Mot-clefcritique et interprétation

sujet

Photius, « Bibliothèque. Tome VIII »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome VII »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome VI »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome V »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome IV »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome III »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome II »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome I »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

Il s’agit de la « Bibliothèque » (« Bibliothêkê »*) ou la « Myriade de livres » (« Myriobiblon » ou « Myriobiblos »**) de Photius***, vénérable patriarche de Constantinople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce prétendu hérétique, à qui l’Église romaine attribuera les aveuglements ayant mené au schisme des deux chrétientés, celle d’Orient et celle d’Occident, faisant mentir son beau nom de Photius (« lumière ») — ce prétendu hérétique, dis-je, était l’homme le plus savant de son temps. Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une grande ardeur pour le travail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connaissances étaient universelles ; et contrairement à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il savait bien approfondir les questions particulières quand il les traitait. Le recueil qui a montré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étudié, et qui a immortalisé son nom à titre de savant, est sa « Bibliothèque ». Y sont résumés deux cent quatre-vingts ouvrages anciens, parmi lesquels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en entier ou en partie, et dont les auteurs nous sont à peine connus de nom. Photius écrivit ces résumés avant son accession au siège patriarcal, et dans le temps où, envoyé en ambassade auprès des Assyriens, il trouvait assez de loisir pour s’occuper de littérature. On apprend, par sa lettre à son frère Tarasius****, qu’étant à Constantinople, les deux frères lisaient ensemble à haute voix ; mais que, ne pouvant plus, à cause de leur éloignement, faire ces sortes de lectures en commun, Tarasius pria son frère de lui envoyer les résumés ou les « arguments » (« hypotheseis »*****) des livres à la lecture desquels il n’avait pas pu participer, pour se consoler un peu de cette longue et pénible séparation. Voilà le prétexte et le mobile de la « Bibliothèque ».

* En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut

** En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bibliothêkê » ni celui de « Myriobiblos » ne sont de l’auteur. Dans les manuscrits, le titre est celui qu’on lit en tête de la lettre de Photius à Tarasius : « Inventaire et Énumération des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Tarasius nous a demandé d’avoir une idée sommaire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut

*** En grec Φώτιος. Parfois transcrit Phôtios. Haut

**** En grec Ταράσιος. Parfois transcrit Taraise ou Tarasios. Haut

***** En grec ὑποθέσεις. Haut

« “Zeshi rokujû igo sarugaku dangi” : entretiens sur le [nô] avec [Zéami], après sa soixantième année »

dans Sakaé Murakami Giroux, « Zéami et ses “Entretiens sur le nô” » (éd. Publications orientalistes de France, coll. Bibliothèque japonaise, Cergy-Pontoise), p. 153-248

dans Sakaé Murakami Giroux, « Zéami et ses “Entretiens sur le nô” » (éd. Publications orientalistes de France, coll. Bibliothèque japonaise, Cergy-Pontoise), p. 153-248

Il s’agit d’une traduction partielle du « “Recueil des seize traités” de Zéami »* (« Zéami jûroku-bu-shû »**) sur la « fleur » du nô, également connu sous le titre de « La Tradition secrète » (« Hiden »***). Une tradition bien établie affirmait que Zéami**** — le plus fameux homme de théâtre et dramaturge japonais (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — avait composé un certain nombre d’écrits théoriques confidentiels, destinés à être transmis à un seul homme par génération, et consignant les secrets de l’art du nô. Mais ce n’est qu’en 1909 que la plupart de ces écrits furent retrouvés, à la grande surprise des savants japonais qui les croyaient définitivement perdus. Le « Recueil » de Zéami renferme seize opuscules qu’il lui a été donné de mettre par écrit et de développer, pendant plus de trente ans, sur les moyens de faire s’épanouir dans le cœur du spectateur une sorte de paroxysme de l’émotion, nommé la « fleur » (« hana »*****) ; ils sont l’expression d’un esprit extraordinairement raffiné, servi par la sûreté d’un jugement délicat. Le maître y appuie sa pensée par une quantité d’allusions aux œuvres qui peuvent la mettre en lumière, depuis les poèmes de l’Antiquité jusqu’aux pièces de théâtre de son propre père. Mais ce fils consciencieux, ennemi de tout pédantisme, ne veut pas laisser voir les trésors d’érudition qu’il a dépensés. Aussi, ces théories qu’il a si longuement méditées les cache-t-il sous le voile léger d’un style toujours discret. Son « Recueil » est un poème en prose, où chaque idée se fait image, où chaque mot éveille un monde de souvenirs et d’impressions. Ainsi donc, au risque de choquer quelques-uns, je crois pouvoir dire que Zéami, théoricien du nô, est plus intéressant et plus important que Zéami, dramaturge du nô ; son « Recueil » constituant « l’une des réflexions les plus originales et les plus profondes qui se soient jamais attachées aux arts du spectacle »

