an et quatre mois, toute décharnée après des mois de famine : « Quand je pense comment ma sœur, qui n’avait plus que les os et la peau, ne parvenait plus à relever la tête ni même à pleurer, comment elle mourut seule, comment enfin il ne restait que des cendres après sa crémation, je me rends compte que j’avais été trop préoccupé par ma propre survie. Dans les horreurs de la famine, j’avais mangé ses parts de nourriture » ***. Son travail d’écrivain s’est entièrement construit sur cette expérience qu’il a cependant travestie, narrée en se faisant plaisir à lui-même, dans « La Tombe des lucioles ». Car, en vérité, il n’était pas aussi tendre que l’adolescent du récit. Il était cruel : c’est en mangeant le dû de sa sœur qu’il a survécu, et c’est en refoulant cette cruauté qu’il a écrit « La Tombe des lucioles » qui lui a permis par la suite de gagner sa vie : « J’ai triché avec cette souffrance — la plus grande, je crois, qui se puisse imaginer — celle d’[un parent plongé] dans l’incapacité de nourrir son enfant. Et moi qui suis plutôt d’un naturel allègre, j’en garde une dette, une blessure profonde, même si les souvenirs à la longue s’estompent » ****. C’est cette blessure infectée, saturée d’odeurs nauséabondes, que M. Nosaka ouvre au soleil dans ses récits et qu’il met sous le nez de son public, en criant aussi haut qu’il peut, la bouche encore amère des absinthes humaines : Regardez ! Lisez la suite›

* En japonais « エロ事師たち ».

** En japonais 野坂昭如.

*** Akiyuki Nosaka, « 五十歩の距離 » (« La Distance de cinquante pas »), inédit en français.

**** Philippe Pons, « “Je garde une blessure profonde” : un entretien avec le romancier ».

Nosaka, « Contes de guerre »

éd. du Seuil, Paris

éd. du Seuil, Paris

Il s’agit des « Contes de guerre » (« Sensô dôwashû » *) de M. Akiyuki Nosaka **, écrivain japonais de talent, mais qui, harcelé par le sentiment de culpabilité, a semé dans presque toutes les pages de ses récits l’obscénité la plus grotesque et la plus animale. Ce sentiment de culpabilité est né en lui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand il a vu mourir sa sœur âgée d’un an et quatre mois, toute décharnée après des mois de famine : « Quand je pense comment ma sœur, qui n’avait plus que les os et la peau, ne parvenait plus à relever la tête ni même à pleurer, comment elle mourut seule, comment enfin il ne restait que des cendres après sa crémation, je me rends compte que j’avais été trop préoccupé par ma propre survie. Dans les horreurs de la famine, j’avais mangé ses parts de nourriture » ***. Son travail d’écrivain s’est entièrement construit sur cette expérience qu’il a cependant travestie, narrée en se faisant plaisir à lui-même, dans « La Tombe des lucioles ». Car, en vérité, il n’était pas aussi tendre que l’adolescent du récit. Il était cruel : c’est en mangeant le dû de sa sœur qu’il a survécu, et c’est en refoulant cette cruauté qu’il a écrit « La Tombe des lucioles » qui lui a permis par la suite de gagner sa vie : « J’ai triché avec cette souffrance — la plus grande, je crois, qui se puisse imaginer — celle d’[un parent plongé] dans l’incapacité de nourrir son enfant. Et moi qui suis plutôt d’un naturel allègre, j’en garde une dette, une blessure profonde, même si les souvenirs à la longue s’estompent » ****. C’est cette blessure infectée, saturée d’odeurs nauséabondes, que M. Nosaka ouvre au soleil dans ses récits et qu’il met sous le nez de son public, en criant aussi haut qu’il peut, la bouche encore amère des absinthes humaines : Regardez ! Lisez la suite›

* En japonais « 戦争童話集 ».

** En japonais 野坂昭如.

*** Akiyuki Nosaka, « 五十歩の距離 » (« La Distance de cinquante pas »), inédit en français.

**** Philippe Pons, « “Je garde une blessure profonde” : un entretien avec le romancier ».

Galland, « Les “Mille et une Nuits” : contes arabes. Tome III »

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des « Mille et une Nuits » (« Alf layla wa-layla » *), contes arabes. Rarement, la richesse de la narration et les trésors de l’imagination ont été dépensés dans une œuvre avec plus de prodigalité ; et rarement, une œuvre a eu une réussite plus éclatante que celle des « Mille et une Nuits » depuis qu’elle a été transportée en France par l’orientaliste Antoine Galland au commencement du XVIIIe siècle. De là, elle a immédiatement rempli le monde de sa renommée, et depuis, son succès n’a fait que croître de jour en jour, sans souffrir ni des caprices de la mode ni du changement des goûts. Quelle extraordinaire fécondité dans ces contes ! Quelle variété ! Avec quelle inépuisable intérêt on suit les aventures enchanteresses de Sindbad le Marin ou les merveilles opérées par la lampe d’Aladdin : « C’est dans l’Orient même que l’enfance du genre humain se montre avec toute sa grâce et toute sa naïveté », dit Édouard Gauttier d’Arc **. « On y chercherait en vain ou ces teintes mélancoliques du Nord, ou ces allusions sérieuses et profondes [des] Grecs. [Ici], on voit que l’imagination ne s’est mise en œuvre que pour se créer à elle-même des plaisirs… Ces génies qu’elle a produits, vont répandant partout les perles, l’or, les diamants ; ils élèvent en un instant des palais superbes ; ils livrent à celui qu’ils favorisent, des houris *** enchanteresses ; ils l’accablent, en un mot, de toutes les jouissances, sans qu’il se donne aucune peine pour les acquérir. Il faut aux Orientaux un bonheur facile et complet ; ils le veulent sans nuages, comme le soleil qui les éclaire. » Lisez la suite›

* En arabe « ألف ليلة وليلة ». Autrefois transcrit « Alef léïlét oué-léïlét », « Alef leilet we leilet », « Alef leila wa leila » ou « Alf laila wa-laila ».