* Parfois traduit « Recueil de seize opuscules ». Haut

** En japonais « 世阿弥十六部集 ». Haut

*** En japonais « 秘伝 ». Haut

**** En japonais 世阿弥. Autrefois transcrit Seami. Également connu sous le titre de Zeshi (世子), c’est-à-dire « maître Zé ». Haut

***** En japonais . Haut

Zéami, « L’Île d’or »

éd. Publications orientalistes de France, coll. Tama, Cergy

éd. Publications orientalistes de France, coll. Tama, Cergy

Il s’agit d’une traduction partielle du « “Recueil des seize traités” de Zéami »* (« Zéami jûroku-bu-shû »**) sur la « fleur » du nô, également connu sous le titre de « La Tradition secrète » (« Hiden »***). Une tradition bien établie affirmait que Zéami**** — le plus fameux homme de théâtre et dramaturge japonais (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — avait composé un certain nombre d’écrits théoriques confidentiels, destinés à être transmis à un seul homme par génération, et consignant les secrets de l’art du nô. Mais ce n’est qu’en 1909 que la plupart de ces écrits furent retrouvés, à la grande surprise des savants japonais qui les croyaient définitivement perdus. Le « Recueil » de Zéami renferme seize opuscules qu’il lui a été donné de mettre par écrit et de développer, pendant plus de trente ans, sur les moyens de faire s’épanouir dans le cœur du spectateur une sorte de paroxysme de l’émotion, nommé la « fleur » (« hana »*****) ; ils sont l’expression d’un esprit extraordinairement raffiné, servi par la sûreté d’un jugement délicat. Le maître y appuie sa pensée par une quantité d’allusions aux œuvres qui peuvent la mettre en lumière, depuis les poèmes de l’Antiquité jusqu’aux pièces de théâtre de son propre père. Mais ce fils consciencieux, ennemi de tout pédantisme, ne veut pas laisser voir les trésors d’érudition qu’il a dépensés. Aussi, ces théories qu’il a si longuement méditées les cache-t-il sous le voile léger d’un style toujours discret. Son « Recueil » est un poème en prose, où chaque idée se fait image, où chaque mot éveille un monde de souvenirs et d’impressions. Ainsi donc, au risque de choquer quelques-uns, je crois pouvoir dire que Zéami, théoricien du nô, est plus intéressant et plus important que Zéami, dramaturge du nô ; son « Recueil » constituant « l’une des réflexions les plus originales et les plus profondes qui se soient jamais attachées aux arts du spectacle »

* Parfois traduit « Recueil de seize opuscules ». Haut

** En japonais « 世阿弥十六部集 ». Haut

*** En japonais « 秘伝 ». Haut

**** En japonais 世阿弥. Autrefois transcrit Seami. Également connu sous le titre de Zeshi (世子), c’est-à-dire « maître Zé ». Haut

***** En japonais . Haut

Zéami, « La Tradition secrète du nô »

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard-UNESCO, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « “Recueil des seize traités” de Zéami »* (« Zéami jûroku-bu-shû »**) sur la « fleur » du nô, également connu sous le titre de « La Tradition secrète » (« Hiden »***). Une tradition bien établie affirmait que Zéami**** — le plus fameux homme de théâtre et dramaturge japonais (XIVe-XVe siècle apr. J.-C.) — avait composé un certain nombre d’écrits théoriques confidentiels, destinés à être transmis à un seul homme par génération, et consignant les secrets de l’art du nô. Mais ce n’est qu’en 1909 que la plupart de ces écrits furent retrouvés, à la grande surprise des savants japonais qui les croyaient définitivement perdus. Le « Recueil » de Zéami renferme seize opuscules qu’il lui a été donné de mettre par écrit et de développer, pendant plus de trente ans, sur les moyens de faire s’épanouir dans le cœur du spectateur une sorte de paroxysme de l’émotion, nommé la « fleur » (« hana »*****) ; ils sont l’expression d’un esprit extraordinairement raffiné, servi par la sûreté d’un jugement délicat. Le maître y appuie sa pensée par une quantité d’allusions aux œuvres qui peuvent la mettre en lumière, depuis les poèmes de l’Antiquité jusqu’aux pièces de théâtre de son propre père. Mais ce fils consciencieux, ennemi de tout pédantisme, ne veut pas laisser voir les trésors d’érudition qu’il a dépensés. Aussi, ces théories qu’il a si longuement méditées les cache-t-il sous le voile léger d’un style toujours discret. Son « Recueil » est un poème en prose, où chaque idée se fait image, où chaque mot éveille un monde de souvenirs et d’impressions. Ainsi donc, au risque de choquer quelques-uns, je crois pouvoir dire que Zéami, théoricien du nô, est plus intéressant et plus important que Zéami, dramaturge du nô ; son « Recueil » constituant « l’une des réflexions les plus originales et les plus profondes qui se soient jamais attachées aux arts du spectacle »

* Parfois traduit « Recueil de seize opuscules ». Haut

** En japonais « 世阿弥十六部集 ». Haut

*** En japonais « 秘伝 ». Haut

**** En japonais 世阿弥. Autrefois transcrit Seami. Également connu sous le titre de Zeshi (世子), c’est-à-dire « maître Zé ». Haut

***** En japonais . Haut

Muḥâsibî, « Le “Kitāb al-Tawahhum” : une vision humaine des fins dernières »

éd. Klincksieck, coll. Études arabes et islamiques, Paris

éd. Klincksieck, coll. Études arabes et islamiques, Paris

Il s’agit du traité « Kitâb al-Tawahhum »* (« Livre de la vision des fins dernières »**) de Ḥârith ibn Asad***, théologien et mystique arabe, plus connu sous le surnom de Muḥâsibî**** (« l’examinateur de conscience »). Né à Bassorah l’an 781 apr. J.-C., il vint de bonne heure à Bagdad, où il mourut l’an 857. Il fit de l’examen de conscience un moteur de la perfection spirituelle. À la manière des commerçants, les hommes devraient dresser chaque jour, affirmait-il, le bilan de ce qui a été positif ou négatif dans leur comportement, de leurs « profits » et « pertes ». C’est cela l’examen de conscience. De la vie de Muḥâsibî, nous ne savons presque rien, sinon qu’elle fut d’un grand ascétisme. « Si la moitié du monde était à mes côtés, cela ne me procurerait aucune réjouissance ; et si la moitié du monde était loin de moi, de cet éloignement je ne ressentirais aucun vide », dit-il*****. Et aussi : « Dieu préfère, entre deux commandements positifs, le plus dur »******. Il faut avouer que ses œuvres exégétiques satisfont peu le goût moderne : la culture coranique et traditionnelle y est trop accentuée. Seul le « Kitâb al-Tawahhum » fait exception à cet égard. Il n’est pas l’œuvre du théologien, mais celle de l’écrivain. Il traite des fins dernières, c’est-à-dire des châtiments terribles qui seront infligés, en Enfer, aux hommes ayant désobéi à Dieu ; et des joies charnelles que les houris******* réserveront, au Paradis, aux hommes ayant observé Ses lois. Ce qui frappe, c’est l’admirable style dans lequel ces joies charnelles sont décrites. Par contraste avec la vie austère de Muḥâsibî, il y a dans le « Kitâb al-Tawahhum » un désir inavoué et qui donne à l’œuvre toute sa valeur.

* En arabe « كتاب التّوهّم ». Parfois transcrit « Kitab at Tawahum », « Kitab al Tawahhoum » ou « Kitâb al Tawahhom ». Haut

** Parfois traduit « Le Livre sur la vision des dernières choses ». Haut

*** En arabe الحارث بن أسد. Haut

**** En arabe المحاسبي. Parfois transcrit Muhasiby, Muhassibi, Mouhassibi, Mohassibi ou Moḥâsibî. Haut

***** Dans Mahmoud, « Al-Moḥâsibî : un mystique », p. 29. Haut

****** Dans Massignon, « Essai sur les origines du lexique technique de la mystique musulmane », p. 252. Haut

******* Beautés célestes qui, selon le Coran, seront les épouses des fidèles. Haut