** Préface à l’édition de 1822-1823.

*** Beautés célestes qui, selon le Coran, seront les épouses des fidèles.

Roûmî, « Roubâ’yât »

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, Paris

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Quatrains » (« Rubayat » *) de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « رباعیات ». Parfois transcrit « Rubaiat », « Robāïates », « Roubâ’yât », « Robaiyat », « Roba’yat », « Roubayyat », « Robáijját », « Roubaïyat » ou « Rubâi’yât ».

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.

Roûmî, « Odes mystiques, “Dîvân-e Shams-e Tabrîzî” »

éd. du Seuil-UNESCO, coll. Points-Sagesses, Paris

éd. du Seuil-UNESCO, coll. Points-Sagesses, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams » * de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »).

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.

Hésiode, « La Théogonie • Les Travaux et les Jours • Le Catalogue des femmes » • « La Dispute d’Homère et d’Hésiode »

éd. Librairie générale française, coll. Classiques de poche, Paris

éd. Librairie générale française, coll. Classiques de poche, Paris

Il s’agit de la « Théogonie » (« Theogonia » *), des « Travaux et des Jours » (« Erga kai Hêmerai » **) et du « Catalogue des femmes » (« Katalogos gynaikôn » ***), sorte de manuels en vers où Hésiode **** a jeté un peu confusément mythologie, morale, navigation, construction de chariots, de charrues, calendrier des labours, des semailles, des moissons, almanach des fêtes qui interrompent chaque année le travail du paysan ; car à une époque où les connaissances humaines n’étaient pas encore séparées et distinctes, chaque chef de famille avait besoin de tout cela (VIIIe siècle av. J.-C.). Hésiode a été mis en parallèle avec Homère par les Grecs eux-mêmes, et il y a une fiction intitulée « La Dispute d’Homère et d’Hésiode » (« Agôn Homêrou kai Hêsiodou » *****). En fait, bien que l’un et l’autre de ces poètes puissent être regardés comme pères de la mythologie, on ne saurait imaginer deux hommes plus opposés. La poésie homérique, par ses origines et par son principal développement, appartient à la Grèce d’Asie ; elle est d’emblée l’expression la plus élevée de l’humanité, et le point d’aboutissement d’une tradition séculaire d’aèdes et de chantres. Un lecteur sous le charme du génie d’Homère, de ses mises en scène brillantes et capricieuses, de ses épisodes si remarquables d’essor et de déploiement, ne retrouvera chez Hésiode qu’une médiocre partie de toutes ces beautés. Simple habitant des champs, prêtre d’un temple des Muses sur le mont Hélicon, Hésiode est loin d’avoir dans l’esprit un modèle comparable en noblesse à celui du héros homérique. Il déteste « la guerre mauvaise » ****** chantée par les aèdes et les chantres ; il la considère comme un fléau que les Dieux épargnent à Leurs plus fidèles sujets. Son objet préféré, à lui, Grec d’Europe, n’est pas la gloire du combat, chose étrangère à sa vie, mais la paix du travail, réglée au rythme des jours et des sacrifices religieux. Partout il recommande le travail, il blâme partout l’oisiveté. C’est là sa leçon constante, sa perpétuelle rengaine. « Hésiode était plus agriculteur que poète. Il songe toujours à instruire, rarement à plaire ; jamais une digression agréable ne rompt chez lui la continuité et l’ennui des préceptes », dit l’abbé Jacques Delille *******. Son poème des « Travaux » nous permet de nous le représenter assez exactement. Nous le voyons sur les pentes de l’Hélicon, vêtu d’« un manteau moelleux ainsi qu’une longue tunique », labourer et ensemencer la terre ; « une paire de bons bœufs de neuf ans » traîne lentement la charrue ; le poète-paysan « prend par le manche l’araire » ******** et touche de l’aiguillon le dos des bœufs. Lisez la suite›

* En grec « Θεογονία ».

** En grec « Ἔργα καὶ Ἡμέραι ».

*** En grec « Κατάλογος γυναικῶν ».

**** En grec Ἡσίοδος. Autrefois transcrit Éziode.

***** En grec « Ἀγὼν Ὁμήρου καὶ Ἡσιόδου ».

****** « Les Travaux et les Jours », v. 161.

******* « Discours préliminaire aux “Géorgiques” de Virgile ».

******** v. 537 & 437 & 467.

Roûmî, « Rubâi’yât »

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Quatrains » (« Rubayat » *) de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « رباعیات ». Parfois transcrit « Rubaiat », « Robāïates », « Roubâ’yât », « Robaiyat », « Roba’yat », « Roubayyat », « Robáijját », « Roubaïyat » ou « Rubâi’yât ».

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.

Roûmî, « Lettres »

éd. J. Renard, Paris

éd. J. Renard, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Lettres » (« Maktûbât » *) de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « مکتوبات ».

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.

Roûmî, « Le Livre de Chams de Tabriz : cent poèmes »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams » * de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »).

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.

Roûmî, « Soleil du réel : poèmes de l’amour mystique »

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams » * de Djélâl-ed-dîn Roûmî **, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès ***. Réfugié à Konya **** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ *****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison Lisez la suite›

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »).

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi.

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74.

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium.

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ.